Un parc re­nom­mé en hom­mage à une hé­roïne du quar­tier

Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve - - NOUVELLES - NI­CO­LAS LEDAIN ni­co­las.ledain@tc.tc

HIS­TOIRE. Le parc Dé­zé­ry-La­fon­taine a été re­nom­mé parc Sa­rah-Max­well par l’ar­ron­dis­se­ment. Cette di­rec­trice d’école a pé­ri dans l’in­cen­die de son éta­blis­se­ment sco­laire en ten­tant de sau­ver ses élèves.

Le nom de Sa­rah Max­well est dé­sor­mais lié à ce parc si­tué à quelques mètres seule­ment du site où elle a per­du la vie le 26 fé­vrier 1907, à l’âge de 31 ans.

Ce jour-là, par un froid gla­cial, le feu se dé­clare dans le sys­tème de chauf­fage au char­bon de la Ho­che­la­ga Pro­tes­tant School, qui se trou­vait au coin des rues Adam et Pré­fon­taine. Après avoir éva­cué les élèves les plus âgés qui se trou­vaient au pre­mier ni­veau, Sa­rah Max­well monte à l’étage su­pé­rieur pour por­ter secours aux plus petits. Alors que les quatre autres en­sei­gnantes de l’éta­blis­se­ment par­viennent à quit­ter les lieux avec plu­sieurs de leurs élèves, la di­rec­trice reste en com­pa­gnie de ceux qui n’ont pas réus­si à des­cendre l’es­ca­lier en­fu­mé. À l’ar­ri­vée des pom­piers, elle par­vient à faire pas­ser quelques di­zaines d’en­fants pour les faire des­cendre par une échelle dé­ployée de­puis la rue, mais igno­rant les re­com­man­da­tions des secours, Sa­rah Max­well retourne dans l’épaisse fu­mée noire pour ai­der seize élèves âgés de 3 à 8 ans qui étaient en­core pié­gés par les flammes. Épui­sée et as­phyxiée, elle meurt brû­lée dans l’in­cen­die avec les neuf fillettes et sept petits gar­çons qu’elle es­sayait de sau­ver.

« Elle a fait tout son pos­sible pour sau­ver un maxi­mum d’en­fants. Son acte de bra­voure avait beau­coup tou­ché toute la com­mu­nau­té du coin », ra­conte An­dré Cou­si­neau, res­pon­sable du site web de l’Ate­lier d’his­toire Mer­cier–Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve (AHMHM).

Son dé­cès et ce­lui des seize en­fants avaient éga­le­ment in­ci­té les com­mis­sions sco­laires à re­voir les me­sures de sé­cu­ri­té, en ins­tal­lant no­tam­ment des es­ca­liers de secours.

ÉVI­TER L’OU­BLI

Mais 110 ans après cet in­cen­die tra­gique, il ne res­tait de la mé­moire de Sa­rah Max­well qu’une plaque sur un mur de la ca­thé­drale Ch­rist Church où eurent lieu ses fu­né­railles. La Table de quar­tier Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve a donc pro­po­sé son nom pour re­bap­ti­ser le parc Dé­zé­ry-La­fon­taine et l’AHMHM a sou­te­nu le pro­ces­sus. An­dré Cou­si­neau a me­né des re­cherches sur in­ter­net et a re­trou­vé une tren­taine de membres de la fa­mille de Sa­rah Max­well. Cer­tains d’entre eux ont même fait le dé­pla­ce­ment de­puis le Ma­ni­to­ba et l’On­ta­rio pour par­ti­ci­per à l’inau­gu­ra­tion du parc sa­me­di 9 sep­tembre en pré­sence de Réal Mé­nard, le maire d’ar­ron­dis­se­ment de Mer­cier– Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve.

Une plaque ra­con­tant son his­toire est dé­sor­mais ins­tal­lée à l’en­trée de la rue Dé­zé­ry et M. Cou­si­neau es­père que cette his­toire ne tom­be­ra pas dans l’ou­bli.

« Après toutes ces re­cherches, j’ai l’im­pres­sion de la connaître. J’ai vou­lu faire en sorte que le sou­ve­nir de son acte d’hé­roïsme reste dans les mé­moires », ex­plique ce pas­sion­né.

(Pho­to gra­cieu­se­té)

Le parc Sa­rah-Max­well, si­tué sur la rue La Fon­taine, a été inau­gu­ré di­manche der­nier.

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