FORMES, VO­LUME ET ES­PACE /

Ma­rie-claude De­mers

Magazin'Art - - Sommaire - Mi­chel Bois

« En­so­leillée, la sculp­ture est mé­moire en­so­leillée. » – Mi­guel An­gel As­tu­rias

La to­tale en ce sa­me­di après-mi­di pour une en­tre­vue. Grand air vi­vi­fiant. De la neige im­ma­cu­lée par­tout. Les val­lons an­noncent les mul­tiples ren­contres avec les che­vreuils par di­zaine. Puis un ate­lier d'ar­tiste blot­ti sur les hau­teurs d'un rang me­nant à l'in­fi­ni. Ce­lui de Ma­rie-claude De­mers. Une ar­tiste au ta­lent tan­gible, gé­né­reuse, cha­leu­reuse. Et une oeuvre en bronze, ma­gique, plus que for­mi­dable. Je suis à la ren­verse ! L'oeuvre est su­blime. Por­teuse de bon­heur, qui plus est. Ce­la au­tant dans les dé­tails que dans sa mo­nu­men­ta­li­té. Su­blime ra­vis­se­ment !

Toute pe­tite, Ma­rie-claude De­mers pres­sen­tait qu'elle était ar­tiste. Tous les jours elle des­si­nait. Ses ca­hiers d'en­fant dé­bor­daient de per­son­nages des­si­nés dans la marge. Les épi­sodes de Walt Dis­ney à la té­lé, ajoutent à son rêve. Alors elle crayonne. Elle est prête à dé­cro­cher la lune pour le plai­sir de tous par ses des­sins. Pour­tant, au mo­ment de faire un choix à l'âge adulte, elle se di­rige à l'uni­ver­si­té en psy­cho­lo­gie, une car­rière ja­mais exer­cée mal­gré l'ob­ten­tion du di­plôme. De fait, Ma­rie-claude De­mers, ne ré­pon­dant plus que ja­mais qu'à son instinct, s'im­plique toute en­tière dans la créa­tion. Ce­la si­mul­ta­né­ment à l'illus­tra­tion d'un livre pour en­fants. Hor­mis la pra­tique du des­sin et de la pein­ture pen­dant une di­zaine d'an­nées, voi­ci qu'elle passe à la sculp­ture lors­qu'elle dé­mé­nage ses pé­nates à In­ver­ness, le lieu par ex­cel­lence de la sculp­ture sur bronze au Qué­bec.

La fan­tai­sie et le réa­lisme

« Le bronze me per­met d'ex­pri­mer ces deux fa­cettes. J'aime tra­vailler dans le plai­sir et l'hu­mour naïf. Ra­con­ter une anec­dote lu­dique me donne le goût de rire et de com­mu­ni­quer le plai­sir aux spec­ta­teurs. » Or l'art du bronze re­quiert ha­bi­le­tés, ef­forts, exac­ti­tudes, sa­voir-tech­niques et un bon sens de l'or­ga­ni­sa­tion afin d'in­ter­ca­ler les mul­tiples gestes de pres­ti­di­gi­ta­tion. Va sans dire que la fon­de­rie du vil­lage d'in­ver­ness fa­ci­lite tous les as­pects de ma­ni­pu­la­tions lourdes et tech­niques lors de la fonte de l'oeuvre. Sur­tout lorsque l'on sait qu'une bonne di­zaine de per­sonnes seront re­quises pour ame­ner l'en­tre­prise à bon terme.

