Un ave­nir en­core plus ra­dieux

China Today (French) - - SOMMAIRE - ZAN JIFANG*

Après une pros­pé­ri­té sou­te­nue de­puis son re­tour dans le gi­ron de la mère pa­trie il y a 20 ans, Hong Kong s’en­gage dans un nou­veau cycle de dé­ve­lop­pe­ment.

Juste der­rière une fo­rêt de gratte-ciels, en plein coeur de Hong Kong, une grande struc­ture en mil­le­feuille ar­ron­di est en construc­tion. Il s’agit du West Kow­loon Ter­mi­nus, la gare d’ar­ri­vée de la voie fer­rée ex­press qui re­lie­ra Guangz­hou et Shenz­hen à Hong Kong pour ré­duire le temps du tra­jet à moins d’une heure entre Hong Kong et l’in­té­rieur du pays.

Non loin de cette gare fu­tu­riste, une autre construc­tion, en forme de cube, se ter­mine. Lors­qu’il ou­vri­ra ses portes au pu­blic, fin 2018, Kow­loon Ouest se­ra équi­pé pour l’ac­cueil de spec­tacles d’opé­ras tra­di­tion­nels chi­nois, ce qui com­plè­te­ra sa vo­ca­tion de quar­tier à la culture dynamique.

Plus au nord, dans l’es­pace ap­pe­lé les Nou­veaux Ter­ri­toires, une ex­po­si­tion pré­sen­tant les der­nières tech­no­lo­gies in­tel­li­gentes consa­crées aux soins pour les per­sonnes âgées dans le Parc des sciences de Hong Kong, un centre de l’éco­sys­tème de l’in­no­va­tion et des tech­no­lo­gies.

Mais ce ne sont là que quelques as­pects qui fe­ront de Hong Kong une col­lec­ti­vi­té pleine de vi­ta­li­té, et ils de­vraient faire évo­luer l’image de Hong Kong dans bien des es­prits. Le mes­sage que la mé­tro­pole veut faire pas­ser au monde est qu’elle n’est pas seule­ment un pa­ra­dis pour le shop­ping et la bonne chère. Elle a quelque chose de plus à of­frir.

Cé­lé­brant le 20e an­ni­ver­saire de la ré­tro­ces­sion, Hong Kong est fière des pro­grès ac­com­plis en deux dé­cen­nies et a plus de confiance en l’ave­nir.

Une éco­no­mie flo­ris­sante

La Chine a re­cou­vré sa sou­ve­rai­ne­té sur Hong Kong le 1er juillet 1997, met­tant fin à une pé­riode de 150 ans de co­lo­ni­sa­tion bri­tan­nique du ter­ri­toire.

Juste avant le trans­fert of­fi­ciel de sou­ve­rai­ne­té, la ville était plon­gée dans l’in­quié­tude et beau­coup se de­man­daient si l’éco­no­mie ca­pi­ta­liste qui y pros­pé­rait pour­rait sur­vivre sous un ré­gime so­cia­liste. Cer­tains mé­dias oc­ci­den­taux sont al­lés jus­qu’à

af­fir­mer que Hong Kong était mou­rante. Con­sé­quence de ces sombres pré­dic­tions, une vague d’émi­gra­tion s’est pro­duite à l’époque à Hong Kong.

Mais deux dé­cen­nies plus tard, force est de consta­ter que Hong Kong a non seule­ment sur­vé­cu, mais qu’elle est de­ve­nue plus forte en­core. Les chiffres sont élo­quents.

Ain­si que le ré­vèlent les sta­tis­tiques pu­bliées par le gou­ver­ne­ment de la Ré­gion ad­mi­nis­tra­tive spé­ciale (RAS), Hong Kong a connu une crois­sance éco­no­mique stable ces vingt der­nières an­nées, son PIB at­tei­gnant 320 mil­liards de dol­lars en 2016, soit un ac­crois­se­ment de 81 % par rap­port à 1997. En mars de cette an­née, les ré­serves fis­cales de Hong Kong s’éle­vaient à 128,27 mil­liards de dol­lars, contre 47,55 mil­liards de dol­lars en 1997. Les ré­serves de change gé­rées par l’Au­to­ri­té mo­né­taire de Hong Kong sont pas­sées de 92,8 mil­liards de dol­lars en 1997 à 390,5 mil­liards de dol­lars fin fé­vrier.

