Gros­sesse et émo­tions : at­ten­tion ter­rain in­stable

At­ten­tion ter­rain in­stable

Maman & Moi - - Sommaire - Par Sa­rah Rioux

DE VÉ­RI­TABLES MON­TAGNES RUSSES

Si chaque gros­sesse est unique, il en va de même des émo­tions qui l’ac­com­pagnent et qui se­ront vé­cues différemment par chaque femme. Tou­te­fois, mal­gré le bon­heur in­hé­rent à la gros­sesse, il est rare que les neuf mois que du­re­ra celle-ci se passent sans in­quié­tudes ou émo­tions dif­fi­ciles à gé­rer. En ef­fet, bien que les femmes en­ceintes res­sentent gé­né­ra­le­ment une grande plé­ni­tude liée à leur état, nom­breuses sont celles qui se sur­prennent à vivre des sautes d’hu­meur ra­pides et spon­ta­nées al­lant des crises de larmes aux mo­ments d’ir­ri­ta­bi­li­té, en pas­sant par des mon­tées de joie sou­daines. Rien d’anor­mal! Les chan­ge­ments hor­mo­naux, à eux seuls, peuvent en­traî­ner ces vagues d’émo­tions. À ce­la s’ajoutent les mo­di­fi­ca­tions de l’ap­pa­rence cor­po­relle de la fu­ture ma­man qui, pour cer­taines, peuvent être dif­fi­ciles à ac­cep­ter.

Si bien des femmes connaissent une mon­tagne russe d’émo­tions lors de leur syn­drome pré­mens­truel, ce­la n’est rien en com­pa­rai­son de celle que peut en­traî­ner une gros­sesse. Quand stress et in­quié­tude face à l’ac­cou­che­ment et à la ve­nue de bé­bé, mais aus­si chan­ge­ments hor­mo­naux sont de la par­tie, les émo­tions sont au ren­dez-vous !

L’AMBIVALENCE DES PRE­MIÈRES SE­MAINES ET LES CRAINTES LIÉES À LA VE­NUE DE BÉ­BÉ

Lors des pre­mières se­maines de gros­sesse, et ce, par­ti­cu­liè­re­ment lorsque la femme at­tend son pre­mier en­fant, une ambivalence et plu­sieurs craintes peuvent être res­sen­ties. Évi­dem­ment, ces émo­tions se­ront plus fortes lorsque la gros­sesse n’était pas pla­ni­fiée, mais la femme qui dé­si­rait de­ve­nir en­ceinte ne s’en sau­ve­ra pas pour au­tant. Lors de cette pé­riode, la femme res­sen­ti­ra à la fois un grand ac­com­plis­se­ment, sur­tout si cette der­nière es­sayait de­puis long­temps de de­ve­nir ma­man, et un sen­ti­ment de crainte de­vant l’in­con­nu. La peur de ne pas être à la hau­teur de la tâche de ma­man, de­voir faire le deuil de sa vie sans en­fant, le tout com­bi­né au bon­heur de la nou­velle de la gros­sesse… dif­fi­cile de vivre tout ce­la en même temps sans quelque fois se sen­tir per­due et perdre le nord. Ras­su­rez-vous tou­te­fois, ce mé­lange d’émo­tions dif­fi­ciles à conte­nir pas­se­ra.

Au fil de la gros­sesse, bien que le bon­heur et l’ex­ci­ta­tion de l’at­tente soient au ren­dez-vous, dif­fé­rentes craintes naî­tront chez la fu­ture ma­man. Nom­breuses sont les femmes qui vi­vront l’an­goisse d’ac­cou­cher d’un bé­bé ma­lade ou han­di­ca­pé. Cer­taines font même des cau­che­mars dans les­quels elles se voient don­ner nais­sance à un bé­bé mort. Ces craintes, bien qu’elles puissent être pa­ra­ly­santes, sont uni­ver­selles! Il semble mal­heu­reu­se­ment qu’il n’y ait pas de plus grandes in­quié­tudes sur Terre que celles de la femme en­ceinte. Ras­su­rez-vous, tou­te­fois, en vous di­sant que toutes les femmes en­ceintes passent par là. Pour cal­mer ces an­goisses, vous pou­vez lire sur les su­jets qui vous in­quiètent le plus, ce qui de­vrait vous ras­su­rer en vous fai­sant réa­li­ser que les pires cas aux­quels vous pen­sez ne re­pré­sentent qu’une in­fime pro­por­tion des gros­sesses me­nées à terme. Règle gé­né­rale, ces in­quié­tudes s’at­té­nue­ront au fil des pre­miers mois de la gros­sesse et les écho­gra­phies contri­bue­ront à ras­su­rer la fu­ture ma­man sur la san­té de son bé­bé.

