Pa­kis­tan : vi­trine des réa­li­sa­tions des Nou­velles Routes de la Soie

China Today (French) - - SOMMAIRE - JIAO FENG, membre de la ré­dac­tion

Dans un contexte de fai­blesse de l’éco­no­mie mon­diale et de ra­len­tis­se­ment de la crois­sance éco­no­mique, le Pa­kis­tan a pré­sen­té une bonne per­for­mance de dé­ve­lop­pe­ment en 2016. De juillet 2015 à juin 2016, son PIB a aug­men­té de 4,7 % en glis­se­ment an­nuel, ce qui a aus­si bat­tu le re­cord de crois­sance de­puis 8 ans. Entre autres, la crois­sance de son in­dus­trie a at­teint 6,8 % au lieu des 6,4 % pré­vus. Se­lon les pré­vi­sions de la Banque mon­diale pour l’exer­cice de juillet 2016 à juin 2017, l’éco­no­mie du Pa­kis­tan at­tein­dra 5 % de crois­sance, et ce chiffre de­vrait s’éle­ver à 5,4 % en 2018.

De plus, l’in­dice de KSE 100 (Ka­ra­chi Stock Ex­change 100) a aug­men­té de 45 % en 2016, ce qui re­pré­sente non seule­ment un nou­veau re­cord pour le Pa­kis­tan, mais aus­si la meilleure per­for­mance en Asie. No­tons que le MSCI (Mor­gan Stan­ley Ca­pi­tal In­ter­na­tio­nal) a dé­jà in­té­gré le KSE100 dans les in­dices de ré­fé­rence pour les mar­chés émer­gents.

Évi­dem­ment, la hausse de la Bourse du Pa­kis­tan est di­rec­te­ment liée à la crois­sance éco­no­mique pour le nou­vel exer­cice dé­ca­lé. Mais ce dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique du Pa­kis­tan est aus­si at­tri­buable à l’ini­tia­tive chi­noise des Nou­velles Routes de la Soie. L’an­cien pre­mier mi­nistre du Pa­kis­tan, Shau­kat Aziz, a dé­cla­ré que l’ini­tia­tive des Nou­velles Routes de la Soie a ap­por­té une grande op­por­tu­ni­té de dé­ve­lop­pe­ment au Pa­kis­tan, et qui est un élé­ment im­por­tant du dé­ve­lop­pe­ment ré­gio­nal. Le FMI (Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal) a aus­si clas­sé le Cou­loir éco­no­mique si­no-pa­kis­ta­nais par­mi les trois grands mo­teurs de dé­ve­lop­pe­ment du Pa­kis­tan.

Han­di­cap : le re­tard des in­fra­struc­tures

Le Pa­kis­tan est un pays en dé­ve­lop­pe­ment, l’agri­cul­ture est le sec­teur do­mi­nant de l’éco­no­mie et la po­pu­la­tion agri­cole re­pré­sente 48 % de sa po­pu­la­tion to­tale. En re­vanche, l’in­dus­trie n’oc­cupe que 24 % dans l’éco­no­mie na­tio­nale, et les in­fra­struc­tures sont re­la­ti­ve­ment sous-dé­ve­lop­pées. Au cours des vingt der­nières an­nées, le Pa­kis­tan a main­te­nu une crois­sance ré­gu­lière. Néan­moins à cause du dé­fi­cit en éner­gie et en in­fra­struc­tures, le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique a fait face à de grandes dif­fi­cul­tés. Le Pa­kis­tan a tou­jours eu la vo­lon­té de chan­ger cette si­tua­tion.

Par exemple en ce qui concerne le sys­tème élec­trique, pen­dant les heures de pointe en été, l’écart entre l’offre et la de­mande en élec­tri­ci­té se chiffre à 6 000 MW, ain­si des pannes de cou­rant fré­quentes s’abattent sur tout le pays. Le 10 juillet 2012, une cou­pure de cou­rant géante a frap­pé Is­la­ma­bad, ca­pi­tale du Pa­kis­tan, et a du­ré une di­zaine d’heures. Le 25 juin 2013, les grandes villes pa­kis­ta­naises ont su­bi des coupures de cou­rant de 12 à 15 heures et les cam­pagnes ont, quant à elles, été af­fec­tées pen­dant 16 à 18 heures. Le 29 avril 2014, une autre cou­pure de cou­rant géante s’est pro­duite dans les villes et a du­ré entre 10 et 12 heures et plus de 12 heures dans les cam­pagnes.

