Ai­der bé­bé à faire son rot

Maman & Moi - - Sommaire - Par Anne-Ma­rie Cou­si­neau

Il y a deux ans, quand mon ma­ri et moi avons ra­me­né notre pre­mier-né de l’hô­pi­tal, je me sou­viens de mes pre­mières émo­tions en tant que mère, du sen­ti­ment d’in­ca­pa­ci­té et de ner­vo­si­té lorsque j’es­sayais de faire faire un rot à notre pe­tit gar­çon. Peu im­porte ce que je fai­sais ou la fa­çon dont je m’y pre­nais, mon fils ne pro­dui­sait ja­mais de rots pour moi. Pour­tant, à ma grande conster­na­tion, lorsque mon ma­ri a eu son tour au cours d’une séance d’ali­men­ta­tion noc­turne, notre fils a sou­dai­ne­ment pro­duit un son de sou­la­ge­ment… ma­gis­tral!

Nour­rir un nou­veau-né peut être une ex­pé­rience à la fois pas­sion­nante, dif­fi­cile et in­ti­mi­dante pour n’im­porte quel pa­rent, que ce soit votre pre­mier ou troi­sième bé­bé. L’ob­ten­tion de votre di­plôme en « l’art de faire ro­ter bé­bé » se­ra un par­cours rem­pli d’ac­cro­chages, de cra­chats et oui, de bras­sées de la­vage sup­plé­men­taires.

LES DIF­FÉ­RENTES PO­SI­TIONS

Il y a trois po­si­tions com­munes à uti­li­ser lorsque vous com­men­cez à faire faire le rot à votre nou­veau-né : sur l’épaule, face vers le bas sur vos ge­noux, et as­sis. Il est im­por­tant de se rap­pe­ler que si vous n’ob­te­nez pas les ré­sul­tats es­comp­tés avec une po­si­tion, vous de­vez en es­sayer une autre, puisque la plu­part des bé­bés rotent mieux dans une po­si­tion que dans l’autre.

Avec la po­si­tion sur l’épaule, vous de­vez por­ter bé­bé très haut sur votre bras, tout contre votre buste, ce qui vous oblige à le te­nir fer­me­ment contre votre épaule, tout en ap­pli­quant un ta­po­te­ment ou mou­ve­ment de frot­te­ment sur son dos avec la main. Sou­te­nez le bas du dos et les fesses de bé­bé avec l’autre bras. On peut faire ro­ter bé­bé de plu­sieurs fa­çons, mais les pa­rents de­vraient tou­jours se rap­pe­ler la po­si­tion de l’es­to­mac de bé­bé. Le moyen le plus com­mun est sur l’épaule, avec ma­man ou pa­pa dans une po­si­tion ver­ti­cale et bé­bé lé­gè­re­ment in­cli­né sur l’épaule, ce qui cause une lé­gère pres­sion sur son ab­do­men et l’aide à pas­ser un rot. La po­si­tion face vers le bas re­quiert que vous pla­ciez bé­bé sur vos ge­noux avec sa tête re­po­sant sur une jambe et son ventre re­po­sant sur l’autre jambe. Vous de­vez sou­te­nir bé­bé d’une main pen­dant que vous ap­pli­quez un ta­po­te­ment ou mou­ve­ment de frot­te­ment sur son dos. Si vous dé­ci­dez d’es­sayer la po­si­tion as­sise, pla­cez bé­bé sur vos ge­noux avec son corps pen­ché vers avant. Sou­te­nez sa poi­trine et sa tête d’une main pen­dant que vous lui ta­po­tez le dos avec l’autre main.

À QUEL MO­MENT BÉ­BÉ DOIT-IL FAIRE SON ROT ?

Si vous en­vi­sa­gez d’al­lai­ter votre nou­veau-né, la plu­part des pro­fes­sion­nels de la san­té s’en­tendent sur la syn­chro­ni­sa­tion des rots. Une bonne règle de base est de faire faire le rot chaque fois que bé­bé change de sein. Les nour­ris­sons ont ten­dance à ava­ler de l’air au cours de l’al­lai­te­ment et peuvent donc de­ve­nir dif­fi­ciles ou même cra­cher s’ils ne rotent pas sou­vent. Pen­dant une té­tée, il se peut que bé­bé ar­rête de boire, pleure ou re­fuse de té­ter l’autre sein. La dou­leur peut se lire sur son vi­sage. Il se tor­tille et fait des gri­maces, sur­tout si vous es­sayez de l’al­lon­ger. C’est sû­re­ment parce qu’il a un ex­cès d’air dans l’es­to­mac et qu’il a be­soin de faire son rot.

Les nou­veau-nés nour­ris au bi­be­ron ont ten­dance à souf­frir plus de bulles d’air ou de gaz que ceux qui sont nour­ris au sein. La plu­part des bé­bés nour­ris au bi­be­ron

ont be­soin de faire le rot plus sou­vent que ceux nour­ris au sein. Ce­la peut dé­pendre de la for­mule de lait uti­li­sée, du mo­dèle de la bou­teille, de la taille de bé­bé ou de son es­to­mac. Rap­pe­lez-vous qu’à la nais­sance, l’es­to­mac de bé­bé n’est seule­ment que de la taille d’une balle de golf et qu’il n’y a donc pas beau­coup de place pour y lo­ger de l’air et du li­quide en même temps.

