Snif, snif, ça sent le can­cer !

La com­pa­gnie qué­bé­coise Can­cerDogs re­court au flair ex­cep­tion­nel des chiens pour dé­pis­ter les can­cers de ma­nière pré­coce.

Québec Science - - SOMMAIRE - Par Maxime Bi­lo­deau pho­tos: jes­si­ca deeks

Glenn et Don­na Fer­gu­son ont beau ha­bi­ter dans un pe­tit ju­me­lé sans pré­ten­tion d’Ayl­mer, en ban­lieue de Ga­ti­neau, leur sa­lon res­semble à s’y mé­prendre à un la­bo­ra­toire. Des mil­liers de pe­tits fla­cons verts trans­pa­rents par­sèment la pièce. Cha­cun contient un masque chi­rur­gi­cal dans le­quel a res­pi­ré pen­dant 10 mi­nutes l’un des 27 000 pom­piers re­cru­tés nd par Can­cerDogs de­puis 2010. L’autre élé­ment dis­cor­dant dans ce dé­cor est la pré­sence de Bus­ter, In­die, Ro­meo, Jen­kins, Oz­zy et Jas­per, six beagles croisés avec des bas­sets. Les Can­cerDogs, ce sont eux. Leur mis­sion: re­ni­fler la si­gna­ture ol­fac­tive de tous les types de tumeurs ma­lignes à même les échan­tillons four­nis par les sol­dats du feu.

« Nos chiens peuvent dé­tec­ter le can­cer plus tôt et de ma­nière plus pré­cise que les tests de dé­pis­tage conven­tion­nels », me dit Glenn Fer­gu­son, alors que je vi­site ses ins­tal­la­tions. C’est après avoir vu un do­cu­men­taire de la BBC, Can dogs smell can­cer ?, dif­fu­sé en 2008, que ce de­si­gner gra­phique au­to­di­dacte et an­cien kaya­kiste a dé­ci­dé de fon­der Can­cerDogs. « Je ne com­pre­nais pas pour­quoi nous ne re­cou­rions pas dé­jà aux chiens pour dé­pis­ter le can­cer et sau­ver des vies », ra­conte-t-il. Peu après, il cogne à la porte de la fa­cul­té de mé­de­cine d’une uni­ver­si­té lo­cale afin d’éta­blir un par­te­na­riat. Ra­pi­de­ment, il coupe néan­moins court à la conver­sa­tion. « Je vou­lais être trai­té d’égal à égal. J’ai plu­tôt sen­ti qu’on me consi­dé­rait de haut », ex­plique-t-il.

Qu’à ce­la ne tienne, les Fer­gu­son quittent leur em­ploi – lui, dès cette époque; elle, l’an­née der­nière – afin de se consa­crer au pro­jet. Pre­mière étape, re­cueillir par leurs propres moyens des échan­tillons au­près d’in­di­vi­dus sains ou

at­teints d’un can­cer pour en­traî­ner leurs chiens à dis­cri­mi­ner les odeurs. En 2011, ils dé­cident d’of­frir les ser­vices de leurs chiens à des pom­piers, une po­pu­la­tion chez qui la pré­va­lence du can­cer est éle­vée. Se­lon une étude des Cen­ters for Di­sease Control pu­bliée en 2013, 68 % des pom­piers amé­ri­cains dé­ve­loppent une forme ou une autre de can­cer au cours de leur vie, com­pa­ra­ti­ve­ment à 22 % pour la po­pu­la­tion. Les res­pon­sables de ces ma­la­dies pro­fes­sion­nelles ? Les fu­mées toxiques et les na­no­par­ti­cules aux­quelles ils sont ex­po­sés, des car­ci­no­gènes re­con­nus.

Can­cerDogs a dé­bu­té ses ac­ti­vi­tés avec le per­son­nel d’une ca­serne de pom­piers de Chi­ca­go en 2013. De­puis, le bou­cheà-oreille a fait son oeuvre et les ser­vices d’in­cen­die sont de plus en plus nom­breux à frap­per à sa porte. La com­pa­gnie in­cor­po­rée re­çoit chaque se­maine des cen­taines d’échan­tillons à ana­ly­ser de­puis les quatre coins des États-Unis. Lors de mon pas­sage, une en­ve­loppe pro­ve­nant du Texas ve­nait d’at­ter­rir dans la boîte aux lettres. Jus­qu’à main­te­nant, seule une ca­serne ca­na­dienne, à Port Co­quit­lam en Co­lom­bie-Bri­tan­nique, fait af­faire avec Can­cerDogs. Des dis­cus­sions se­raient en cours avec quelques-unes au Qué­bec, me dit-on. « C’est la preuve que nous sommes utiles », es­time Glenn Fer­gu­son qui de­mande 20 $ pour chaque échan­tillon à ana­ly­ser.

