L’ar­ri­vée d’un nou­veau bé­bé dans une fa­mille re­com­po­sée

Dans une fa­mille re­com­po­sée

Maman & Moi - - Sommaire - Par Sa­rah Rioux

Si l'ar­ri­vée d'un nou­veau bé­bé en­traîne un lot de cham­bou­le­ments dans le couple, mais éga­le­ment au sein de la fa­mille, c'est en­core plus vrai dans le cas des fa­milles re­com­po­sées. Que ce soit pour pré­sen­ter la nou­velle d'une gros­sesse aux en­fants de cha­cun des conjoints ou en­core à un en­fant unique qui par­ta­geait jus­qu'alors son quo­ti­dien avec un parent et son conjoint, il im­porte de pré­sen­ter cette nou­velle ré­jouis­sante avec dé­li­ca­tesse et de prendre en compte les crainte et les ques­tion­ne­ments de cha­cun face à ce bé­bé à ve­nir. Doig­té, ou­ver­ture d'es­prit et sou­cis de ras­su­rer cha­cun vous per­met­tra de faire cette tran­si­tion en dou­ceur.

CH­RIS­TINE, EN­CEINTE DE HUIT MOIS

«J'ai ren­con­tré mon conjoint il y a trois ans et il avait dé­jà deux en­fants, Jade, 7 ans et Léo, 3 ans. De mon cô­té, j'étais aus­si ma­man de Cla­ra qui avait 2 ans à l'époque. L'adap­ta­tion de cette nou­velle vie de couple, puis d'une vie de fa­mille à bâ­tir, a été un che­min long... sous le thème de l'adap­ta­tion! Il y a des jours où l'on se di­sait que c'était im­pos­sible, qu'on n'y ar­ri­ve­rait ja­mais. Pour­tant, main­te­nant tout va bien. Cha­cun a réus­si à trou­ver sa place dans cette cel­lule fa­mi­liale re­com­po­sée qui s'agran­di­ra bien­tôt avec la ve­nue pro­chaine de Na­than. Les en­fants qui sont grands main­te­nant sont bien heu­reux de sa­voir que bien­tôt, comme le dit si bien Léo, ils au­ront "un nou­veau pe­tit frère à tout le monde en même temps." Cette phrase nous a bien mon­tré que ce bé­bé se­ra ac­cueilli dans le bon­heur et l'af­fec­tion de tous. Na­than se­rait sans doute bien content de sa­voir que ses frères et soeurs l'at­tendent avec im­pa­tience. De plus, c'est ce pe­tit bé­bé qui fait en sorte que, de­puis 8 mois, les trois en­fants qui vivent avec nous une se­maine sur deux ne parlent ja­mais de de­mi-soeur, ou du fils du chum de leur mère. Ils en sont tous les trois ve­nus à dire, tout na­tu­rel­le­ment, qu'ils avaient deux frères et soeurs... bien­tôt trois!»

Il est cer­tain que, même lorsque tout va bien et que l'en­tente est bonne entre les deux pa­rents et leurs en­fants res­pec­tifs d'une fa­mille re­com­po­sée, l'ar­ri­vée d'un nou­veau bé­bé peut ébran­ler cet équi­libre au sein du­quel les en­fants ont tous le même sta­tut. Tou­te­fois, le bé­bé qui est à ve­nir au­ra cette par­ti­cu­la­ri­té que les deux pa­rents de cette fa­mille re­com­po­sée se­ront les siens. Ce­la peut sem­bler ba­nal à pre­mière vue, mais pour les en­fants de la fa­mille, ce­la peut s'avé­rer fort dé­sta­bi­li­sant et être la cause de nom­breuses craintes, conscientes ou non.

MI­KA, 7 ANS

«J'étais contente quand j'ai su que ma mère al­lait avoir un bé­bé avec Jean. Jean a une fille aus­si... Li­na, elle est comme ma soeur, mais juste la moi­tié du temps, parce que l'autre moi­tié, elle est chez sa ma­man à elle. Mais j'avais peur du bé­bé aus­si. Parce que Li­na et moi on passe juste la moi­tié de notre temps dans cette fa­mil­le­là; elle avec son père et moi avec la mère. Le reste du temps on est chez notre autre parent. Mais le bé­bé, lui, il se­ra tout le temps ici. Avec ses deux pa­rents tout le temps. J'ai eu peur que ma mère l'aime plus que moi. Je pense que Léa aus­si a peur que son père aime plus le nou­veau bé­bé, mais elle ne le dit pas. »

