Vu de Chine

China Today (French) - - SOMMAIRE - JOHN ROSS﹡

Une confron­ta­tion entre les États-Unis et la Chine irait à l’en­contre des in­té­rêts des deux pays

Le mois de fé­vrier 2017 mar­que­ra le 45e an­ni­ver­saire du pre­mier com­mu­ni­qué si­noa­mé­ri­cain connu sous le nom de Com­mu­ni­qué de Shan­ghai, qui a je­té les bases des re­la­tions bi­la­té­rales ac­tuelles. La ré­cente campagne pré­si­den­tielle amé­ri­caine et ses consé­quences ayant été ca­rac­té­ri­sées par de fortes cri­tiques à l’en­contre de la Chine, et même cer­taines ten­ta­tives vi­sant à mi­ner ces re­la­tions éta­blies depuis long­temps, il est im­por­tant d’ana­ly­ser de ma­nière claire pour­quoi la sta­bi­li­té des re­la­tions ami­cales entre la Chine et les États-Unis est dans l’in­té­rêt des deux pays.

En par­ti­cu­lier, il faut com­prendre que la der­nière élec­tion pré­si­den­tielle amé­ri­caine a connu la plus grande dé­sta­bi­li­sa­tion politique du pays depuis la Grande Dé­pres­sion. Cette in­sta­bi­li­té et ce mé­con­ten­te­ment tirent leur source d’une si­tua­tion éco­no­mique et so­ciale dans la­quelle les re­ve­nus des mé­nages sont in­fé­rieurs à ceux de l’an 2000, et dans la­quelle une forte aug­men­ta­tion des in­éga­li­tés éco­no­miques se pour­suit depuis plus de trente ans.

Ce­pen­dant, les deux can­di­dats ont au cours de la campagne ten­té de dé­tour­ner l’at­ten­tion de ces vé­ri­tables pro­blèmes en se tour­nant contre la Chine. Do­nald Trump a faus­se­ment af­fir­mé que la Chine pro­fite d’un avan­tage concur­ren­tiel in­juste en main­te­nant un taux de change ar­ti­fi­ciel­le­ment bas, ce que même le Tré­sor amé­ri­cain ne pré­tend plus.

L’achar­ne­ment contre la Chine va à l’en­contre des in­té­rêts non seule­ment de la Chine, mais aus­si de ceux des États-Unis et de leur peuple. Les re­la­tions entre les deux pays consti­tuent les plus im­por­tantes re­la­tions bi­la­té­rales au monde, aus­si la dy­na­mique entre eux joue-t-elle un rôle clé dans la si­tua­tion in­ter­na­tio­nale gé­né­rale.

Les ten­dances en termes de re­ve­nu

Le re­ve­nu mé­dian des mé­nages américains en 2015 était in­fé­rieur de 2,4 % à ce­lui en­re­gis­tré 16 ans au­pa­ra­vant. Au plus fort de la grande ré­ces­sion, en 2012, les re­ve­nus mé­dians des mé­nages américains étaient in­fé­rieurs de 9,1 % à leur pic de 1999. Le peuple a donc su­bi plus d’une dé­cen­nie et de­mie de re­ve­nus ré­duits, ce qui, en soi, pro­dui­rait un pro­fond mé­con­ten­te­ment politique et de la co­lère dans tout pays.

Mais les consé­quences po­li­tiques de cette baisse des re­ve­nus ont été ag­gra­vées par la forte aug­men­ta­tion des in­éga­li­tés et de la moindre part des re­ve­nus re­çue par la grande ma­jo­ri­té de la po­pu­la­tion. La part du re­ve­nu to­tal per­çue par les 80 % de la po­pu­la­tion amé­ri­caine est tom­bée de 56 % en 1967 à 49 % en 2015. Sur la même pé­riode, la part des re­ve­nus to­taux des 20 % de per­sonnes les plus riches est pas­sée de 46 % à 51 %. Par consé­quent, à par­tir de 2015, les 20 % de per­sonnes les plus riches tou­chaient une part plus éle­vée du to­tal des re­ve­nus des États-Unis que les 80 % res­tants.

Les in­éga­li­tés ont for­te­ment aug­men­té depuis que Ro­nald Rea­gan est de­ve­nu pré­sident en 1981. De 1980 à 2015, la part des re­ve­nus des 20 % les plus pauvres des mé­nages américains est tom­bée de 4,2 %, un taux déjà bas, à 3,1 %. Pa­ral­lè­le­ment, la part des re­ve­nus des 5 % les plus ai­sés a aug­men­té de 5,6 points, pas­sant de 16,5 % à 22,1 %. La part du re­ve­nu

to­tal dans chaque groupe de re­ve­nu des 80 % de la po­pu­la­tion a chu­té au to­tal de 7,1 points, en pas­sant de 55,9 % à 48,8 %.

