À DÉ­COU­VRIR

Alain Bé­dard

Magazin'Art - - Sommaire - Maxime Rioux

Peintre fi­gu­ra­tif na­tif de la Vieille Ca­pi­tale, Alain Bé­dard a amor­cé ses études en arts au Col­lège de Sainte-foy, en 1976. Après y avoir étu­dié du­rant trois ans en tech­niques gra­phiques, il a quit­té son nid pour se rendre à New York, en 1979, afin de per­fec­tion­ner ses tech­niques. Évi­dem­ment, ce pé­riple a eu un ef­fet mar­quant sur le jeune ar­tiste. « J'en ai pro­fi­té pour dé­cou­vrir les grands mu­sées que je n'avais pas vus comme le Me­tro­po­li­tan Mu­seum. Il y avait du Da­li, du Pi­cas­so. C'était une ou­ver­ture sur le monde qui m'a per­mis de me connec­ter avec l'art, de voir ce qui se fai­sait. Lors de mon pé­riple à New York, Da­li était en­core vi­vant. Il a été l'un des peintres qui m'ont beau­coup ins­pi­ré. À cette même époque, j'ai peint plu­sieurs oeuvres sur­réa­listes. Quand je suis re­ve­nu à Qué­bec, j'ai ce­pen­dant consta­té que les gens n'étaient pas prêts à ce style ar­tis­tique, » donne à en­tendre le peintre.

De 1980 à 1984, le jeune peintre en­tre­prend donc des études en com­mu­ni­ca­tion gra­phique à l'uni­ver­si­té La­val de Qué­bec. Il au­ra le pri­vi­lège d'avoir un pro­fes­seur d'illus­tra­tion et de gra­phisme de grand re­nom, Claude A. Si­mard. Au terme de ces trois an­nées uni­ver­si­taires, il ob­tient son bac­ca­lau­réat en gra­phisme. En 1984, il tra­vaille pen­dant un an pour plu­sieurs grandes en­tre­prises de pu­bli­ci­té de Qué­bec comme gra­phiste, de­si­gner et illus­tra­teur. Il fonde son propre bu­reau de gra­phisme en 1985 et s'as­so­cie à plu­sieurs cam­pagnes pu­bli­ci­taires au Qué­bec, jus­qu'en 1992.

Les Cartes Pôle Nord

De­puis 1992, Alain Bé­dard se consacre es­sen­tiel­le­ment à la pein­ture, mais aus­si à la pro­mo­tion de l'art. La chose est pos­sible puis­qu'il est pro­prié­taire-fon­da­teur de l'en­tre­prise « Les Cartes Pôle Nord », spé­cia­li­sée dans la créa­tion, la dif­fu­sion et la vente de cartes de sou­haits réa­li­sées par des ar­tistes ca­na­diens. « En tant que gra­phiste, je me fai­sais sou­vent de­man­der par mes clients com­mer­ciaux si j'étais en me­sure de pro­duire des cartes de Noël. Il y avait une ou deux com­pa­gnies qui exis­taient à ce mo­ment-là. J'ai donc choi­si de dé­mar­rer la mienne pour pro­po­ser mes pro­duits. Les pre­mières cartes que j'ai ven­dues étaient des­si­nées une à une, à la main, se re­mé­more le sym­pa­thique créa­teur. Elles étaient en noir et blanc et j'ajou­tais moi-même de la cou­leur. Au fil des an­nées, nous avons ac­quis d'im­por­tantes parts de mar­ché. Ça fait main­te­nant 30 ans que l'en­tre­prise existe. »

Si l'aven­ture se pour­suit de belle fa­çon, elle per­met aus­si de mettre en lu­mière le tra­vail de peintres d'ici et d'ailleurs. « Chaque an­née, je de­mande à une tren­taine de peintres la per­mis­sion d'uti­li­ser leurs ta­bleaux. Je contri­bue ain­si à leur pro­mo­tion. Cer­tains peintres et illus­tra­teurs bien connus en Eu­rope prennent part à ce pro­jet. Ils sont heureux de sa­voir que leurs oeuvres sont pu­bliées en Amé­rique, » par­tage le peintre.