Le mar­ché du tra­vail a éga­le­ment mon­tré une re­mar­quable sta­bi­li­té ces six der­nières an­nées, le taux de chô­mage res­tant ex­trê­me­ment faible. En 2016, on y comp­tait 3,8 mil­lions d’em­plois sa­la­riés, soit 650 000 de plus qu’au mo­ment de la ré­tro­ces­sion.

Les Hong­kon­gais battent aus­si des records de lon­gé­vi­té, avec une es­pé­rance de vie égale à 81 ans pour les hommes et 87 ans pour les femmes, ce qui place Hong Kong aux tout pre­miers rangs par­mi les éco­no­mies dé­ve­lop­pées.

En­fin, la li­ber­té éco­no­mique de Hong Kong a été re­con­nue in­ter­na­tio­na­le­ment de­puis de longues an­nées. Hong Kong fi­gure de­puis des an­nées par­mi les éco­no­mies les plus com­pé­ti­tives du monde par In­ter­na­tio­nal Ins­ti­tute for Ma­na­ge­ment De­ve­lop­ment de Lau­sanne en Suisse.

L’ins­ti­tut Fra­ser, un think tank ca­na­dien, a de son cô­té dé­cer­né à Hong Kong en 2016 le titre d’« éco­no­mie la plus libre au monde », un titre qui lui est confé­ré de­puis plu­sieurs an­nées. Un titre que confirme le think tank He­ri­tage Foun­da­tion de Wa­shing­ton, qui consi­dère Hong Kong comme l’éco­no­mie la plus libre du monde de­puis 23 an­nées consé­cu­tives.

Et c’est ef­fec­ti­ve­ment son cli­mat par­ti­cu­liè­re­ment favorable aux af­faires qui a at­ti­ré, an­née après an­née, près de 8 000 en­tre­prises étran­gères ou de l’in­té­rieur du pays à éta­blir des bu­reaux et des fi­liales à Hong Kong, dont en­vi­ron 3 800 sièges ré­gio­naux.

Un pays, deux sys­tèmes

C’est un consen­sus à Hong Kong : ce qui sous-tend le suc­cès éco­no­mique de Hong Kong, c’est la li­ber­té de com­mer­cer, l’État de droit, la concur­rence libre et un sys­tème fis­cal simple. D’autre part, tous les ob­ser­va­teurs s’ac­cordent à consta­ter que la pierre an­gu­laire de la pros­pé­ri­té et de la sta­bi­li­té re­mar­quable de Hong Kong de­puis son re­tour à la mère pa­trie est la mise en pra­tique réus­sie du prin­cipe d’« un pays, deux sys­tèmes », une créa­tion vi­sion­naire sans pré­cé­dent qui fut qua­li­fiée de con­cep­tion gé­niale par la pre­mière mi­nistre bri­tan­nique de l’époque, Mar­ga­ret That­cher.

Zhang Xiao­ming, di­rec­teur du Bu­reau de liai­son du gou­ver­ne­ment po­pu­laire cen­tral dans la RAS de Hong Kong, a rap­pe­lé ce prin­cipe aux mé­dias hong­kon­gais au cours d’une confé­rence de presse en mai der­nier. « Un pays, deux sys­tèmes », c’était à l’ori­gine le concept lan­cé par les di­ri­geants chi­nois pour ré­soudre les ques­tions liées à la ré­tro­ces­sion de Ma­cao et de Hong Kong, a-t-il ex­pli­qué. « En réa­li­té, il s’agit d’un concept de na­ture gé­né­rale qui en­globe une sé­rie de prin­cipes et de po­li­tiques mises en oeuvre par le gou­ver­ne­ment cen­tral au su­jet de Hong Kong. On l’ap­pelle par­fois le prin­cipe de base. »

