PAS JUSTE DE LA BRON­ZETTE

Quoi ? Une se­maine sans vé­lo ? Pas ques­tion. Ce n’est pas parce que vous avez ré­ser­vé quelques jours de va­cances à Puer­to Val­lar­ta que le trio bron­zette/pis­cine/ bonne bouffe doit être exclusif. Vous pou­vez tout à fait in­clure le vé­lo et d’autres ac­ti­vi­té

Vélo Mag - - Destination - TEXTE ET PHO­TOS JACQUES SENNÉCHAEL

Votre se­maine de far­niente à Puer­to Val­lar­ta tombe en plein dans votre pré­pa­ra­tion phy­sique pour être au top dès le début de la sai­son. Deux so­lu­tions : se faire une rai­son (après tout, le re­pos n’est pas à né­gli­ger) ou fouiller aux alen­tours afin de voir ce qui pour­rait vous faire bou­ger. Si les rou­tiers ont peu de chance de trou­ver ici leur bon­heur tant la cir­cu­la­tion et les routes chao­tiques ne les fa­vo­risent pas, il en est tout au­tre­ment en ce qui concerne le vé­lo de mon­tagne. En­core fau­til par­ler aux bonnes per­sonnes.

Les bonnes per­sonnes, ce sont Brit­ta­ny et Ro­ge­lio, d’Eco­ride. Il y a une quin­zaine d’an­nées, ils ont com­men­cé à of­frir à Puer­to Val­lar­ta des tours gui­dés au­tant en ran­don­née pé­destre qu’à vé­lo de mon­tagne. Ils ne s’ap­pellent pas Eco­ride pour rien : ils ont dans l’idée de faire connaître les beau­tés de leur coin de pays afin d’in­ci­ter les visiteurs à le res­pec­ter. Les mon­tagnes et les sen­tiers de la Sier­ra Madre oc­ci­den­tale sont leur ter­rain de jeu pré­fé­ré.

Pre­mière ren­contre à leur camp de base, une mai­son co­lo­rée dans les hau­teurs de Puer­to Val­lar­ta. Y ac­cé­der fait par­tie de l’échauf­fe­ment: les rues de la pe­tite ville sont très pen­tues et re­cou­vertes de pa­vés ru­gueux qui font tra­vailler les mol­lets. Nos deux hôtes nous at­tendent sur le pas de la porte, le sou­rire aux lèvres. Ils sont en­tou­rés de grandes plantes vertes peintes sur les murs – nous sommes dé­jà un peu dans la jungle de la Sierre Madre. Le choix des vé­los est ra­pide. Eco­ride a une flotte de vé­los Giant à simple et à double sus­pen­sion pas né­ces­sai­re­ment ré­cente, mais plu­tôt fiable et bien en­tre­te­nue.

Les ajus­te­ments faits, notre pe­tit groupe prend la roue de Ani­bal, qui se­ra notre guide vers Ran­cho Val­le­jo, un par­cours d’une ving­taine de ki­lo­mètres. Nous des­cen­dons les pentes abruptes de Puer­to Val­lar­ta et re­joi­gnons les bords de la ri­vière Cuale. Ce cours d’eau qui coupe la ville en deux prend sa source dans la sier­ra vol­ca­nique et se jette dans la Bahía de Ban­de­ras. Nous en cal­que­rons le tra­cé pen­dant en­vi­ron 5 km, tou­jours sur les pa­vés, avant de bi­fur­quer en di­rec­tion de Ran­cho Val­le­jo sur un che­min pous­sié­reux.

Même si le che­min grimpe dou­ce­ment, il est pas­sa­ble­ment rou­lant, sans grande dif­fi­cul­té. Nous croi­sons quelques VTT qui sou­lèvent des nuages de pous­sière. Tout en s’ex­cu­sant du conflit d’usage, notre guide Ani­bal nous ré­vèle qu’Eco­ride a dans sa be­sace plu­sieurs par­cours net­te­ment moins fré­quen­tés, mais pas mal plus tech­niques.

