As­ton Mar­tin, la cha­ris­ma­tique

« Un jour, j’au­rai une As­ton Mar­tin. »

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NOTE : Ce­ci est le pre­mier d’une série de deux re­por­tages consa­crés à la marque As­ton Mar­tin.

« Que fais-tu ? Pour­quoi

n’avances-tu pas plus ra­pi­de­ment ? Il y a d’autres gens qui en­tre­ront sur la piste

d’une mi­nute à l’autre. »

In­dis­tinc­te­ment, j’en­tends la voix de mon ins­truc­teur de course, qui me prie d’ap­puyer plus fort sur l’ac­cé­lé­ra­teur. « Laisse-moi un peu de temps pour sa­vou­rer le mo­ment pré­sent, que je lui ré­ponds. Ça fait plus de 30 ans que j’at­tends ce mo­ment. » Le sou­rire qu’il me rend vaut tout l’or du monde. Il a com­pris que je prends mon pied. Quelques se­condes plus tard, je m’élance sur une piste de course, longue de 3,2 ki­lo­mètres, au son en­voû­tant des 12 pis­tons qui s’en­tre­choquent; ceux d’une su­perbe Van­quish, ma voi­ture de rêve. Je suis aux anges !

Des pa­pillons gros comme des oi­seaux

Quelques minutes plus tôt, je me trou­vais, les jambes un peu « molles », de­vant une bro­chette d’As­ton Mar­tin prêtes à se faire prendre. Je contem­plais ces sculp­tures de mé­tal qui, mal­gré leur âge par­fois vé­né­rable (la Van­tage date de 2005 : c’est énorme dans le monde au­to­mo­bile), de­meurent tou­jours aus­si splen­dides grâce à de conti­nuelles amé­lio­ra­tions. Le plan était clair : nous étions sur cette piste de course pour les es­sayer et j’avais des pa­pillons plus gros que des oi­seaux dans le ventre. J’al­lais m’élan­cer ! La jour­née était par­faite, le soleil ra­dieux, le ther­mo­mètre af­fi­chait plus de 25 de­grés. Mon coeur bat­tait pro­ba­ble­ment plus vite que lorsque j’ai em­bras­sé ma pre­mière blonde. Une chose est sûre, les As­ton dé­clen­chaient ce même genre de sen­ti­ments en moi. Qui plus est, ma carte de presse in­di­quait que j’étais le nu­mé­ro UN sur la liste. Je se­rais donc le pre­mier à en­trer sur la piste. Ma­gique !

Un rêve d’en­fance

De­puis mon tout jeune âge, les As­ton re­pré­sentent, à mes yeux, les voi­tures ul­times. Pas né­ces­sai­re­ment les plus per­for­mantes (bien que 568 che­vaux et une ac­cé­lé­ra­tion de 0-100 km/h en 3,6 se­condes n’est pas chose ba­nale, on s’en­tend !), mais les plus sexy, les plus dé­si­rables et les plus cha­ris­ma­tiques du monde au­to­mo­bile. Après tout, même James Bond conduit une As­ton Mar­tin, c’est tout dire !

J’ai es­sayé pra­ti­que­ment toutes les voi­tures, toutes les marques (sauf quelques ex­cep­tions), mais avoir la chance de pou­voir pi­lo­ter des As­ton Mar­tin, sur une piste de course en plus, c’est un peu comme si je bou­clais la boucle. Je l’avoue, j’ai même res­sen­ti une cer­taine nos­tal­gie à l’idée de réa­li­ser ce rêve de ga­min. Je me suis de­man­dé ce qui pour­rait sur­clas­ser cette ex­pé­rience au­to­mo­bile. Or, plus tard dans la jour­née, j’ai croi­sé le cé­lèbre chro­ni­queur au­to­mo­bile Jacques Du­val, qui sor­tait d’une voi­ture, le sou­rire aux lèvres. Il sem­blait tou­jours ani­mé d’une pas­sion in­ébran­lable, et ce, mal­gré tous les voyages, tous les es­sais rou­tiers réa­li­sés. Sans le vou­loir, M. Du­val m’a mon­tré qu’on trouve tou­jours d’autres pas­sions à en­tre­te­nir, d’autres voi­tures aux­quelles rê­ver.

Un avant-goût sur la piste

« Vroooooom »… Cha­cun des 12 cy­lindres de la Van­quish dans la­quelle je suis as­sis, casque de course sur la tête, vient de prendre vie. Après les ex­pli­ca­tions d’usage (que je n’ai pas vrai­ment écou­tées, pour être hon­nête), j’avais enfin pu ap­puyer sur le bou­ton du dé­mar­reur… La suite de l’his­toire vous se­ra ra­con­tée dans le pro­chain nu­mé­ro du ma­ga­zine PRES­TIGE, car il y a trop à dire sur ces ma­gni­fiques bo­lides. « Agace » ? Cer­tai­ne­ment ! Mais, l’at­tente en vaut la peine. J’ai pa­tien­té pen­dant 35 ans avant de pou­voir conduire des As­ton Mar­tin sur une piste de course; vous pour­rez bien at­tendre un tout pe­tit mois pour la des­crip­tion de l’ex­pé­rience de conduite.

En at­ten­dant, sa­chez seule­ment que le son des mo­teurs, que ce soit ce­lui de la Ra­pide, de la Van­tage ou de la Van­quish, est tout aus­si di­vin. Il émet un « groooowwwwllll » qui donne des fris­sons… chaque fois ! Comme toute chose, on doit fi­nir par s’y ac­cou­tu­mer, mais j’en doute.

En écri­vant cet ar­ticle, je me suis re­vu dans la peau du jeune adolescent, aux bras trop longs, qui rê­vait de de­ve­nir chro­ni­queur au­to­mo­bile quand il se­rait grand. L’adolescent est au­jourd’hui (un peu) plus grand, mais vi­si­ble­ment, comme vous avez pu le consta­ter, il n’a rien per­du de son coeur d’en­fant. En at­ten­dant d’avoir MA As­ton Mar­tin, j’ai eu la chance de vivre un rêve que bien des pas­sion­nés de voi­tures ca­ressent et, pour ce­la, je re­mer­cie la vie…

CHRONIQUE DE Fré­dé­ric Masse , ex­pert au­to­mo­bile

Un rêve réa­li­sé par Fré­dé­ric Masse

La As­ton Mar­tin DB10 du pro­chain film de James Bond,

Spectre.

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