Compte te­nu de cette forte hausse des in­éga­li­tés aux États-Unis depuis 1980, l’aug­men­ta­tion de l’in­sta­bi­li­té politique est tout à fait lo­gique.

Les rai­sons éco­no­miques fon­da­men­tales de ces ten­dances né­ga­tives sont tout aus­si claires. En pre­nant une moyenne mo­bile de vingt ans pour éli­mi­ner les va­riables dues aux fluc­tua­tions cy­cliques conjonc­tu­relles, le gra­phique 1 montre qu’entre 1980 et 2016, le taux de crois­sance an­nuel du PIB par ha­bi­tant s’est ré­duit de moi­tié, de 2,6 % à 1,3 %. Le fait que le ra­len­tis­se­ment de la crois­sance s’est ac­com­pa­gné d’une aug­men­ta­tion si­gni­fi­ca­tive des in­éga­li­tés ex­plique que les re­ve­nus mé­dians des mé­nages aient chu­té.

Ce ra­len­tis­se­ment est de­ve­nu plus in­quié­tant ces der­nières an­nées. Comme le montre le gra­phique 2, avec l’im­pact de la crise fi­nan­cière in­ter­na­tio­nale, la moyenne mo­bile sur dix ans de la crois­sance an­nuelle du PIB par ha­bi­tant a chu­té au deuxième tri­mestre 2016 à 0,5 %, un ni­veau proche de la stag­na­tion. Avec un ni­veau de crois­sance éco­no­mique par ha­bi­tant si faible, il est presque im­pos­sible de voir le ni­veau de vie aug­men­ter.

Une re­la­tion éco­no­mique mu­tuel­le­ment bé­né­fique

Bien que le com­merce ex­té­rieur et l’in­ves­tis­se­ment ne soient pas les fac­teurs dé­ter­mi­nants de la ré­cente per­for­mance éco­no­mique des États-Unis, comme nous le ver­rons ci-après, la cor­ré­la­tion de l’ex­pan­sion com­mer­ciale et des ré­sul­tats éco­no­miques po­si­tifs est bien con­nue, tant sur le plan théo­rique que fac­tuel. Comme le no­tait Adam Smith dans la pre­mière phrase de son ou­vrage fon­da­teur de l’éco­no­mie mo­derne, La ri­chesse des na­tions, « les plus grandes amé­lio­ra­tions dans la puis­sance pro­duc­tive du tra­vail, et la plus grande par­tie de l’ha­bi­le­té, de l’adresse, de l’in­tel­li­gence avec la­quelle il est di­ri­gé ou ap­pli­qué, sont dues, à ce qu’il semble, à la division du tra­vail. » La division du tra­vail est pas­sée de l’échelle na­tio­nale à l’échelle in­ter­na­tio­nale. De nom­breuses études ont confir­mé la cor­ré­la­tion po­si­tive entre ou­ver­ture éco­no­mique et crois­sance ac­cé­lé­rée.

Cette conclu­sion éco­no­mique a aus­si été confir­mée de ma­nière né­ga­tive lorsque la ré­sur­gence du pro­tec­tion­nisme après le crash bour­sier de 1929 a contri­bué à la Grande dé­pres­sion, la plus grande crise éco­no­mique de l’his­toire du monde mo­derne. C’est en ef­fet à cause de cette ex­pé­rience ca­tas­tro­phique qu’après la Se­conde Guerre mon­diale, les États-Unis ont fait marche ar­rière sur le pro­tec­tion­nisme et ont, pen­dant un de­mi-siècle, en­cou­ra­gé un ordre com­mer­cial ou­vert, ce qui a eu de grandes re­tom­bées po­si­tives pour eux-mêmes et pour d’autres pays. La mon­dia­li­sa­tion a ap­por­té de grands bé­né­fices aux éco­no­mies, tant aux États-Unis qu’en Chine, après le lan­ce­ment de son ère de ré­forme et d’ou­ver­ture en 1978.