« Dé­tec­teurs sur quatre pattes »

Les chiens pos­sèdent un sens de l’odo­rat plus dé­ve­lop­pé que ce­lui de l’homme, c’est bien connu. Grâce à leurs 200 mil­lions de cel­lules ol­fac­tives dis­sé­mi­nées dans leur mu­queuse (contre 5 mil­lions pour l’homme), ils peuvent sen­tir des odeurs dont la concen­tra­tion n’ex­cède pas une par­tie par mil­liard – l’équi­valent d’une goutte de sang dans le vo­lume d’eau de deux pis­cines olym­piques ! Cet odo­rat, en­vi­ron 10 000 à 100 000 fois plus puis­sant que le nôtre, est ex­ploi­té de­puis long­temps aux douanes ou dans la police.

L’idée vou­lant que les chiens puissent flai­rer le can­cer est par contre un peu plus sur­pre­nante. Elle a été sou­le­vée pour la pre­mière fois en 1989 dans les pages du pres­ti­gieux jour­nal mé­di­cal The Lan­cet. Les au­teurs y font état d’un bor­der col­lie croi­sé avec un do­ber­man qui re­ni­flait avec in­sis­tance un grain de beau­té si­tué sur la cuisse gauche de sa pro­prié­taire de 44 ans. Aler­tée par ce ma­nège in­ces­sant, elle fi­nit par consul­ter. Le diag­nos­tic : un mé­la­nome, que la femme se fait im­mé­dia­te­ment re­ti­rer. « Peut-être que les tumeurs ma­lignes, à cause de la pro­li­fé­ra­tion anar­chique de cel­lules qui les ca­rac­té­risent, émettent une odeur unique fa­ci­le­ment dé­ce­lable par les chiens », écrivent-ils alors, tout en pre­nant soin de sou­li­gner le ca­rac­tère anec­do­tique de leur ob­ser­va­tion.

L’hy­po­thèse de la si­gna­ture ol­fac­tive marque tout de même les es­prits et in­cite d’autres cher­cheurs à s’y in­té­res­ser. En 2004, une étude pa­rue dans le Bri­tish Me­di­cal Jour­nal rap­porte que six chiens de races mé­lan­gées ont dé­par­ta­gé des échan­tillons d’urine qui pro­ve­naient de pa­tients souf­frant du can­cer de la ves­sie et ceux de su­jets sains, et ce, à des taux de réus­site si­gni­fi­ca­tifs. L’urine des per­sonnes at­teintes du can­cer était, semble-t-il, do­tée d’une odeur ca­rac­té­ris­tique, pro­ba­ble­ment dé­ga­gée par les cel­lules can­cé­reuses.

Au fil des an­nées, le prin­cipe est va­li­dé pour de nom­breux can­cers et par l’en­tre­mise d’une mul­ti­tude de « ca­naux » (sang, sueur, etc.). Par exemple, une étude pu­bliée en 2011 dans la re­vue sa­vante Gut conclut qu’un La­bra­dor a sen­ti la pré­sence d’un can­cer de l’in­tes­tin dans 33 des 36 sacs d’échan­tillon­nage res­pi­ra­toire (92 %) qui lui ont été pré­sen­tés. Dans un nombre sem­blable de pré­lè­ve­ments d’ex­cré­ments, le taux de réus­site était en­core meilleur à 97 % !