C’est sur ces termes que le gou­ver­ne­ment chi­nois a si­gné en 1984 avec le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique une dé­cla­ra­tion com­mune sur la ques­tion de Hong Kong. En avril 1990, la Loi fon­da­men­tale de la RAS de Hong Kong en­trait en vi­gueur. Après son re­tour au sein de la mère pa­trie en 1997, Hong Kong est en­trée dans une ère nou­velle de son his­toire et le prin­cipe d’« un pays, deux sys­tèmes » a été of­fi­ciel­le­ment mis en pra­tique. Dans ce sens, il s’agit d’une pra­tique po­li­tique nou­velle, d’un sys­tème in­édit et d’un mo­dèle de gou­ver­nance ori­gi­nal, a af­fir­mé M. Zhang. « À mon avis, les 20 ans de mise en pra­tique de ce prin­cipe per­mettent d’en ti­rer un bi­lan pra­tique et pré­cis, a-t-il ajou­té. C’était la meilleure so­lu­tion pour ré­soudre la ques­tion de Hong Kong. »

Leung Chun-ying, qua­trième chef de l’exé­cu­tif de la RAS de Hong Kong, consi­dère ce prin­cipe comme à la fois prag­ma­tique et scien­ti­fique. Il a ain­si af­fir­mé que pen­dant ces deux dé­cen­nies écou­lées, le gou­ver­ne­ment cen­tral a ac­cor­dé une haute at­ten­tion au dé­ve­lop­pe­ment de la ré­gion, af­fir­mant que « sur toute une sé­rie de ques­tions, le gou­ver­ne­ment cen­tral et ce­lui de la RAS sont par­ve­nus à de larges consen­sus ».

En tant que membre du groupe de tra­vail qui avait ré­di­gé la Loi fon­da­men­tale de la RAS de Hong Kong, M. Leung consi­dère que le de­gré éle­vé d’au­to­no­mie ac­cor­dé à Hong Kong est l’un des as­pects cen­traux de ce cadre lé­gal.

Il se rap­pelle la dé­ci­sion qui fut prise de conser­ver le dol­lar hong­kon­gais comme la mon­naie de Hong Kong après son re­tour à la sou­ve­rai­ne­té chi­noise. « C’est l’une des po­li­tiques du prin­cipe d’“un pays, deux sys­tèmes”. Peu de gens pou­vaient

ima­gi­ner, avant 1997, qu’un pays pou­vait fonc­tion­ner avec deux mon­naies en même temps. »

Se­lon Tung Chee-hwa, pre­mier chef de l’exé­cu­tif de la RAS de Hong Kong, ce prin­cipe est par­ti­cu­liè­re­ment im­por­tant pour Hong Kong. « Nous en avons consta­té les bé­né­fices tan­gibles de­puis 1997 », a-t-il sou­li­gné.

En 2003, le SRAS, une grave ma­la­die res­pi­ra­toire, a frap­pé Hong Kong, fai­sant beau­coup de vic­times, alors que les moyens mé­di­caux s’avé­raient in­suf­fi­sants pour en­rayer l’épi­dé­mie. Dès que le gou­ver­ne­ment cen­tral a eu vent des be­soins de Hong Kong, des ap­pro­vi­sion­ne­ments mé­di­caux d’ur­gence furent en­voyés en quatre jours. D’autre part, le gou­ver­ne­ment cen­tral a autorisé les tou­ristes de l’in­té­rieur du pays à vi­si­ter Hong Kong en voyage in­di­vi­duel, re­lan­çant de fa­çon si­gni­fi­ca­tive son éco­no­mie, se­couée par l’épi­de­mie.

