An­tho­ny Ka­va­nagh, le show­man phi­lo­sophe

Premiere edition - - Actualité - CA­RO­LINE BO­NIN JOUR­NA­LISTE

Le 23 oc­tobre der­nier, An­tho­ny Ka­va­nagh mon­tait sur la scène du St-De­nis à Mon­tréal pour la pre­mière fois de­puis son re­tour au Qué­bec. Une soi­rée des plus émou­vantes alors que le pu­blic lui a li­vré une cha­leu­reuse ova­tion de plu­sieurs mi­nutes.

« C’était ex­tra­or­di­naire tout l’amour qu’on m’a don­né. Avec tout ce qui se passe dans le monde du show­biz qué­bé­cois, je fai­sais mes der­nières dates de ro­dage et je sen­tais que tout le monde était sen­sible. C’est pour ça qu’à chaque spec­tacle, je rap­pelle qu’on est là pour rire. Je leur dis : on ne va sur­tout pas lais­ser deux mau­vaises graines pour­rir le jar­din. Tout de suite, ça re­met les gens dans une bonne vi­bra­tion. Les soi­rées des trois der­niers jours vont res­ter gravées dans ma mé­moire », confirme An­tho­ny Ka­va­nagh, lors d’une en­tre­vue le len­de­main de son spec­tacle à Qué­bec le 25 oc­tobre, qui lui aus­si s’est conclu par une longue ova­tion.

Cet ac­cueil a fait un bien énorme à l’hu­mo­riste. Lui qui a an­nu­lé sa pre­mière mé­dia­tique puis­qu’elle était pré­vue en pleine tem­pête des al­lé­ga­tions concer­nant Éric Sal­vail et Gil­bert Ro­zon. « C’était un choix ju­di­cieux. Il y a plu­sieurs jour­na­listes qui ont dit : ce se­rait bête de ra­ter ton re­tour. Ça m’at­tris­tait d’avoir à faire ça, parce que c’est des mois de tra­vail, sauf que tout a dis­pa­ru le soir du pre­mier show et le len­de­main, c’était tel­le­ment ma­gique », sou­ligne ce­lui qui se pré­sen­te­ra plu­tôt de­vant les cri­tiques québécoises le 21 no­vembre.

LA BÊTE ET LE PHI­LO­SOPHE

Ce­lui qui a la ré­pu­ta­tion d’être une bête de scène com­plè­te­ment écla­tée est beau­coup plus calme et phi­lo­sophe au té­lé­phone. Un homme gé­né­reux et sen­sible, que le pu­blic pour­ra aus­si dé­cou­vrir sur scène. An­tho­ny Ka­va­nagh s’est sou­vent scin­dé en deux : le fou en re­pré­sen­ta­tion et le phi­lo­sophe dans la vie. Cette fois-ci, son spec­tacle por­tant le titre Show­man re­pré­sente bien toutes les fa­cettes de l’homme.

« C’est un show d’hu­mour et d’amour. Pour la pre­mière fois, il y a toutes les par­ties de moi qui sont réunies. À ce stade-ci de ma vie, je n’avais plus en­vie de sé­pa­rer les deux. J’avais en­vie de pou­voir par­ler d’autres choses et de pou­voir être sé­rieux. C’est comme moi­tié show, moi­tié confé­rence, mais sans être don­neur de le­çons. C’est un spec­tacle où je me dé­voile. Ça sur­prend, mais ça fait du bien. Ma femme et mes amis proches me re­con­naissent sur scène », de ré­vé­ler l’hu­mo­riste qui a ima­gi­né un spec­tacle s’ou­vrant sur sa mort. Le spec­tacle est donc consti­tué d’his­toires et de conseils sur la vie.

RE­TOUR À LA MAI­SON

An­tho­ny Ka­va­nagh est re­ve­nu au Qué­bec avec sa femme et ses deux en­fants, l’été der­nier. La pe­tite fa­mille s’est ins­tal­lée au Qué­bec pour trois ans, afin de per­mettre à l’hu­mo­riste de réa­li­ser une vé­ri­table tour­née qué­bé­coise. Son agen­da est des plus char­gés, af­fi­chant des spec­tacles au Qué­bec jus­qu’en 2019 et par­se­mé d’es­ca­pades en Eu­rope, jus­qu’en avril, pour pré­sen­ter la ver­sion eu­ro­péenne de Show­man. On peut dé­jà es­pé­rer que son re­tour à la mai­son s’al­longe, après tout quand il est par­ti en Eu­rope c’était pour 3 ans, mais il y est res­té 20 ans.

« Je suis re­ve­nu sou­vent, mais là ça fai­sait quatre ans que je n’étais pas ren­tré au Qué­bec. Cette fois, je ne me met­tais pas de pres­sion. J’étais content d’être de re­tour, d’être avec ma fa­mille, c’est ça qui avait pris le des­sus sur le reste. Je ne suis pas ve­nu en coup de vent. J’ai le temps de m’adap­ter, de faire une belle tour­née et des belles pro­mos. J’ai eu le temps de faire un beau film pro­mo­tion­nel », pré­cise l’hu­mo­riste, qui est très content d’être de re­tour à la mai­son.

FRAN­ÇAIS OU QUÉ­BÉ­COIS

Ce­la fai­sait tel­le­ment long­temps qu’An­tho­ny Ka­va­nagh était par­ti, que cer­tains ne sa­vaient même pas qu’il était Qué­bé­cois. Les pu­bli­ci­tés et les cap­sules Web pour Les fro­mages d’ici jouent d’ailleurs sur ce ta­bleau. « C’est un beau par­te­na­riat où j’ai pu m’im­pli­quer dans l’écri­ture des pubs. C’est im­por­tant que je sois un hu­mo­riste et un co­mé­dien dans les pubs et non seule­ment un pan­neau pu­bli­ci­taire », dit-il.

L’ar­tiste et sa fa­mille cé­lé­bre­ront-t-ils un Noël qué­bé­cois ou eu­ro­péen? « On est en plein dans cette dé­ci­sion-là. Ça se­ra peut-être ta­hi­tien, ca­ri­béen, eu­ro­péen ou qué­bé­cois. On pèse le pour et le contre, mais je sais que j’au­rai déses­pé­ré­ment be­soin de va­cances parce que j’ai tra­vaillé tout l’été. Ma femme aus­si au­ra be­soin d’un break », conclut An­tho­ny Ka­va­nagh, dont la pe­tite fa­mille vi­vra son pre­mier long hi­ver qué­bé­cois.

PHO­TO­THÈQUE

An­tho­ny Ka­va­nagh se­ra en spec­tacle le 25 no­vembre à la salle Al­bert-Du­mou­chel à Sa­la­ber­ry-de-Val­ley­field.

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