Autres tur­bu­lences pour Bom­bar­dier

Em­plois. Tan­dis que Bom­bar­dier abo­lit 2 500 postes au Qué­bec, le mi­nistre ca­quiste de l’Éco­no­mie, Pierre Fitz­gib­bon, se dit prêt à in­ves­tir da­van­tage dans l’in­dus­trie aé­ro­spa­tiale.

Métro Montréal - - NEWS -

«Ce sont des tra­vailleurs et tra­vailleuses aban­don­nés par une en­tre­prise qui s’est en­grais­sée lar­ge­ment avec des fonds pu­blics.» Ga­briel Na­deau-Du­bois, co-porte-pa­role de QS

In­ter­ro­gé à sa­voir si le gou­ver­ne­ment fe­rait d’autres in­ves­tis­se­ments dans cette in­dus­trie do­mi­née par Bom­bar­dier, le mi­nistre n’a pas hé­si­té à ré­pondre : «Ab­so­lu­ment.» «L’aé­ro­spa­tial est une grappe que [le gou­ver­ne­ment va] vou­loir conti­nuer à sou­te­nir pour le dé­ve­lop­pe­ment du Qué­bec», a-t-il dé­cla­ré hier.

Plus tôt, des par­tis d’op­po­si­tion avaient ma­ni­fes­té leur in­di­gna­tion face à ces pertes d’em­plois, qui ar­rivent quatre mois après la ces­sion du pro­gramme de la CSe­ries à Air­bus, et trois ans après que le gou­ver­ne­ment du Qué­bec eut in­ves­ti 1 G$US dans ce même pro­gramme.

«Il y a des soi-di­sant fleu­rons du Qué­bec inc. qui viennent faire du chan­tage de­vant le gou­ver­ne­ment, on leur donne de l’ar­gent à peu près sans comp­ter, on de­mande peu ou pas de ga­ran­ties, et après, on s’étonne qu’on se soit fait avoir», a pes­té le co-porte-pa­role de Qué­bec so­li­daire (QS), Ga­briel Na­deauDu­bois. Il a re­le­vé qu’en 2017, les cinq plus hauts di­ri­geants de Bom­bar­dier se sont oc­troyé 40 M$ en ré­mu­né­ra­tion.

Le chef in­té­ri­maire du Par­ti qué­bé­cois (PQ), Pas­cal Bé­ru­bé, es­time que l’abo­li­tion des 2 500 postes est une «ca­tas­trophe». «Étranges ré­ac­tions du mi­nistre de l’Éco­no­mie, que j’in­vite à prendre connais­sance des po­si­tions de sa for­ma­tion po­li­tique sur le dos­sier de Bom­bar­dier il y a à peine un an», a-t-il ga­zouillé.

M. Bé­ru­bé a de­man­dé plus tard à ce que les grands pa­trons de Bom­bar­dier re­noncent surle-champ à leurs aug­men­ta­tions sa­la­riales. «C’est une ques­tion de res­pect des ci­toyens qué­bé­cois», a-t-il in­sis­té.

Le 4 avril 2017, une mo­tion du PQ, ap­puyée par la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec (CAQ) et QS, de­man­dait au pre­mier mi­nistre Phi­lippe Couillard d’adres­ser une re­quête aux di­ri­geants de Bom­bar­dier afin qu’ils «re­noncent à l’aug­men­ta­tion de leur ré­mu­né­ra­tion pour 2016». Hier, M. Fitz­gib­bon a re­fu­sé d’abor­der le su­jet de la ré­mu­né­ra­tion des cadres : «Ce sont des his­toires pas­sées qui sont ar­ri­vées, au­jourd’hui je re­garde le fu­tur.» Il a éga­le­ment in­di­qué que les fonc­tion­naires du mi­nis­tère de l’Éco­no­mie dis­cu­taient avec les PME qué­bé­coises qui ont des pro­grammes d’in­no­va­tion. L’in­dus­trie aé­ro­spa­tiale au Qué­bec a les reins so­lides, et les en­tre­prises «sont en re­cru­te­ment au mo­ment où on se parle», a sou­te­nu le mi­nistre.

«Les gens qui perdent leur em­ploi ont une ex­per­tise qu’ils ont dé­ve­lop­pée au fil du temps, et il va fal­loir qu’on soit ca­pable de main­te­nir cette ex­per­tise-là au Qué­bec», a pour sa part dé­cla­ré la porte-pa­role li­bé­rale en ma­tière d’éco­no­mie, Do­mi­nique An­glade.

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