Par exemple, El Sal­to 3000 dé­bute de la même fa­çon que notre ride du jour, sur une rive de la Cuale, mais s’élève sur de mau­vais che­mins jus­qu’au som­met de El Cer­ro de la La­ja. En­suite, place à une single track tech­nique en mon­tées et des­centes à des­ti­na­tion de la chute El Sal­to. Après un ra­fraî­chis­se­ment dans les eaux vertes de la Cuale, il fau­dra re­mon­ter avant d’em­bar­quer dans La Her­ra­du­ra, une des­cente tech­nique vers Los Al­ma­cenes, puis ce se­ra l’ar­ri­vée au camp de base d’Eco­ride, le tout com­por­tant une ving­taine de ki­lo­mètres.

La San Pe­dro est quant à elle moins tech­nique mais plus longue (48 km), avec no­tam-

ment plus d’as­cen­sions. C’est l’oc­ca­sion de dé­cou­vrir les hau­teurs de la Sier­ra Madre avant de re­des­cendre vers Puer­to Val­lar­ta.

Le tra­vail d’ex­plo­ra­tion d’Eco­ride n’est pas fi­ni. Ro­ge­lio, Brit­ta­ny et un pe­tit nombre d’afi­cio­na­dos du vé­lo conti­nuent de dé­brous­sailler des sen­tiers sur leur vaste ter­rain de jeu. Le temps nous a man­qué pour en faire la dé­cou­verte, mais le po­ten­tiel vé­lo de mon­tagne des alen­tours de Puer­to Val­lar­ta est bien là.

Vue sur la mer

En par­tant du vil­lage de Bo­ca de To­matlán, à une tren­taine de mi­nutes de voi­ture de Puer­to Val­lar­ta, on peut faire une belle ran­don­née pé­destre de quelques heures sur un sen­tier le long de l’océan. Si ce sen­tier était un brin moins es­car­pé, il se­rait qua­si­ment ten­tant nd de l’em­prun­ter en vé­lo de mon­tagne. Dans tous les cas, la vue sur la Bahía de Ban­de­ras est spec­ta­cu­laire. On en pro­fi­te­ra pour se gâ­ter en plon­geant de temps en temps dans les criques dé­sertes. Le sen­tier va jus­qu’au vil­lage de pê­cheurs de Las Áni­mas, uni­que­ment ac­ces­sible à pied ou par ba­teau. On a d’ailleurs la pos­si­bi­li­té de re­joindre Puer­to Val­lar­ta en pan­gas, de ra­pides ba­teaux-taxis en bois.

Des­cente à Puer­to Val­lar­ta

Vé­lo Mag n’était pas à Puer­to Val­lar­ta que pour pé­da­ler, mais aus­si dans le but d’as­sis­ter à l’une des plus im­pres­sion­nantes com­pé­ti­tions de des­cente ur­baine des Amé­riques, Down Puer­to Val­lar­ta. Un par­cours d’une lon­gueur mo­deste – à peine 900 m –, une qua­ran­taine des meilleurs des­cen­deurs de la pla­nète, et le spec­tacle est ga­ran­ti. Les cou­reurs partaient du Cer­ro de la Cruz, point culmi­nant de la ville, et dé­va­laient sen­tiers, es­ca­liers, trot­toirs et autres mul­tiples obs­tacles, en outre des sauts de rue spec­ta­cu­laires avant d’ar­ri­ver sur le Ma­lecón, une pro­me­nade en bord de mer. À ce jeu-là, c’est le Tchèque Tomáš Slavík qui a été le meilleur, avec un temps de 1 min 27,77 s. Si cer­taines par­ties du par­cours étaient moins ac­ces­sibles aux spec­ta­teurs, dif­fé­rents ac­cès per­met­taient d’être très près des cou­reurs. Ça vaut le coup de grim­per les rues es­car­pées jus­qu’au Cer­ro de la Cruz puis de des­cendre en lon­geant le par­cours.

Down Puer­to Val­lar­ta, pour en prendre plein les yeux

Che­min pous­sié­reux vers Ran­cho Val­le­jo

Des­cente dans les rues de Puer­to Val­lar­ta

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