Un sep­tième ro­man si­gné Li­liane L. Grat­ton

Vision (Canada) - - Portrait • Profile - VICKY CHARBONNEAU vicky.charbonneau@eap.on.ca

Ro­man­cière, Li­liane L. Grat­ton est née à Bour­get et y ha­bite tou­jours. Re­trai­tée de l’en­sei­gne­ment et pas­sion­née d’his­toire, elle a pu­blié sept ro­mans his­to­riques qui rendent hom­mage aux tra­di­tions et à l’hé­ri­tage trans­mis par les gé­né­ra­tions qui nous ont pré­cé­dés. Les ro­mans pu­bliés par Li­liane L. Grat­ton, main­te­nant dis­po­nibles en ver­sion élec­tro­nique, s’adressent aux jeunes et au grand pu­blic. Dans son nou­veau ro­man in­ti­tu­lé Dé­tours à l’ho­ri­zon, l’au­teure Li­liane L. Grat­ton y ex­pose une in­trigue qui se dé­roule dans son propre vil­lage, soit ce­lui de Bour­get, dans les an­nées d’après-guerre (1945-1954). Son lan­ce­ment of­fi­ciel se fe­ra au cours du Sa­lon du livre de l’Est on­ta­rien, dont le thème cette an­née est Notre his­toire, al­lant de pair avec la va­leur his­to­rique que Mme Grat­ton a tou­jours su confé­rer à ses livres.

En ef­fet, bien que beau­coup d’encre ait cou­lé de­puis la pa­ru­tion de son tout pre­mier ro­man la dé­marche de Mme Grat­ton est tou­jours res­tée. En s’ins­pi­rant de ses nom­breuses re­cherches, que ce soit par le biais d’en­tre­vues, de consul­ta­tions de livres ou de vi­sites au mu­sée, elle se fixe un sque­lette à l’aide d’évè­ne­ments his­to­riques qu’elle place sur une ligne du temps. Puis, elle y ajoute de la chair en in­ven­tant des per­son­nages fic­tifs et une in­trigue.

La va­leur his­to­rique de ses ro­mans fait en sorte que, peu im­porte la pro­ve­nance du lec­teur, cha­cun peut s’y re­con­naître. En fait,

est étu­dié, entre autres, dans plu­sieurs classes de 10e an­née du Nord de l’On­ta­rio.

« Je trou­vais qu’on ne par­lait pas as­sez de notre ré­gion dans les an­nées 1970, quand j’ai com­men­cé à écrire, a confié l’au­teure. Je me suis dit si j’écri­vais une his­toire, avec des per­son­nages fic­tifs, mais qui re­flètent la vie de dif­fé­rentes époques avec des évè­ne­ments réels qui se sont pas­sés à l’in­té­rieur, ça in­té­res­se­rait les gens puis en même temps, ça les ren­sei­gne­rait sur notre ré­gion. »

Même si l’idée d’écrire lui est ve­nue as­sez tôt, ce n’est pour­tant qu’en 2001 que son pre­mier livre fut pu­blié. « J’avais com­men­cé à l’écrire lorsque j’étais ma­man à la mai­son, ex­plique-t-elle. Puis, je suis re­tour­née aux études pour al­ler dans l’en­sei­gne­ment. Quand j’ai eu un ac­ci­dent - je me suis bri­sé le ge­nou en tom­bant sur la glace -, j’ai fi­ni le ro­man que j’avais com­men­cé 25 ans plus tôt. »

Mme Grat­ton dit avoir gran­de­ment pro­fi­té de l’écri­ture, sur­tout du­rant sa pé­riode de conva­les­cence, car celle-ci lui fai­sait ou­blier sa dou­leur et lui per­met­tait de mettre son es­prit ailleurs.

Ce­pen­dant, une fois ré­di­gé, un autre obs­tacle se pré­sen­tait. Après s’être fait re­fu­ser par plu­sieurs mai­sons d’édi­tion, Li­liane et son ma­ri Mi­chel dé­ci­dèrent d’en­tre­prendre le pro­jet d’eux-mêmes, ques­tion de lais­ser à leurs en­fants un aper­çu de la fa­çon de vivre de leurs pa­rents et grands-pa­rents.