Au stade ac­tuel de dé­ve­lop­pe­ment de la mon­dia­li­sa­tion, les re­la­tions éco­no­miques entre la Chine et les États-Unis sont les plus dé­ci­sives. Les deux pays, pre­mière et deuxième éco­no­mies mon­diales res­pec­ti­ve­ment, re­pré­sentent 39 % de l’éco­no­mie aux taux de change ac­tuels. En termes com­mer­ciaux, ils dé­tiennent éga­le­ment les deux pre­miers rangs.

En­semble, les deux pays sont suf­fi­sam­ment puis­sants pour jouer un rôle dé­ci­sif dans l’éco­no­mie et le com­merce mon­diaux. Leurs dis­cus­sions bi­la­té­rales sont le meilleur moyen d’abor­der le dé­ve­lop­pe­ment le plus im­por­tant du com­merce et de l’in­ves­tis­se­ment.

En outre, en termes de fon­da­men­taux éco­no­miques, il est fa­cile de com­prendre et de créer le cadre des re­la­tions com­mer­ciales éco­no­miques mu­tuel­le­ment bé­né­fiques entre la Chine et les États-Unis en fonc­tion de leurs ca­rac­té­ris­tiques res­pec­tives.

La Chine est la plus grande éco­no­mie à « re­ve­nu moyen­ne­ment éle­vé », tan­dis que les États-Unis sont la plus grande éco­no­mie à « haut re­ve­nu » au monde. Par consé­quent, sur le seg­ment de la tech­no­lo­gie de gamme moyenne, la Chine bé­né­fi­cie d’une com­bi­nai-

son de ni­veau tech­no­lo­gique com­pa­rable à ce­lui des États-Unis, mais de coûts sa­la­riaux beau­coup plus bas. Par consé­quent, sur les pro­duits de tech­no­lo­gie et moyen­ne­ment éle­vée, la Chine pos­sède un avan­tage concur­ren­tiel dé­ci­sif. La fa­bri­ca­tion de ces pro­duits par les États-Unis, s’ils dé­ci­daient de ne plus les im­por­ter de Chine, en­traî­ne­rait des prix net­te­ment plus éle­vés pour les consom­ma­teurs et les pro­duc­teurs, et donc une baisse du ni­veau de vie et de la com­pé­ti­ti­vi­té in­ter­na­tio­nale des États-Unis.

Tou­te­fois, les États-Unis dis­posent d’avan­tages concur­ren­tiels sur la Chine en haute tech­no­lo­gie. Le PIB par ha­bi­tant de la Chine, qui re­flète ap­proxi­ma­ti­ve­ment la pro­duc­ti­vi­té dif­fé­rente des deux éco­no­mies, équi­vaut à 27 % de ce­lui des États-Unis en PPP (pa­ri­té de pou­voir d’achat) – l’uni­té la plus ap­pro­priée pour les com­pa­rai­sons sur le long terme. Même avec les meilleures po­li­tiques éco­no­miques, il fau­dra à la Chine plu­sieurs dé­cen­nies pour at­teindre le ni­veau de pro­duc­ti­vi­té des États-Unis ; en d’autres termes, les États-Unis bé­né­fi­cie­ront d’un avan­tage com­pa­ra­tif sur les pro­duits de haute tech­no­lo­gie pen­dant plu­sieurs dé­cen­nies.

L’as­pect mu­tuel­le­ment bé­né­fique des re­la­tions éco­no­miques entre la Chine et les États-Unis est donc clair et stable sur le court terme comme sur le long terme. La Chine garde sa ca­pa­ci­té de pro­duire des pro­duits de tech­no­lo­gie de gamme moyenne et moyenne-haute plus com­pé­ti­tifs que les États-Unis, tan­dis que ces der­niers bé­né­fi­cient d’un avan­tage concur­ren­tiel en haute tech­no­lo­gie. Cette base fon­da­men­tale dans la com­plé­men­ta­ri­té des deux éco­no­mies ex­plique pour­quoi le com­merce entre la Chine et les ÉtatsU­nis est si dy­na­mique. Il est bien connu que les États-Unis sont le plus grand mar­ché d’ex­por­ta­tion de la Chine. Depuis 1999, la part de la Chine dans les ex­por­ta­tions to­tales des États-Unis a aug­men­té de 5,3 %, alors que celle de l’UE a bais­sé de 2,8 % et celle du Ja­pon de 4,6 %. En bref, la crois­sance des ex­por­ta­tions amé­ri­caines vers la Chine est beau­coup plus dy­na­mique que vers l’UE ou le Ja­pon. Si­mul­ta­né­ment, la part de la Chine dans les im­por­ta­tions to­tales des États-Unis a aug­men­té de 11,2 %, tan­dis que la part de l’UE a chu­té de 0,2 % et la part du Ja­pon de 6 %.

