Mal­gré un pro­grès im­por­tant, la CSPI reste à la traîne

Réus­site sco­laire

Progrès Saint-Leonard - - ACTUALITÉS - CHARLES-AN­TOINE RON­DEAU charles-an­toine.ron­deau@tc.tc

PER­SÉ­VÉ­RANCE. Par­tout à tra­vers le Qué­bec, la réus­site sco­laire aug­mente et le dé­cro­chage di­mi­nue, et ce­la n’ex­clut pas l’est de l’Île de Mon­tréal. Ce­pen­dant, des amé­lio­ra­tions sont en­core à faire, alors que la Com­mis­sion sco­laire de la Pointe-de-l’Île (CSPI) af­fiche le taux de réus­site sco­laire le plus bas de la ré­gion mé­tro­po­li­taine.

Se­lon l’édi­tion 2017 du Rap­port du gou­ver­ne­ment du Qué­bec sur la di­plo­ma­tion et la qua­li­fi­ca­tion par com­mis­sion sco­laire au se­con­daire, par­mi les élèves de la co­horte 2009 de la CSPI, 71,5 % avaient ob­te­nu, à la fin de l’an­née sco­laire 2015-2016, un di­plôme d’études se­con­daires ou une qua­li­fi­ca­tion (at­tes­ta­tion de spé­cia­li­sa­tion pro­fes­sion­nelle ou autre). La moyenne mont­réa­laise est de 79,8 %, alors qu’au Qué­bec, elle grimpe à 80,1 %.

Le pré­sident de la Com­mis­sion sco­laire de la Pointe-de-l’Île, Mi­ville Bou­dreault, fait tou­te­fois va­loir que des amé­lio­ra­tions im­por­tantes aient été faites au cours des der­nières an­nées. « Si on re­monte à il y a 7 ans, le pour­cen­tage de di­plo­ma­tion dé­pas­sait à peine 50 %. Je ne me gêne pas pour dire que c’était ca­tas­tro­phique. Par contre, de­puis, on est en pro­gres­sion constante », ob­serve-t-il.

Bien cons­cient des amé­lio­ra­tions qu’il reste à faire, ce der­nier est tout de même fier du tra­vail ac­com­pli. Il men­tionne éga­le­ment qu’alors qu’un élève sur trois à la CSPI était dé­cro­cheur il y a une di­zaine d’an­nées, un peu moins d’un élève sur cinq l’est au­jourd’hui. « Il y a eu une mo­bi­li­sa­tion dans les écoles de la part des en­sei­gnants, des di­rec­tions et des pro­fes­sion­nels. Ce­pen­dant, ces chiffres ne sont pas en­core sa­tis­fai­sants, alors il faut conti­nuer d’ac­com­pa­gner les jeunes afin qu’ils puissent at­teindre la di­plo­ma­tion ou la qua­li­fi­ca­tion », de pour­suivre le pré­sident.

UNE TOUT AUTRE RÉA­LI­TÉ

Se­lon M. Bou­dreault, la Com­mis­sion sco­laire de la Pointe-de-l’Île a plu­sieurs dé­fis à re­le­ver, ce qui rend la com­pa­rai­son avec d’autres com­mis­sions sco­laires plus dif­fi­cile à faire. «Ce sont loin d’être des ex­cuses, mais nous avons, entre autres, beau­coup d’étu­diants dont le fran­çais n’est pas la langue ma­ter­nelle, alors que même pour les fran­co­phones, le fran­çais est par­fois une ma­tière dif­fi­cile», laisse-t-il en­tendre, sou­li­gnant par le fait même que l’école Amos, qui per­met aux étu­diants de com­plé­ter cer­tains cours sans pas­ser par la tra­di­tion­nelle école des adultes, est une op­tion in­té­res­sante pour les jeunes qui ne peuvent pas né­ces­sai­re­ment com­plé­ter leur se­con­daire en cinq ans.

Le pré­sident de la CSPI constate que des dé­fis sont en­core à re­le­ver pour la com­mis­sion sco­laire. Par­mi ceux-ci comptent le dé­cro­chage des filles, ain­si que le sou­tien aux élèves han­di­ca­pés ou en dif­fi­cul­té d’adap­ta­tion ou d’ap­pren­tis­sage (EHDAA). « On as­so­cie da­van­tage le dé­cro­chage aux gar­çons, mais ici, la dif­fé­rence n’est pas tel­le­ment grande et on veut connaître les causes de la si­tua­tion. Aus­si, les élèves EHDAA sont dé­jà ci­blés, mais il faut faire en­core plus pour qu’ils puissent réus­sir da­van­tage », fait-il va­loir.

Ce sont loin d’être des ex­cuses, mais nous avons, entre autres, beau­coup d’étu­diants dont le fran­çais n’est pas la langue ma­ter­nelle, alors que même pour les fran­co­phones, le fran­çais est par­fois une ma­tière dif­fi­cile. »

Mi­ville Bou­dreault, pré­sident de la Com­mis­sion sco­laire de la Pointe-de-l’Île

LA BONNE FA­ÇON DE FAIRE ?

Le gou­ver­ne­ment du Qué­bec avait fixé l’ob­jec­tif de di­plo­ma­tion ou de qua­li­fi­ca­tion à 80 % en 2020, ob­jec­tif dé­jà at­teint ac­tuel­le­ment. Ce­pen­dant, la ques­tion se pose à sa­voir si la mise en place d’un pour­cen­tage de réus­site sco­laire à at­teindre est la bonne fa­çon de voir un chan­ge­ment réel dans la réus­site des jeunes. Le co­or­don­na­teur de Car­toJeunes, Mi­chaël Gaudreault, croit qu’il s’agit d’un ou­til ef­fi­cace.

« L’idée des cibles est par­fois re­mise en ques­tion, mais il faut être cons­cient que par­fois, ce sont les condi­tions dans les­quelles les jeunes étu­dient, et non leurs ca­pa­ci­tés, qui les li­mitent. Ce sont donc ces condi­tions d’ap­pren­tis­sage qu’il faut ten­ter d’amé­lio­rer », de dire ce­lui qui oeuvre éga­le­ment au Centre d’étude des condi­tions de vie et des be­soins de la po­pu­la­tion (ÉCOBES) au Cé­gep de Jon­quière.

Le pré­sident de la CSPI se dit op­ti­miste que la si­tua­tion conti­nue­ra de s’amé­lio­rer au cours des pro­chaines an­nées. « Il y au­ra tou­jours des amé­lio­ra­tions à faire, mais il faut aus­si re­gar­der les bons coups réa­li­sés. Tout porte à croire que l’école pu­blique est prête à re­le­ver le dé­fi qu’on lui pro­pose et le gou­ver­ne­ment doit conti­nuer à agir en ce sens », conclut Mi­ville Bou­dreault.

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