NI­NO FRAN­CO

PION­NIER DU PRO­SEC­CO

Vins et Vignobles - - Sommaire - Par Ja­nine SAINE

Pion­nier du pro­sec­co

C'est par­mi l'un des plus an­ciens do­maines si­tués à Val­dob­bia­dene en Vé­né­tie à pro­duire du pro­sec­co. Éla­bo­ré avec le cé­page glé­ra, ce vin ef­fer­ves­cent est de­ve­nu très po­pu­laire de­puis les trois der­nières dé­cen­nies, non seule­ment en Ita­lie, mais aus­si à tra­vers le monde.

Après la Pre­mière Guerre mon­diale, le grand-père An­to­nio Fran­co de­vient né­go­ciant en vin. Le fils Ni­no prend la re­lève à la fin des an­nées 1970, où com­mence réel­le­ment la pro­duc­tion du pro­sec­co. Au­jourd'hui, le pe­tit-fils Pri­mo, sa femme An­na­li­sa et sa fille Sil­via pour­suivent l'oeuvre fa­mi­liale. Pour­quoi tant de suc­cès pour cet ef­fer­ves­cent éla­bo­ré au nord de l'Ita­lie ? «En ef­fet, ex­plique Pri­mo, nous sommes les pre­miers à avoir ex­por­té ce vin ef­fer­ves­cent ita­lien de qua­li­té à tra­vers le monde, et ce vin vé­hi­cule avant tout un art de vivre. C'est un vin de tous les jours, sans pré­ten­tion, mais sa­vou­reux et qui se dé­guste tout au long d'un re­pas.»

Voi­là l'une des rai­sons de son suc­cès sans pré­cé­dent, sur­tout aux États-Unis où ce mous­seux est très pri­sé. Of­fert à un prix convi­vial, le pro­sec­co et son image ont peut-être été four­bés à tra­vers le mar­ché des pé­tillants, en tant que vin peu dis­pen­dieux, voire de moindre qua­li­té. Mais au­jourd'hui, les ama­teurs de vin re­con­naissent sa qua­li­té et le plai­sir de le dé­gus­ter à tout mo­ment de la jour­née. D'ailleurs, c'est le pre­mier vin mous­seux que l'on offre dans les bars ou les res­tau­rants à Ve­nise. Et Pri­mo ajoute que «le glé­ra est un cé­page éclec­tique qui peut pro­duire di­vers styles et gammes de pro­sec­cos.»

Et que pen­ser du do­sage zé­ro qui est en vogue tant pour les cham­pagnes que pour les mous­seux ? «C'est une mode. Une des ca­rac­té­ris­tiques du pro­sec­co est son as­pect frui­té. À par­tir d'un vi­gnoble de 80 ans, nous avons es­sayé de faire un mous­seux zé­ro do­sage, mais je trou­vais qu'il y man­quait quelque chose, et se­lon moi, ce n'est dé­fi­ni­ti­ve­ment pas une re­cette très sé­dui­sante.» En ce qui concerne la cul­ture bio­lo­gique, Pri­mo sou­ligne que «c'est le fu­tur, car nous de­vons sau­ver la pla­nète. Mais dans notre ré­gion, c'est un dé­fi, sur­tout à cause du cli­mat. Même si dé­jà nous pra­ti­quons une cul­ture rai­son­née, nous pla­ni­fions de mettre en pra­tique la cul­ture bio­lo­gique.»

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