« Les chiens dé­tectent-t-ils vrai­ment un can­cer ou une autre chose que l’on confond avec un can­cer ? » – Si­mon Gad­bois, pro­fes­seur de psy­cho­lo­gie et de neu­ros­cience de l’uni­ver­si­té Dal­hou­sie

Aux yeux de Cyn­thia Ot­to, pro­fes­seure à l’école de mé­de­cine vé­té­ri­naire de l’uni­ver­si­té de Penn­syl­va­nie, c’est clair : les chiens sont ca­pables de sen­tir les ef­fluves de can­cers dans une grande va­rié­té de fluides cor­po­rels. « Je pense qu’il y a as­sez de don­nées pu­bliées dans des jour­naux scien­ti­fiques de­puis les 10 der­nières an­nées pour af­fir­mer que les chiens sont des dé­tec­teurs sur 4 pattes », sou­ligne la di­rec­trice du Penn Vet Wor­king Dog Cen­ter, une ins­ti­tu­tion uni­ver­si­taire qui en­traîne des chiens re­ni­fleurs de can­cer, mais aus­si de drogue, d’ex­plo­sifs et de ma­la­dies comme le dia­bète, l’épi­lep­sie et le stress post-trau­ma­tique.

La vé­té­ri­naire n’est d’ailleurs pas la seule à avoir foi en l’odo­rat ex­cep­tion­nel des chiens. Plus tôt en 2017, le très sé­rieux Ins­ti­tut Cu­rie, en France, rap­por­tait que le pro­jet Kdog, un test pré­li­mi­naire simple, non in­va­sif et ré­pu­té peu coû­teux vi­sant à mettre au point une dé­tec­tion pré­coce des can­cers du sein par le seul odo­rat d’un chien, a dé­mon­tré un taux de réus­site avoi­si­nant les 100 %. Au Royaume-Uni, neuf chiens dé­tec­teurs de can­cers de la pros­tate en­traî­nés par l’as­so­cia­tion Me­di­cal De­tec­tion Dogs sont ac­tuel­le­ment mis à l’es­sai dans le cadre d’une étude fi­nan­cée par le Na­tio­nal Health Ser­vice, le sys­tème de santé pu­blique du pays.

Loin­de­la coupe aux­lèvres

Dé­cla­rer que le meilleur ami de l’homme sent le can­cer est une chose; dé­ter­mi­ner ce qu’il re­nifle exac­te­ment en est une autre. En gros, les scien­ti­fiques l’ignorent. Ou plu­tôt, ils soup­çonnent que des mil­liers de « com­po­sés or­ga­niques vo­la­tils » sont émis par les cel­lules can­cé­reuses, mais ignorent les­quels et dans quelle pro­por­tion. Au­tre­ment dit, im­pos­sible d’af­fir­mer exac­te­ment ce que les tou­tous dé­tectent. « Con­trai­re­ment à la ba­nane, dont il est fa­cile d’iso­ler l’acé­tate isoa­myle, l’unique com­po­sé chi­mique res­pon­sable de son odeur, le can­cer pos­sède une “em­preinte di­gi­tale chi­mique” in­fi­ni­ment plus com­plexe », dit Cyn­thia Ot­to. Ou plu­tôt les can­cers, puis­qu’il est pro­bable que chaque type soit do­té de sa propre si­gna­ture, même si on ne peut l’af­fir­mer avec cer­ti­tude pour l’ins­tant.

Ce manque de don­nées pro­bantes pose des pro­blèmes de taille, es­time Si­mon Gad­bois, pro­fes­seur au dé­par­te­ment de psy­cho­lo­gie et de neu­ros­cience de l’uni­ver­si­té Dal­hou­sie. « Il est fa­cile de va­li­der les dé­tec­tions d’un chien lors­qu’on sait s’il y a pré­sence ou non d’un can­cer dans la poi­gnée d’échan­tillons qu’il sent, comme c’est le cas dans les études pu­bliées sur le su­jet. Par contre, c’est une autre his­toire dans un contexte cli­nique. Dé­tecte-t-il vrai­ment un can­cer ou une autre chose que l’on confond avec un can­cer ? Si­gnale-t-il comme po­si­tif des échan­tillons qui ne le sont pas, et vice ver­sa ? Plus im­por­tant en­core : quel com­por­te­ment ren­force-t-on lors­qu’on le ré­com­pense pour son tra­vail ? On l’ignore », tranche le di­rec­teur du Ca­nid Be­ha­viour Re­search La­bo­ra­to­ry.