« Le plus gros avan­tage de ce prin­cipe d’“un pays, deux sys­tèmes” est que Hong Kong a bé­né­fi­cié d’un sup­port so­lide du gou­ver­ne­ment cen­tral », a af­fir­mé M. Tung.

Il a dit une fois : « Si Hong Kong va bien, le pays ira bien, mais si le pays va bien, Hong Kong ira mieux en­core. » Avec le re­cul, on ne peut qu’ad­mi­rer l’exac­ti­tude de sa pré­dic­tion.

« Notre pays s’est dé­ve­lop­pé avec une telle ra­pi­di­té qu’il oc­cupe la se­conde place mon­diale, c’est beau­coup plus ra­pide que ce que j’avais es­pé­ré », a-t-il d’autre part dé­cla­ré. Le prin­cipe d’« un pays, deux sys­tèmes » a d’autre part as­su­ré la pré­ser­va­tion du mode de vie hong­kon­gais et des va­leurs an­ces­trales des ha­bi­tants.

« Nous avons conser­vé nos ins­ti­tu­tions lé­gales, notre sys­tème ju­di­ciaire in­dé­pen­dant, la li­ber­té, les droits de l’homme et la lé­gis­la­tion, et c’était bien là l’es­sence du prin­cipe d’“un pays, deux sys­tèmes” », a af­fir­mé Lam Cheng Yuet-ngor, chef élue de l’exé­cu­tif de Hong Kong qui pren­dra ses fonc­tions le 1er juillet.

Con­for­mé­ment à la Loi fon­da­men­tale de la RAS, Hong Kong dis­pose d’un bud­get in­dé­pen­dant et le gou­ver­ne­ment cen­tral ne pré­lève pas d’im­pôts dans la RAS.

« En conser­vant le sys­tème hong­kon­gais unique, on est par­ve­nu à pré­ser­ver la pros­pé­ri­té et la sta­bi­li­té de son éco­no­mie », a-t-elle af­fir­mé. Elle ajoute que, en com­bi­nant l’in­té­rêt d’« un pays » et les avan­tages de « deux sys­tèmes », Hong Kong conserve son sta­tut de centre fi­nan­cier, com­mer­cial et ma­ri­time in­ter­na­tio­nal.

Ajus­te­ments struc­tu­rels

Mal­gré le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique conti­nu, Hong Kong a pour­tant ren­con­tré quelques gou­lots d’étran­gle­ment au cours de son dé­ve­lop­pe­ment. La struc­ture de son éco­no­mie n’était pas adap­tée aux chan­ge­ments ra­pides de l’en­vi­ron­ne­ment ex­terne, puis­qu’elle est res­tée dé­pen­dante de ses in­dus­tries tra­di­tion­nelles qui sont la fi­nance et les ser­vices, tan­dis que son sec­teur ma­nu­fac­tu­rier a ces­sé de se dé­ve­lop­per de­puis long­temps. Une consta­ta­tion qui a conduit le gou­ver­ne­ment de la RAS à prendre des me­sures vi­sant à op­ti­mi­ser la struc­ture éco­no­mique de Hong Kong et à y dé­ve­lop­per des sec­teurs d’ac­ti­vi­tés nou­veaux en s’ap­puyant sur ses avan­tages spé­ci­fiques. Culture, in­no­va­tion et tech­no­lo­gie sont les prin­ci­paux as­pects que le gou­ver­ne­ment de

la RAS sou­haite mettre en avant à l’ave­nir.

