Dé­buts en­cou­ra­geants pour le ser­vice d’in­jec­tion su­per­vi­sée d’Ho­che­la­ga

Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve - - LA UNE - NI­CO­LAS LEDAIN ni­co­las.ledain@tc.tc

Le ser­vice d’in­jec­tion su­per­vi­sée (SIS) pro­po­sé par Do­pa­mine sur la rue On­ta­rio est ou­vert de­puis bien­tôt quatre mois. Ce site a dé­jà sau­vé des vies se­lon le res­pon­sable de l’or­ga­nisme.

« Nous sommes contents d’avoir cet ou­til, sur­tout dans ce contexte de sur­doses et avec des pro­duc­tions de rue qui sont très chan­geantes», se fé­li­cite Mar­tin Pa­gé, di­rec­teur gé­né­ral de Do­pa­mine.

De­puis l’ou­ver­ture du SIS d’Ho­che­la­ga le 19 juin der­nier, l’or­ga­nisme as­sure une pré­sence quo­ti­dienne avec une in­fir­mière et un in­ter­ve­nant de 20 h à 1 h du ma­tin pour sé­cu­ri­ser cette pra­tique à risque. Si Do­pa­mine ne livre pas de sta­tis­tiques sur la fré­quen­ta­tion pour l’ins­tant, M. Pa­gé as­sure que les usa­gers de l’or­ga­nisme «y adhèrent bien» et qu’ils sont de plus en plus nom­breux à l’uti­li­ser.

« L’idée c’est d’être avec la per­sonne, de l’ai­der et de l’ac­com­pa­gner avant, en­suite ils font leurs choses, mais on les in­vite aus­si à res­ter après pour s’as­su­rer que tout va bien », dé­taille le di­rec­teur gé­né­ral.

Les consom­ma­teurs se pré­sentent avec leurs pro­duits ache­tés dans la rue, s’ins­crivent à l’ac­cueil, puis pa­tientent jus­qu’à ce qu’une place se li­bère dans l’un des trois cu­bi­cules ins­tal­lés pour s’in­jec­ter la drogue. L’in­té­rêt du SIS est d’as­su­rer une pré­sence mé­di­cale en cas de sur­dose, ce qui est pri­mor­dial dans le contexte de crise du fen­ta­nyl que vit le quar­tier en ce mo­ment.

« Les sur­doses ar­rivent de ma­nière as­sez ré­gu­lière ces deux der­niers mois, mais nous sommes équi­pés pour y faire face. On peut sup­po­ser qu’il s’agit d’opia­cés de syn­thèse très puis­sants, donc peut-être qu’il y a du fen­ta­nyl», in­dique Mar­tin Pa­gé.

SÉ­CU­RI­TÉ

En bien­tôt quatre mois, Do­pa­mine as­sure que le centre n’a connu au­cun dé­bor­de­ment. Si l’ou­ver­ture du SIS avait pu pro­vo­quer de la crainte chez cer­tains ré­si­dents, l’or­ga­nisme se veut ras­su­rant.

«Nous sommes ins­tal­lés là de­puis 17 ans et nous exis­tons de­puis 23 ans. Ce site s’ins­crit dans notre offre de ser­vice glo­bale et on ne vient pas bous­cu­ler la com­mu­nau­té. Il n’y a pas eu de dé­bor­de­ment ni de grosse in­quié­tude pour l’ins­tant », as­sure Mar­tin Pa­gé.

In­ter­ro­gé sur l’im­pact que peuvent avoir les SIS sur ce que l’on sur­nomme les « pi­que­ries », le di­rec­teur gé­né­ral de Do­pa­mine pré­cise qu’il ne s’agit pas d’une so­lu­tion mi­racle, car de nom­breux consom­ma­teurs hé­sitent en­core à se rendre dans un lieu contrô­lé pour uti­li­ser ces pro­duits illé­gaux.

«Le ri­tuel de consom­ma­tion est dif­fé­rent chez tout le monde. […] Notre pré­oc­cu­pa­tion est d’of­frir un ser­vice, on doit se dire hum­ble­ment que cer­tains ne vien­dront pas, mais pour ceux qui viennent c’est une

SAN­TÉ.

amé­lio­ra­tion et ça peut sau­ver des vies», conclut M. Pa­gé.

(Pho­to TC Me­dia – Ar­chives)

Plu­sieurs cas de sur­doses ont dé­jà été consta­tés dans le SIS d’Ho­che­la­ga de­puis l’ou­ver­ture, pro­ba­ble­ment à cause du fen­ta­nyl.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.