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Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve - - PETITES ANNONCES CLASSÉES - NI­CO­LAS LEDAIN ni­co­las.ledain@tc.tc

Grâce à son ate­lier d’ébé­nis­te­rie, l’or­ga­nisme Le Bou­lot vers a ac­com­pa­gné plus de 3500 jeunes vers le mar­ché de l’em­ploi ou un re­tour aux études de­puis son ou­ver­ture en 1983. At­ta­chée à Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve, cette res­source conti­nue de nour­rir de belles am­bi­tions pour son quar­tier.

Der­rière les ma­chines de l’usine, Loïc semble très à son aise. Pour­tant, il y a moins de deux mois, ce jeune homme de 19 ans ne connais­sait rien à l’ébé­nis­te­rie.

« Ce qui me plaît le plus, c’est de voir le ré­sul­tat. Quand tu vois ton meuble fi­ni, tu re­penses à toutes les étapes pour le faire. C’est va­lo­ri­sant », ex­plique-t-il.

En dé­cro­chage sco­laire et sans ex­pé­rience pro­fes­sion­nelle, Loïc a choi­si de s’adres­ser à l’or­ga­nisme Le Bou­lot Vers… (LBV) pour se re­lan­cer. Il y bé­né­fi­cie d’un stage ré­mu­né­ré de six mois du­rant le­quel il ap­prend à fa­bri­quer des meubles, mais suit aus­si des for­ma­tions à la vie ci­toyenne et pro­fite d’un sui­vi in­di­vi­dua­li­sé pour iden­ti­fier ses pro­jets pour la suite.

Avant je ne sa­vais pas ce que je vou­lais faire. Ça m’a re­mis sur la bonne voie, je veux re­tour­ner à l’école, fi­nir mon se­con­daire et faire mon DEP. L’ébé­nis­te­rie, c’est ce que je veux pour mon fu­tur. »

Comme Loïc, une cen­taine de jeunes passe chaque an­née par les lo­caux de l’or­ga­nisme de Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve pour re­prendre leurs vies en mains. Tous ne vont pas s’orien­ter vers l’ébé­nis­te­rie, cer­tains tra­vaillent d’ailleurs dans

Loïc 35 por­traits des 35 ans

les bu­reaux de LBV plu­tôt qu’à l’usine, mais la ma­jo­ri­té d’entre eux y ap­prennent l’im­por­tance d’avoir un but chaque ma­tin.

« L’ébé­nis­te­rie est un beau pré­texte. Quand tout ce que tu as en­ten­du dans ta vie c’est que c’était mau­vais, à par­tir du mo­ment où tu es va­lo­ri­sé, que le pa­tron te dit que c’est beau, ça te re­donne confiance. On les aide à prendre conscience de leur rôle de ci­toyen et à voir comment le tra­vail va avoir un sens », dé­taille Jeanne Do­ré la di­rec­trice gé­né­rale de LBV.

Gé­rant de l’ate­lier, Gé­rald Trem­blay ac­com­pagne les sta­giaires au quo­ti­dien et il cor­ro­bore les propos de Mme Do­ré.

« Ils changent phy­si­que­ment. En ar­ri­vant, c’est sou­vent le dos cour­bé et la ca­puche sur la tête et ils res­sortent d’ici la tête haute prêts à tra­vailler ou à re­tour­ner à l’école », té­moigne ce for­ma­teur.

OR­GA­NISME DU QUAR­TIER

Ou­vert de­puis 35 ans, l’or­ga­nisme a dé­mé­na­gé trois fois, mais est tou­jours res­té dans Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve.

« Je me de­mande si Le Bou­lot vers… au­rait pu être ailleurs. C’est le long du fleuve qu’il y avait les an­ciennes in­dus­tries. On est né de cette idée qu’il y avait des jeunes qui n’avaient pas de tra­vail dans une zone de Mon­tréal où il y avait eu de l’abon­dance. On a vou­lu ré­pondre à ça », ra­conte Jeanne Do­ré.

Si LBV n’est ja­mais sor­ti du quar­tier, sa réa­li­té a évo­lué et l’or­ga­nisme a dû s’adap­ter C’est le taux d’in­ser­tion de l’or­ga­nisme. Si les jeunes trouvent en gé­né­ral un em­ploi ou re­tournent à l’école à l’is­sue de leur stage à LBV, ils par­viennent aus­si à res­ter sur la bonne voie, puis­qu’un sui­vi d’au moins deux ans est réa­li­sé. Le taux de ré­ten­tion cal­cu­lé au bout de ces deux ans est d’en­vi­ron 90 %.

pour ré­pondre aux be­soins de cette jeu­nesse désoeu­vrée.

« On a as­sis­té à une dé­té­rio­ra­tion des condi­tions de vie des jeunes. Plus on a avan­cé dans le temps et plus les pro­blé­ma­tiques étaient lourdes et mul­tiples. La force de l’or­ga­nisme a été d’adap­ter l’offre de ser­vices », pour­suit Mme Do­ré.

Ain­si, des cours pour ap­prendre à ap­prendre sont no­tam­ment dis­pen­sés de­puis une di­zaine d’an­nées et il y a de plus en plus d’in­ter­ve­nants dans dif­fé­rents do­maines afin de di­ver­si­fier l’ap­proche.

Le pro­chain dé­fi de l’or­ga­nisme est un nou­veau dé­mé­na­ge­ment dans le sud-est du quar­tier Ho­che­la­ga, sur le ter­rain d’une an­cienne ton­nel­le­rie. Le bâ­ti­ment de LBV de­vrait être inau­gu­ré en 2019 ou 2020.

« À 35 ans, il est temps d’être pro­prié­taire. On va dans la zone la plus pauvre du quar­tier, mais c’est notre rêve, parce que c’est notre place », se ré­jouit Jeanne Do­ré. Pour cé­lé­brer son an­ni­ver­saire, Le Bou­lot vers… a dé­ci­dé de mettre en avant ses bons coups du pas­sé. Grâce à un tra­vail réa­li­sé du­rant l’été der­nier, l’or­ga­nisme a re­trou­vé la trace de 300 de ces an­ciens sta­giaires et a dé­ci­dé de mettre en avant 35 por­traits de jeunes, de for­ma­teurs ou de bé­né­voles qui ont mar­qué LBV de­puis sa créa­tion. Un nou­veau por­trait est mis en ligne chaque semaine sur la page Facebook et sur le site in­ter­net de l’or­ga­nisme.

(Pho­to TC Me­dia — Ni­co­las Ledain)

En­vi­ron cent jeunes suivent un stage chaque an­née dans l’usine d’ébé­nis­te­rie de l’or­ga­nisme Le Bou­lot Vers… pour re­trou­ver un but dans leur vie.

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