En­fin, en ma­tière géo­po­li­tique, il n’y a pas de confron­ta­tion mi­li­taire in­évi­table entre les États-Unis et la Chine. Au­cune force d’in­fluence n’en­vi­sage de guerre nu­cléaire entre les deux pays, car ce­la en­traî­ne­rait leur des­truc­tion mu­tuelle. Les États-Unis sont pro­té­gés d’un cô­té par l’océan Pa­ci­fique et de l’autre par l’At­lan­tique, aus­si une in­va­sion mi­li­taire conven­tion­nelle est-elle im­pos­sible.

Après avoir ana­ly­sé les avan­tages mu­tuels des re­la­tions entre la Chine et les États-Unis, exa­mi­nons les consé­quences po­pu­laires qu’au­rait toute dé­ci­sion des États-Unis d’en­trer en confron­ta­tion avec la Chine.

Les consé­quences d’une confron­ta­tion

La course aux ar­me­ments qui s’est pro­duite d’abord du­rant l’ad­mi­nis­tra­tion Rea­gan, puis celle de George W. Bush a eu une am­pleur li­mi­tée. Le but de Rea­gan n’était pas de com­battre l’URSS, mais d’exer­cer une pres­sion éco­no­mique sur l’Union so­vié­tique, une pres­sion di­ri­gée contre une éco­no­mie qui pro­gres­sait déjà plus len­te­ment que les États-Unis. Les forces mi­li­taires des cibles de George W. Bush, que ce soit l’Af­gha­nis­tan ou l’Irak, étaient bien faibles par rap­port à celles de la Chine. Néan­moins, même les ré­formes mi­li­taires par­tielles de Rea­gan et Bush ont dé­sta­bi­li­sé l’éco­no­mie amé­ri­caine, exi­geant une énorme ac­cu­mu­la­tion de dettes.

Une confron­ta­tion amé­ri­caine avec la Chine, dont l’éco­no­mie croît plus vite que celle des États-Unis et qui dis­pose d’une puis­sance mi­li­taire bien plus puis­sante que les ta­li­bans ou Sad­dam Hus­sein, exi­ge­rait un dé­tour­ne­ment beau­coup plus grand des res­sources amé­ri­caines en dé­penses mi­li­taires et ré­sul­te­rait en une dé­sta­bi­li­sa­tion bien plus im­por­tante de l’éco­no­mie amé­ri­caine que tout ce qui a été vu sous Rea­gan ou George W. Bush. Ce­ci, à son tour, a dé­ter­mi­né sa dy­na­mique politique au sein des États-Unis.

Si les États-Unis sont di­rec­te­ment at­ta­qués, bien sûr, le peuple fe­ra d’im­menses sa­cri­fices et fe­ra preuve de la même bravoure que dans n’im­porte quel autre pays. Pen­dant la Guerre du Pa­ci­fique, après l’attaque ja­po­naise à Pearl Har­bor, moins de pertes hu­maines ont été dé­plo­rées aux États-Unis qu’en Chine, mais les sol­dats américains com­bat­tant à Iwo Ji­ma et à Oki­na­wa ont mon­tré la même bravoure que les sol­dats chi­nois com­bat­tant l’in­va­sion ja­po­naise.

Entre 1940 et 1945, le pour­cen­tage de consom­ma­tion des mé­nages américains dans le PIB est pas­sé de 69 % à 53 %, en rai­son de l’énorme dé­tour­ne­ment de res­sources vers les dé­penses mi­li­taires, mais il n’y a pas eu de grave mé­con­ten­te­ment so­cial ou de dé­sta­bi­li­sa­tion. La po­pu­la­tion a consi­dé­ré ces sa­cri­fices comme né­ces­saires et jus­ti­fiés contre l’attaque per­pé­trée par le Ja­pon.

Mais ce que la po­pu­la­tion amé­ri­caine montre de-

puis la Se­conde Guerre mon­diale, en­core une fois lo­gi­que­ment et à juste titre, est un re­fus crois­sant de faire des sa­cri­fices pour des in­té­rêts ou des conflits non es­sen­tiels au pays. Ce­la s’est in­ten­si­fié avec le ra­len­tis­se­ment éco­no­mique et le dé­clin re­la­tif de la do­mi­na­tion éco­no­mique des États-Unis dans le monde. L’opi­nion pu­blique a tra­cé une tra­jec­toire claire d’op­po­si­tion crois­sante aux grandes cam­pagnes mi­li­taires à l’étran­ger, à moins que les in­té­rêts fon­da­men­taux des États-Unis ne soient di­rec­te­ment me­na­cés.