Le quar­tier cultu­rel de Kow­loon Ouest est un en­semble mul­ti-fa­cettes de ni­veau mon­dial en pleine construc­tion au­tour du cé­lèbre port Vic­to­ria. C’est là une ini­tia­tive am­bi­tieuse du gou­ver­ne­ment de la RAS pour faire avan­cer le sec­teur cultu­rel de la ré­gion. Ain­si qu’on peut le lire sur le site of­fi­ciel du quar­tier ar­tis­tique, la vi­sion qui sous-tend ce pro­jet est de faire cor­res­pondre les be­soins de dé­ve­lop­pe­ment à long terme des in­fra­struc­tures de Hong Kong avec son sec­teur ar­tis­tique et cultu­rel, de pro­po­ser des pro­grammes de qua­li­té avec une at­trac­ti­vi­té mon­diale afin de pro­mou­voir une crois­sance har­mo­nieuse de ses sec­teurs ar­tis­tiques et créa­tifs, mais aus­si de de­ve­nir un centre qui at­tire et qui nour­rit les ta­lents.

Cou­vrant un es­pace de 40 ha, le quar­tier cultu­rel est l’un des pro­jets cultu­rels les plus im­por­tants au monde. La plu­part des sites qui y sont pré­vus se­ront ou­verts dans les cinq ans à ve­nir. Lors­qu’il au­ra at­teint sa vi­tesse de croi­sière, il of­fri­ra à la fois arts, res­sources édu­ca­tives et es­pace pu­blic, c’est-à-dire les élé­ments né­ces­saires à la pro­duc­tion, la pré­sen­ta­tion et l’ap­pren­tis­sage des arts du spec­tacle de toutes les dis­ci­plines.

Le Centre Xi­qu, qui est le pre­mier de ces éta­blis­se­ments dé­diés aux arts du spec­tacle, ou­vri­ra ses portes l’an­née pro­chaine. « Sa mis­sion se­ra de pré­ser­ver et de dé­ve­lop­per l’art tra­di­tion­nel d’opé­ras chi­nois par des spec­tacles, un ré­per­toire neuf, mais aus­si des pro­grammes édu­ca­tifs, de re­cherche et d’échange », a ex­pli­qué Lou­si Yu Kwok Lit, di­rec­trice exé­cu­tive des arts du spec­tacle au sein de l’Au­to­ri­té du quar­tier cultu­rel de Kow­loon Ouest. « Dans les pro­chaines an­nées, nous al­lons mettre l’ac­cent sur la for­ma­tion de jeunes ta­lents et prendre contact avec les en­sembles d’opé­ras tra­di­tion­nels de toute la ré­gion de la “Grande Chine”. »

Au-de­là de la pro­mo­tion de son in­dus­trie cultu­relle, Hong Kong s’est en­ga­gée dans une voie de dé­ve­lop­pe­ment qui s’ap­puie sur l’in­no­va­tion et la tech­no­lo­gie. Afin de sti­mu­ler ces sec­teurs d’ac­ti­vi­té, le gou­ver­ne­ment de la RAS a créé, en 2015, un nou­veau bu­reau char­gé de for­mu­ler les po­li­tiques et de co­or­don­ner le dé­ve­lop­pe­ment dans ce do­maine.

D’après Fan­ny Law, pré­si­dente de la so­cié­té Hong Kong Science and Tech­no­lo­gy Parks Cor­po­ra­tion, les sec­teurs de l’in­no­va­tion et la tech­no­lo­gie prennent leur ori­gine à Hong Kong en 1999 et c’est de­puis l’an 2000 que le gou­ver­ne­ment de la RAS a ac­cru si­gni­fi­ca­ti­ve­ment ses in­ves­tis­se­ments dans ce do­maine. Au­jourd’hui, Hong Kong est l’un des cinq pre­miers centres de l’in­no­va­tion et des sciences au monde et ce­lui qui connaît la crois­sance la plus ra­pide.

Elle ajoute que ce sont les ca­pa­ci­tés de Hong Kong en termes d’at­trac­tion de ta­lents et de re­cherche-dé­ve­lop­pe­ment qui consti­tuent ses prin­ci­paux avan­tages, et ce sont eux qui ont en­traî­né le dé­ve­lop­pe­ment ra­pide de ce do­maine.

Grâce à son éco­sys­tème d’in­no­va­tion et de tech­no­lo­gie dé­jà dé­ve­lop­pé, Hong Kong a at­ti­ré un grand nombre d’ins­ti­tuts scien­ti­fiques et d’or­ga­nismes de re­cherche de pre­mier ordre qui y ont éta­bli leurs fi­liales.