Le re­tard des in­fra­struc­tures de trans­port freine le dé­ve­lop­pe­ment du Pa­kis­tan. De­puis long­temps, la construc­tion fer­ro­viaire n’a pas évo­lué, ain­si les in­fra­struc­tures sont désuètes. Les voies rou­tières souffrent du même pro­blème, et beau­coup de ré­gions re­cu­lées ont peu de com­mu­ni­ca­tion avec l’ex­té­rieur.

Le Cou­loir éco­no­mique si­no-pa­kis­ta­nais

En 2013, la construc­tion du Cou­loir éco­no­mique si­no-pa­kis­ta­nais, par­tie im­por­tante de l’ini­tia­tive des Nou­velles Routes de la Soie, a com­men­cé, ayant pour ob­jec­tif ini­tial de ren­for­cer la co­opé­ra­tion si­no-pa­kis­ta­naise dans les do­maines du trans­port et de l’éner­gie, et d’ap­pro­fon­dir l’in­ter­con­nexion entre les deux pays.

C’est en fait un cou­loir com­mer­cial qui en­globe le dé­ve­lop­pe­ment des voies rou­tières, des che­mins de fer, des pi­pe­lines de pé­trole et de gaz, ain­si que la pose de câbles. Ce cou­loir est bor­dé au nord par Ka­sh­gar du Xin­jiang de Chine et au sud par le port pa­kis­ta­nais de Gwa­dar, et il s’étend sur une lon­gueur de 3 000 km, rayon­nant ain­si sur plu­sieurs cen­taines de mil­lions de per­sonnes. Les deux pays mettent l’ac­cent sur quatre do­maines prin­ci­paux pour ex­plo­rer le po­ten­tiel du cou­loir, soit le dé­ve­lop­pe­ment du port de Gwa­dar, l’éner­gie, les in­fra­struc­tures de trans­port et la co­opé­ra­tion in­dus­trielle.

Avec l’éta­blis­se­ment du cou­loir, de grands pro­jets tels qu’une zone de libre-échange et des zones in­dus­trielles ont été lan­cés, et la co­opé­ra­tion entre les deux pays se dé­ve­loppe dans des do­maines comme la construc­tion d’in­fra­struc­tures, l’éner­gie, l’agri­cul­ture, la construc­tion hy­drau­lique, et la té­lé­com­mu­ni­ca­tion.

En 2015, les deux pays ont si­gné une cin­quan­taine d’ac­cords de co­opé­ra­tion, pour quelque 46 mil­liards de dol­lars. Les points faibles du Pa­kis­tan tels que le trans­port, l’éner­gie et l’in­fra­struc­ture sont aus­si des pro­jets im­por­tants de l’ini­tia­tive des Nou­velles Routes de la Soie et les en­tre­prises chi­noises ont une riche ex­pé­rience pour amé­lio­rer ces sec­teurs.

Dans le do­maine de l’éner­gie, une sé­rie de pro­jets a été mise en chan­tier ou mise en ser­vice au Pa­kis­tan, comme les cen­trales ther­mique, hy­drau­lique, éo­lienne, so­laire et nu­cléaire, qui couvrent dé­sor­mais tout le pays.

Dans le do­maine des tran­sports, la pre­mière tranche des tra-

vaux du pro­jet d’ex­ten­sion de la route de Ka­ra­ko­ram a été ache­vée. L’au­to­route Ka­ra­chiLa­hore, l’ar­tère éco­no­mique liant le nord au sud du Pa­kis­tan, a été mise en chan­tier en mai 2016. Le pre­mier mé­tro ur­bain du Pa­kis­tan va être construit dans sa deuxième plus grande ville, La­hore. Tous ces pro­jets amé­lio­re­ront non seule­ment les in­fra­struc­tures, mais ap­por­te­ront aus­si des op­por­tu­ni­tés de dé­ve­lop­pe­ment aux en­vi­rons de la ré­gion.

