Une fa­bu­leuse his­toire de lutte

Vision (Canada) - - SPORTS - STÉ­PHANE LAJOIE ste­phane.lajoie@eap.on.ca

Jacques La­mou­reux en a vé­cu des sen­sa­tions fortes de­puis son bap­tême de lutte en fé­vrier 2015 au sein des Hart Th­robs. Même si son co­équi­pier Ste­ven Le­vac a ac­cro­ché ses bottes in­dé­fi­ni­ment, le Fa­bu­leux n’a pas l’in­ten­tion de ra­len­tir et il se pré­pare pour le plus gros match de sa car­rière le 5 no­vembre, à Haw­kes­bu­ry.

« Notre pre­mier match, c’était un kick pour deux meilleurs chums et j’avoue que ça me manque de tri­per avec lui, de mon­ter dans l’arène et d’en­tendre la foule, a in­di­qué le lut­teur de 40 ans. On s’en­traî­nait en­semble, on man­geait bien, la mo­ti­va­tion était là et on était sur la coche et on avait du fun. Après le show pour le can­cer chez Ford, Ste­ven a eu un dif­fé­rent avec le pro­mo­teur et ça s’est ar­rê­té là. De­von (Hannibal) ne nous a pas par­lé pen­dant un bout de temps, mais je suis un gars qui se gar­roche par­tout et dans n’im­porte quoi et je n’ai pas peur de grand-chose. Quand De­von m’a tex­té pour par­ler de mon po­ten­tiel et d’un match so­lo, j’ai dé­ci­dé de fon­cer. »

Mon­ter dans l’arène pour la pre­mière fois à la fin de la tren­taine n’a pas été de tout re­pos pour Jacques La­mou­reux, dont le dos de pro­duc­teur ma­raî­cher le fait sou­vent souf­frir. Pro­prié­taire des Jar­dins La­mou­reux, une en­tre­prise dont les kiosques de fruits et lé­gumes ont pi­gnon sur rue dans tout Pres­cott-Rus­sell, il doit conju­guer cette pas­sion avec celle de son tra­vail, un dé­fi pas tou­jours fa­cile à re­le­ver. Mais la lutte pro­fes­sion­nelle est un sport-spec­tacle comme pas un, où la foule fait par­tie de l’his­toire et at­tise la pas­sion des lut­teurs, qui se donnent coeur et âme pour cette étin­celle que seuls les ama­teurs de lutte peuvent réel­le­ment com­prendre.

« Des fois, le ma­tin, j’ai de la mi­sère à me le­ver, mais la lutte c’est un chal­lenge, un rythme de vie et une pous­sée d’adré­na­line, a-t-il ra­jou­té. Pen­dant le com­bat, quand tu vas cher­cher la foule en ta­pant des mains ou avec des prises et que tu montes dans les cordes pour une pose, la foule crie et c’est tout un fee­ling. Tu rentres dans le per­son­nage et bing bang les coups de la corde à linge et le gars est fi­ni! »

Comme l’a si bien dit l’hu­mo­riste Yvon Des­champs, il n’y a rien de mieux que les sports ar­ran­gés, comme la lutte et le ho­ckey. Mais même si les dés sont pi­pés dans l’arène, l’en­traî­ne­ment de lut­teur est dur sur le corps avec les chutes ré­pé­tées, les até­mis cin­glants et les câbles qui causent mille et une ec­chy­moses.

« Une bles­sure n’at­tend pas l’autre et les gars sont tou­jours po­qués par­tout et ra­qués et un faux mou­ve­ment peut tout chan­ger, a-t-il dit. Lors de mon der­nier com­bat à Smiths Falls contre Preston Per­ry, il niai­sait le monde en bas de l’arène et je suis des­cen­du et il m’a ren­tré dans le cô­té de l’arène comme un joueur de foot­ball. D’ha­bi­tude, tu te baisses pour en­cais­ser le Jacques La­mou­reux conti­nue de faire sa marque dans le monde de la lutte pro­fes­sion­nelle et re­mon­te­ra dans l’arène de Haw­kes­bu­ry le 5 no­vembre, pour un com­bat par équipe avec Guy Ga­gné coup, mais je ne l’ai pas fait la deuxième fois et j’ai eu vrai­ment mal pen­dant deux, trois se­maines. Mais bon, je suis un ex­tré­miste et le monde va quand même me voir sur la troi­sième corde en no­vembre. »

Même si bien des ama­teurs de lutte ai­me­raient voir Jacques La­mou­reux et son co­équi­pier Guy Ga­gné mas­sa­crer Preston Per­ry et Mi­chael Von Pay­ton dans l’arène de Haw­kes­bu­ry, la Great North Wrest­ling se­rait en né­go­cia­tion pour ame­ner les an­ciens cham­pions par équipe de la WWE, Syl­vain Gre­nier et Re­né Du­pré, pour le ga­la de cet hi­ver au Com­plexe spor­tif Ro­bert Hart­ley. Pour Jacques La­mou­reux, af­fron­ter d’an­ciennes ve­dettes qui sont en­core en grande forme se­rait tout un dé­fi, tout comme le rêve de rem­por­ter les cein­tures par équipe dans son pa­te­lin et de­vant une foule des plus par­ti­sanes.

La sai­son des fraises et des fruits d’été ti­rant à sa fin, le pro­duc­teur peut main­te­nant re­prendre l’en­traî­ne­ment en vue du ga­la de Haw­kes­bu­ry, qui se­ra en­suite sui­vi d’un ga­la à Ro­ck­land en 2017. En plus de pous­ser de la fonte dans le gym, il va en­cais­ser dans l’arène de la Tor­ture Cham­ber de Dru Onyx à Mon­tréal et aus­si à Ot­ta­wa avec Hannibal. Après quelques matchs so­los, il a ga­gné en ex­pé­rience et en as­su­rance sur le ma­te­las, l’hé­si­ta­tion fai­sant main­te­nant place à l’écoute de la foule et à la chi­mie qui rend un match de lutte plus vrai que la meilleure des illu­sions.

—pho­to Sté­phane Lajoie

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