La mu­sique : une vé­ri­table thé­ra­pie pour bé­bé

Une vé­ri­table thé­ra­pie pour bé­bé

Maman & Moi - - Sommaire - Par Kath­leen Mi­chaud

Dès sa nais­sance et même avant, bé­bé ré­agit aux sons, à la mu­sique. Aux dires de nom­breux spé­cia­listes, la mu­sique contri­bue de fa­çon ex­cep­tion­nelle au dé­ve­lop­pe­ment glo­bal de l’en­fant.

C’est le Dr Al­fred A. To­ma­tis qui, dans les an­nées 50, s’est in­té­res­sé le pre­mier à l’in­fluence po­si­tive de la mu­sique (prin­ci­pa­le­ment celle de Mo­zart) sur le dé­ve­lop­pe­ment hu­main.

Le mu­si­co­thé­ra­peute amé­ri­cain Don Camp­bell, au­teur du livre L’ef­fet Mo­zart, a mis sur le mar­ché une di­zaine de CD qui au­raient des ver­tus par­ti­cu­lières pour la créa­ti­vi­té, la re­laxa­tion, l’in­tel­li­gence et le som­meil des bé­bés. Des cher­cheurs amé­ri­cains, qui se sont in­té­res­sés à la ques­tion, ont af­fir­mé que la mu­sique de Mo­zart ne peut qu’avoir des ef­fets po­si­tifs sur le bé­bé puis­qu’elle aug­mente le taux de crois­sance des plantes de 30 à 40 %. Au cours des 25 der­nières an­nées, di­verses études pu­bliées sur le su­jet ont af­fir­mé que la mu­sique, en plus d’at­té­nuer le stress, pou­vait trans­for­mer la struc­ture du cer­veau en dé­ve­lop­pe­ment des tout-pe­tits. Ain­si, les jeunes en­fants ayant une ins­truc­tion mu­si­cale pré­sen­te­raient une meilleure ac­qui­si­tion du lan­gage et un QI plus dé­ve­lop­pé.

Mais comment agissent ces sons sur le cer­veau de bé­bé ? Se­lon Camp­bell, la mu­sique contri­bue­rait au dé­ve­lop­pe­ment des sy­napses, les connec­tions qui re­lient les neu­rones entre eux.

LE FOE­TUS EN­TEND

L’au­di­tion de bé­bé s’ac­tive vers la 16e se­maine de gros­sesse. La pre­mière chose qu’il per­çoit est la voix de sa mère qui ré­sonne jus­qu’à lui. Dans son uni­vers aqua­tique, bé­bé per­çoit les sons et les vi­bra­tions avec son ouïe, sa peau et ses os. En ef­fet, le corps hu­main est comme une caisse de ré­so­nance avec son os­sa­ture, sa mus­cu­la­ture, sa peau, ses cordes vo­cales, son souffle. L’en­fant à naître ré­agit à ces per­cus­sions, à ces rythmes. Il en­tend aus­si la mu­sique et on peut com­men­cer à faire jouer son mo­bile mu­si­cal et des ber­ceuses pour qu’il les re­con­naisse après sa nais­sance. Un en­vi­ron­ne­ment so­nore connu lui pro­cu­re­ra un sen­ti­ment de sé­cu­ri­té.

Voi­ci quelques autres bien­faits de la mu­sique :

• La mu­sique douce, écou­tée avant de dor­mir, amé­lio­re­rait le som­meil.

• Elle ai­de­rait les en­fants au­tistes, qui sont très sen­sibles à la mu­sique, à se dé­tendre.

• Elle ré­dui­rait l’agres­si­vi­té, l’hy­per­ac­ti­vi­té, les dif­fi­cul­tés de concen­tra­tion et les troubles re­la­tion­nels chez plu­sieurs en­fants.

De ré­centes re­cherches ont dé­mon­tré que la mu­sique peut avoir un im­pact po­si­tif dans la ré­édu­ca­tion du cer­veau et de la mo­tri­ci­té parce que la mu­sique et la zone de com­mande du mou­ve­ment par­tagent des cir­cuits neu­ro­naux. La mu­sique pour­rait ain­si ai­der les pa­tients at­teints de la ma­la­die de Par­kin­son à amé­lio­rer leurs mou­ve­ments.

