Dé­cou­vrir le po­lo, spec­ta­cu­laire et stra­té­gique

Premiere edition - - Ac­tua­li­té - STÉPHANE FOR­TIER JOUR­NA­LISTE

Bien peu de Vau­dreuil-Sou­lan­geois le savent, mais de­puis plu­sieurs an­nées, Sainte-Marthe est l’hôte de matchs de po­lo, un sport en­le­vant et spec­ta­cu­laire, pri­sé no­tam­ment par la fa­mille royale en An­gle­terre. C’est un peu comme le ho­ckey, mais à che­val.

Il faut d’abord sa­voir que le po­lo est un sport d’équipe équestre met­tant aux prises deux équipes de quatre joueurs. Les joueurs at­te­lés sur leurs mon­tures marquent des points par la conduite d’une pe­tite boule en plas­tique ou en bois blanc dans le but de l’équipe ad­verse à l’aide d’un maillet à long manche. Le sport tra­di­tion­nel de po­lo se joue sur un large ter­rain à ga­zon me­su­rant jus­qu’à 300 mètres de long. Un match of­fi­ciel se dé­com­pose en 4 pé­riodes de 7 mi­nutes et de­mie à 8 mi­nutes cha­cune de jeu ef­fec­tif. Ces pé­riodes sont sé­pa­rées par des temps de re­pos de 2 mi­nutes sauf entre les 2e et 3e pé­riodes où le re­pos est de 5 mi­nutes.

LA GE­NÈSE D’UNE JOUEUSE

Le Club de po­lo Na­cio­nal pré­sente, de mai à sep­tembre, des matchs ou 16 joueurs, dont deux femmes, ri­va­lisent d’adresse. L’une de ses femmes, Éli­za­beth Hal­lé, connaît les che­vaux de­puis qu’elle est toute pe­tite. Elle et Gil­bert, son conjoint qui est vé­té­ri­naire, pos­sèdent huit che­vaux, sept d’entre eux jouent au po­lo et l’autre est à la re­traite. An­cien joueur de po­lo lui-même, Gil­bert se consacre dé­sor­mais en­tiè­re­ment à son mé­tier lais­sant les ex­ploits sur les ter­rains de po­lo à Éli­za­beth. « De­puis que j’ai 3 ou 4 ans que je suis fa­mi­lière avec les che­vaux, ma fa­mille en avait », re­late Éli­za­beth Hal­lé. Cette der­nière rap­pelle tou­te­fois qu’elle n’a dé­cou­vert le po­lo que bien plus tard. « Au dé­but, je fai­sais du saut à obs­tacles, mais un jour, un amé­ri­cain, nou­vel­le­ment ar­ri­vé dans la ré­gion, m’a fait dé­cou­vrir le po­lo et m’a ini­tiée », ra­conte-t-elle.

De­puis 1980, Éli­za­beth Hal­lé s’adonne à la pra­tique du po­lo. Si de plus en plus de fran­co­phones pra­tiquent le po­lo (il y en a même plus main­te­nant que d’an­glo­phones à Sainte-Marthe), il n’en reste pas moins qu’il est né­ces­saire d’avoir un por­te­feuille re­la­ti­ve­ment bien gar­ni puis­qu’il faut tout même pos­sé­der plu­sieurs che­vaux. « À chaque pé­riode, nous de­vons chan­ger de che­vaux. Nous jouons entre quatre et six pé­riodes se­lon que ce­la soit des tour­nois de cha­ri­té, com­pé­ti­tifs ou ami­caux », ex­plique Éli­za­beth Hal­lé qui ad­met que l’on parle d’un sport dis­pen­dieux.

Et quand on lui de­mande de dé­crire le po­lo, elle prend comme ré­fé­rence un sport que l’on connaît bien. « C’est un peu comme le ho­ckey (sans le gar­dien de but), mais à che­val, dé­crit la ca­va­lière. Nous jouons avec une balle d’une di­men­sion s’ap­pa­ren­tant à une balle de ten­nis, mais en plas­tique dur.

Il y a évi­dem­ment des rè­gle­ments et deux ar­bitres sur ter­rain pour les faire ap­pli­quer. Beau­coup de che­vaux, une fois pris dans le tour­billon du jeu, peuvent an­ti­ci­per les jeux. Ils ont une com­pré­hen­sion du jeu. Il y a des contacts lé­gaux, d’autres dan­ge­reux, les­quels sont sif­flés par les ar­bitres. Mais on parle d’un sport de fi­nesse. C’est une vé­ri­table par­tie d’échec », ré­sume-t-elle.

Éli­za­beth joue trois fois par se­maine soit le jeu­di à 17 h ain­si que le sa­me­di et le di­manche à 13 h. Des joueurs pro­viennent sou­vent de To­ron­to, d’Ot­ta­wa pour jouer à Sainte-Marthe et par­fois de Buf­fa­lo et du Ver­mont.

L E C H E VA L E S T U N AT H L È T E

« Le che­val est un vé­ri­table ath­lète, il doit être très en forme et plus il est en forme, moins il risque de se bles­ser », dit-elle.

Va pour le che­val, mais on ne de­vient pas joueur de po­lo du jour au len­de­main. Éli­za­beth Hal­lé ex­plique qu’il faut faire un avec l’ani­mal « On com­mence à exer­cer le che­val avec le trot pen­dant un mois et de­mi, et ce, six jours par se­maine. Tout se joue au ga­lop, mais le trot met le che­val en condi­tion. Par la suite, on passe au ga­lop. Suivent les exer­cices d’ar­rêt et vi­rages. Les ses­sions de tra­vail de prises en mains sont im­por­tantes », men­tionne l’adepte du po­lo. Une fois que le che­val est prêt, c’est le temps de se rendre sur un champ de pra­tique et de frap­per des balles. Les plus jeunes che­vaux sont ini­tiés avec des joutes moins ra­pides. « Ce­la prend des che­vaux avec la tête froide, pas des che­vaux émo­tifs et il faut maî­tri­ser le che­val to­ta­le­ment, an­ti­ci­per ses ré­ac­tions », in­dique-t-elle.

Et que doit man­ger un tel ath­lète? « Du four­rage, du grain et des sup­plé­ments de mi­né­raux vi­ta­mi­nés », de ré­pondre Éli­za­beth Hal­lé.

P O L O A V E C C OE U R

Le 12 août pro­chain, se tien­dra, au Club de po­lo Na­cio­nal à Sainte-Marthe, le plus im­por­tant tour­noi or­ga­ni­sé à des fins ca­ri­ta­tives. « Les pro­fits se­ront ver­sés à l’Ins­ti­tut de car­dio­lo­gie de Mon­tréal et au Pe­ter Munk Car­diac Centre de To­ron­to. An­née après an­née, nous amas­sons entre 80 et 100 000 $, des sommes qui servent à ces ins­ti­tu­tions à ache­ter de l’équi­pe­ment mé­di­cal », ré­vèle Éli­za­beth Hal­lé.

Des tables sont en­core dis­po­nibles au coût de 3 500 $ et le tout dé­bute à mi­di. Un re­çu pour l’im­pôt au mon­tant équi­valent à la moi­tié du prix de la table se­ra re­mis. En plus des matches, il y au­ra un en­can si­len­cieux, un dé­fi­lé de ju­ments avec leurs pou­lins et un concours de cha­peaux pour les dames. Pour en sa­voir plus, on com­pose le 450 458-2765.

PHO­TO­THÈQUE

Éli­za­beth Hal­lé en plein ac­tion.

PHO­TO STÉPHANE FO RTIER

Éli­za­beth Hal­lé avec l’une de ses ju­ments.

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