SAN­TÉ.

Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve - - LA UNE -

Mal­gré la crise du fen­ta­nyl, l’Agence de la san­té pu­blique du Ca­na­da (ASPC) ne compte pas pro­lon­ger son fi­nan­ce­ment du pro­gramme Do­pal­liés of­fert dans Ho­che­la­ga. Cet ac­com­pa­gne­ment des consom­ma­teurs de drogues in­jec­tables a pour­tant de bons ré­sul­tats se­lon les or­ga­nismes lo­caux.

Chaque an­née, plus de 300 per­sonnes par­ti­cipent aux séances Do­pal­liés pro­po­sées de­puis 2009 par l’or­ga­nisme Do­pa­mine. Lors d’ate­liers de groupe heb­do­ma­daires, des for­ma­tions sur di­vers su­jets en lien avec les drogues in­jec­tables et les ma­la­dies telles que le VIH ou l’hé­pa­tite C sont dis­pen­sées aux par­ti­ci­pants. Les res­pon­sables du pro­gramme tentent de sen­si­bi­li­ser des consom­ma­teurs pour pro­pa­ger en­suite la bonne pa­role au sein de la com­mu­nau­té.

« C’est tout un mé­ca­nisme de trans­mis­sion d’in­for­ma­tions. Nous pous­sons la pré­ven­tion par les pairs, car nous pen­sons que c’est le plus ef­fi­cace. On peut presque tri­pler le nombre de per­sonnes at­teintes lors des ate­liers grâce à la dif­fu­sion des mes­sages », es­time Mar­tin Pa­gé, le di­rec­teur gé­né­ral de Do­pa­mine.

Ce pro­gramme bé­né­fi­cie d’une aide an­nuelle de 120000$ de l’Agence de la san­té pu­blique du Ca­na­da (ASPC) qui de­vait s’ar­rê­ter en mars 2017. En sep­tembre 2016, San­té Ca­na­da a ac­cor­dé un «fi­nan­ce­ment tran­si­toire» d’un an pour lais­ser le temps à l’or­ga­nisme de trou­ver de nou­veaux sou­tiens, mais faute d’ac­com­pa­gne­ment, Do­pa­mine se pré­pare à aban­don­ner Do­pal­liés.

« On est en plein dans la cible qu’on veut, on ob­tient des ré­sul­tats, on est par­te­naires de­puis long­temps et du jour au len­de­main, on ne fait plus par­tie de l’aide alors que le be­soin de la po­pu­la­tion est là », se dé­sole M. Pa­gé.

Le ser­vice des re­la­tions mé­dias de l’ASPC ex­plique que le gou­ver­ne­ment a été contraint de faire des choix dans le Fonds d’ini­tia­tives com­mu­nau­taires en ma­tière de VIH et d’hé­pa­tite C (FIC) dans le­quel fi­gu­rait Do­pal­liés. L’ins­ti­tu­tion a re­cu 224 de­mandes to­ta­li­sant plus de 63 M $ par an­née, alors que l’en­ve­loppe bud­gé­taire an­nuelle n’est que de 26,4 M$. 47 or­ga­nismes qui bé­né­fi­ciaient de cette aide doivent se tour­ner vers d’autres res­sources.

DE­MANDE DE PRO­LON­GA­TION

Mal­gré plu­sieurs de­mandes de sub­ven­tions, Do­pa­mine n’a jus­qu’ici pas réus­si à mo­bi­li­ser de

« C’est un ou­til qui fonc­tionne et qu’on doit gar­der. L’uti­li­sa­tion de drogues était là avant et sera là après, mais il faut se mo­bi­li­ser sur cette ques­tion de pré­ven­tion du VIH et de l’hé­pa­tite C. C’est en­core plus im­por­tant en ce mo­ment avec le fen­ta­nyl », af­firme Mme Bou­tin-Sweet.

Do­pa­mine a d’ailleurs pro­fi­té de séances de Do­pal­liés pour for­mer à l’uti­li­sa­tion de la na­loxone, com­po­sant chi­mique qui in­verse les ef­fets des opia­cés et qui per­met de contrer les sur­doses liées au fen­ta­nyl.

Mer­cier–Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve est l’ar­ron­dis­se­ment mont­réa­lais où l’on dé­nombre le plus de consom­ma­teurs de drogues par in­jec­tion après Ville-Ma­rie, se­lon l’Ins­ti­tut na­tio­nal de san­té pu­blique du Qué­bec

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