Le po­ta­ger ur­bain, une mis­sion pos­sible

Pe­tit es­pace ur­bain rime avec grandes pos­si­bi­li­tés de cultures pour Ma­rie Ei­sen­mann, co­fon­da­trice de l’en­tre­prise Les Ur­bain­cul­teurs. Sui­vons le guide et ses ju­di­cieux conseils…

Mon Jardin et Potager - - Sommaire - Par Ma­non Ri­vard

Com­ment sont nés Les Ur­bain­cul­teurs?

«Nous sommes trois ini­tia­teurs ayant vu tout le po­ten­tiel du jar­di­nage po­ta­ger en mi­lieu ur­bain, où 80 % de la po­pu­la­tion ha­bite. Nous avons pour mis­sion de don­ner en­vie aux gens de jar­di­ner et sur­tout de pro­di­guer les connais­sances pour le faire.»

On a sou­vent l’im­pres­sion que le jar­di­nage n’est pas ap­pro­prié quand on ha­bite en ville. Com­ment fai­tes­vous pour convaincre les gens?

«On a tous be­soin d’un contact avec la na­ture. Le jar­di­nage en mi­lieu ur­bain s’ins­crit dans une so­lu­tion concrète en développement du­rable, so­cial (c’est va­lo­ri­sant de faire pous­ser ses propres lé­gumes), éco­no­mique (on en­cou­rage notre in­dus­trie lo­cale) et il y a tout le cô­té en­vi­ron­ne­men­tal (on ré­duit les îlots de chaleur, on em­bel­lit notre lieu de vie, etc.). L’in­té­rêt po­pu­laire est énorme, il faut seule­ment don­ner les ou­tils. D’où l’im­por­tance de nos ac­ti­vi­tés édu­ca­tives, les for­ma­tions ou confé­rences of­fertes, notre pré­sence sur les ré­seaux so­ciaux.»

Quels sont les cri­tères de base pour faire pous­ser des lé­gumes en ville?

«Le pre­mier est le so­leil. Qui dit ville dit bâ­ti­ments en­vi­ron­nants qui ap­portent de l’ombre. On a beau avoir la plus grande mo­ti­va­tion et le ter­reau idéal, s’il n’y a pas d’en­so­leille­ment, ça ne fonc­tion­ne­ra ja­mais. Ça prend aus­si un en­droit, soit en ar­rière de la cour di­rec­te­ment au sol, soit une plate-bande en fa­çade ou un en­droit où l’on peut mettre des conte­nants.»

Si l’on dé­cide d’amé­na­ger un en­droit dans la cour ar­rière, par où com­men­cer?

«On doit éva­luer la qua­li­té du sol, au­tant pour connaître la sa­lu­bri­té de ce­lui-ci (on le fait éva­luer en centre jar­din afin de sa­voir quoi lui ap­por­ter en élé­ments mi­né­raux pour avoir du suc­cès) que pour voir s’il n’y a pas plein de ra­cines.»

Quelles autres op­tions s’offrent à nous s’il n’y a pas de pos­si­bi­li­tés de jar­di­nage au sol?

«On le fait hors sol, avec un sys­tème de bacs ou de pots. L’im­por­tant est de mettre à pro­fit un es­pace in­es­thé­tique et dé­ran­geant. Évi­dem­ment, si les gens ont ac­cès à un ter­rain où le sol est d’as­sez bonne qua­li­té, je re­com­mande de pri­vi­lé­gier la culture en pleine terre. C’est un pro­ces­sus plus na­tu­rel et qui, aus­si, de­mande moins d’ar­ro­sage.»

J’ima­gine aus­si que les sur­faces ver­ti­cales ont avan­tage à être uti­li­sées?

«Oui, les murs, les garde-corps… on doit aus­si pen­ser à ça. Sur le bal­con, une éta­gère peut nous per­mettre d’ins­tal­ler des plants à dif­fé­rentes hau­teurs. Qui plus est, on peut se faire un écran de ver­dure quand trop de so­leil nous in­com­mode. On peut aus­si ins­tal­ler des fi­lets pour y faire cou­rir des ha­ri­cots grim­pants.»

Une plate-bande gour­mande et fleu­rie? Oui, c’est pos­sible!

(ci-contre)

Une pe­tite cour offre tout de même de grandes pos­si­bi­li­tés po­ta­gères. (ci-haut)

L’équipe des Ur­bain­cul­teurs a amé­na­gé une ter­rasse gour­mande pour ap­pro­vi­sion­ner le res­tau­rant Chez Bou­lay (du chef Jean-Luc Bou­lay). «Le défi était d’avoir des cultures qui res­semblent à leur si­gna­ture, pré­cise Ma­rie. On a donc fait pous­ser de la ca­me­rise, du poivre d’eau, du gin­gembre sau­vage, des ki­wis rus­tiques…»

Un toit amé­na­gé par l’équipe de Ma­rie Ei­sen­mann qui dé­montre bien tout le po­ten­tiel des toits ur­bains.

Un plan d’oseille san­guine, d’abord d’une grande beau­té, mais qui pour­rait bien rem­pla­cer les épi­nards dans vos re­cettes ou en guise d’ac­com­pa­gne­ment pour vos pois­sons.

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