UNE THÉ­RA­PIE POUR LE PRÉMATURÉ

Le bé­bé prématuré su­bit sou­vent des stress im­por­tants cau­sés par les bruits, le va-et-vient du per­son­nel hos­pi­ta­lier. Il sem­ble­rait que la mu­sique douce lui se­rait très bé­né­fique pour l’apai­ser, lui of­frir un sen­ti­ment de sé­cu­ri­té. On sait que la mu­sique ré­pond à ses be­soins en ob­ser­vant son lan­gage cor­po­rel : ses signes vi­taux, son état de ten­sion ou de dé­tente.

À l’hô­pi­tal de Ko­sice-Sa­ca, dans l’est de la Slo­va­quie, la mu­sique de Mo­zart joue au dé­par­te­ment de la ma­ter­ni­té car les mé­de­cins af­firment qu’elle aide les nour­ris­sons à prendre du poids, à éli­mi­ner leur stress et à mieux sup­por­ter la dou­leur (d’en­vi­ron 30 %).

LA MU­SIQUE ET LE DÉ­VE­LOP­PE­MENT DE L’EN­FANT

La mu­sique fait ap­pel aux deux hé­mi­sphères cé­ré­braux, tant le cô­té ana­ly­tique qu’in­tui­tif. Elle contri­bue au dé­ve­lop­pe­ment glo­bal des tout-pe­tits (phy­sique, in­tel­lec­tuel, so­cial et af­fec­tif), en éveillant peu à peu sa créa­ti­vi­té. Lors­qu’on pra­tique des ac­ti­vi­tés ryth­miques avec notre en­fant, on lui per­met éga­le­ment de par­faire son dé­ve­lop­pe­ment mo­teur. Voi­ci des mu­siques à faire en­tendre à notre en­fant se­lon son âge.

Entre 0 et 9 mois

La ber­ceuse est idéale à cet âge car lors­qu’on la chante à notre bé­bé bien ca­lé contre soi, on crée un fort lien d’at­ta­che­ment. L’au­di­tion de notre bé­bé est alors sti­mu­lée. De plus, il se sent ai­mé et en sé­cu­ri­té. Des élé­ments qui contri­buent au dé­ve­lop­pe­ment de son cer­veau.

En­cou­ra­gé par notre voix, bé­bé vou­dra bien­tôt s’ex­pri­mer à son tour et le son de sa voix lui pro­cu­re­ra beau­coup de joie.

Si l’on sou­haite faire jouer des CD, il sem­ble­rait que les mé­lo­dies de Schu­bert et de Brahms plaisent aux nou­veau-nés.

Vers l’âge de quatre mois, on peut aus­si in­té­grer les comp­tines en jouant avec les doigts, les or­teils de notre bé­bé. Il aime notre contact, les cha­touillis et nos ex­pres­sions fa­ciales lui pro­curent de l’ex­ci­ta­tion, du plai­sir. Sans comp­ter que les comp­tines en­traînent une ré­ac­tion émo­tive chez lui car elles re­pré­sentent une forme d’art dans son uni­vers : un dé­but, une ten­sion qui monte, un point culmi­nant, une ré­so­lu­tion. Et der­niers avan­tages, mais non les moindres, des comp­tines : elles per­mettent à l’en­fant d’ac­qué­rir de la mé­moire et du vo­ca­bu­laire.

À par­tir de 9 mois

Bé­bé aime les comp­tines ryth­mées qu’on choi­sit pour le faire sau­ter sur nos ge­noux. Son oreille in­terne et son sens de l’équi­libre sont ain­si sti­mu­lés.

Notre en­fant aime aus­si dé­cou­vrir dif­fé­rents sons. On peut es­sayer dif­fé­rents genres mu­si­caux pour voir ses ré­ac­tions, ses in­té­rêts.

Et lorsque vous vou­lez le dé­tendre, es­sayez-lui une so­nate de Bee­tho­ven, il de­vrait ap­pré­cier. M&M

POUR EN SA­VOIR PLUS :

Don Camp­bell, L’ef­fet Mo­zart sur les en­fants : éveiller l’ima­gi­na­tion et la créa­ti­vi­té par la mu­sique, Le jour, édi­teur.

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