Formes et couleurs

Bien qu'il soit né alors qu'il était jeune adulte, l'in­té­rêt d'alain Bé­dard pour Da­li et Pi­cas­so ne s'est ja­mais dé­men­ti au fil des an­nées. « Il y a deux ans, alors que j'étais en Es­pagne, j'ai eu la chance de voir une ex­po­si­tion re­grou­pant des oeuvres de Pi­cas­so et de Da­li, ra­conte-t-il. C'était sur­pre­nant de voir cette ex­plo­sion de couleurs et de formes. » Ain­si, les formes et les couleurs ap­pa­raissent pri­mor­diales pour le créa­teur. « Si je n'avais pas été peintre, j'au­rais pro­ba­ble­ment été ar­chi­tecte. Ce qui m'a tou­jours at­ti­ré, c'est l'ar­chi­tec­ture. C'est très pré­sent dans mon tra­vail. J'ai tou­jours ai­mé des­si­ner des mai­sons. Quand je voyage en Eu­rope, j'aime ob­ser­ver l'ar­chi­tec­ture et les couleurs, voir de quelle fa­çon les bâ­ti­ments ont été fa­bri­qués, ce genre de choses. »

Ré­so­lu­ment ins­pi­ré par la cou­leur, cet élé­ment se trouve au coeur de chaque toile d'alain Bé­dard. C'est sa si­gna­ture en quelque sorte. « Je tra­vaille beau­coup avec la cou­leur. J'uti­lise peu les om­brages. J'aime beau­coup tra­vailler en aplat afin de faire res­sor­tir la cou­leur, faire des op­po­si­tions de couleurs chaudes et de couleurs froides qui se ma­rient très bien. La cou­leur est l'élé­ment qui m'ins­pire, » donne à en­tendre le peintre.

Les couleurs et les formes ne sont ce­pen­dant pas les seules va­riables qui contri­buent à dé­fi­nir les oeuvres de l'ar­tiste. « Je tra­vaille deux types de ta­bleaux, ex­plique-t-il en­core. Le pre­mier donne l'im­pres­sion aux gens d'être dans la toile. Ils se sentent dans le ta­bleau. Le se­cond est créé pour être re­gar­dé. Je choi­sis le type de ta­bleau que j'ai en­vie de faire se­lon mon hu­meur. J'aime beau­coup l'idée que les gens par­ti­cipent. Bien sûr, on peut se conten­ter de le mettre sur un mur, mais ça peut al­ler beau­coup plus loin que ça. Un ta­bleau, c'est un mo­ment fixé à ja­mais dans le temps qu'on aime à re­dé­cou­vrir. »

Ani­mé de­puis tou­jours par un pro­fond be­soin d'ex­pri­mer en cou­leur ses émo­tions et ses dé­cou­vertes, l'art fi­gu­ra­tif est de­ve­nu un vé­ri­table mode de vie et de com­mu­ni­ca­tion.

Peintre pro­fes­sion­nel

« Le titre le plus ho­no­ri­fique que j'aie re­çu dans ma car­rière est ce­lui de membre pro­fes­sion­nel du Re­grou­pe­ment des ar­tistes en arts vi­suels (RAAV). Pour moi, le fait d'être dé­si­gné « pro­fes­sion­nel » par mes pairs est la plus belle re­con­nais­sance qui soit, » as­sure Alain Bé­dard. S'il a tra­vaillé dur au fil des an­nées, les bons mo­ments se font aus­si nom­breux. Comme en 2012, alors que pen­dant plus d'un an, il a eu la chance d'avoir comme men­tor Claude A. Si­mard, son an­cien pro­fes­seur de­ve­nu ami, et l'un des plus im­por­tants peintres ca­na­diens des 35 der­nières an­nées. « On se voyait ré­gu­liè­re­ment Claude et moi. Je lui ai de­man­dé un coup de main et il a ac­cep­té avec plai­sir, par­tage Alain Bé­dard. Claude, même lors­qu'il était pro­fes­seur à l'uni­ver­si­té, n'a ja­mais dit à un élève quoi faire. Il fai­sait plu­tôt en sorte que l'élève trouve lui-même la so­lu­tion. De cette fa­çon, il m'a ap­pris la sou­plesse dans le mou­ve­ment, à être « re­lax », à m'amu­ser et à re­gar­der ce que je fais. »

À temps com­plet

Au­jourd'hui pré­sent dans plu­sieurs grandes ga­le­ries d'art au Ca­na­da, Alain Bé­dard jouit d'une ré­pu­ta­tion en­viable et se dé­marque par ses toiles co­lo­rées, lu­mi­neuses et vi­vantes. Ses oeuvres font par­tie de plu­sieurs grandes col­lec­tions pri­vées ca­na­diennes, amé­ri­caines et eu­ro­péennes. « Pour être pré­sent dans six ou sept ga­le­ries comme c'est le cas pour moi ac­tuel­le­ment, il faut peindre un mi­ni­mum de 70 ta­bleaux par an­née. Ça re­pré­sente un tra­vail à temps com­plet de 40 heures par se­maine. Au dé­but, tu dois faire ton nom, » fait-il re­mar­quer. Si Alain Bé­dard pou­vait re­com­men­cer sa car­rière à par­tir du dé­but, il y a fort à pa­rier qu'il sui­vrait le même che­min. « Je n'ai pas choi­si ce mé­tier-là; c'est lui qui m'a choi­si, » conclut-il.

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