Sou­vent ins­pi­rées par des contes, par­fois par des lé­gendes, mais plus sou­vent par des per­son­nages dé­ga­geant le bon­heur, la créa­trice laisse al­ler ses doigts dans une ar­gile hui­leuse au gré de ses fan­tai­sies. Elle tra­vaille alors par ad­di­tion de formes comme si elle ra­con­tait une his­toire dont elle ignore la fi­na­li­té. Les mi­rettes, les gouges et autres ou­tils poin­tus ga­ran­tissent l'adresse et la mi­nu­tie de ses mises en scènes fouillées de dé­tails, lou­foques, gé­niales. Suis le pas­sage vers la fon­de­rie où l'équipe re­couvre la sculp­ture de si­li­cone afin de fa­bri­quer un moule dans le­quel de la cire se­ra

cou­lée. En res­sor­ti­ra une sculp­ture de cire sur la­quelle Ma­rie-claude De­mers fe­ra des retouches et pré­ci­se­ra cer­tains as­pects for­mels. Ce­la avant d'ap­pli­quer en al­ter­nance plu­sieurs couches de bronze li­quide. Ce qui fe­ra fondre la cire et don­ne­ra l'es­pace né­ces­saire à l'édi­fi­ca­tion de l'oeuvre de bronze.

Coûts im­por­tants

Créa­tion, ges­tion, pla­ni­fi­ca­tion, or­ga­ni­sa­tion, tels sont les mots clés des dé­fis à re­le­ver. Les coûts du ma­té­riau im­posent. Tout se doit d'être pla­ni­fié en sa­chant qu'il n'y a que très peu de place pour l'er­reur. Si­non les coûts de réa­li­sa­tion aug­men­te­ront. « Je suis une pas­sion­née et une fon­ceuse. Je crois en mon tra­vail, alors rien ne peut m'ar­rê­ter. » Une di­zaine d'oeuvres seront ain­si créées par an­née. Et si cer­taines oeuvres seront dé­cli­nées en sé­ries nu­mé­ro­tées en for­mat ma­quette, les oeuvres mo­nu­men­tales, comme ce Don Qui­chotte de 3 mètres de long sous la neige au fond de son jar­din, seront pour la plu­part uniques.

Le mar­ché change

Ma­rie-claude De­mers di­rige la mise en mar­ché de son art telle une en­tre­pre­neure che­vron­née. Re­pré­sen­tée lar­ge­ment en ga­le­rie, la dame a amé­na­gé son cha­leu­reux ate­lier cos­su de ma­nière à re­ce­voir avec convi­via­li­té les col­lec­tion­neurs im­por­tants, les chefs d'en­tre­prises, les cor­po­ra­tions, les ga­le­ristes, les jour­na­listes sans presse au­cune. « Ache­ter un bronze de plu­sieurs mil­liers ou de di­zaines de mil­liers de dol­lars de­mande du temps et de la ré­flexion. Ici, je suis à l'aise pour re­ce­voir les gens. Per­sonne n'est à la hâte. Du bon vin aux amuses gueules sa­vou­reux, de la lu­mière unique pro­ve­nant du nord au confort des fau­teuils, de la pré­sence heu­reuse des pièces jus­qu'aux ou­tils de tra­vail, tout concourt à dis­pen­ser l'at­mo­sphère idéale pour per­mettre un contact pri­vi­lé­gié avec la pas­sion de l'art et la créa­tion », conclue Ma­rie-claude De­mers.

No­tons la pré­sence prestigieuse de Ma­rie-claude De­mers à titre d'ar­tiste in­vi­tée au Sym­po­sium des arts UV Mu­tuelle (Union­vie) de Drum­mond­ville du 10 au 12 mars 2017, aux Pro­me­nades de Drum­mond­ville, QC.

Où trou­ver ses oeuvres

Ate­lier Ma­rie-claude De­mers, 418-453-3351

Mu­sée du bronze, 1760, ch. Du­blin, In­ver­ness, QC, 418-453-2101

Ga­le­rie Jean­nine Blais, 100, rue Main, C.P. 90, North Hat­ley, QC, J0B 2C0, 819-842-2784

Ga­le­rie d’art Iris, 30, Saint-jean-bap­tiste, Baie-saint-paul, QC, G3Z 1L9, 418-435-0224

Ga­le­rie d’art La Ma­rée Mon­tante, 1317, che­min Royal, Saint-laurent, Île d'or­léans, QC, G0A 3Z0, 418-828-1859 Ga­le­ries d’art Beau­champ, in­fo@ga­le­rie­beau­champ.com 1-877-694-2244

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