2012 : l’an­née de tous les dé­fis

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« Par­ta­ger avec vous les réels en­jeux aux­quels nous de­vrons faire face au cours de la pro­chaine an­née »

Régis La­beaume Chères ci­toyennes, Chers ci­toyens,

En ce dé­but de nou­velle an­née, je pour­rais en pro­fi­ter pour vous of­frir mes meilleurs voeux et bro­der au­tour de gé­né­reux propos qui s’im­posent en cette sai­son, mais telle n’est pas mon in­ten­tion. Comme je vous le pré­ci­sais lors de ma pre­mière chro­nique, l’ap­proche du po­li­ti­que­ment cor­rect n’est vrai­ment pas ma tasse de thé. J’ai lon­gue­ment hé­si­té, mais, tout compte fait, je pré­fère vous mettre dans le coup, quitte à pa­raître un peu bru­tal, afin de par­ta­ger avec vous les réels en­jeux aux­quels nous de­vrons faire face au cours de la pro­chaine an­née, nous en tant que ges­tion­naires de la Ville et vous en tant que contri­buables.

Le pre­mier en­jeu concerne notre ca­pa­ci­té de payer les ré­gimes de re­traite qui pré­valent ac­tuel­le­ment à la Ville. Le gouffre at­tein­dra d’ici quelques an­nées en­vi­ron un mil­liard de dol­lars. À ce rythme, l’en­semble des taxes que vous payez ser­vi­ra uni­que­ment à com­bler ce dé­fi­cit. Telle est la réa­li­té, qu’on le veuille ou non!

Nous pour­rions pas­ser des heures à cher­cher des cou­pables ou pire en­core, à at­tendre que l’éco­no­mie mon­diale se re­place ou que les ren­de­ments bour­siers re­de­viennent ce qu’ils étaient. Pen­dant ce temps, le fos­sé se creuse, le dé­fi­cit aug­mente et cha­cune des par­ties concer­nées (em­ployeur et syn­di­cats) de­meure sur ses po­si­tions. Se re­gar­der comme des chiens de faïence ou cher­cher à an­ta­go­ni­ser la po­pu­la­tion contre les syn­di­cats ne se­rait pas pro­duc­tif. Abor­der une ques­tion aus­si im­por­tante, ce n’est pas por­ter un ju­ge­ment sur nos em­ployés. Nos em­ployés font un tra­vail ex­tra­or­di­naire et nous en sommes fiers.

Ce­pen­dant, l’heure n’est plus au dé­ni de la part des syn­di­cats, mais plu­tôt à la re­cherche de so­lu­tions, car le statu quo n’est pas une op­tion. Exit les grands « spa­rages » idéo­lo­giques, dog­ma­tiques ou stra­té­giques; il faut nous com­por­ter comme des par­te­naires liés par le même ob­jec­tif, soit de conci­lier les at­tentes lé­gi­times de nos em­ployés en ma­tière de ré­gimes de re­traite et la ca­pa­ci­té de payer des contri­buables. Quoi de plus frus­trant pour une grande ma­jo­ri­té des payeurs de taxes que de payer la re­traite des uns alors que leur si­tua­tion fi­nan­cière leur in­ter­dit d’en­vi­sa­ger la même sé­cu­ri­té face à leur ave­nir. Nous de­vons col­lec­ti­ve­ment trou­ver un équi­libre so­cia­le­ment ac­cep­table. C’est ce à quoi mon ad­mi­nis­tra­tion s’em­ploie­ra au cours de la pro­chaine an­née. Les em­ployés n’ont pas vo­lé ce qu’ils ont eu, ce ne sont pas eux qui sont à blâ­mer, mais les di­ri­geants syn­di­caux et les élus de l’époque qui ont ac­cor­dé des pri­vi­lèges que nous ne sommes plus en me­sure de don­ner.

Le se­cond en­jeu consiste à gé­rer le patrimoine fi­nan­cé par la po­pu­la­tion, car pen­dant trop long­temps nos équi­pe­ments pu­blics ont fait l’ob­jet de dé­fi­cits d’at­ten­tion de la part des ad­mi­nis­tra­tions qui nous ont pré­cé­dés. En con­sé­quence, nous de­vons su­rin­ves­tir pour re­mettre à neuf nos équi­pe­ments afin de com­bler les ca­rences du pas­sé. Tou­te­fois, en rai­son des me­sures bud­gé­taires mises de l’avant par mon ad­mi­nis­tra­tion, une em­bel­lie est pré­vue pour tous les contri­buables. En ef­fet, pour une pre­mière fois, nous nous sommes don­né les moyens de di­mi­nuer la dette nette de la Ville, et ce, à comp­ter de 2015. Une dette di­mi­nuée et une ville dont les équi­pe­ments au­ront été re­mis à neuf. C’est ça gé­rer cor­rec­te­ment une ville en ayant le cou­rage de prendre des dé­ci­sions cou­ra­geuses quitte à en as­su­mer les consé­quences po­li­tiques.

L’ave­nir se­ra nôtre dans la me­sure où nous sau­rons, au cours des pro­chains mois, conci­lier les at­tentes des em­ployés et celles des contri­buables, à sa­voir une sé­cu­ri­té fi­nan­cière lé­gi­time et l’ac­cès à des ser­vices de proxi­mi­té de qua­li­té à un coût ac­cep­table.

Cette an­née se­ra celle de tous les dé­fis si so­li­dai­re­ment et col­lec­ti­ve­ment nous dé­ci­dons de la faire telle. La balle est dans notre camp. À nous d’agir et de nous prendre en main. À nous de re­le­ver le dé­fi. Ce­la dit, bonne an­née à tous et à toutes; je vous sou­haite de nom­breux pe­tits bon­heurs au cours de 2012.

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