Que les ma­mans choi­sissent de nour­rir bé­bé au sein ou avec le bi­be­ron, elles doivent ob­ser­ver les chan­ge­ments dans le com­por­te­ment ali­men­taire de leur bé­bé. Quand bé­bé ra­len­tit net­te­ment ou ar­rête de se nour­rir, re­ti­rez dé­li­ca­te­ment la bou­teille et faites-le ro­ter. En outre, à la fin de la té­tée, vous de­vriez es­sayer de pro­vo­quer un autre rot. Les pa­rents doivent ap­prendre à iden­ti­fier les si­gnaux de plé­ni­tude de bé­bé : un corps dé­ten­du, la dé­rive vers le som­meil, l’ar­rêt de la suc­cion et de la dé­glu­ti­tion, par exemple. Les bé­bés ne de­vraient pas être obli­gés de fi­nir leur bou­teille une fois qu’ils in­diquent clai­re­ment leur plé­ni­tude.

ET SI MON BÉ­BÉ NE ROTE TOU­JOURS PAS?

Une mère ne doit pas se sen­tir res­pon­sable si son bé­bé ne rote pas à toutes les ten­ta­tives. Quand les bé­bés se nour­rissent dans une po­si­tion ver­ti­cale, ils ont na­tu­rel­le­ment moins d’air em­pri­son­né que s’ils sont nour­ris à plat. Chaque bé­bé est dif­fé­rent et, de fa­çon as­sez gé­né­rale, les bé­bés nour­ris au sein n’ont pas be­soin de pro­duire un rot pen­dant les repas.

MON BÉ­BÉ CRACHE PEN­DANT LE ROT…

Une chose que j’ai ap­prise et vé­cue lorsque je suis de­ve­nue mère, c’est que tous les bé­bés crachent. Cra­cher est un phé­no­mène fré­quent pen­dant le rot et ne si­gni­fie pas né­ces­sai­re­ment que votre bé­bé vo­mit. Il est très fré­quent pour les en­fants de cra­cher une gor­gée ou deux de for­mule ou de lait ma­ter­nel quand ils rotent, car ils sont as­sis sur une bulle de gaz. Comme la bulle de gaz se dé­place, elle pousse vers le haut des pe­tites quan­ti­tés de lait. En outre, le muscle à l’en­trée de l’es­to­mac qui re­tient l’ali­men­ta­tion dans l’es­to­mac est plus faible dans les pre­miers mois sui­vant la nais­sance, ce qui rend la ré­gur­gi­ta­tion plus fa­cile pour les bé­bés.

Le plus sou­vent, le cra­chat s’ar­rête au mo­ment où bé­bé com­mence à s’as­seoir ou quand il at­teint l’âge de six mois. Sou­vent, un bé­bé en bonne san­té peut cra­cher une cuillère à soupe ou deux avec chaque repas. Pour di­mi­nuer la quan­ti­té de cra­chat, es­sayez de pla­cer bé­bé dans une po­si­tion ver­ti­cale pen­dant 20 à 30 mi­nutes après l’ali­men­ta­tion.

Si votre nou­veau-né a ten­dance à cra­cher de plus en plus sou­vent au cours des repas, pre­nez ren­dez-vous avec votre pé­diatre. Il est sug­gé­ré d’ame­ner un échan­tillon de cra­chat avec vous. Et si vous êtes pré­oc­cu­pée par la quan­ti­té de li­quide que bé­bé ré­gur­gite, pla­cez le chif­fon ayant net­toyé bé­bé dans un sac Zi­ploc et em­me­nez-le avec vous chez le pé­diatre, de sorte que ce der­nier puisse voir exac­te­ment la quan­ti­té ré­gur­gi­tée.

ASSOYEZ-VOUS, DÉTENDEZ-VOUS ET OBSERVEZ VOTRE NOU­VEAU-NÉ

La plu­part des nour­ris­sons vous disent qu’ils ont be­soin de faire un rot, et les mères ap­prennent gé­né­ra­le­ment à re­con­naître ces signes très ra­pi­de­ment. Un pe­tit fron­ce­ment de sour­cils, un tor­tille­ment ou le fait que bé­bé mange plus ra­pi­de­ment sont quelques exemples cou­rants.

Pro­fi­tez de votre nou­veau-né car il n’y a pas de « fa­çon cor­recte » pour faire faire le rot. Les nou­veaux pa­rents doivent se sen­tir libres d’es­sayer mul­tiples com­bi­nai­sons d’ali­men­ta­tion et de po­si­tions de rot. M&M

SUI­VEZ VOTRE INS­TINCT

Alors que les con­seils des amis, de la fa­mille et des livres de bé­bé peuvent être pré­cieux, il est éga­le­ment im­por­tant de faire ce qui fonc­tionne pour vous et votre bé­bé. Ex­pé­ri­men­ter avec des po­si­tions de rots, le mi­nu­tage et autres as­pects de la si­tua­tion peut être plus pé­da­go­gique que tous les con­seils et livres com­bi­nés.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.