PHO­TO­GRA­PHIE D’ART

So­phie Thi­bault

Magazin'Art - - Sommaire - Mi­chel Bois

« Ce­la fait par­tie du tra­vail du pho­to­graphe de voir plus in­ten­sé­ment que la plu­part des gens. Il doit avoir et gar­der en lui quelque chose de la ré­cep­ti­vi­té de l'en­fant qui re­garde le monde pour la pre­mière fois ou du voya­geur adulte qui pé­nètre dans un pays étran­ger. »

– Bill Brandt

So­phie Thi­bault, chef d'an­tenne à TVA, cô­toie l'ac­tua­li­té, les ca­tas­trophes et plus sou­vent qu'au­tre­ment les faux pas de l'hu­ma­ni­té. Et ce, à son pu­pitre au pe­tit écran, dans son bul­le­tin de nou­velles. Di­plô­mée en psy­cho­lo­gie, c'est dans le jour­na­lisme et le do­maine des com­mu­ni­ca­tions qu'elle évo­lue de­puis 28 ans, soit dès son en­trée en fonc­tion à TVA. Cer­tai­ne­ment une in­fluence ve­nue de son père qui fut di­rec­teur de l'in­for­ma­tion à Ra­dio-ca­na­da, mais aus­si de sa pas­sion pour la pho­to­gra­phie et les ca­mé­ras. « J'adore les arts, le des­sin, la pein­ture, même si je ne suis pas bonne ! Ce­la m'a tou­jours frus­trée à l'en­fance. Par contre, je me sou­viens d'avoir été fas­ci­née par tout ce que je pou­vais fixer dans le temps sur une pel­li­cule. En­core plus à l'ado­les­cence, parce que je pou­vais com­bi­ner ca­mé­ra, ma­gné­to­scope (vi­déo) et son pour la re­cherche d'images « vi­vantes » de l'ac­tua­li­té. Ce qui au­jourd'hui m'ap­pa­raît être en lien di­rect avec mon choix de car­rière. Ce que j'igno­rais évi­dem­ment à l'époque. »

Le nu­mé­rique

Évo­luant dans un cré­neau très par­ti­cu­lier dans le mi­lieu de l'art, la pho­to­gra­phie d'art est as­su­ré­ment de plus en plus re­cher­chée. Cette ten­dance est née grâce à l'évo­lu­tion des tech­niques d'im­pres­sion pho­to­gra­phique qui per­mettent d'of­frir des ti­rages en haute dé­fi­ni­tion et d'une grande du­ra­bi­li­té. Mais aus­si sur­tout parce que les ap­pa­reils pho­to nu­mé­riques offrent une grande sou­plesse d'uti­li­sa­tion. À com­men­cer par le contrôle im­mé­diat du ré­sul­tat, car le pho­to­graphe a droit à l'er­reur : si l'image ne plaît pas, on l'ef­face et ce­la ne coûte rien puis­qu'on ne gas­pille pas de pel­li­cule. Bref, la pra­tique de la pho­to­gra­phie est de­ve­nue plus fes­tive et lé­gère qu'elle ne l'était lors du dé­ve­lop­pe­ment des images en ar­gen­tique. Et c'est jus­te­ment ce­la qui a per­mis à So­phie Thi­bault de re­nouer avec la pho­to. « À l'uni­ver­si­té, je m'étais ins­crite à un cours de pho­to­gra­phie pour le plai­sir. Mais ce qu'il m'est res­té en mé­moire de cette époque, c'est la lour­deur de la « cui­sine » pour dé­ve­lop­per les images. Ce qui était contraire à ce que je re­cher­chais. Alors, en 2012, lorsque que j'ai re­çu en ca­deau un ap­pa­reil nu­mé­rique et que j'ai sai­si tout ce qu'il me per­met­tait de faire en toute spon­ta­néi­té, la pas­sion et le plai­sir sont vi­te­ment re­ve­nus. Au­jourd'hui, je ne peux ima­gi­ner pas­ser une se­maine sans me ser­vir de ma ca­mé­ra. Je suis ac­croc. Fa­na. Com­pul­sive ! »

Dé­marche

Tous les soirs à 22 heures, So­phie Thi­bault se doit de li­vrer son bul­le­tin de nou­velles et les images is­sues de la mou­vance des évè­ne­ments. Tout bouge au­tour d'elle. Le tra­vail d'équipe y trouve lar­ge­ment son sens des res­pon­sa­bi­li­tés. Tout doit être par­fait, exact, in­for­ma­tif, concis et un peu ac­cro­cheur. Peu de temps pour les re­pen­tirs avant l'en­trée en ondes. Et en­core moins du­rant l'émis­sion. Or, So­phie Thi­bault aime prendre le temps pour peau­fi­ner les images. En ef­fet, on de­vine que les mo­ments pas­sés dans la nature lui pro­curent un pro­fond sen­ti­ment de bien-être. « Ce­la m'in­cite à vivre l'ins­tant pré­sent avec in­ten­si­té. Grâce à la pho­to­gra­phie, j'ex­plore et je dé­couvre mon en­vi­ron­ne­ment au­tre­ment. J'y ob­serve des élé­ments gra­phiques, des couleurs et des tex­tures qui sti­mulent ma per­cep­tion et mon sens ar­tis­tique. Je cherche à pro­mou­voir la beau­té de la vie qui nous en­toure. Je veux in­duire chez les gens un sen­ti­ment de proxi­mi­té avec la faune et la flore. Et par­fois avec les gens. Mais ce­la m'in­ti­mide de pla­cer ma ca­mé­ra sous le nez des gens. Je pré­fère les pho­to­gra­phier de dos. Ou pas du tout pour l'ins­tant. »

Tan­za­nie : Re­tour aux ori­gines

Ar­tiste bien pré­sente au sein de la col­lec­tion d'oeuvres dif­fu­sées par la Ga­le­rie Qué­bec Art, s'ajou­te­ront lors d'une ex­po­si­tion so­lo, des pho­to­gra­phies prises lors d'un sé­jour en Tan­za­nie. « Mon pro­ces­sus créa­tif se dé­ve­loppe par thèmes. J'éta­blis un conte­nu puis une dé­marche. Je réa­lise en­suite mes pro­jets en met­tant à pro­fit la pho­to­gra­phie, ici dans la re­pré­sen­ta­tion ani­ma­lière tout en am­pli­fiant cette di­men­sion du sen­ti­ment de mys­tère ou de quié­tude. Et oui, de fé­ro­ci­té, mais ja­mais gra­tuite, à l'état brut. Alors je dé­pouille mes com­po­si­tions pour un maxi­mum d'ex­pres­sion afin de trans­mettre un sen­ti­ment, de gé­né­rer une émo­tion de la part du spec­ta­teur. Mon in­té­rêt n'est pas seule­ment de rap­por­ter la réa­li­té des choses. Je pré­fère conce­voir des images qui re­flètent ma propre vi­sion. J'aime évo­quer une at­mo­sphère, une in­ten­tion es­thé­tique. J'uti­lise la pho­to­gra­phie comme ou­til de créa­tion, d'in­for­ma­tion et de com­mu­ni­ca­tion. »

Vous êtes aver­tis. Un « must ». En­core une fois de la ga­le­rie Qué­bec Art. L'in­con­tour­nable en ma­tière d'arts vi­suels !

Du 4 au 14 mai 2017, ex­po­si­tion de So­phie Thi­bault ‒ Tan­za­nie : Re­tour aux

ori­gines. Ga­le­rie Qué­bec Art, 40, rue Notre-dame, Ville de Qué­bec ‒ 418 692-8200

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