LE FOND DE LA QUES­TION

Summum - - TECHNO -

De quoi au­ra l’air la té­lé­vi­sion dans 5 ou 10 ans? Voi­ci ce qui s’en vient pour les dif­fé­rentes fa­cettes de l’in­dus­trie.

NET­FLIX ET COM­PA­GNIE : DE GRANDS BOU­LE­VER­SE­MENTS

Même si Net­flix a vu naître plu­sieurs concur­rents ces der­nières an­nées, comme Hu­lu aux États-unis, ce n’est rien com­pa­ré à ce qui s’en vient à court et moyen terme. Dès 2019, Dis­ney s’ap­prête no­tam­ment à lan­cer son propre ser­vice concur­rent, qui ras­sem­ble­ra ses films, ses grandes sa­gas (Mar­vel, Star Wars) et les marques de ses chaînes as­so­ciées, comme Fox (The Simp­sons, 24) et ABC (Grey’s Ana­to­my).

Non seule­ment Dis­ney au­ra beau­coup à of­frir, mais l’em­pire mé­dia­tique re­ti­re­ra son conte­nu de Net­flix. Des en­tentes d’ex­clu­si­vi­tés pour­raient aus­si di­mi­nuer la quan­ti­té de conte­nu of­ferte sur le ser­vice de dif­fu­sion amé­ri­cain, qui de­vra mi­ser en­core plus sur son conte­nu ori­gi­nal, comme Orange is the New Black ou House of Cards. At­ten­dez-vous donc à de­voir payer pour plu­sieurs ser­vices du même genre pour avoir ac­cès à tout le conte­nu que vous dé­si­rez.

SER­VICES LO­CAUX DE DIF­FU­SION : AVE­NIR DIF­FI­CILE

Il est plus dif­fi­cile de voir ce qui at­tend les ser­vices lo­caux, comme Club Il­li­co et ICI TOU.TV. Ceux-ci risquent d’être des vic­times col­la­té­rales de la guerre des ser­vices à ve­nir aux États-unis, puisque Net­flix et Dis­ney risquent d’exi­ger des ex­clu­si­vi­tés pla­né­taires de leurs four­nis­seurs de conte­nu.

Ces ser­vices sont pour l’ins­tant pro­té­gés avec leur offre fran­co­phone plus im­por­tante, et avec la créa­tion de conte­nu ori­gi­nal, mais la si­tua­tion pour­rait ra­pi­de­ment chan­ger. Pour conti­nuer de croître, Net­flix pour­rait, par exemple, ci­bler plus ac­ti­ve­ment les mar­chés lo­caux comme le Ca­na­da. L’en­tre­prise cour­tise d’ailleurs dé­jà les pro­duc­teurs qué­bé­cois.

ADAPTATEURS TÉ­LÉ : BIEN­TÔT DÉSUETS

Plu­sieurs té­lé­philes dé­vorent leurs sé­ries avec des adaptateurs comme Apple TV et Ro­ku. Mais avec les té­lés qui sont dé­sor­mais pra­ti­que­ment toutes in­tel­li­gentes, y a-t-il un ave­nir pour ces ap­pa­reils?

Pour conser­ver leur per­ti­nence, les fa­bri­cants de ces adaptateurs de­vront s’as­su­rer d’aug­men­ter leurs fonc­tion­na­li­tés et faire en sorte que les uti­li­sa­teurs en pro­fitent vrai­ment. Car, pour l’ins­tant, ces ap­pa­reils servent sur­tout à dif­fu­ser Net­flix ou à louer des sé­ries té­lé, deux fonc­tion­na­li­tés de base qui pour­raient être com­plé­tées avec le té­lé­vi­seur di­rec­te­ment ou avec un té­lé­phone in­tel­li­gent.

DVD ET BLU-RAY : LA MARGINALITÉ

Les DVD, Blu-ray et Ul­tra HD Blu-ray en ar­rachent de­puis qu’il est pos­sible de louer un film en quelques clics sur sa té­lé in­tel­li­gente, son ré­cep­teur pour le câble ou son adap­ta­teur comme l’apple TV. Les disques Ul­tra HD Blu-ray conservent une cer­taine per­ti­nence à l’heure ac­tuelle, puis­qu’ils offrent une qua­li­té su­pé­rieure à celle des ser­vices en ligne, mais ce n’est qu’une ques­tion de temps avant qu’un ser­vice n’offre des té­lé­char­ge­ments aus­si jo­lis que ce que l’on re­trouve en ma­ga­sin.

Y au­ra-t-il en­core une place pour ces disques dans cinq ans? La ré­ponse courte est oui. Tant qu’il y au­ra un mar­ché pour les ache­ter, il y au­ra quel­qu’un pour les pro­duire. En pra­tique, ce mar­ché se­ra tou­te­fois de plus en plus pe­tit. Les disques DVD, Blu-ray ou Ul­tra HD Blu-ray ne de­vien­dront que des ob­jets de col­lec­tion, ven­dus à gros prix dans des en­sembles avec d’autres sou­ve­nirs, livres et bi­be­lots.

TÉ­LÉ­VI­SION : TOU­JOURS SA PLACE

Une chose est cer­taine, la ten­dance à la consom­ma­tion per­son­nelle de vi­déos sur son té­lé­phone ne re­lé­gue­ra pas les gros té­lé­vi­seurs aux ou­bliettes, qui au­ront tou­jours leur place pour l’écoute en fa­mille et pour les grands ama­teurs de té­lé et de ci­né­ma.

Une concur­rence est at­ten­due entre plu­sieurs tech­no­lo­gies pour les té­lé­vi­seurs de de­main. On sait no­tam­ment que ceux-ci af­fi­che­ront une ré­so­lu­tion 8K, et qu’ils pour­raient être beau­coup plus grands qu’à l’heure ac­tuelle grâce à de nou­veaux pro­cé­dés de fa­bri­ca­tion. Hi­sense dé­ve­loppe par exemple des té­lés au la­ser pou­vant être pro­je­tées sur un écran de plus de 100 pouces, et Sam­sung pré­pare des té­lés mo­du­laires pou­vant cou­vrir un mur du sa­lon au com­plet.

CÂBLODISTRIBUTEURS : À QUAND LA CONTRE-AT­TAQUE?

La plus grande ques­tion concerne les câblodistributeurs. Ceux-ci tirent en­core trop de re­ve­nus de leur mo­dèle d’af­faire tra­di­tion­nel pour être in­ci­tés à réel­le­ment se ré­in­ven­ter. Se fe­ront-ils cou­per l’herbe sous le pied par la Si­li­con Val­ley (ce n’est un se­cret pour per­sonne qu’apple sou­haite, par exemple, de­ve­nir un dif­fu­seur de conte­nu té­lé im­por­tant)? Peut-être.

Les câblodistributeurs font tou­te­fois en­core beau­coup d’ar­gent, ils peuvent comp­ter sur des abon­nés fi­dèles et ils pos­sèdent une ex­per­tise et des contacts qui ne sont pas à né­gli­ger. Les cinq pro­chaines an­nées se­ront cru­ciales s’ils veulent conser­ver la po­si­tion de do­mi­nance dont ils jouissent à l’heure ac­tuelle. À condi­tion qu’ils se ré­in­ventent eux-mêmes plu­tôt que d’at­tendre que quel­qu’un d’autre le fasse pour eux.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.