Ap­prendre à vivre avec les en­fants du nou­veau conjoint d'un parent est dé­jà, en soi, une épreuve de taille pour les en­fants. Tou­te­fois, après un cer­tain temps, une nou­velle rou­tine et un équi­libre se dé­ve­loppent. La vie com­mune de­vient plus simple, et si cha­cun y met du sien et se montre res­pec­tueux en­vers les autres, cha­cun peut trou­ver sa place au sein de cette nou­velle cel­lule fa­mi­liale. De plus, lorsque les règles de vie sont les mêmes pour tous les en­fants, on par­vient gé­né­ra­le­ment à li­mi­ter les chances de sen­ti­ments de ja­lou­sie ou l'ani­mo­si­té qui pour­raient sub­ve­nir entre les en­fants. Si l'ar­ri­vée d'un nou­veau bé­bé est gé­né­ra­le­ment source de joie chez les en­fants qui ont bien hâte de ca­ti­ner et d'avoir un pe­tit frère ou une pe­tite soeur tout neuf à la mai­son, les craintes des en­fants ne doivent pas être prises à la lé­gère. Sans in­sis­ter sur celles-ci, il im­porte de les prendre au sé­rieux et d'ac­cor­der aux en­fants le temps et toutes les dis­cus­sions né­ces­saires pour qu'ils puissent re­trou­ver une cer­taine sé­ré­ni­té et voir le bé­bé à ve­nir comme une belle nou­velle, et non comme une me­nace.

Non seule­ment il im­porte de ras­su­rer ceux-ci et de leur ré­pé­ter, aus­si sou­vent que né­ces­saire, qu'ils ne se­ront pas moins ai­més que ce nou­veau bé­bé qui vi­vra à plein temps avec les deux adultes de la fa­mille. C'est une bonne idée de pré­sen­ter ce pou­pon à ve­nir comme ce­lui qui vien­dra unir la fa­mille. De fait, les en­fants des deux conjoints au­ront tous un nou­veau frère ou soeur en com­mun. Alors que les en­fants peuvent craindre que ce pou­pon soit sy­no­nyme de di­vi­sion de la fa­mille, il faut sai­sir le mo­ment pour leur faire com­prendre qu'au contraire, ce tout pe­tit amè­ne­ra une cer­taine uni­té entre les membres de la fa­mille.

LOU, 9 ANS

«Mon frère et moi on vit avec mon père, sa blonde et sa fille Ch­loé une se­maine sur deux de­puis trois ans. J'aime ça pas­ser du temps avec eux. Mon père et sa blonde ont eu un nou­veau bé­bé en­semble il y a six mois, presque sept. Elle s'ap­pelle Ana­belle. C'était un gros chan­ge­ment. J'étais un peu ja­loux quand je de­vais par­tir chez ma mère et qu'Ana­belle pou­vait res­ter tou­jours dans la même mai­son avec ses deux pa­rents. Mais main­te­nant je com­prends mieux. Avant je di­sais que j'avais juste un frère. Main­te­nant je dis que j'ai deux soeurs et un frère. Parce que vu qu'Ana­belle est aus­si la soeur de Ch­loé, ça fait comme si main­te­nant on est tous frères et soeurs. C'est plus comme une vraie fa­mille. »

AMÉ­LIE, EN­CEINTE DE SIX MOIS

«Je se­rai ma­man pour la pre­mière fois dans quelques mois, mais il y a dé­jà quelques an­nées que je vis au quo­ti­dien avec mon amou­reux et son fils, Charles, au­jourd'hui âgé de 9 ans, qui n'a ja­mais connu sa mère. On a tou­jours par­lé d'avoir un se­cond en­fant en­semble, mais de mon cô­té, j'étais quelque peu in­quiète de la ré­ac­tion de Charles. L'an­nonce de ma gros­sesse s'est bien pas­sée, Charles s'est ra­pi­de­ment ré­joui de l'idée de ren­con­trer bien­tôt Ju­lianne, sa fu­ture pe­tite soeur. Au fil des se­maines qui ont sui­vi la nou­velle, les in­quié­tudes et les craintes de Charles ont com­men­cé à se ver­ba­li­ser. Il avait peur, entre autres, que son père et moi l'ai­mions moins lorsque le bé­bé se­rait ar­ri­vé. Le fait que cet en­fant à ve­nir soit notre en­fant à tous les deux l'in­sé­cu­ri­sait aus­si un peu. Je crois qu'il sen­tait que le bé­bé au­rait quelque chose au­quel lui­même n'avait pas ac­cès : deux pa­rents. Comme la mère de Charles n'est plus dans sa vie de­puis dé­jà plu­sieurs an­nées, après plu­sieurs dis­cus­sions, mon conjoint et moi avons pris la dé­ci­sion que j'adop­te­rais lé­ga­le­ment son fils après la nais­sance de Ju­lianne. La nou­velle a gran­de­ment ré­joui Charles qui, non seule­ment ne se sent plus me­na­cé par la ve­nue de sa pe­tite soeur, mais, de plus, sent qu'il a ga­gné une vraie fa­mille dans ce pro­ces­sus.» M&M

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