Alain Trem­blay en sait un bout sur les li­mites des ca­pa­ci­tés des chiens re­ni­fleurs

de can­cer. Le pro­fes­seur de mé­de­cine à l’uni­ver­si­té de Cal­ga­ry et spé­cia­liste en dé­pis­tage du can­cer des pou­mons a été ap­pro­ché il y a deux ans par Cle­ver Ca­nines, une en­tre­prise de Cal­ga­ry qui offre des ser­vices de dé­tec­tion du can­cer, pour réa­li­ser une étude sur le su­jet. Lorsque confron­tés à des échan­tillons d’ha­leine de gens sains ou souf­frant de can­cer des pou­mons, les trois chiens mis à l’épreuve par le doc­teur Trem­blay ont at­teint un im­pres­sion­nant taux de suc­cès su­pé­rieur à 80 %. Or, lorsque le pneu­mo­logue a in­tro­duit des échan­tillons pro­ve­nant de fu­meurs, leur ef­fi­ca­ci­té a plon­gé à moins de 50 %. « Ils confon­daient les gens plus à risque de dé­ve­lop­per le can­cer avec ceux qui en étaient at­teints », ana­lyse le doc­teur Trem­blay.

La prin­ci­pale force de cette étude est son réa­lisme : confron­tés à des condi­tions d’ex­pé­ri­men­ta­tion proches de celles qu’on re­trouve dans la réa­li­té, les chiens ont été in­ca­pables de ré­pé­ter leurs ex­ploits. « Ce­la n’avait ja­mais été fait au­pa­ra­vant, à ma connais­sance. La re­cherche sou­ligne l’im­por­tance d’avoir des échan­tillons di­ver­si­fiés, ce qui manque ac­tuel­le­ment dans les études réa­li­sées sur le su­jet », pense-t-il. Mal­heu­reu­se­ment, ses conclu­sions ne se­ront ja­mais pu­bliées, puisque Cle­ver Ca­nines s’est re­ti­ré du pro­jet avant la fin. « Je pense que les ré­sul­tats n’al­laient pas dans le sens sou­hai­té. Ils sont ve­nus nous voir avec bonne foi, dans l’in­ten­tion ferme de prou­ver leur point, mais ils sont re­par­tis dé­çus. » Ou, sans mau­vais jeu de mots, avec la queue entre les jambes.

Plu­sieurs ques­tions, peude ré­ponses

De re­tour à Ayl­mer, j’as­siste à la jour­née de tra­vail des « pi­tous » de Can­cerDogs. Tour à tour, Bus­ter, In­die et com­pa­gnie dé­filent sur une pla­te­forme construite par les Fer­gu­son. À la hau­teur de leur mu­seau se trouvent 17 ori­fices dans les­quels ils hument des sé­ries d’échan­tillons pré­sen­tés par Glenn qui se tient de­bout de­vant eux. Pour les « échauf­fer », l’homme com­mence par les ex­po­ser à des masques chi­rur­gi­caux dont il connaît l’iden­ti­té. Lorsque le chien pose une patte sur un ori­fice, c’est qu’il en a re­pé­ré un dans le­quel a res­pi­ré un can­cé­reux. S’il s’as­soit, c’est que tous les échan­tillons sont is­sus de su­jets sains. Une bonne ré­ponse lui vaut une ré­com­pense, sous forme de bis­cuits. Une mau­vaise, et c’est une ré­pri­mande de son maître. Voi­ci, en somme, les règles du jeu mis au point par le Ga­ti­nois.

Des règles qui, comme me l’ex­plique le cher­cheur Si­mon Gad­bois, sont sus­cep­tibles de biai­ser le tra­vail du chien. « En gé­né­ral, les bonnes études sur le su­jet uti­lisent mi­ni­ma­le­ment la mé­thode en double aveugle, dans la­quelle le chien et le maître ne savent pas quel échan­tillon cor­res­pond à quelle va­riable étu­diée. La rai­son est simple : un ex­pé­ri­men­ta­teur qui sait où se si­tue la bonne cible va in­cons­ciem­ment in­duire un biais chez le chien par l’en­tre­mise de mou­ve­ments sub­tils. Pis en­core, le com­por­te­ment de la bête se­ra ren­for­cé en ce sens », dé­plore-t-il. Cet ef­fet est connu de­puis le dé­but du XXe siècle. On le doit à un che­val nom­mé Hans le Ma­lin ap­pa­rem­ment ca­pable d’ad­di­tion­ner, de sous­traire, de mul­ti­plier et de di­vi­ser, mais qui, en réa­li­té, ex­cel­lait plu­tôt à in­ter­pré­ter les si­gnaux cor­po­rels en­voyés in­cons­ciem­ment par son maître.

