UN AC­CÈS TOU­JOURS DIF­FI­CILE

Progrès Saint-Leonard - - LA UNE - NI­CO­LAS LEDAIN ni­co­las.ledain@tc.tc

Dans un rap­port, le Pro­tec­teur du ci­toyen sou­ligne huit re­com­man­da­tions pour amé­lio­rer l’ef­fi­ca­ci­té du Gui­chet d’ac­cès à un mé­de­cin de fa­mille. Des ef­forts sont no­tam­ment né­ces­saires dans l’est de Mon­tréal où le taux d’ins­crip­tion chez un mé­de­cin est in­fé­rieur à 65%.

SAN­TÉ. Dans un rap­port dé­voi­lé le 15 mai, le Pro­tec­teur du ci­toyen sou­ligne huit re­com­man­da­tions pour amé­lio­rer l’ef­fi­ca­ci­té du Gui­chet d’ac­cès à un mé­de­cin de fa­mille (GAMF). Des ef­forts sont no­tam­ment né­ces­saires dans l’est et le nord de Mon­tréal.

Avec des taux d’ins­crip­tion chez un mé­de­cin in­fé­rieurs à 65 %, les Centres in­té­grés uni­ver­si­taires de san­té et de ser­vices so­ciaux (CIUSSS) de l’Est (64,7 %) et du Nord (63,5 %) de Mon­tréal sont par­mi les trois ter­ri­toires les plus en re­tard de la pro­vince avec ce­lui du Centre-Ouest de l’ag­glo­mé­ra­tion. Pour rap­pel, le mi­nis­tère de la San­té et des Ser­vices so­ciaux (MSSS) s’était fixé pour ob­jec­tif un taux d’ins­crip­tion de 85 % au Qué­bec avant fin 2017.

À la suite d’une forte hausse des plaintes au su­jet du GAMF, le bu­reau du Pro­tec­teur du ci­toyen a jus­te­ment dé­ci­dé de se pen­cher sur cette cible mi­nis­té­rielle man­quée afin d’en iden­ti­fier les rai­sons et de pro­po­ser des so­lu­tions. Trois grandes la­cunes res­sortent de cette en­quête.

« Il y a une dif­fi­cul­té à ob­te­nir un por­trait fi­dèle de la condi­tion phy­sique des per­sonnes qui s’ins­crivent au gui­chet. Il fau­drait aus­si un dé­lai maxi­mum entre le mo­ment où le gui­chet at­tri­bue quel­qu’un et le mo­ment où le mé­de­cin prend ef­fec­ti­ve­ment cette per­sonne en charge. En­fin, le der­nier en­jeu concerne les li­mites ter­ri­to­riales », énu­mère Ma­rie Rin­fret, la Pro­tec­trice du ci­toyen.

Huit re­com­man­da­tions ont été trans­mises au mi­nis­tère au mois d’avril et le rap­port don­nait 30 jours pour faire par­ve­nir une ré­ponse. Contac­té, le ser­vice des com­mu­ni­ca­tions du MSSS as­sure que des suites se­ront don­nées à cer­taines re­com­man­da­tions, mais «consi­dère que des dis­cus­sions sup­plé­men­taires sont re­quises avant de se po­si­tion­ner sur l’en­semble». Ce re­tour est ju­gé «po­si­tif» par Mme Rin­fret qui at­tend tou­te­fois des pré­ci­sions et des ac­tions.

LES EN­JEUX MONTRÉALAIS

Un point de ce rap­port sou­ligne pré­ci­sé­ment l’ac­cent à mettre sur l’île de Mon­tréal. L’est et le nord fi­gurent évi­dem­ment dans ces prio­ri­tés.

« C’est là qu’on constate la par­ti­ci­pa­tion la plus faible des mé­de­cins au gui­chet. Ce­la res­sort des sta­tis­tiques du mi­nis­tère, mais éga­le­ment des in­for­ma­tions four­nies par les co­or­don­na­teurs des gui­chets », dé­plore Ma­rie Rin­fret.

Puisque l’ins­crip­tion se fait sur une base vo­lon­taire, elle re­proche aus­si à cer­tains mé­de­cins de choi­sir les pa­tients les moins dif­fi­ciles. Un choix que l’on re­trouve prin­ci­pa­le­ment à Mon­tréal, se­lon la Pro­tec­trice du ci­toyen.

« Une des pistes qui ap­pa­raît est de pour­suivre la dis­cus­sion avec les fé­dé­ra­tions de mé­de­cins sur cet en­jeu », sou­ligne-t-elle.

La Fé­dé­ra­tion des mé­de­cins om­ni­pra­ti­ciens du Qué­bec (FMOQ) ne s’op­pose pas à la pro­po­si­tion d’ou­ver­ture géo­gra­phique, mais es­time glo­ba­le­ment que ce rap­port n’ap­porte « rien de nou­veau » et dé­plore ces re­proches.

« J’ai de la mi­sère à suivre son rai­son­ne­ment. Sta­tis­ti­que­ment, ça ne tient pas la route, puisque 90 % des per­sonnes de 50 ans et plus sont sui­vies au Qué­bec. C’est un pré­ju­gé, il y a des per­sonnes vul­né­rables sans mé­de­cin, mais c’est une in­fime mi­no­ri­té», es­time Jean-Pierre Dion, di­rec­teur des com­mu­ni­ca­tions de la FMOQ. S’il re­con­naît qu’il y a eu des dé­faillances du GAMF lors de son lan­ce­ment, ce der­nier as­sure qu’il fonc­tionne dé­sor­mais bien et ajoute que cer­tains pro­fes­sion­nels prennent aus­si des per­sonnes en charge en de­hors de cet ou­til.

Par ailleurs, M. Dion pense que les sta­tis­tiques ne re­flètent pas la réa­li­té à Mon­tréal. Il avance que de nom­breuses per­sonnes qui vivent à Lon­gueuil ou La­val, mais qui tra­vaillent sur l’île, s’ins­crivent au GAMF dans l’ag­glo­mé­ra­tion pour avoir un mé­de­cin à proxi­mi­té de leur tra­vail.

(Pho­to Ar­chives)

Cer­tains sec­teurs de l’est et du nord de Mon­tréal manquent de mé­de­cins prêts à ac­cueillir les per­sonnes ins­crites au gui­chet d’ac­cès.

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