LES PIÈGES DE FIN D’AN­NÉE

Summum - - ÉDITO - PHO­TO­GRAPHE : SA­RAH DAGENAIS

Chaque fois que la fin d’an­née ar­rive à grands pas, on s’em­presse de s’em­pif­frer de nou­velles ré­so­lu­tions pour l’an­née sui­vante, en se di­sant : « Ça ne pour­ra pas être pire que la der­nière an­née. »

Mais rap­pe­lons-nous qu’on avait dé­jà des ré­so­lu­tions dans l’an­née ac­tuelle qui, soit dit en pas­sant, sont gé­né­ra­le­ment les mêmes chaque an­née. Sou­vent, on fait juste ra­jou­ter : « L’an pas­sé, je niai­sais; cette an­née, c’est SÉ­RIEUX! »

Voi­ci, cher lec­teur, le top 5 des ré­so­lu­tions les plus clas­siques : - di­mi­nuer la consom­ma­tion d’al­cool; - perdre du poids; - éco­no­mi­ser; - voya­ger; - être heu­reux.

Je crois hon­nê­te­ment que si tu les réus­sis exac­te­ment dans cet ordre-là, une ne va pas sans l’autre. Ben oui, « slaque » de boire, tu vas perdre du poids… Ben oui, je ne t’ap­prends rien en te di­sant que l’al­cool fait en­grais­ser. Ajoute à ça les fins de soi­rée pou­tine ou Mc­do; ça aide pas tes ab­dos. Donc, en payant moins cher pour tes veillées, tu vas ain­si éco­no­mi­ser. Le vois-tu? C’est une roue qui tourne; en­voyez-moi à Wall Street quel­qu’un. De même avec tout ce bel ar­gent que t’as éco­no­mi­sé, paye-toi un voyage, pro­fite du so­leil et soit heu­reux. BOOM! Je viens de ré­gler tous tes pro­blèmes, et les miens par le fait même.

Mais comme la vie n’est pas simple de même, je vais donc y al­ler de mon ex­pé­rience per­son­nelle pour te dire comment ne pas « SCRAPER » ta fin d’an­née en évi­tant quelques pièges.

PAR­TY DE BU­REAU Rap­pelle-toi que ce n’est pas un par­ty d’adieu et que, le lun­di sui­vant, tu se­ras au bu­reau avec tous ces gens qui t’ont vu vo­mir dans le bol à punch, re­ve­nir avec un seul sou­lier et es­sayer d’em­bras­ser les trois quarts des gens sur la piste de danse.

Per­son­nel­le­ment, j’ai en­core le sou­ve­nir amer de sor­tir d’un par­ty qui se pas­sait di­rec­te­ment dans la mai­son de mon « an­cien » boss. - Boss : Un pe­tit shoo­ter de grap­pa avant de par­tir? - Moi : Euh, OK! (Ouais, je ne sa­vais pas c’était quoi de la grap­pa!)

Je me rap­pelle de m’être ré­veillé dans le bain, chez mon boss, avec ma der­nière gor­gée de grap­pa sur le chest… et un peu de dinde, pis le res­tant de ma veillée dans le fond. Alors pe­tit conseil : quand, au par­ty, on te dit que c’est bar open, t’es pas obli­gé de ren­ta­bi­li­ser toutes tes heures sup­plé­men­taires qui ne t’ont pas été payées en drinks. Après tout, c’est le bar qui est ou­vert, ça ne t’oblige pas à t’ou­vrir la face! LE 23 DÉ­CEMBRE, C’EST FAIT POUR RE­LAXER Oui! Beau Dom­mage nous l’ont dit : « 23 dé­cembre, Joyeux Noël mon­sieur Cô­té! Sa­lut ti-cul! On se r’ver­ra le 7 jan­vier. » C’était, se­lon moi, une belle mé­ta­phore pour te dire que t’es sup­po­sé ren­trer chez vous et pas­ser du temps en fa­mille. Ce qui veut éga­le­ment dire, fais pas ton épais, comme moi, et ne va pas ache­ter tes ca­deaux de Noël le 23 dé­cembre au soir… Non, parce que c’est le car­nage. Si t’as dé­jà je­té une ca­rotte dans un en­clos de chèvres, tu sais exac­te­ment de quoi je parle. Le 23 dé­cembre fait sor­tir le plus mau­vais de cha­cun. Ça va pas­ser par des conduc­teurs en­ra­gés qui veulent un spot de par­king, ce­lui-là exac­te­ment que t’avais iden­ti­fié, des em­ployés sur le bord de la dé­pres­sion, des enfants qui veulent s’as­seoir sur le père Noël pis les mes­dames de Dans un jar­din qui veulent te faire sen­tir leurs nou­veaux pro­duits frui­tés, et ce, un peu agres­si­ve­ment.

