Trop peu, trop tard pour sau­ver la fo­rêt Rous­seau

Premiere edition - - Actualité - STÉ­PHANE FORTIER JOUR­NA­LISTE

Plu­sieurs ci­toyens s’étaient dé­pla­cés à la der­nière séance du conseil mu­ni­ci­pal de Pin­court afin d’en sa­voir plus sur l’ave­nir de la fo­rêt Rous­seau. La Ville au­rait-elle pu ache­ter la fo­rêt à l’époque pour éven­tuel­le­ment

la sau­ver.

En­fait,dans­le­cas­de­cet­te­fo­rêt,dont­la­su­per­fi­cie tourne au­tour de 270 000 pieds car­rés, l’ex­pres­sion la­tine Alea jac­ta est (le sort en est je­té), s’ap­plique très bien. C’est que le pro­mo­teur à qui ap­par­tient cette terre pro­jette d’y construire 45 mai­sons uni­fa­mi­liales dans ce sec­teur qui s’ap­pel­le­ra Place Pierre Bru­net.

UNE RELIQUE?

Cette fo­rêt fait par­tie des pre­miers lo­tis­se­ments ef­fec­tués à la nais­sance de la Ville de Pin­court, il y a au moins une qua­ran­taine d’an­nées. « Ce­la date de fort long­temps. Les pre­miè­res­ré­si­den­ce­sau­raient­puyê­tre­bâ­ties, mais plu­sieurs pro­prié­taires pos­sé­daient ces­lot­set­pen­dant­long­temps,rienn’apuêtre construit faute d’en­tente entre les construc- teurs. Et là, au­jourd’hui, la ra­re­té des ter­rains fait que ce­lui-ci de­vient fort at­trayant », de re­la­ter le maire Yvan Car­di­nal. Mais la Ville au­rait-elle pu ache­ter la fo­rêt à l’époque pour éven­tuel­le­ment la sau­ver. « À ce compte-là, il au­rait fal­lu que la ville achète tous les ter­rains qui étaient tous des es­paces verts. Alors, pour­quoi ce­lui-là plu­tôt qu’un autre? », fai­til re­mar­quer. Le maire a tout de même ras­su­ré les ci­toyens en rap­pe­lant qu’un sen­tier mul­ti­fonc­tion­nel se­ra amé­na­gé afin de joindre la pro­me­nade ri­ve­raine et tran­quilli­ser le sec­teur.

L E P R O P R I É TA I R E A L E F E U … V E R T

On­pour­rait­donc­par­ler­de­cet­te­fo­rêt­comme un vieux dos­sier qui re­fait sou­dain sur­face. Ce ter­rain n’a ja­mais ap­par­te­nu à la Ville et le pro­prié­taire a pris bien soin de s’as­su­rer que tout soit conforme. « Tous les ter­rains sont la pro­prié­té d’in­té­rêts pri­vés, seule l’em­prise des rues est sous la res­pon­sa­bi­li­té de la Ville, d’in­di­quer Mi­chel Per­rier, di­rec­teur gé­né­ral de la Ville de Pin­court. Et le prin­ci­pal pro­mo­teur, qui se­rait Sa­muel Mé­nard, laisse en­tendre qu’il veut al­ler de l’avant », de pour­suivre le di­rec­teur.

Par­mi le groupe de ci­toyens pré­sents à la séan­ce­du­con­seil,onen­comp­tai­tun,Mi­chel Pi­lon, qui se di­sait fort dé­çu que cette fo­rêt ne­puis­seê­tre­sau­vée.«Je­veux­que­cet­te­fo­rêt soit sau­vée pour tous les arbres, la faune et la flore qui y vivent. J’exige du conseil qu’il nous prouve que des études bio­lo­giques et hy­dro­lo­giques ap­pro­fon­dies ont été ef­fec­tuées », a-t-il­ré­cla­mé.Mi­chelPi­lon­sait­qu’ony­re­trouve des es­pèces fort va­riées dans ce sec­teur.

« Le Mi­nis­tère de l’En­vi­ron­ne­ment a ac­cor­dé tous les cer­ti­fi­cats d’au­to­ri­sa­tion. Les tra­vaux pour­raient dé­bu­ter de­main ma­tin. Il ne reste qu’à si­gner l’en­tente fi­nale entre la Ville et le pro­mo­teur, ce qui de­vrait se concré­ti­ser en juin. Par la suite, le pro­mo­teur pour­ra dé­bu­ter les tra­vaux à sa conve­nance », pré­cise Mi­chel Per­rier. Cette en­tente pré­voit la mise en place des ser­vices pu­blics et que toutes les in­fra­struc­tures soient bie­nen­place.L’en­ten­te­vi­seé­ga­le­ment,entre autres, à s’as­su­rer que les rè­gle­ments mu­ni­ci­paux soient res­pec­tés.

Et pour ré­pondre à la ques­tion de Mi­chel Pi­lon à propos de la consul­ta­tion des études du mi­nis­tère sur l’éco­sys­tème de la fo­rêt, le di­rec­teur gé­né­ral a rap­pe­lé que le ré­sul­tat des étu­de­sest­la­pro­prié­té­du­pro­mo­teur­puis­qu’il en a dé­frayé les coûts. Même si le pro­jet ira de l’avant, mal­gré une cer­taine op­po­si­tion ci­toyenne, la Ville exi­ge­ra­tout­de­mê­me­qu’un­mi­ni­mumd’arbres soit pré­ser­vé et sou­haite que des zones tam­pons soient créées. La Ville a éga­le­ment pro­mis qu’il n’y au­rait pas de coupes à blanc.

Dans­tout­pro­jet­de­dé­ve­lop­pe­ment,le­pro­mo­teur s’en­gage à cé­der 10 % du ter­rain ou l’équi­valent en ar­gent. « Comme les lo­tis­se­ments ont été ef­fec­tués il y a 40 ans, cette règle ne s’ap­plique plus dans ce cas-ci et n’est pas ré­tro­ac­tive », ex­plique Mi­chel Per­rier. Ce der­nier était bien content de voir au­tant de monde à la séance. « Je pré­fère ce­la à des salles presque vides. C’est plus in­té­res­sant quan­di­lya­du­monde.Ce­la­don­nel’oc­ca­sion de s’ex­pli­quer sur cer­tains dos­siers.»

PHO­TO STÉ­PHANE FORTIER

La salle du conseil était pleine à cra­quer le 8 mai der­nier, car les ci­toyens vou­laient en sa­voir plus sur la dis­pa­ri­tion de la fo­rêt Rous­seau.

PHO­TO GUILLAUME DE CHAN­TAL

Les écu­reuils de­vront se trou­ver un autre ha­bi­tat.

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