L’en­traîneur, au coeur de la per­for­mance

Pedal Magazine - - Nouvelles -

Les ath­lètes, on les ad­mire pour leur tal­ent et leur déter­mi­na­tion. On s’ex­tasie de­vant leurs per­for­mances. Mais on ou­blie trop sou­vent ceux qui les en­ca­drent et qui leur per­me­t­tent de pro­gresser et d’at­tein­dre leur plein po­ten­tiel. Ces tra­vailleurs de l’om­bre, ce sont les en­traîneurs. Heureuse­ment, depuis quelques an­nées, on re­con­naît da­van­tage leur con­tri­bu­tion dans les ac­com­plisse­ment de leur(s) pro­tégé(s).

Mais at­ten­tion, n’est pas en­traîneur qui veut le de­venir. Être en­traîneur, c’est être un pro­fes­sion­nel de l’en­traîne­ment, avec tout ce que ça en­globe. Il ex­iste évidem­ment plusieurs éch­e­lons d’ex­per­tise. Cer­tains tra­vail­lent à plus pe­tite échelle, au niveau lo­cal ou ré­gional, alors que d’autres pra­tiquent sur les scènes provin­ciale, na­tionale et in­ter­na­tionale. Il faut donc des out­ils adap­tés à la réal­ité de tous les en­traîneurs.

De nom­breuses for­ma­tions et or­gan­ismes ont été créés afin de par­faire les con­nais­sances des en­traîneurs. En ce sens, le Pro­gramme na­tional de cer­ti­fi­ca­tion d’en­traîneurs (PNCE) et les divers in­sti­tuts na­tionaux du sport sont parmi les prin­ci­pales ressources mises à leur dis­po­si­tion. Les en­traîneurs des équipes na­tionales et provin­ciales y ont d’ailleurs dans l’ex­er­cice de leurs fonc­tions. Et de plus en plus d’en­traîneurs pro­fes­sion­nels of­frent leurs ser­vices aux ath­lètes et par­ti­c­uliers sur une base in­di­vidu­elle, que ce soit pour plan­i­fier un pro­gramme d’en­traîne­ment et/ou en­cadrer de manière plus étroite des ath­lètes de tous les niveaux.

Même les en­traîneurs qui s’im­pliquent dans le cadre des Jeux du Québec et des Jeux du Canada doivent dé­sor­mais répon­dre à des ex­i­gences min­i­males quant à leur niveau de cer­ti­fi­ca­tion. Évidem­ment, le fait d’être cer­ti­fié par le PNCE ne con­stitue pas un gage d’ex­cel­lence, et en­core moins que l’ath­lète qui est sous sa su­per­vi­sion de­vien­dra un cham­pion. Ce que cette for­ma­tion as­sure, selon le niveau at­teint, c’est la trans­mis­sion d’out­ils et de con­nais­sances qui per­me­t­tront à l’en­traîneur d’of­frir un en­cadrement adéquat aux ath­lètes qui sont sous sa gou­verne.

D’ailleurs, ce principe s’ap­plique à bon nom­bre de métiers.

Mais le chem­ine­ment ne s’ar­rête pas là. Car une fois la cer­ti­fi­ca­tion com­plétée, il est im­por­tant que l’en­traîneur s’en­gage dans un pro­ces­sus de for­ma­tion con­tinue. Ainsi, il peut pour­suivre son per­fec­tion­nement, rester à l’af­fut des nou­velles méth­odes d’en­traîne­ment et des nou­velles tech­nolo­gies, ainsi que se tenir à jour dans le mi­lieu des sci­ences du sport, lesquelles sont en con­stante évo­lu­tion. C’est no­tam­ment pour cette rai­son que la FQSC tient an­nuelle­ment, et ce, depuis 10 ans, un col­loque de per­fec­tion­nement pour ses en­traîneurs.

D’autres champs de com­pé­tences égale­ment sont mis à profit. Afin d’op­ti­miser le développe­ment des ath­lètes, les en­traîneurs, surtout au niveau des équipes pro­fes­sion­nelles et na­tionales, et même cer­taines équipes provin­ciales, font de plus en plus ap­pel à des spé­cial­istes de do­maines con­nexes et com­plé­men­taires. Ainsi, la phys­i­olo­gie, la

C’est no­tam­ment pour cette rai­son que la FQSC tient an­nuelle­ment, et ce, depuis 10 ans, un col­loque de per­fec­tion­nement pour ses en­traîneurs.

biomé­canique, la nu­tri­tion, et la psy­cholo­gie sont in­té­grés dans la pré­pa­ra­tion des ath­lètes d’élite ou en voie de le de­venir.