C’est alors qu’en 2001, ils fai­saient le lan­ce­ment de

dans leur pa­roisse de Bour­get. « Les gens ont tel­le­ment ai­mé qu’ils m’ont de­man­dé de conti­nuer puis même de re­prendre l’his­toire d’An­gé­lique et de Cé­cile dans le pre­mier livre et de la conti­nuer. » C’est ain­si que

lorsque j’ai com­men­cé, la pi­qûre m’a pris et j’ai conti­nué à écrire avec de nou­veaux per­son­nages, ajoute Mme Grat­ton, qui ajoute que l’his­toire se dé­roule sur deux gé­né­ra­tions. C’est une fa­mille fran­co-on­ta­rienne qui part pour l’ouest ca­na­dien à l’époque où ils trouvent de l’or au Klon­dike. Plus spé­ci­fi­que­ment c’est l’his­toire de la grand-mère, qui était ado­les­cente lors­qu’elle était par­tie, puis 40 ans après son re­tour, sa pe­tite-fille va dé­cou­vrir les choses — et les se­crets — qu’elle a rap­por­tées du Klon­dike, dans son coffre. » Son tout nou­veau ro­man, in­ti­tu­lé a vu le jour. « Avec mon troi­sième ro­man,

Lors de la pa­ru­tion de son qua­trième ro­man, elle s’as­so­cie dès lors aux Édi­tions du Char­don bleu de Plan­ta­ge­net pour fa­ci­li­ter la vente de ses livres. Pour

l’idée lui est donc ve­nue d’écrire un ro­man sur la pro­ve­nance des Fran­co-on­ta- riens, non pas l’his­toire des cou­reurs des bois, mais plu­tôt celle des pre­miers ar­ri­vants qui ont ache­té des terres et qui se sont éta­blis dans les pe­tits vil­lages.

« C’est un jeune homme qui naît dans une sei­gneu­rie au dé­but des an­nées 1800, ra­conte-t-elle. Plus vieux, il va ve­nir tra­vailler dans l’Est on­ta­rien, à Haw­kes­bu­ry Mills, où il y avait beau­coup de tra­vail. Son mé­tier étant for­ge­ron, on va le suivre pen­dant 85 ans dans la ré­gion ici, à Cur­ran, à Le­mieux ou en­core à Plan­ta­ge­net. » Son cin­quième ro­man,

aborde, pour sa part, des thèmes comme ceux de la Pre­mière Guerre mon­diale, de la grippe es­pa­gnole ou en­core du rè­gle­ment 17, à tra­vers dif­fé­rents per­son­nages.

Dans on y ren­contre Sarah et Vincent, qui vivent sur une ferme de Bour­get dans les an­nées de la dé­pres­sion et que l’on re­trouve d’ailleurs dans son nou­veau ro­man, qui se veut le tome 2 de ce­lui-ci et qui se passe à la fin de la guerre en 1945.

Comme cha­cun de ses autres ro­mans, la couverture a été réa­li­sée par un ar­tiste de la ré­gion. Il en va de même pour

qui a été illus­tré par l’ar­tiste de Cla­rence Creek, Ghis­laine Au­ger-Boi­leau.

Se­lon les com­men­taires qu’elle re­çoit de ses lec­teurs, ses ro­mans fa­vo­risent un rap­pro­che­ment in­ter­gé­né­ra­tion­nel, en plus de faire la pro­mo­tion de la langue fran­çaise. « Pour moi, ce sont des com­pli­ments comme ça qui me donnent le goût de conti­nuer, conclu­telle. Dans mes livres, je montre la fier­té d’être fran­co­phone et l’his­toire. L’écri­ture m’a don­né une ou­ver­ture sur le monde, sur notre ré­gion, et m’a per­mis de connaître les gens. »

—pho­to Vicky Charbonneau

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