50 QUES­TIONS SAN­TÉ DE

QUI PRÉ­OC­CUPENT LES QUÉ­BÉ­COIS

Québec Science - - ENTREVUE - Par Maxime Bi­lo­deau, Ma­rine Cor­niou, Mé­lis­sa Guille­mette, Annie La­brecque et Etienne Masse Illus­tra­tions : Be­noît Tar­dif

Au moindre ma­laise, au moindre symp­tôme, on se tourne vers le Web pour dé­ni­cher un diag­nos­tic ou un re­mède mi­racle. Mais les in­for­ma­tions qu’on y trouve ne sont pas tou­jours exactes; pour ne pas dire qu’elles sont par­fois car­ré­ment fausses. Afin d’y voir plus clair, les jour­na­listes de Qué­bec Science, avec l’aide de pro­fes­sion­nels de la san­té et de scien­ti­fiques, ré­pondent dans ce nu­mé­ro de fa­çon claire et concise aux 50 ques­tions de san­té les plus fré­quem­ment po­sées à Google par les Qué­bé­cois*.

*MÉ­THO­DO­LO­GIE

Les ques­tions pu­bliées dans ce dos­sier ont été trou­vées à l’aide des spé­cia­listes de Google Trends. Elles sont celles ayant sus­ci­té le plus d’in­té­rêt chez les Qué­bé­cois entre 2012 et 2017. Au dé­part, nous avions 60 ques­tions, mais cer­taines étaient très si­mi­laires et, par consé­quent, ont été réunies (par exemple, « Fièvre, quand consul­ter ? » et « Quelle tem­pé­ra­ture est consi­dé­rée comme étant une fièvre ? »). Par ailleurs il s’agit de re­quêtes ré­di­gées sous forme de ques­tions par les in­ter­nautes et non de mots clés. Ce­la peut ex­pli­quer pour­quoi cer­taines ma­la­dies ne se re­trouvent pas dans la liste, telles la dé­pres­sion et la ma­la­die d’Alz­hei­mer. En­fin, no­tons que la nu­mé­ro­ta­tion des ques­tions est un choix édi­to­rial et ne re­flète donc pas la po­pu­la­ri­té des re­quêtes.

QU’EST-CE QUI CAUSE LE HO­QUET ? COMMENT S’EN DÉ­BAR­RAS­SER ?

1 Boire un verre d’eau la tête en bas, avoir peur, re­te­nir sa res­pi­ra­tion, su­cer un gla­çon ou un ci­tron, cro­quer un mor­ceau de sucre avec du vi­naigre ou en­core sau­ter à pieds joints les bras en croix. Les re­mèdes de grands-mères pour faire pas­ser le ho­quet sont aus­si va­riés que lou­foques. C’est la preuve que le ho­quet reste en par­tie un mys­tère, tant pour les grands-mères que pour les scien­ti­fiques!

Connu mé­di­ca­le­ment sous le terme sin­gul­tus, mot la­tin pour « san­glot », le ho­quet est dû à des contrac­tions in­vo­lon­taires des muscles res­pi­ra­toires ( en par­ti­cu­lier le dia­phragme et les muscles in­ter­cos­taux). Ces contrac­tions en­traînent une ins­pi­ra­tion ra­pide d’air, sui­vie par la fer­me­ture bru­tale du la­rynx et de la glotte, qui pro­voque le fa­meux « hic ! » plus ou moins re­ten­tis­sant.

Le phé­no­mène a beau être très cou­rant, y com­pris chez les ani­maux, sa fonc­tion bio­lo­gique n’est pas claire. « Chez les adultes, il ne semble jouer au­cun rôle phy­sio­lo­gique. Ce­pen­dant, l’ob­ser­va­tion fré­quente de ho­quet chez des foe­tus in ute­ro lors des écho­gra­phies pré­na­tales sug­gère qu’il pour­rait ser­vir à en­traî­ner les muscles ins­pi­ra­toires afin qu’ils soient prêts pour la res­pi­ra­tion après la nais­sance », peut-on lire dans une re­vue de la lit­té­ra­ture pu­bliée sur le su­jet en 2015.

Pour d’autres cher­cheurs, ce ré­flexe, qui fait in­ter­ve­nir plu­sieurs nerfs, dont le nerf vague, per­met­trait plu­tôt au foe­tus d’ava­ler du li­quide am­nio­tique en dé­but de gros­sesse et de le faire cir­cu­ler dans son or­ga­nisme avant que le ré­flexe de dé­glu­ti­tion se dé­ve­loppe. Ce­la ex­pli­que­rait pour­quoi le foe­tus passe 12 % de son temps à ho­que­ter entre la neu­vième et la qua­tor­zième se­maine de gros­sesse.

Après la nais­sance, le ho­quet peut être dé­clen­ché par un trop gros re­pas, un re­flux gas­tro-oe­so­pha­gien, la consom­ma­tion d’al­cool ou de cer­tains mé­di­ca­ments (no­tam­ment des anes­thé­siants), mais il sur­vient le plus sou­vent sans cause évi­dente. Et il s’ar­rête de lui-même au bout de quelques mi­nutes.

Dans de rares cas (une per­sonne sur 100000 en­vi­ron), le ho­quet de­vient chro­nique – c’est-à-dire qu’il per­siste plus de 48 heures. Les « hic! hic ! » co­miques de­viennent alors une vraie souf­france, en­gen­drant troubles du som­meil, pro­blèmes d’ali­men­ta­tion, dé­pres­sion, etc. De nom­breuses ma­la­dies ont été mises en cause re­la­ti­ve­ment à ces ho­quets ré­frac­taires: des troubles cé­ré­braux; des af­fec­tions in­flam­ma­toires, in­fec­tieuses, mé­ta­bo­liques ou can­cé­reuses, sur les­quelles de mul­tiples mé­di­ca­ments ont été tes­tés, avec plus ou moins de succès.

Charles Os­borne, lui, n’a ja­mais réus­si à mettre un terme à son ho­quet qui a du­ré pen­dant 68 ans, entre 1922 et 1990. Cet Amé­ri­cain avait pour­tant re­çu 4 000 lettres lui dé­cri­vant des mé­thodes an­ti-ho­quet in­faillibles!

À ce su­jet, dif­fi­cile de trou­ver des études scien­ti­fiques fiables sur les re­mèdes. Le ci­tron ou le vi­naigre, en sti­mu­lant les nerfs du la­rynx, peuvent court-cir­cui­ter le ré­flexe de ho­quet. Le fait de re­te­nir son souffle, en aug­men­tant la concen­tra­tion san­guine en di­oxyde de car­bone, pour­rait aus­si ai­der à faire ces­ser les contrac­tions mus­cu­laires.

Un mas­sage rec­tal di­gi­tal a été pro­po­sé en 1988 à un pa­tient ad­mis aux ur­gences d’un hô­pi­tal de Flo­ride pour un ho­quet qui du­rait de­puis trois jours. Le rec­tum étant par­ti­cu­liè­re­ment in­ner­vé, l’idée était de sti­mu­ler le sys­tème ner­veux pa­ra­sym­pa­thique pour in­ter­rompre les spasmes. Se­lon le rap­port mé­di­cal, la ma­noeuvre fut hau­te­ment ef­fi­cace, mais on doute de votre vo­lon­té de l’es­sayer.

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