Le théâtre d’ombres chi­noises

China Today (French) - - CULTURE - Gu he

ré­gions. Dans le Shaan­xi et le Gan­su, le front de celles-ci est exa­gé­ré­ment haut ; en Mon­go­lie in­té­rieure et dans le Dong­bei, les par­ties du vi­sage des ma­rion­nettes sont évi­dées ; dans la pro­vince du Zhe­jiang et le sud de la Chine, elles sont très co­lo­rées, mais peu sculp­tées.

Les spec­tacles de théâtre d’ombres sont éga­le­ment très dif­fé­rents d’une ré­gion à l’autre. Mais de fa­çon gé­né­rale, les ac­teurs de théâtre d’ombres doivent faire preuve de grandes ca­pa­ci­tés, car ils sont sou­vent ame­nés à user des pieds et des mains en même temps. Ils animent les ma­rion­nettes avec les mains, jouent des cym­bales avec les pieds, et parlent et chantent si­mul­ta­né­ment.

L’écran uti­li­sé pour le théâtre d’ombres est fait d’un tis­su blanc d’un mètre car­ré. Pen­dant le spec­tacle, les ac­teurs tirent sur une fi­celle qui fait se tendre la toile et per­met aux ma­rion­nettes de ve­nir se col­ler des­sus. Par le jeu de lu­mière, les fi­gu­rines trans­lu­cides de­viennent vi­vantes et em­mènent le pu­blic.

Dans les sé­ries té­lé­vi­sées chi­noises, on voit sou­vent ap­pa­raître le théâtre d’ombres. Dans la sé­rie Le Pa­lais de la Grande Clar­té, on voit l’em­pe­reur Tang Gao­zong et sa concu­bine He Lan jouer au théâtre d’ombres. Dans le film Vivre, le théâtre d’ombres est om­ni­pré­sent tout au long de l’his­toire.

En 2011, le théâtre d’ombres du Liao­nan, de Xi’an et de Tang­shan a été en­re­gis­tré sur la liste du pa­tri­moine im­ma­té­riel de l’hu­ma­ni­té.

On consi­dère que le théâtre d’ombres se­rait ap­pa­ru à l’époque de l’em­pe­reur Han Wu­di (156-87 av. J.-C.). On ra­conte que, l’em­pe­reur étant très at­tris­té par la perte de sa concu­bine, un magicien au­rait uti­li­sé un écran pour faire ap­pa­raître le vi­sage de sa concu­bine bien-ai­mée. Tou­te­fois, ce n’est qu’à l’époque des Song du Nord (960-1127) que le théâtre d’ombres est de­ve­nu une forme de spec­tacle à part en­tière.

À Kai­feng, la ca­pi­tale des Song, le théâtre d’ombres était très à la mode. Après l’in­va­sion de la ca­pi­tale par l’ar­née des Jin, des ac­teurs furent pris en otage et en­voyés au Nord (la contrée des Jin), le reste des ac­teurs s’étant en­fuis avec la cour dans le sud de la Chine. C’est de­puis cette époque que le théâtre d’ombres s’est po­pu­la­ri­sé par­tout en Chine.

À l’époque Yuan (1271-1368), ce­lui­ci s’est ex­por­té en Perse et dans les pays d’Asie mi­neure, et ce, jus­qu’en Tur­quie où il est tou­jours très ap­pré­cié. Sous les Ming et les Qing, (1368-1911), le théâtre d’ombres a connu un vé­ri­table apo­gée. Sous le règne de l’em­pe­reur Qian Long, un jé­suite fran­çais a rap­por­té cet art en France. C’est alors que l’on l’a ap­pe­lé « les ombres chi­noises ». En 1781, pour son an­ni­ver­saire, Goethe or­ga­ni­sa un spec­tacle de théâtre d’ombres qui fas­ci­na ses in­vi­tés.

Mal­heu­reu­se­ment, vers la fin de la dy­nas­tie Qing, crai­gnant que les spec­tacles d’ombres chi­noises ne se trans­forment en pu­gi­lats, ce­lui-ci fut in­ter­dit. De­puis, il n’a pas re­trou­vé l’es­sor qu’il avait connu.

Consi­dé­ré comme la plus an­cienne forme d’art sur écran au monde, le théâtre d’ombres est aus­si sou­vent vu comme l’an­cêtre du ci­né­ma. Le dé­ve­lop­pe­ment d’autres formes ar­tis­tiques plus mo­dernes lui a fait perdre de son in­té­rêt et il a presque dis­pa­ru. Ce­la est aus­si dû à la par­ti­cu­la­ri­té du théâtre d’ombres en elle-même : ma­ni­pu­ler les ma­rion­nettes de­mande une très grande dex­té­ri­té, la for­ma­tion des ac­teurs de­mande du temps, et la conser­va­tion des ma­rion­nettes pose éga­le­ment pro­blème.

Au­jourd’hui, on parle sou­vent d’as­so­cier des­sin ani­mé et théâtre d’ombres afin de rendre cet art an­ces­tral plus mo­derne et de lui per­mettre d’être per­pé­tué.

Un ar­tiste met en ac­tion une scène de théâtre d’ombres chi­noises.

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