Du Jia­mei, la « ma­man » des en­fants au­tistes

China Today (French) - - BIENVENUE À - GONG HAN, mem­ber de la rédaction

Ma­man d’une pe­tite fille au­tiste, Du Jia­mei est pas­sée par toutes les étapes bou­le­ver­santes liées à la ma­la­die. Ce­ci au­rait pu lui faire perdre pied, mais elle a choi­si de pas­ser outre ses émo­tions et de créer un centre d’en­traî­ne­ment spé­cia­li­sé aux ré­sul­tats très en­cou­ra­geant..

re­tour à Guangz­hou après ce voyage, ils ont or­ga­ni­sé en­semble une ex­po­si­tion in­ti­tu­lée Sans Fron­tières qui a don­né lieu à la pu­bli­ca­tion d’un al­bum com­mun. « On dit sou­vent que l’art ne connait pas de fron­tières et mal­gré les dif­fé­rences cultu­relles, une pein­ture peut être com­prise par tout le monde et par­tout dans le monde. L’art aide à éta­blir des re­la­tions entre les gens de toutes ori­gines et à les rap­pro­cher. »

« Lorsque deux peintres de cultures dif­fé­rentes es­saient de se com­prendre, de peindre en­semble et de re­pré­sen­ter le monde de leur point de vue, leurs créa­tions fu­tures se­ront for­cé­ment in­fluen­cées. Grâce à la cu­rio­si­té des peintres, une nou­velle ap­proche de l’art com­mence à ap­pa­raître. »

Évo­quant l’ave­nir du dé­ve­lop­pe­ment artistique en Chine, Jean Mi­chel se montre confiant. Se­lon lui, bien que la France soit un ber­ceau et un pa­ra­dis de l’art, la conjoncture na­tio­nale est moins fa­vo­rable de­puis la crise éco­no­mique de 2008, et les Fran­çais in­ves­tissent de moins en moins dans l’art. À l’in­verse, le mar­ché d’art est très dy­na­mique en Chine. Au fur et à me­sure de l’évo­lu­tion des goûts et du pou­voir d’achat des Chi­nois, l’in­ves­tis­se­ment dans l’art pro­gresse ra­pi­de­ment et le mar­ché de l’art de­vient très lu­cra­tif. « La Chine et les États-Unis sont deux pays clés du mar­ché de l’art et les peintres y ont d’im­menses op­por­tu­ni­tés de dé­ve­lop­pe­ment. »

En conclu­sion : « La Chine sou­haite que de plus en plus d’ar­tistes puissent ve­nir en Chine pour y vivre et dé­cou­vrir un grand pays dif­ferent et pas­sio­nant. »

Un pe­tit gar­çon en veste orange se tient près d’une porte, es­sayant de l’ou­vrir, d’un air sé­rieux. Une femme âgée le tire en ar­rière vers elle. Le gar­çon lève la tête pour la re­gar­der, d’un sou­rire in­no­cent. Il est dif­fi­cile de de­vi­ner qu’il est au­tiste.

« On ne peut dis­tin­guer les au­tistes par l’ap­pa­rence, la seule dif­fé­rence avec les en­fants nor­maux, si on peut dire qu’il en existe, c’est qu’ils sont plus beaux », plai­sante Du Jia­mei, di­rec­trice d’un centre spé­cia­li­sé pour les en­fants au­tistes et éga­le­ment mère d’une fille au­tiste.

Après le diag­nos­tic de l’au­tisme chez sa fille Xuan­xuan à l’âge de deux ans, Du Jia­mei lui a dis­pen­sé un en­traî­ne­ment spé­cia­li­sé, de­ve­nant l’un des pre­miers pa­rents à trai­ter son en­fant au­tiste par le biais de l’étho­lo­gie en Chine. Au­jourd’hui, Xuan­xuan fait ses études en classe de cin­quième au col­lège. Elle a re­çu le com­men­taire d’un en­sei­gnant-res­pon­sable : « ton ex­pé­rience est une source d’ins­pi­ra­tion. »

En 2011, Du Jia­mei a fon­dé un centre spé­cia­li­sé pour les en­fants au­tistes, ai­dant plus de 1 500 en­fants et leurs pa­rents, dont 20 % de ces en­fants se sont en­suite in­sé­rés dans la so­cié­té.

Ac­com­plir un mi­racle

En 2004, on a diag­nos­ti­qué l’au­tisme chez Xuan­xuan lors d’un exa­men mé­di­cal. « Les autres en­fants sont par­tis, tan­dis que nous sommes res­tés pour une consul­ta­tion en pré­sence d’ex­perts », a dit Du Jia­mei.

En en­ten­dant la conclu­sion des ex­perts, son ma­ri s’est de­man­dé : qu’est-ce que c’est l’au­tisme ? À cette époque, même les in­tel­lec­tuels comme eux n’ont pas beau­coup en­ten­du par­ler de cette ma­la­die. Du Jia­mei et son ma­ri ont som­bré dans le déses­poir en com­pre­nant qu’il s’agis­sait d’un trouble en­va­his­sant du dé­ve­lop­pe­ment dont la per­sonne souf­fri­ra toute sa vie, sans mé­di­ca­ment dis­po­nible pour le trai­te­ment, l’en­traî­ne­ment spé­cia­li­sé étant le seul re­cours.

« Com­men­cez un en­traî­ne­ment spé­cia­li­sé le plut tôt pos­sible, leur dit un mé­de­cin, si­non, la ma­la­die va s’ag­gra­ver. » Du Jia­mei et son ma­ri sont ren­trés chez eux et ont lu les livres re­com­man­dés par ce mé­de­cin jus­qu’à plus de mi­nuit. Du Jia­mei n’a pas pu s’em­pê­cher de pleu­rer en li­sant les symp­tômes : ten­dance à ai­mer tour­ner, mar­cher sur la pointe des pieds, jouer avec les doigts, avoir tou­jours un air in­dif­fé­rent, ne pas sa­voir cor­rec­te­ment uti­li­ser les jouets, avoir une ex­cel­lente mé­moire ma­chi­nale, ré­ci­ter conti­nuel­le­ment les chiffres ou les ca­rac­tères… C’étaient jus­te­ment les symp­tômes de Xuan­xuan.

Avant cette conclu­sion, Du Jia­mei avait dé­jà trou­vé son en­fant anor­male. Xuan­xuan avait un air in­dif­fé­rent de­puis sa nais­sance. Ce­pen­dant, par rap­port aux en­fants de son âge, Xuan­xuan a pu lire et ré­ci­ter des poèmes dès l’âge de deux ans. Du Jia­mei pen­sait que Xuan­xuan était dif­fé­rente des autres en­fants parce qu’elle nour­ris­sait de hautes am­bi­tions.

Du Jia­mei ne sa­vait pas que de nom­breux en­fants souffrent de l’au­tisme en Chine avant de dé­bu­ter la for­ma­tion des­ti­née aux pa­rents. Ces der­niers viennent de tous les coins du pays. Par­mi eux, on compte aus­si bien des in­tel­lec­tuels, que des cols-blancs ou des ou­vriers. Leurs en­fants ont été diag­nos­ti­qués et confir­més au­tistes entre 2 et 5 ans.

Se­lon des ex­perts, la mé­thode ABA (Ana­lyse du Com­por­te­ment Ap­pli­qué) ba­sée sur l’étho­lo­gie ap­pli­quée est l’une

Des oeuvres abs­traites de Jean Mi­chel sont dé­ri­vées en mar­chan­dises, comme ce cous­sin.

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