Une dé­ci­sion des États-Unis d’af­fron­ter la Chine – sans par­ler de guerre, il pour­rait s’agir d’une ten­ta­tive de pres­sion forte sur la Chine – exi­ge­rait évi­dem­ment beau­coup plus de sa­cri­fices de la part des États-Unis que les conflits du pas­sé.

L’opi­nion pu­blique, telle qu’elle res­sort des son­dages, n’est pas né­ces­sai­re­ment fa­vo­rable à la Chine, ce­la change pé­rio­di­que­ment, mais les pro­ces­sus évo­qués ci-des­sus montrent clai­re­ment que la po­pu­la­tion n’est pas dis­po­sée à faire les sa­cri­fices éco­no­miques né­ces­saires pour af­fron­ter sé­rieu­se­ment la Chine.

Au contraire, tout in­dique qu’à moins de graves pro­vo­ca­tions di­plo­ma­tiques de la part de la Chine qui me­na­ce­raient de fa­çon agres­sive les in­té­rêts fon­da­men­taux des États-Unis, ou d’er­reurs ma­jeures de politique condui­sant à un ra­len­tis­se­ment de l’éco­no­mie chi­noise, la po­pu­la­tion amé­ri­caine n’est pas dis­po­sée à faire les sa­cri­fices né­ces­saires à un af­fron­te­ment.

Conclu­sion

Ces pro­ces­sus éco­no­miques mettent en évi­dence les deux op­tions fon­da­men­tales du peuple amé­ri­cain. La pre­mière, qui cor­res­pond aux in­té­rêts de la Chine, tout en contri­buant à la pros­pé­ri­té des États-Unis, est la re­cherche d’une col­la­bo­ra­tion mu­tuel­le­ment bé­né­fique. Ce­la si­gni­fie par exemple en ma­tière com­mer­ciale que les né­go­cia­tions les plus im­por­tantes ne soient pas au su­jet du pro­tec­tion­nisme en­vi­sa­gé par l’Ac­cord de Partenariat trans­pa­ci­fique, mais plu­tôt au su­jet d’ac­cords de co­opé­ra­tion entre les deux plus grandes na­tions com­mer­ciales du monde. Ce­la im­plique que la politique étran­gère amé­ri­caine li­mite les ten­sions di­rectes avec la Chine, et cherche à conclure des ac­cords avec elle et d’autres puis­sances pour cal­mer et conte­nir les conflits ré­gio­naux. Ce­la est cer­tai­ne­ment dans l’in­té­rêt de la Chine, mais c’est aus­si dans l’in­té­rêt de la pros­pé­ri­té amé­ri­caine.

L’autre voie, celle de la confron­ta­tion, pour les rai­sons ana­ly­sées plus haut, en­traî­ne­rait des pertes de vie en­core plus im­por­tantes pour la po­pu­la­tion amé­ri­caine et se­rait en­core plus éco­no­mi­que­ment dé­sta­bi­li­sante pour le pays que ses af­fron­te­ments pas­sés avec l’URSS en dé­clin ou avec des pays qu’il do­mi­nait mi­li­tai­re­ment comme l’Af­gha­nis­tan et l’Irak.

En bref, l’achar­ne­ment contre la Chine n’est évi­dem­ment pas dans l’in­té­rêt de la Chine. Mais il n’est pas non plus dans l’in­té­rêt des États-Unis !

﹡JOHN ROSS est cher­cheur à l’Ins­ti­tut d’études fi­nan­cières Chon­gyang re­le­vant de l’uni­ver­si­té Ren­min à Bei­jing.Il a été res­pon­sable de la politique éco­no­mique et com­mer­ciale au sein de l’Ad­mi­nis­tra­tion du maire Ken Li­ving­stone à Londres.

Le 18 no­vembre 2016, à Kun­ming dans le Yun­nan, s’est ter­mi­né l’exer­cice mi­li­taire conjoint lié au se­cours hu­ma­ni­taire or­ga­ni­sé par les ar­mées chi­noise et amé­ri­caine.

Le 15 oc­tobre 2016, l’an­née du tou­risme si­no-amé­ri­caine 2016 a été lan­cée à Suz­hou.

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