Château Suau Bor­de­lais bio­lo­gique

Vi­ti­cul­trice et pro­prié­taire de­puis 1986 de Château Suau, si­tué dans l’ap­pel­la­tion Ca­dillac Côtes de Bor­deaux, Mo­nique Bon­net nous en­tre­tient de ses in­no­va­tions vi­ti­vi­ni­coles.

Vins et Vignobles - - Entre - Par Ja­nine SAINE

Quel mo­tif vous a ins­pi­rée à ac­qué­rir ce château his­to­rique?

C'est grâce à mon père que j'ai pu réa­li­ser mon rêve de de­ve­nir vi­ti­cul­trice, et nous avons eu un coup de coeur com­mun pour ce su­perbe vi­gnoble, d'un seul te­nant au­tour des bâ­ti­ments.

Dé­cri­vez les par­ti­cu­la­ri­tés de votre vi­gnoble de 65 ha.

Nous bé­né­fi­cions d'une su­perbe ex­po­si­tion sud-sud-est, d'un ter­roir ar­gi­lo-gra­ve­leux sur un des points les plus hauts de l'AOC Ca­dillac Côtes de Bor­deaux. Le vi­gnoble est en­tou­ré de bois, fa­vo­ri­sant la bio­di­ver­si­té. En­suite, l'en­semble de la pro­duc­tion est en agri­cul­ture bio­lo­gique. Notre vi­gnoble est ma­jo­ri­tai­re­ment plan­té en vignes rouges (merlot, ca­ber­net sau­vi­gnon, ca­ber­net franc), mais aus­si en vignes blanches (sau­vi­gnon et sé­millon).

Pour­quoi avez-vous conver­ti votre vi­gnoble en ap­pli­quant les tech­niques de la culture bio­lo­gique ?

En 2008, nous avons dé­bu­té une conver­sion par­cel­laire de notre vi­gnoble, éta­lée sur cinq ans ; nous avons ter­mi­né la conver­sion de la to­ta­li­té du vi­gnoble en 2012. Tous nos vins sont cer­ti­fiés Bio par Eco­cert de­puis le millésime 2014. Cette dé­ci­sion a été mo­ti­vée par la vi­sion de mes sa­la­riés, ren­trant de tra­vaux à la vigne avec la peau et les yeux rou­gis par les trai­te­ments phy­to­sa­ni­taires. Cette prise de conscience est le point de dé­part de ce chan­ge­ment.

Au fil des ans, cette trans­for­ma­tion vi­ti­vi­ni­cole a-t-elle chan­gé le goût de vos vins ?

Tout à fait. Nous avons pu ob­ser­ver que pro­gres­si­ve­ment les vins de­viennent plus frui­tés, francs, purs, vi­brants mais éga­le­ment amé­liorent leurs ap­ti­tudes de vieillis­se­ment grâce à l'aug­men­ta­tion na­tu­relle de l'aci­di­té. Ils pré­sentent un meilleur équi­libre, aus­si bien pour les rouges que pour les blancs secs.

Quelles sont les prin­ci­pales ca­rac­té­ris­tiques qui re­lèvent de la si­gna­ture de vos vins ?

Prin­ci­pa­le­ment cette pu­re­té et cette droi­ture dues à la conduite de la vigne en bio. En­suite, nous tra­vaillons de­puis le millésime 2014 avec le cé­lèbre oe­no­logue Mi­chel Rol­land, qui nous ap­porte son ex­per­tise en ma­tière de vi­ni­fi­ca­tion et d'as­sem­blage.

Quel genre d'es­prit règne au­tour de votre équipe de pro­duc­tion ?

L'équipe a net­te­ment ra­jeu­ni. Les nou­velles gé­né­ra­tions sont plus at­ten­tives et mo­ti­vées par la culture bio. C'est un élé­ment clé de la réus­site de notre vi­gnoble. L'im­pli­ca­tion des équipes est fon­da­men­tale.

Vos fu­turs dé­fis ?

Va­lo­ri­ser nos vins dont la qua­li­té a net­te­ment pro­gres­sé, est un dé­fi im­por­tant, car la conduite en agri­cul­ture bio­lo­gique a aug­men­té nos coûts de pro­duc­tion de 30 % (aug­men­ta­tion de la main d'oeuvre, aug­men­ta­tion des temps de tra­vail, in­ves­tis­se­ments dans des équi­pe­ments de pointe, risque de perte de ré­colte, etc.). C'est un en­jeu ma­jeur pour nos ap­pel­la­tions, que de faire ac­cep­ter au consom­ma­teur la hausse de prix de vente qui en dé­coule.

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