C’est grave, doc­teur Google ?

L’au­to­diag­nos­tic en ligne fait dé­sor­mais par­tie de nos ha­bi­tudes. Mais que cher­chons-nous ? Et trou­vons-nous les bonnes ré­ponses ?

Québec Science - - ÉDITORIAL -

Que ce­lui ou celle qui n’a ja­mais « goo­glé » ses symp­tômes lève la main. Per­sonne ? En ef­fet, 97 % des in­di­vi­dus connec­tés se tournent vers le Web pour ob­te­nir des in­for­ma­tions sur leur san­té avant de se rendre chez le mé­de­cin. L’au­to­diag­nos­tic en ligne fait dé­sor­mais par­tie de nos ha­bi­tudes, au même titre que d’ava­ler un ca­chet d’anal­gé­sique en cas de mal de tête.

Mais que cher­chons-nous exac­te­ment? Cu­rieuse, l’équipe de Qué­bec Science a consul­té Google Ca­na­da. Ses ex­perts ont ex­trait de leurs don­nées les 50 ques­tions de san­té les plus fré­quem­ment po­sées au mo­teur de re­cherche par les Qué­bé­cois. nd Ré­sul­tat : on s’in­ter­roge beau­coup sur les maux quo­ti­diens, comme le ho­quet et le ron­fle­ment, ain­si que sur les ma­la­dies, la san­té sexuelle, la san­té men­tale, la nu­tri­tion et le sport.

Rien d’éton­nant aux yeux d’Alexandre Cou­tant, di­rec­teur du Centre de re­cherche sur la com­mu­ni­ca­tion et la san­té à l’Uni­ver­si­té du Qué­bec à Montréal : « Gé­né­ra­le­ment, on s’in­forme en ligne pour trois rai­sons : trou­ver des re­mèdes aux pe­tits tra­cas et des ré­ponses à des ques­tions em­bar­ras­santes; en ap­prendre da­van­tage sur les su­jets dont parlent les mé­dias et le mar­ke­ting, comme le glu­ten; mieux com­prendre tout ce qui re­lève des ma­la­dies “so­ciales” comme le stress, l’an­goisse et la fatigue. »

Ain­si, consul­ter doc­teur Google est « une fa­çon de se ras­su­rer en at­ten­dant de voir un mé­de­cin », af­firme Alexandre Cou­tant. Un dou­dou nu­mé­rique, quoi. Ce­la n’est pas sans mé­rite alors que l’ac­cès aux soins de san­té de­meure dif­fi­cile au Qué­bec.

Mais en­core faut-il sa­voir où cher­cher sur le Web pour ne pas se lais­ser ber­ner par des sources d’in­for­ma­tion in­com­plètes, in­cor­rectes ou dé­li­bé­ré­ment trom­peuses. Se­lon cer­taines es­ti­ma­tions, en­vi­ron 50% du conte­nu en ligne por­tant sur la san­té tom­be­rait dans l’une de ces ca­té­go­ries. De quoi ali­men­ter des sen­ti­ments d’an­goisse et de confu­sion chez des in­ter­nautes qui, dé­jà pré­oc­cu­pés par des symp­tômes sou­vent bé­nins, fi­nissent par croire qu’ils sont at­teints d’un mal in­cu­rable.

Dans l’es­poir de vous évi­ter de tels mo­ments de pa­nique, seul de­vant votre écran, nos re­por­ters ont cher­ché à ré­pondre à ces 50 ques­tions ré­cur­rentes, à l’aide de pro­fes­sion­nels de la san­té et de scien­ti­fiques. Sans avoir la pré­ten­tion d’être ex­haus­tif, notre dos­sier spé­cial se veut avant tout un do­cu­ment au­quel vous pou­vez vous ré­fé­rer ra­pi­de­ment pour de courtes ex­pli­ca­tions et des trucs éprou­vés. Ce­pen­dant, rap­pe­lez-vous que, tout comme le Web, notre ma­ga­zine ne rem­pla­ce­ra ja­mais votre mé­de­cin.

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Même les plus grands voya­geurs doivent, un jour, dé­po­ser leurs va­lises, nous ex­plique avec nos­tal­gie et tris­tesse Serge Bou­chard dans sa chro­nique – sa toute der­nière (à la page 57). Après avoir écrit plus d’une cen­taine de textes dans Qué­bec Science, cet in­fa­ti­gable bour­lin­gueur a dé­ci­dé de ra­len­tir le rythme et de ran­ger sa plume. Il a pu­blié sa pre­mière chro­nique en 2004, ré­di­gée à quatre mains avec son com­plice, l’an­thro­po­logue Ber­nard Arcand. À la suite du dé­cès de ce der­nier, en 2009, Serge a pour­sui­vi l’aven­ture en so­lo. Il nous lègue une col­lec­tion de ré­cits em­preints de ten­dresse et d’hu­ma­ni­té où s’en­tre­mêlent tour à tour l’an­thro­po­lo­gie, l’his­toire, la géo­gra­phie et la phi­lo­so­phie; où les « re­mar­quables ou­bliés » ont en­fin un vi­sage, une iden­ti­té; où les lieux ré­vèlent leur vé­ri­table es­prit; où les notes de ter­rain se trans­forment en cap­sules à voya­ger dans le temps et l’es­pace; où le par­ti­cu­lier fi­nit tou­jours par tou­cher à l’uni­ver­sel.

Il est im­pos­sible de rendre justice en quelques lignes au ta­lent de Serge Bou­chard. Il n’est tou­te­fois pas exa­gé­ré d’af­fir­mer que sa contri­bu­tion à notre ma­ga­zine de­meu­re­ra in­es­ti­mable.

Cher Serge, au nom de tous les lec­teurs de Qué­bec Science, mer­ci. Mille fois mer­ci.

En­vi­ron 50% du conte­nu por­tant sur la san­té se­rait in­com­plet, in­cor­rect ou dé­li­bé­ré­ment trom­peur.

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