CRÉ­MANT DE BOUR­GOGNE

VEUVE AM­BAL À LA MA­NOEUVRE

Vins et Vignobles - - Sommaire - Par Co­rinne DE­LISLE Texte et pho­to

Veuve Am­bal à la ma­noeuvre

De­puis 1898, Veuve Am­bal im­prime sa marque dans l'uni­vers des cré­mants de Bour­gogne. Qui­conque em­prunte l'au­to­route re­liant Pa­ris à Lyon ne peut ra­ter son im­po­sant bâ­ti­ment au ni­veau de Beaune, en plein coeur de la Côte d'Or. Avec son ar­chi­tec­ture ori­gi­nale, le site offre une for­mi­dable vi­trine à la mai­son fa­mi­liale. Mais plus qu'une vi­trine, c'est là que sont vi­ni­fiés et em­bou­teillés les 7 mil­lions de cols de cré­mants de Bour­gogne que pro­duit chaque an­née la mai­son. Soit près de 40 % de la pro­duc­tion to­tale de cré­mants de Bour­gogne, fai­sant de Veuve Am­bal le nu­mé­ro un.

NU­MÉ­RO UN DES CRÉ­MANTS DE BOUR­GOGNE

Sur ce nombre, en­vi­ron 1,3 mil­lion de bou­teilles sont ven­dues sous sa marque Veuve Am­bal (le reste est fa­bri­qué sous d'autres marques pour le compte de la grande dis­tri­bu­tion no­tam­ment), et ce dans plus de trente pays : «Pour les cré­mants à notre marque, nous n'uti­li­sons que les jus de la pre­mière presse», nous ex­plique Fran­çois Pif­faut, res­pon­sable com­mu­ni­ca­tion et oe­no­tou­risme, et cou­sin d'Eric Pif­faut qui di­rige l'en­tre­prise fa­mi­liale de­puis 1988, ayant pris la suite de son grand-père.

Les jus sont is­sus no­tam­ment des six do­maines que pos­sède Veuve Am­bal, soit en­vi­ron 250 hec­tares ré­par­tis entre le Châ­tillon­nais, l'Auxer­rois, la Côte de Nuits, la Côte de Beaune ain­si que le Mâ­con­nais. La mai­son est ain­si l'un des plus im­por­tants pro­prié­taires en Bour­gogne en su­per­fi­cie : «Chaque do­maine a ses propres spé­ci­fi­ci­tés», nous in­dique Syl­vain De­piesse, di­rec­teur des do­maines, qui ap­porte une at­ten­tion par­ti­cu­lière à la sé­lec­tion par­cel­laire.

DES CU­VÉES PRES­TIGE

Outre ses cu­vées clas­siques, Veuve Am­bal pro­pose une sé­lec­tion de cré­mants mil­lé­si­més et de cu­vées pres­tige à dé­cou­vrir et dé­gus­ter sans hé­si­ta­tion. On s'at­tarde ain­si avec plai­sir sur le Pres­tige blanc brut, as­sem­blage de char­don­nay et de pi­not noir, vieilli vingt mois en cave (lire en­ca­dré «Les nou­velles seg­men­ta­tions»). Et on se dé­lecte de la cu­vée an­ni­ver­saire Ma­rie Am­bal blanc, lan­cée en 2015 pour fê­ter les qua­rante ans de l'ap­pel­la­tion Cré­mant de Bour­gogne. Cette cu­vée Blanc de blancs, mil­lé­si­mée 2013, pré­sente un cô­té vi­neux et puis­sant. Pour la fin de l'an­née 2016, la mai­son pré­pare la sor­tie de son pre­mier Blanc de noirs… Et pour les pa­lais aver­tis, le Blanc de blancs brut na­ture mil­lé­si­mé 2013, sans ajout de sucre (- de 3 gr), offre une fraî­cheur in­com­pa­rable.

Et il ne faut pas non plus né­gli­ger la gamme de cré­mants ro­sés: «Ils re­pré­sentent au­jourd'hui 20 % de notre pro­duc­tion», fait re­mar­quer Fran­çois Pif­faut qui ajoute «Nous avons dé­pas­sé le phé­no­mène de mode». Ain­si, la cu­vée an­ni­ver­saire Ma­rie Am­bal rosée, avec son goût de pe­tits fruits rouges, vaut à elle seule le dé­tour.

AUS­SI DES VINS TRAN­QUILLES

Si Veuve Am­bal est d'abord connue pour ses cré­mants, le groupe pro­duit éga­le­ment de grands vins de Bour­gogne sous deux noms de do­maines. Re­prise en 2010, la mai­son Pros­per Mau­foux, ba­sée dans le char­mant vil­lage de San­te­nay, en fait par­tie. Avec une soixan­taine de vins à sa gamme, ce né­go­ciant pro­pose un jo­li éven­tail de vins de la Côte de Beaune et de la Côte de Nuits. Nous avons par­ti­cu­liè­re­ment ap­pré­cié le Hautes Côtes de Nuits blanc ain­si que le San­te­nay blanc 1er cru Clos des Gra­vières qui pré­sente un cô­té sa­lin. «San­te­nay, en rai­son de sa proxi­mi­té avec Chas­sagne-Mon­tra­chet, est une ap­pel­la­tion qui a ten­dance à blan­chir», nous ex­plique Syl­vain De­piesse dont l'em­ployeur vient de re­prendre le Do­maine Blon­deau-Danne à Saint-Au­bin. Soit 14 hec­tares de par­celles en grands crus CriotsBâ­tard-Mon­tra­chet et en pre­miers crus sur Pu­li­gny-Mon­tra­chet, Meur­sault, Chas­sagne-Mon­tra­chet et Saint-Au­bin, no­tam­ment le Clos du Châ­teau de Saint-Au­bin. «Il y a beau­coup de vignes à re­plan­ter, mais nous sommes heu­reux d'avoir ces crus», avoue Syl­vain De­piesse. Une fa­çon pour Pros­per Mau­foux (et Veuve Am­bal) de sé­cu­ri­ser ses ap­pro­vi­sion­ne­ments. Et d'ac­qué­rir, par le fait même, un châ­teau qu'il ai­me­rait bien ré­amé­na­ger en res­tau­rant.

L'autre do­maine, An­dré De­lorme, est si­tué à Rul­ly, ber­ceau du cré­mant de Bour­gogne. C'est en 2005 qu'Eric Pif­faut a ra­che­té cette mai­son créée en 1942 et qui pro­duit 250 000 bou­teilles de cré­mants de Bour­gogne, en plus de vins de la Côte Châ­lon­naise (Bou­ze­ron, Rul­ly, Mer­cu­rey, Gi­vry et Mon­ta­gny).

La cave ul­tra mo­derne de Veuve Am­bal

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