Édi­to­rial

Prestige - - News -

Comme vous le sa­vez sans doute – de­puis le temps que j’en parle ! –, je suis l’ini­tia­trice et l’or­ga­ni­sa­trice du ka­rao­ké-bé­né­fice de la Fon­da­tion Le Pe­tit Blan­chon de­puis main­te­nant cinq ans. D’an­née en an­née, j’ai donc le pri­vi­lège de voir mon­ter sur scène des gens d’af­faires et des per­son­na­li­tés pu­bliques de la ré­gion de Qué­bec pour ve­nir in­ter­pré­ter une chan­son de leur choix, en sou­tien aux en­fants qui ont connu un dé­part dif­fi­cile dans la vie.

Di­sons-le d’en­trée de jeu : la très grande ma­jo­ri­té de ces cou­ra­geux can­di­dats ont un ho­raire très char­gé. Ils sont pré­sident, pro­prié­taire ou as­so­cié d’en­tre­prise, pro­fes­sion­nel, ges­tion­naire ou em­ployé ayant de hautes res­pon­sa­bi­li­tés. Ils sont même par­fois… maire de Qué­bec ! Et en­fin, à coup sûr, ils ont tous à coeur le bien-être des en­fants. Au point où ils sont prêts à sor­tir de leur zone de confort pour ap­puyer la cause. Mais vous sa­vez ce qui me fas­cine le plus à propos de ces gé­né­reuses per­sonnes ? C’est leur en­ga­ge­ment.

Ce mot n’est pas très po­pu­laire de nos jours. Il a per­du du ter­rain au pro­fit du « ici et main­te­nant » et « on ver­ra pour plus tard ». Or, s’en­ga­ger, c’est être ca­pable de dire oui main­te­nant, mais en pré­vi­sion du fu­tur, et ce, même en sa­chant que cet en­ga­ge­ment exi­ge­ra du temps et de l’éner­gie, et en­gen­dre­ra une bonne dose de stress dans ce cas-ci.

Avec la vie que la plu­part d’entre eux mènent, comme s’il y avait plus de 24 heures dans une jour­née, il se­rait nor­mal qu’ils mettent la pé­dale douce de temps à autre, mais non. Ils disent : « Okay, j’em­barque dans l’aven­ture (car c’en est toute une, mine de rien !), je vais le faire » et ils le font, même s’ils sont dé­bor­dés et ac­ca­pa­rés de tout bord, tout cô­té. Ce­la donne lieu à des pres­ta­tions rem­plies d’émo­tions, qui sont d’au­tant plus belles qu’elles sont im­par­faites. Mal­gré les quelques fausses notes ici et là (mais si peu, éton­nam­ment), les chan­teurs d’un soir ont tous droit à une cha­leu­reuse ova­tion. Ce que les ap­plau­dis­se­ments des spec­ta­teurs leur disent, en fin de compte, c’est : « Bra­vo pour votre cou­rage, bra­vo pour votre im­pli­ca­tion, bra­vo pour votre en­ga­ge­ment. » Car dire « oui, je vais le faire », à l’ins­tar de « oui, je le veux », c’est presque de­ve­nu un geste hé­roïque de nos jours.

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