Les si­nis­trés des inon­da­tions s’im­pa­tientent à Rigaud

Premiere edition - - Actualité - STÉ­PHANE FORTIER JOUR­NA­LISTE

Lors de la der­nière as­sem­blée du con­seil mu­ni­ci­pal de la Ville de Rigaud, le 14 août der­nier, plu­sieurs si­nis­trés des inon­da­tions sont ve­nus ex­pri­mer leur désar­roi con­cer­nant la ré­cep­tion des rap­ports d’éva­lua­tion des pro­prié­tés pro­ve­nant du Mi­nis­tère de la Sé­cu­ri­té pu­blique (MSP). Sur 234 dos­siers de si­nis­trés 7 per­mis ont été émis jus­qu’à main­te­nant.

Le pro­blème, c’est que les si­nis­trés ne peuvent faire une de­mande de per­mis de ré­no­va­tion, de re­cons­truc­tion ou de dé­mo­li­tion de leur pro­prié­té sans ces rap­ports des ins­pec­teurs du MSP et, sans per­mis, ils ne peuvent re­ce­voir l’aide fi­nan­cière pré­vue pour l’exé­cu­tion des tra­vaux. Et là, on se re­trouve à quatre mois des inon­da­tions.

« Les ci­toyens sont in­sa­tis­faits des dé­lais et nous les com­pre­nons par­fai­te­ment, mais il faut qu’ils com­prennent que ce n’est pas de notre res­sort », in­dique d’en­trée de jeu Ma­rie-An­drée Ga­gnon, di­rec­trice des com­mu­ni­ca­tions à la Ville de Rigaud. Si la Ville n’a au­cun pou­voir sur l’ache­mi­ne­ment de ces rap­ports, Ma­rie-An­drée Ga­gnon pré­cise tou­te­fois que la Ville a mo­bi­li­sé des ins­pec­teurs sup­plé­men­taires, créé un ser­vice, af­fec­té du per­son­nel, amé­na­gé des lo­caux ex­pres­sé­ment pour trai­ter les dos­siers re­liés aux inon­da­tions. « Nous com­pre­nons que les si­nis­trés ont hâte de sa­voir à quoi s’en te­nir », ajoute-t-elle.

PA S TA N T D E P E R M I S

Si une tren­taine de per­sonnes ont dé­po­sé une de­mande de per­mis jus­qu’à pré­sent, plu­sieurs de ceux-ci mon­traient des dos­siers in­com­plets em­pê­chant ain­si l’émis­sion d’un per­mis, se­lon Ma­rieAn­drée Ga­gnon. « Les gens peuvent dé­ci­der de dé­mo­lir leur pro­prié­té sans qu’ils aient ob­te­nu le rap­port, mais ils n’au­ront pas droit à la sub­ven­tion », pré­cise-t-elle. La di­rec­trice des com­mu­ni­ca­tions rap­pelle éga­le­ment qu’une qua­ran­taine de fa­milles sont d’ailleurs tou­jours à l’hô­tel, sans comp­ter ceux qui sont chez des amis ou des proches.

Sur 234 dos­siers de si­nis­trés, sept per­mis ont été émis jus­qu’à main­te­nant, se­lon Jean­nine Lan­dry, pré­si­dente du re­grou­pe­ment des si­nis­trés de Rigaud. Cette der­nière était pré­sente à la séance du con­seil mu­ni­ci­pal et dé­plore le fait que le maire parle des deux cô­tés de la bouche. « Nous avons ren­con­tré le maire la se­maine pré­cé­dant le con­seil mu­ni­ci­pal et il nous af­fir­mé qu’il ne dé­li­vrait au­cun per­mis avant qu’il ob­tienne une dé­ro­ga­tion du gou­ver­ne­ment lui per­met­tant de re­le­ver le ni­veau des routes concer­nées par les inon­da­tions, no­tam­ment le che­min du Bas de la ri­vière. On s’est alors de­man­dé ce qui ar­ri­ve­rait s’il ne l’ob­te­nait pas. Et puis, lun­di soir, le dis­cours avait chan­gé puis­qu’il a af­fir­mé que les per­mis se­raient dé­li­vrés quand même. Où est la vé­ri­té? », se de­mande Jean­nine Lan­dry qui vit tou­jours à l’hô­tel.

PÉ­TI­TION

Ac­tuel­le­ment, une pé­ti­tion cir­cule à l’échelle du Qué­bec sur in­ter­net à l’in­ten­tion des si­nis­trés. De fait, les si­nis­trés se mo­bi­lisent pour faire dé­clen­cher une en­quête pu­blique sur la ges­tion du bar­rage pen­dant les inon­da­tions de cette an­née.

Il est de­man­dé, sur cette pé­ti­tion, de dé­clen­cher une en­quête pu­blique sur les causes des inon­da­tions du prin­temps 2017, afin de dé­ter­mi­ner l’impact de la ges­tion des ré­ser­voirs d’Hy­dro-Qué­bec sur la crue des eaux dans les ré­gions tou­chées. Cette pé­ti­tion est dis­po­nible sur le site de l’As­sem­blée na­tio­nale du Qué­bec h t t p s : // w w w . a s s n a t . q c . c a / … / pe­ti­tion/Pe­ti­tion-6915/in­dex.html.

« Nous al­lons faire cir­cu­ler notre propre pé­ti­tion qui ira dans le même sens. Nous avons fait plu­sieurs re­cherches qui tendent à dé­mon­trer que la ges­tion des bar­rages est mise en ques­tion dans le dos­sier des inon­da­tions », ré­vèle Jean­nine Lan­dry. La pré­si­dente du re­grou­pe­ment et les si­nis­trés en gé­né­ral, vou­draient que les bar­rages soient gé­rés en te­nant compte des chan­ge­ments cli­ma­tiques et sur­tout, gé­rés en fonc­tion de la si­tua­tion de ceux qui ré­sident sur le bord des rives. Il faut consi­dé­rer les nom­breux ter­rains ha­bi­tés qui sont si­tués à proxi­mi­té des ré­ser­voirs d’Hy­dro-Qué­bec.

Le 1er mai 2017, les vannes du bar­rage Mer­cier ont été ou­vertes pour abais­ser le ni­veau du ré­ser­voir Bas­ka­tong, fai­sant ain­si pas­ser le dé­bit de 250 à 700 mètres cubes par se­conde, en­traî­nant ain­si une hausse du ni­veau de la ri­vière Ga­ti­neau, des Ou­taouais et des inon­da­tions à Poin­teFor­tune et Rigaud, sans ou­blier Hud­son et Vau­dreuil-sur-le-Lac.

POINTE-FOR­TUNE

Du cô­té de Pointe-For­tune, se­lon JeanC­harles Fi­lion, di­rec­teur gé­né­ral, trois per­sonnes ont ob­te­nu des per­mis de ré­no­va­tion, mais au­cune de­mande ne leur est parvenue pour des dé­mo­li­tions ou re­cons­truc­tions.

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Le maire de Rigaud, Hans Gruen­wald a ré­ité­ré que c’est le MSP qui tarde à en­voyer les rap­ports et que la Ville n’avait rien à y voir.

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Quatre mois après les inon­da­tions, des si­nis­trés at­tendent tou­jours un rap­port d’éva­lua­tion.

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