Si cer­tains en­traîneurs parvi­en­nent à gag­ner leur vie en ex­erçant ce métier, ils con­stituent toute­fois une mi­norité. En cy­clisme, par ex­em­ple, la très grande ma­jorité des en­traîneurs sont des bénév­oles qui ont choisi de re­donner aux je­unes en partageant leurs con­nais­sances et leurs ex­péri­ences.

Le Québec est une des prov­inces dom­i­nantes dans les sports cy­clistes, et c’est par­ti­c­ulière­ment vrai dans les dis­ci­plines suiv­antes : cy­clisme sur route, vélo de mon­tagne et para­cy­clisme. Le Québec fait égale­ment belle fig­ure en BMX et en cy­clisme sur piste, mais comme le développe­ment des ath­lètes dans ces dis­ci­plines est in­time­ment lié à l’ac­cès aux in­fra­struc­tures sportives, le Québec est un peu désa­van­tagé.

Or, le suc­cès que con­nais­sent les représen­tants cy­clistes orig­i­naires de la Belle Prov­ince est en par­tie at­tribuable au tra­vail ac­com­pli par les en­traîneurs qui les diri­gent. À tous les niveaux, depuis l’ini­ti­a­tion aux sports cy­clistes jusqu’à l’élite mon­di­ale, un en­traîneur se cache der­rière chaque per­for­mance.

À la lu­mière de tout ceci, il n’est donc pas sur­prenant de con­stater que plusieurs en­traîneurs québé­cois ont laissé leur mar­que, no­tam­ment en qual­ité d’en­traîneur na­tional. Au cours des 15 dernières an­nées seule­ment, on peut penser à Jac­ques Landry, Vin­cent Jour­dain, Eric Van den Eynde, Ian Hughes, Sébastien Travers et Michel Le­blanc, qui ont tous dirigé l’équipe cana­di­enne, que ce soit en cy­clisme sur route, en cy­clisme sur piste, en vélo de mon­tagne ou en para­cy­clisme. Et ils l’ont fait avec brio. C’est sans compter les en­traîneurs per­son­nels qui ont et qui con­tin­u­ent de tra­vailler avec des ath­lètes de haut niveau. N’ou­blions pas, non plus, les en­traîneurs de l’équipe du Québec : Pas­cal Cho­quette, en cy­clisme sur route, sur piste et en para­cy­clisme; Serge Des­rosiers, en vélo de mon­tagne; et Sébastien Gau­tier, en BMX.

En 2011, le Tem­ple de la renom­mée du cy­clisme québé­cois (TDLR) ou­vrait ses portes au premier en­traîneur avec l’in­tro­n­i­sa­tion de Pierre Hut­se­baut. Celui qui oeu­vre dans le cy­clisme depuis main­tenant plus de 40 ans, et ce, avec la même pas­sion, a no­tam­ment con­tribué à la réus­site d’ath­lètes comme Hugo Houle, An­toine Duch­esne et David Veilleux, pour n’en nom­mer que quelques-uns. Plus récem­ment, le TDLR ac­cueil­lait Eric Van den Eynde, un en­traîneur qui se con­sacre corps et âme aux ath­lètes qu’il prend sous son aile, et ce, depuis plus de 30 ans. Parmi les cy­clistes qui ont croisé son chemin, men­tion­nons Lyne Bes­sette, An­nie Gar­iépy, Clara Hughes, Steve Rover, ainsi que plusieurs para­cy­clistes tels que Gary Longhi, Pa­trice Bon­neau, et Daniel Chal­i­four. Et c’est sans compter tous ceux pour lesquels il a été un en­traîneur, un men­tor, un mod­èle.

Comme l’a dit John Kes­sel, un grand en­traîneur améri­cain en vol­ley­ball : « L’en­traîneur mé­diocre parle, le bon ex­plique, le su­per dé­mon­tre et le meilleur in­spire ».

De gauche à droite : An­nie Gar­iépy, Lyne Bes­sette, Eric Van de Eynde et Clara Hughes.

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