Il im­porte que vous puis­siez par­ler de vos craintes, même si elles ne vous semblent pas ra­tion­nelles ou lo­giques. Con­fiez-vous à une amie ou à une soeur qui a dé­jà l’ex­pé­rience de la ma­ter­ni­té, ce­la vous per­met­tra d’ex­té­rio­ri­ser vos in­quié­tudes et de consta­ter qu’elles ne sont pas si dif­fé­rentes de celles qui pré­oc­cupent les autres femmes en cours de gros­sesse. Vous vous sen­ti­rez ain­si moins iso­lée.

LE POIDS ET LES CHAN­GE­MENTS PHYSIQUES… PAS TOU­JOURS FA­CILES À AC­CEP­TER

Entre le mo­ment où une femme ap­prend qu’elle est en­ceinte et le jour où elle peut mon­trer fiè­re­ment son ventre rond, plu­sieurs chan­ge­ments physiques s’opé­re­ront en elle, et cer­tains se­ront plus dif­fi­ciles à ap­pré­cier que d’autres!

Cer­taines femmes peuvent se mon­trer par­ti­cu­liè­re­ment sus­cep­tibles quant à leur corps ou leur poids au fil de la gros­sesse. Rien de plus nor­mal. Ce­la se res­sent le plus sou­vent chez la femme qui était très mince avant la gros­sesse, ou en­core chez celle qui est très pré­oc­cu­pée par sa sil­houette ou qui a l’ha­bi­tude d’un mode de vie très spor­tif, qui lui donne un corps par­ti­cu­liè­re­ment mus­clé et dé­cou­pé. Les pre­miers ki­los et les ron­deurs qui ap­pa­raissent lors du pre­mier tri­mestre de la gros­sesse au­ront plus l’al­lure d’un sur­poids que du signe d’une gros­sesse. Les gens au­ront ain­si ten­dance à com­pa­rer le corps de la femme en­ceinte avec la sil­houette que cette der­nière af­fi­chait quelques mois plus tôt.

Règle gé­né­rale, ces pré­oc­cu­pa­tions face à la prise de poids di­mi­nue­ront lors du deuxième tri­mestre et la femme se sen­ti­ra alors plus épa­nouie, tant dans sa fa­çon d’an­ti­ci­per l’ar­ri­vée de bé­bé que dans son corps. C’est lors de cette pé­riode que l’on dit sou­vent des femmes en­ceintes qu’elles sont rayon­nantes et pleines d’éner­gie! Le der­nier tri­mestre de la gros­sesse peut s’avé­rer dif­fi­cile. Cer­taines femmes se sen­ti­ront lourdes ou en­core fe­ront de la ré­ten­tion d’eau, ce qui leur don­ne­ra une ap­pa­rence en­flée et plus ronde. La fu­ture ma­man res­sen­ti­ra alors la hâte de re­trou­ver le contrôle sur son corps et de re­trou­ver la li­ber­té de mou­ve­ment dont elle jouis­sait avant que son corps ne su­bisse toutes les trans­for­ma­tions liées à la ve­nue pro­chaine de bé­bé.

LES SYMP­TÔMES À SURVEILLER

Bien que des émo­tions fortes et fa­ci­le­ment chan­geantes soient tout ce qu’il y a de plus nor­mal chez la fu­ture ma­man, dans cer­tains cas il vaut mieux consul­ter votre mé­de­cin trai­tant ou au autre pro­fes­sion­nel de la san­té. Plu­sieurs trai­te­ments, avec ou sans mé­di­ca­tion, sont dis­po­nibles pour les femmes en­ceintes qui pour­raient pré­sen­ter des troubles bi­po­laires ou des signes de dé­pres­sion cli­nique. Les symp­tômes sui­vants de­vraient at­ti­rer votre at­ten­tion et vous pous­ser à consul­ter :

• une an­xié­té per­sis­tante,

• un sen­ti­ment de dé­prime qui va en s’ac­crois­sant, • une in­ca­pa­ci­té à dor­mir ou une dif­fi­cul­té à trou­ver le

som­meil du­rant plu­sieurs jours consé­cu­tifs,

• un manque d’ap­pé­tit, sur­tout si vous consta­tez que vous ne pre­nez pas de poids, ou en­core, que vous en per­dez,

• un sen­ti­ment de grande agi­ta­tion com­bi­né à une in­ca­pa­ci­té à vous concen­trer,

• des pen­sées noires ou sui­ci­daires,

• des dou­leurs ab­do­mi­nales,

• des trem­ble­ments, des étour­dis­se­ments ou des sueurs, • des pleurs ou des mo­ments de déses­poir. M&M

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