L’ali­men­ta­tion, des bon­heurs aux frayeurs

Photo | Societe - - Publireportage - [Georges Vignaux / Phi­lo­sophe]

Man­ger de­meure au­tant es­sen­tiel (on mange pour « prendre des forces ») que lu­dique (on se donne du plai­sir). Pierre Fra­ser a ana­ly­sé ad­mi­ra­ble­ment ce par­cours sé­cu­laire entre la nour­ri­ture et les re­pré­sen­ta­tions du corps au tra­vers des images de la gros­seur ou de la min­ceur. Et des sta­tuts so­ciaux consé­quents. Plus que ja­mais, la ques­tion de­meure lan­ci­nante à en ju­ger le nombre de ma­ga­zines, d’ou­vrages, d’émis­sions té­lé­vi­sées consa­crées à la « bonne » et à la « mau­vaise bouffe », aux ré­gimes san­té ou min­ceur, aux re­cettes exo­tiques ou de « grand-mère », aux nui­sances ali­men­taires et aux pro­duits in­dus­triels sup­po­sés no­cifs. Mais qu’en est-il de l’opi­nion com­mune ? Les uns de­meurent em­preints de la tra­di­tion et de ses plats ty­piques (cous­cous, tourte, cas­sou­let, blan­quette de veau), les autres s’aban­donnent à la res­tau­ra­tion ra­pide (chips, piz­za, plats sur­ge­lés, sand­wiches). Une forte mi­no­ri­té ras­semble les adeptes du « bio » au­tour de pro­duits à base de qui­noa, d’épeautre et autres cé­réales res­sus­ci­tées. Nos chan­ge­ments de vie au tra­vail ou dans les loi­sirs y font beau­coup. Le faible temps ac­cor­dé aux re­pas de mi­di fa­vo­rise la res­tau­ra­tion « sur le pouce » tan­dis que les can­tines ou res­tau­rants d’en­tre­prise main­tiennent la tra­di­tion de « l’en­trée-plat-des­sert ». Cha­cun bri­cole comme il le peut et se­lon ses sa­voirs et ses croyances. Ain­si de nou­veaux en­goue­ments se dé­ve­loppent, de nou­velles peurs sur­gissent. Car l’in­dus­trie de l’ali­ment sait jouer de nos craintes et même les sus­ci­ter.

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