Mais ça, Glenn Fer­gu­son l’ignore; à moins qu’il ne se ferme dé­li­bé­ré­ment les yeux… C’est ce qui me trotte dans la tête alors que je l’in­ter­roge sur plu­sieurs as­pects de son mo­dus ope­ran­di qui me semble presque re­le­ver de la sor­cel­le­rie. Sur quoi se base-t-il pour pré­tendre que les mil­liers de masques chi­rur­gi­caux qui lui servent d’échan­tillons captent et conservent du­ra­ble­ment les com­po­sés or­ga­niques vo­la­tils ex­pi­rés par les pom­piers ? Alors qu’on ignore la na­ture de la si­gna­ture ol­fac­tive du can­cer et qu’on sait en­core moins si tous les can­cers par­tagent la même si­gna­ture, ne doute-t-il pas des « lec­tures » de ses chiens ? Ne craint-il pas des re­cours contre lui ? Après tout, il pro­meut et vend des ser­vices de dé­pis­tage, ce qui est stric­te­ment in­ter­dit par le Collège des mé­de­cins du Qué­bec. D’au­tant plus que sa mé­thode n’est pas ap­prou­vée par Santé Ca­na­da ni par la Food and Drug Ad­mi­nis­tra­tion (FDA).

Sur­tout, ne trouve-t-il pas ce­la fort en ca­fé de contre­ve­nir à un prin­cipe phare en science, ce­lui de par­tage des connais­sances, en re­fu­sant de se plier à ses codes (pu­bli­ca­tions, éva­lua­tions par les pairs, etc.) ? À toutes mes ques­tions, il ré­pond de ma­nière po­sée, quoique fort peu convain­cante, ver­sant par mo­ments dans un dis­cours po­pu­liste an­ti-es­ta­blish­ment. Se­lon lui, les mé­de­cins et les scien­ti­fiques sont « trop lents à agir ». « Con­trai­re­ment à nous, ils passent leur temps à jus­ti­fier leur sa­laire, pas à sau­ver des vies », pense-t-il d’ailleurs. Pa­ra­doxa­le­ment, c’est pro­ba­ble­ment de ce même es­ta­blish­ment que les ré­ponses pro­vien­dront. Dès l’an­née pro­chaine, une vaste étude cli­nique pi­lo­tée par l’Ins­ti­tut Cu­rie se met­tra en branle en France. Son ob­jec­tif, va­li­der la sen­si­bi­li­té du pro­jet de dé­pis­tage pré­coce du can­cer du sein Kdog au­près d’un groupe com­po­sé de 1 000 femmes vo­lon­taires re­cru­tées lors de mam­mo­gra­phies de dé­pis­tage.

Cette étude d’en­ver­gure per­met­tra no­tam­ment de confir­mer que les per­for­mances des chiens re­ni­fleurs sont in­dé­pen­dantes de leur race et de la re­la­tion avec leur maître, ex­plique Au­ré­lie Thu­leau chef du pro­jet Kdog de l’Ins­ti­tut Cu­rie. « À terme, nous sou­hai­tons ex­por­ter cette mé­thode dans les pays moins dé­ve­lop­pés qui ne dis­posent pas des moyens tech­niques suf­fi­sants pour dé­pis­ter ra­pi­de­ment les can­cers du sein. Sur­tout, nous vou­lons l’étendre à tous les types de can­cer, plus par­ti­cu­liè­re­ment à ce­lui de l’ovaire », ex­plique l’in­gé­nieure en bio­chi­mie. Les pre­miers ré­sul­tats sont at­ten­dus en 2021.

D’ici là, pour Glenn Fer­gu­son, les chiens aboient, la ca­ra­vane passe…

Se­lon Glenn Fer­gu­son, les mé­de­cins et les scien­ti­fiques sont «trop lents à agir».

Glenn Fer­gu­son est à la tête de Can­cerDogs, une com­pa­gnie de Ga­ti­neau qui en­traîne des chiens à re­ni­fler la si­gna­ture ol­fac­tive de tous les types de tumeurs ma­lignes à par­tir d’échan­tillons respiratoires.

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