As-tu dé­jà vu une ba­taille de vieillards? Y’a rien de chic là-de­dans. J’ai per­son­nel­le­ment vu, le 23 dé­cembre l’an der­nier, deux per­sonnes âgées haus­ser le ton et en ve­nir pres­qu’aux poings (ben… à la canne) pour la der­nière boîte de Fer­re­ro Ro­cher. Là, tu vas me dire : « Qu’est-ce tu fai­sais là, Pi­neault? J’pen­sais que tes ca­deaux étaient dé­jà ache­tés. » Cer­tain! Le 23, je sors juste pour le show. Quand je te dis deux per­sonnes âgées, je de­meure ex­trê­me­ment po­li parce que je pense qu’eux, Ju­ras­sic Park, ils ne l’ont pas vu… ils l’ont vé­cu dans le temps qu’ils étaient là, les di­no­saures! Ils s’en­gueu­laient tel­le­ment qu’il a fal­lu que je les sé­pare. J’en ai aus­si pro­fi­té pour leur vo­ler cette der­nière boîte!

De grâce, fais-toi un bud­get de ma­ga­si­nage si tu ne veux pas fi­nir de payer tes ca­deaux à Noël l’an pro­chain. Si tu penses que la dinde a mal pas­sé pen­dant le temps des Fêtes, at­tends de voir le bill de carte de cré­dit quand la nou­velle an­née va com­men­cer. Tu vas voir que, ça aus­si, ça passe de tra­vers dans gorge. C’est dur de com­men­cer la nou­velle an­née quand t’as celle d’avant qui te re­vient au moins à 30 % d’in­té­rêt!

Par contre, ici, je m’adresse aux gars. Ne tom­bez pas dans le pan­neau de : « Ché­ri, mon amour, mon prince en sucre, cette an­née, on ne se fait pas de ca­deaux, hein ba­by! » C’EST UN PIÈGE! Ça se peut que dans votre couple, ça soit réel, mais dans le mien, c’est une ruse pour mettre la barre très basse et fa­vo­ri­ser l’ef­fet de sur­prise. Ça donne des si­tua­tions comme ça : - Blonde : « Bon ma­tin de Noël mon coeur. » - Moi : « Hein, t’as fait à dé­jeu­ner? On avait dit pas de sur­prise. » - Blonde : « Ben là, c’pas une sur­prise ça… Ça, c’est une sur­prise! » - Moi : « HEIN UNE PS4 PIS NHL! »

Pen­dant le mo­ment d’eu­pho­rie, t’en ou- blies qua­si­ment que toi, l’épais, t’as rien, mais RIEN ache­té… Pis t’sais, une PS4, c’est pas un ni­veau de ca­deau que tu peux désa­mor­cer avec des cou­pons de mas­sages mai­son. Alors, pré­pare-toi un back-up parce que, si­non, ça se pour­rait que tu passes un Noël triste mal­gré ta nou­velle PS4… et une jour­née Boxing Day qui te coûte cher en criss! Par­fois, dé­pen­dam­ment de l’onde de co­lère, ça se pour­rait même que tu passes le jour de l’an en so­lo. Quoi que y’a rien de mieux pour al­ler à la conquête de la coupe Stan­ley avec sa nou­velle PS4.

Et, en pas­sant, autre conseil : si tu penses com­pen­ser ton ou­bli, le len­de­main, en ache­tant une TV écran plat full HD de 60 pouces… elle te voit ve­nir à 100 milles ta blonde et elle le sait que c’est pour « mat­cher » avec ta nou­velle PS4. By the way, autre conseil, c’est avant le Su­per Bowl que les TV sont moins chères, pas au Boxing Day!

RA­FALES DE CONSEILS DES FÊTES Dans les sou­pers de fa­mille, fais at­ten­tion aux en­trées… c’est là qu’on se bourre et, en­suite, ta mère pense que tu ne l’aimes plus parce que tu laisses les trois quarts de ton as­siette pleine au re­pas prin­ci­pal! Une mère, ça pré­fère mettre tes ar­tères en jeu que pen­ser qu’elle a ra­té ses p’tits pains gum­bo.

Avec les par­tys de Noël, sois sage et ne prends pas ta voi­ture si t’es en bois­son. Pis si tu vo­mis dans le vé­hi­cule, ne cé­lèbre pas ton in­tel­li­gence en pro­cla­mant haut et fort « AU MOINS, JE N’AI PAS CONDUIT », sur­tout si tu as pris Nez rouge, parce que c’est ton char que tu viens de beur­rer!

Dans les par­tys, tiens-toi à 100 mètres de la crème de menthe. C’est la té­qui­la des pauvres des par­tys de fa­mille. Je pense que, chez nous, on a la même bou­teille qui se passe de gé­né­ra­tion en gé­né­ra­tion de­puis 35 ans. Mon père vient de faire son tes­ta­ment pis y l’a mise de­dans. Per­sonne ne boit ça. Voisle plus comme « vou­lez-vous un pe­tit ca­fé avant de par­tir » pis fais juste quit­ter!

Texte pas tes ex! (Fin, y’a pas de blagues avec ça. Fais juste com­prendre qu’il ou elle ne va pas re­tom­ber en amour avec un « bonne an­née », à 0 h 19, sa­chant très bien que t’as pas­sé ben d’autre monde dans ta liste de contacts avant!)

Ne donne pas d’ani­maux en ca­deaux pis, si oui, fais des trous de res­pi­ra­tion dans la boîte avant; si­non, ça gâche la ma­gie des Fêtes!

Joyeuses Fêtes à vous tous!

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