L’EF­FET POT­VIN

Ma ville - La Cite-Limoilou - - M’informer - VA­LÉ­RIE POT­VIN

Va­lé­rie Pot­vin a quit­té les bancs d’école il y a moins de deux ans seule­ment. Mais la car­rière de la sculp­teure de 30 ans, qui vit dans Saint-Roch, a dé­jà des ailes. Ex­po­si­tions, prix, bourses, in­té­rêt du mi­lieu et ré­cem­ment une ex­po­si­tion col­lec­tive à Sao~ Pau­lo, au Bré­sil.

Oc­cu­pée et dé­si­rée, elle l’est. Sû­re­ment « l’ef­fet Pot­vin »!...

« J’es­saie de pro­duire un ef­fet phy­sique chez le pu­blic. Même s’il n’est pas ini­tié à l’art, il est tou­ché.» En pré­sence d’une oeuvre de Va­lé­rie Pot­vin, il se passe quelque chose : les codes sont brouillés et le doute s’ins­talle.

Pour faire mouche, des oeuvres grand for­mat, des «per­son­nages trou­blants dans des po­si­tions trou­blantes», et des ins­tal­la­tions to­tales où le pu­blic est im­mer­gé dans des dé­cors qui sont le pro­lon­ge­ment des oeuvres. Le blanc do­mine. Tout comme le tra­gique.

Jus­te­ment, le tra­gique… Veut-on éveiller les consciences? «Non, je n’en fais pas ma mis­sion, même si je dé­nonce et même si je pousse les gens à la ré­flexion. Je mise en fait sur un art ou­vert, évo­ca­teur, qui laisse place aux in­ter­pré­ta­tions plus per­son­nelles.» La mo­ra­li­sa­tion, très peu pour elle.

ni BronZe, ni or

Va­lé­rie pri­vi­lé­gie les «ma­té­riaux pauvres», no­tam­ment le plâtre dont elle ap­pré­cie la blan­cheur mate – non qu’elle re­jette le bronze, mais elle n’en est pas là. Elle re­cycle aus­si tout ce qu’elle peut et fa­brique sou­vent les vê­te­ments de ses per­son­nages. Au­tant que pos­sible, des pro­duc­tions à faible em­preinte éco­lo­gique; un sou­ci bien réel chez elle.

des am­bi­tions? «J’ai­me­rais pro­duire des oeuvres dans le dé­cor ur­bain. » Pour se faire connaître et, sur­tout, pour ga­gner sa croûte. Car mal­gré le suc­cès, elle ne roule pas sur l’or, comme c’est le lot des ar­tistes qui com­mencent. «Faut pas stres­ser avec l’ar­gent. Je suis tou- jours dé­fi­ci­taire avec mes ex­po­si­tions, mais c’est un in­ves­tis­se­ment.» Un jour, une sculp­ture ex­ci­te­ra l’oeil d’un mé­cène ou d’un ama­teur d’art, et les sous ren­tre­ront. res­ter pa­tient et se faire confiance.

Si elle va­lo­rise beau­coup le la­beur et le tra­vail bien fait, Va­lé­rie ne cherche pas la gloire. Pas trop, di­sons. «Ça me fait peur. Sou­vent, je me sauve de mes propres ver­nis­sages. Mon tra­vail met de l’avant ma sen­si­bi­li­té et, par­fois, j’ai l’im­pres­sion de don­ner ac­cès à mon in­ti­mi­té à tra­vers cer­taines pro­duc­tions. Si bien que le re­gard des autres peut de­ve­nir em­bar­ras­sant.»

la ré­ponse QUi tUe

À quoi ça sert, l’art? Sou­pir d’aga­ce­ment. Va­lé­rie ré­torque : «J’ai la ré­ponse qui tue… L’art, c’est une fa­çon de s’en­vo­ler, de quit­ter les contin­gences ba­siques de notre exis­tence.» En clair : créer, ou ac­cep­ter qu’une oeuvre touche notre coeur, c’est lais­ser le «vrai bon­heur» triom­pher.

Chien à roues

Va­lé­rie Pot­vin a ré­cem­ment rem­por­té le Concours d’oeuvres d’art 2010-2011 de la Ville de Qué­bec, avec une oeuvre éton­nante et d’une grande beau­té, faite en­tiè­re­ment de plâtre. Le titre : « Chien à roues ».

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