Un vin es­pa­gnol bien de chez nous

Premiere edition - - Actualité - STÉ­PHA­NIE LA­CROIX

Alain Bellemare et sa fa­mille sont de vé­ri­tables pas­sion­nés. En­semble, ils tra­vaillent avec coeur au même but : créer des vins bio­lo­giques de grande qua­li­té, dans les règles de l’art.

At­teindre cet am­bi­tieux ob­jec­tif n’est tou­te­fois pas fa­cile au Qué­bec, et Alain Bellemare en sait quelque chose.

Le sym­pa­thique vi­gne­ron s’est lan­cé en af­faires en 1999, alors qu’il plan­tait ses pre­mières vignes à Ri­gaud, créant du même coup le vi­gnoble La Ro­mance du vin

Au fil des an­nées, les vins pro­duits à Ri­gaud ont dé­cro­ché de nom­breux prix et dis­tinc­tions in­ter­na­tio­nales. Tou­te­fois, Alain Bellemare vou­lait pous­ser cette pas­sion plus loin, et créer de grands vins bio­lo­giques. Il sa­vait ce­pen­dant que ce rêve ne se concré­ti­se­rait pas au Qué­bec, avec le cli­mat ca­pri­cieux que l’on connaît.

« La culture des vignes n’est pas fa­cile au Qué­bec. L’ex­po­si­tion au so­leil est li­mi­tée. De plus, l’hu­mi­di­té fa­vo­rise l’ap­pa­ri­tion de cer­taines ma­la­dies qu’il faut évi­ter en uti­li­sant des fon­gi­cides, ce qui rend la créa­tion de vins bio­lo­giques plus dif­fi­cile. De plus, dans l’in­dus­trie, on re­trouve peu de grands vins bio­lo­giques. On a l’im­pres­sion que la men­tion bio­lo­gique im­plique un com­pro­mis sur la qua­li­té du vin », par­tage Alain Bellemare.

Le vi­gne­ron et sa fa­mille étaient tou­te­fois prêts à re­le­ver le dé­fi. Mais pour ce faire, il fal­lait dire au re­voir au Qué­bec.

P AY S D E S O L E I L

Alain Bellemare a donc amor­cé des re­cherches de vi­gnobles à vendre en Amé­rique du Sud, puis, par ha­sard, en Es­pagne. Puis, il est tom­bé sur l’oc­ca­sion par­faite.

« J’ai trou­vé, en Es­pagne, à quelques heures au nord de Bar­ce­lone, un vi­gnoble bio­lo­gique à vendre. L’Es­pagne m’of­frait ce dont j’avais be­soin; un cli­mat chaud et en­so­leillé, et une culture convi­viale et cha­leu­reuse. Nous avons ache­té en 2011 », dit-il.

Sous le chaud so­leil d’Es­pagne, qui per­met un rai­sin plus su­cré, Alain Bellemare a com­men­cé la créa­tion de ses vins bio­lo­giques, sous la ban­nière Bo­de­ga Vil­la D’Or­ta.

Comme le laisse sa­voir le vi­gne­ron, la cer­ti­fi­ca­tion bio­lo­gique est plus dif­fi­cile à dé­cro­cher en Eu­rope qu’au Qué­bec. « Au Qué­bec, le pro­duit n’est pas sou­mis à des tests pour ob­te­nir la men­tion bio­lo­gique. Du cô­té de l’Eu­rope, c’est beau­coup plus com­plexe, car la cer­ti­fi­ca­tion est ba­sée sur une sé­rie d’ana­lyses », ex­plique-t-il.

Ain­si, pour créer ses vins, Alain Bel­le­marre uti­lise un pro­ces­sus plus tra­di­tion­nel. Il n’y a au­cun ajout, et il uti­lise des le­vures in­di­gènes. Le vin créé au vi­gnoble Bo­de­ga Vil­la D’Or­ta est éga­le­ment ve­gan. Peu savent que la fil­tra­tion du vin se fait souvent avec des sous-pro­duits ani­maux comme le blanc d’oeuf, le sang de boeuf ou le car­ti­lage, ce qui n’est pas le cas pour le vin Bo­de­ga Vil­la D’Or­ta.

Au fil du temps, Alain et sa fa­mille ont créé des vins qui ré­pon­daient à leur stan­dard de qua­li­té. À ce stade, il ne res­tait qu’à re­joindre la clien­tèle… ce qui s’avère un autre dé­fi de taille.

AT T E I N D R E L E C L I E N T

En 2013, Alain Bellemare tente de faire en­trer ses pro­duits à la SAQ. « Je me suis ren­du compte que ce n’était vrai­ment pas fa­cile », ad­met-il, bien qu’il soit par­ve­nu à ce mo­ment-là à faire en­trer tem­po­rai­re­ment son rouge sur les ta­blettes.

Plus tard, la chance lui sou­rit. Sa fille, Sa­bri­na Bellemare, ren­contre Alexandre Saint-Pierre, de l’agence Vi­ni­co­lor, ba­sée aux Cèdres. Im­mé­dia­te­ment, Alexandre tombe sous le charme des vins Bo­de­ga Vil­la D’Or­ta. « Je me suis re­trou­vé de­vant d’ex­cel­lents vins bio­lo­giques à prix rai­son­nables, conçus sur un vi­gnoble fa­mi­lial. J’ai tout de suite cru au pro­duit », ex­plique Alexandre Saint-Pierre.

Alexandre a donc or­ga­ni­sé une ren­contre avec des re­pré­sen­tants de la SAQ. « Alain fait sur­tout du rouge, mais les re­pré­sen­tants de la SAQ ont ac­cro­ché sur la qua­li­té du ro­sé », pré­cise-t-il.

UN RO­SÉ DE GRANDE QUA­LI­TÉ

Le Bo­de­ga Vil­la D’Or­ta ro­sé est un Ca­ber­net-Sau­vi­gnon en­tiè­re­ment bio­lo­gique qui pré­sente un taux d’al­cool de 14 %.

Ce vin d’in­ten­si­té moyenne pos­sède des arômes de mûres et une touche pé­tale de vio­lette, avec des sa­veurs do­mi­nantes de ce­rise, de figues et de prunes. Il se boit aus­si bien en apé­ro qu’à la table, avec un pla­teau de char­cu­te­rie ou de l’agneau, par exemple. « C’est un ro­sé fes­tif et fa­cile à boire, qui rem­place très bien un blanc », pro­pose Alain Bellemare.

« Je vous conseille de vous le pro­cu­rer ra­pi­de­ment, car ce se­ra un vin très po­pu­laire, et seules 8400 bou­teilles se­ront pro­duites », lance Alexandre Saint-Pierre.

Le Bo­de­ga Vil­la D’Or­ta ro­sé se­ra dis­po­nible à la SAQ dès le 19 juillet. Le rouge se­ra de re­tour sur les ta­blettes cet au­tomne, et Alain Bellemare compte pré­sen­ter son blanc bien­tôt.

PHOTOTHÈQUE

Le lo­go du vi­gnoble a été conçu par un ar­tiste gra­phiste de Vau­dreuil-Do­rion.

PHO­TO STÉ­PHA­NIE LA­CROIX

Alain Bellemare et Alexandre Saint-Pierre.

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