Stade olym­pique: le mythe de l’élé­phant blanc

Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve - - LA UNE - CO­LIN Cô­Té-PAU­LETTE co­lin.cote-pau­lette@tc.tc

HIS­TOIRE. Alors que le Parc olym­pique de Mon­tréal souffle ses 40 bou­gies, plu­sieurs dé­fendent ce leg his­to­rique et parlent même d’un le­vier éco­no­mique pour Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve.

« Les gens plus vieux ont des sou­ve­nirs amères à pro­pos du stade et il a tou­jours été po­la­ri­sant, mais peu d’ins­tal­la­tions post- olym­piques peuvent se van­ter d’être en­core uti­li­sées 40 ans après leur construc­tion. À Athènes par exemple, c’est vrai­ment désuet », in­dique le porte-pa­role du Parc olym­pique de Mon­tréal, Cé­dric Es­si­mi­ny.

Il faut dire qu’au fil du temps, la 3e des­ti­na­tion tou­ris­tique mont­réa­laise en im­por­tance a ac­cueilli un nombre consi­dé­rable d’évè­ne­ments d’en­ver­gure, des Expos à la fi­nale de di­vi­sion de l’Im­pact en 2015, en pas­sant par la vi­site du pape Jean-Paul II en 1984 et un des der­niers concerts d’AC/DC avec son chan­teur Brian John­son. L’an der­nier, les ins­tal­la­tions ont re­çu 1,23 M de vi­si­teurs, dont un de­mi-mil­lion pour le stade seule­ment.

Rap­pe­lons tou­te­fois qu’à l’époque de la construc­tion du parc, le maire de Mon­tréal, Jean Dra­peau, avait af­fir­mé que les ins­tal­la­tions olym­piques ne se­raient pas dé­fi­ci­taires et qu’elles ne coû­te­raient pas grand-chose. Le Parc olym­pique a fi­na­le­ment été com­plè­te­ment rem­bour­sé en 2006, 1,4 G $ plus tard.

« Ça a coû­té très cher et il y au­ra d’autres in­ves­tis­se­ments à pré­voir, mais c’est un leg qui a rap­por­té aus­si », es­time l’au­teur du livre Le Parc olym­pique : 40 ans d’émo­tions pa­ru en juin, Be­noît Clai­roux, qui a re­lu plus de 6 000 ar­ticles pour écrire son ou­vrage.

Les ins­tal­la­tions olym­piques mont­réa­laises valent au­jourd’hui 3,5 G $ et ont coû­té en moyenne 15,4 M $ d’en­tre­tien par an du­rant les cinq der­nières an­nées. À titre com­pa­ra­tif, les in­fra­struc­tures des Jeux de Sot­chi ont coû­té 37 G $, soit les plus chères de l’his­toire des JO.

POu­MOn écO­nO­MIquE

« Le stade est bon pour l’Est. On ne peut pas tout mettre au centre-ville. En plus, c’est avan­ta­geux qu’il soit à proxi­mi­té de plu­sieurs sta­tions de mé­tro. Cer­tains joueurs des Expos ve­naient en trans­port en com­mun à l’époque », ra­conte M. Clai­roux.

En­vi­ron 170 em­ployés tra­vaillent pré­sen­te­ment à temps plein au parc et près de 2500 lors des grands évè­ne­ments. Le Mou­ve­ment Desjardins a d’ailleurs loué 80 % des es­paces lo­ca­tifs de la tour du stade pour y ins­tal­ler 1000 em­ployés dès 2018. Le bail est de 15 ans, avec pos­si­bi­li­té de re­nou­ve­ler.

« Avant que le stade n’ar­rive dans leur quar­tier, les gens d’Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve étaient pra­ti­que­ment os­tra­ci­sés. Tout d’un coup, toute la pla­nète a dé­bar­qué dans leur cour », ex­plique M. Es­si­mi­ny.

L’ex­po­si­tion « Sou­ve­nirs de 1976 » est présentée à la tour du stade jus­qu’au 30 sep­tembre.

(Pho­to:Gra­cieu­se­té – Be­noît Clai­roux)

Le plus grand évè­ne­ment ac­cueilli par le stade en de­hors des cé­ré­mo­nies spor­tives, est un concert de Pink Floyd, lors du­quel 80 000 étaient pré­sentent, alors que les règles de sé­cu­ri­té d’in­cen­die li­mite sa ca­pa­ci­té à 65 000 spec­ta­teurs au­jourd’hui.

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