Les noeuds chi­nois

China Today (French) - - CULTURE CULTURE - Gu he

du noeud à la cein­ture pour ex­pri­mer la re­la­tion amou­reuse.

Sous les Ming (1368-1644) et sous les Qing (1644-1911), le noeud chi­nois a connu son plein es­sor no­tam­ment dans l’ha­bille­ment de l’époque des Qing où les bou­tons faits à par­tir de noeuds étaient très uti­li­sés. Le noeud est éga­le­ment pré­sent dans les ac­ces­soires tra­di­tion­nels chi­nois tels que les sacs à main, les porte-par­fums, les bi­joux en jade, les brosses ou en­core les broches à che­veux mais aus­si dans l’ar­chi­tec­ture et le mo­bi­lier an­tique : sur le toit des bâ­ti­ments, les or­ne­ments des fe­nêtres, les tables et les chaises ou en­core les coffres.

La forme et la cou­leur des noeuds chi­nois portent la marque de la culture chi­noise tra­di­tion­nelle. Leur forme géo­mé­trique, leurs pro­por­tions et l’uti­li­sa­tion d’une seule et même corde pour tout le mo­tif, peuvent rap­pe­ler les l’icône boud­dhiste du noeud éter­nel.

La fa­çon de les nouer per­met de créer des formes très va­riées. Par­mi les plus connues : le noeud en forme de ca­rac­tère du bon­heur, le noeud en forme de gui­tare chi­noise pi­pa, ou en­core le noeud en forme de chauve-sou­ris.

Chaque noeud étant fait à par­tir d’une seule et même cor­de­lette, ce­la in­duit une conti­nui­té et fait écho à une cer­taine philosophie se­lon la­quelle « toutes les choses se re­trouvent en une ».

En Chine, le noeud est sy­no­nyme de so­li­di­té. Dans la langue chi­noise, le mot est uti­li­sé dans beau­coup de cir­cons­tances : « nouer » une amitié, « nouer » une al­liance, « nouer » un ma­riage. D’ailleurs, tout ce qui a rap­port avec le ma­riage dans la langue chi­noise est lié au mot « noeud ». On dit no­tam­ment que les ma­riés « se nouent par les che­veux ». Ce­la vient de la tra­di­tion se­lon la­quelle les jeunes ma­riés de­vaient se cou­per une mèche de che­veux lors de leur nuit de noces et les nouer en­semble pour sym­bo­li­ser leur union.

Dans l’art an­tique, le noeud a aus­si une conno­ta­tion triste, qui sym­bo­lise gé­né­ra­le­ment la nos­tal­gie et ex­prime une cer- taine sen­si­bi­li­té. C’est l’ex­pres­sion d’un sen­ti­ment res­treint et ro­man­tique. Dans la poé­sie de l’époque des Han, on trouve ain­si ces vers : « J’écris pour épan­cher ma nos­tal­gie, j’es­père que notre amour se­ra comme ce noeud qui ne se dé­fait pas, tel la colle qui se mêle à la laque sans ne plus pou­voir s’en dé­faire ». Le poète Zhang Xian (990-1078) de l’époque des Song (960-1279) écri­vait « Le Ciel est éter­nel et les sen­ti­ments durs à ou­blier. Le coeur res­semble à un fi­let fait de deux fils au sein du­quel mille noeuds se créent. »

Les noeuds chi­nois sont en­core uti­li­sés au­jourd’hui et pré­sents par­tout dans la vie quo­ti­dienne des Chi­nois. Que ce soit lors de grandes conven­tions ou dans l’in­té­rieur chi­nois, on trouve sou­vent des noeuds porte-bon­heur ac­cro­chés aux murs en guise de dé­co­ra­tion. Les bi­joux mo­dernes les uti­lisent éga­le­ment comme mo­tif, don­nant aux créa­tions des or­fèvres un cô­té clas­sique et raf­fi­né. Le lo­go de la Chine pour les Jeux olym­piques de 2008 re­pré­sen­tait un noeud chi­nois fait à par­tir des cinq an­neaux olym­piques. De même que lors de l’APEC de 2014, les noeuds chi­nois étaient pré­sents dans la dé­co­ra­tion des lieux mais aus­si pour les bou­tons des cos­tumes de cé­ré­mo­nie créés pour l’oc­ca­sion.

Un exemple ty­pique de noeud chi­nois.

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