Le port de Gwa­dar en voie de de­ve­nir le « Shenz­hen » pa­kis­ta­nais

Le port de Gwa­dar se trouve dans la pro­vince du Ba­lo­chis­tan dans le Sud-Ouest du Pa­kis­tan. C’est un port na­tu­rel en eau pro­fonde, mais mal­heu­reu­se­ment à cause du dé­fi­cit en in­fra­struc­tures son po­ten­tiel n’a pas été mis en va­leur. En 2013, une en­tre­prise chi­noise a ob­te­nu le droit d’ex­ploi­ta­tion du port. Dès lors, ce port est de­ve­nu le point de dé­part sud du cou­loir éco­no­mique entre les deux pays.

Pour amé­lio­rer les in­fra­struc­tures de trans­port dans le port de Gwa­dar, plu­sieurs routes et un aé­ro­port in­ter­na­tio­nal ont été construits. La construc­tion de la zone de libre-échange de Gwa­dar a aus­si pro­gres­sé. Tout ce­la crée des em­plois pour les ha­bi­tants lo­caux. Plu­sieurs en­tre­prises lo­cales et in­ter­na­tio­nales ont éta­bli un centre com­mer­cial dans le port de Gwa­dar. Leurs mar­chan­dises peuvent être ache­mi­nées au Nord du Pa­kis­tan, via Uthal, Khuz­dar et Suk­kur. Ces voies de trans­port sont rac­cour­cies de 400 km par rap­port à celle de Ka­ra­chi.

En no­vembre 2016, le port de Gwa­dar a été of­fi­ciel­le­ment mis en ser­vice. C’est la pre­mière fois que ce port fai­sait de l’exportation de grande en­ver­gure des pro­duits en conte­neur. Le pre­mier mi­nistre du Pa­kis­tan, Na­waz Sha­rif, a pré­si­dé la cé­ré­mo­nie de la mise en ser­vice du port et y a don­né un dis­cours, di­sant que grâce à la construc­tion du cou­loir si­no-pa­kis­ta­nais, le pays de­vien­dra le car­re­four du conti­nent asia­tique et il par­ta­ge­ra sa pros­pé­ri­té avec les autres pays. Comme bon exemple du dé­ve­lop­pe­ment in­clu­sif, ce cou­loir éco­no­mique fa­vo­rise le dé­ve­lop­pe­ment des ré­gions sous-dé­ve­lop­pées, et toute la po­pu­la­tion pa­kis­ta­naise en bé­né­fi­cie­ra.

Sa­j­jad H. Ba­loch, pré­sident exé­cu­tif du Bu­reau du dé­ve­lop­pe­ment ré­gio­nal de Gwa­dar, a dé­cla­ré qu’en 2050, Gwa­dar de­vrait pos­sé­der 80 postes d’amar­rage et de­vien­drait ain­si le plus grand port du Pa­kis­tan. Ain­si le bu­reau a éga­le­ment ré­ser­vé des ter­rains pour at­ti­rer des in­ves­tis­se­ments in­dus­triels. Il a ajou­té : « Nous es­pé­rons que le dé­ve­lop­pe­ment de Gwa­dar en­traîne la crois­sance éco­no­mique de la pro­vince du Ba­lo­chis­tan, et même de tout le pays. Nous pre­nons la ville de Shenz­hen en Chine comme mo­dèle pour faire de Gwa­dar une grande ville por­tuaire. »

Mise en ser­vice du port de Gwa­dar

Cou­loir éco­no­mique si­no-pa­kis­ta­nais pour le bé­né­fice des deux pays

Le pre­mier mi­nistre du Pa­kis­tan, Na­waz Sha­rif, lors de la cé­ré­mo­nie de lan­ce­ment de la pre­mière flotte de na­vires mar­chands chi­nois du port de Gwa­dar à des­ti­na­tion du Moyen-Orient et de l’Afrique

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