En fé­vrier 2015, l’ins­ti­tut sué­dois Ka­ro­lins­ka, l’une des universités les plus pres­ti­gieuses dans le do­maine mé­di­cal, a an­non­cé qu’il éta­bli­rait à Hong Kong une uni­té de re­cherche, sa pre­mière fi­liale à l’étran­ger.

En no­vembre de la même an­née, c’était au tour du Mas­sa­chu­setts Ins­ti­tute of Tech­no­lo­gy d’an­non­cer le lan­ce­ment de son centre d’in­no­va­tion à Hong Kong, un pre­mier à l’étran­ger pour cette uni­ver­si­té dans le do­maine de l’in­no­va­tion.

Le Parc des sciences, qui se spé­cia­lise dans la re­cher­che­dé­ve­lop­pe­ment, ac­cueille dé­jà 638 en­tre­prises pour un to­tal de 13 000 em­plois.

Car­rie Ling, di­rec­teur tech­nique de la plate-forme « vieillir en bonne san­té », est l’une des spé­cia­listes les plus en vue qu’a at­ti­rés le parc. En­sei­gnante dans une uni­ver­si­té, elle est ve­nue prendre son poste ici voi­ci deux ans. « La rai­son qui m’a pous­sée à choi­sir de tra­vailler ici est que je peux à la fois ap­por­ter mon aide aux en­tre­prises et, en même temps, par­ti­ci­per à la créa­tion d’un éco­sys­tème bio­mé­di­cal qui ap­por­te­ra d’autres op­por­tu­ni­tés d’em­ploi aux jeunes hong­kon­gais, a-t-elle af­fir­mé. Le Parc des sciences a crû ra­pi­de­ment ; main­te­nant il compte au­tour de 90 sociétés bio­mé­di­cales en­ga­gées dans di­verses spé­cia­li­sa­tions. »

Nou­velles op­por­tu­ni­tés

En ce qui concerne son dé­ve­lop­pe­ment fu­tur, Hong Kong mise éga­le­ment sur l’ini­tia­tive des Nou­velles Routes de la Soie pro­po­sée par le pré­sident Xi Jin­ping en 2013 et sur la construc­tion de la zone de la baie Guang­dong-Hong Kong-Ma­cao (sur­nom­mée la « Big Bay »).

Hong Kong a ré­pon­du avec en­thou­siasme à l’ini­tia­tive des Nou­velles Routes de la Soie. En août 2016, le gou­ver­ne­ment de la RAS a créé un bu­reau spé­cia­le­ment dé­dié aux ac­ti­vi­tés liées au dé­ve­lop­pe­ment de cette ini­tia­tive.

M. Leung a af­fir­mé que Hong Kong se de­vait de sai­sir la chance qui s’of­frait de cette ini­tia­tive mais aus­si de par­ti­ci­per à la construc­tion de la Big Bay qui offre des pers­pec­tives flo­ris­santes. Pour ce­la, Hong Kong doit pour­suivre son in­té­gra­tion avec le reste du pays.

Il sou­ligne en outre que Hong Kong re­pré­sente un point d’étape im­por­tant sur les Nou­velles Route de la Soie : « Les en­tre­prises de Hong Kong et de l’in­té­rieur du pays pour­ront ex­ploi­ter à plein leurs avan­tages spé­ci­fiques tout en par­ta­geant le même ba­teau pour al­ler de l’avant », a-t-il ain­si af­fir­mé.

M. Leung a pour ha­bi­tude d’ap­pe­ler Hong Kong un « su­per­con­nec­teur », c’est-à-dire un lieu qui aide les en­tre­prises de l’in­té­rieur du pays à ex­por­ter vers le reste du monde tout en at­ti­rant des en­tre­prises étran­gères. « Notre par­ti­ci­pa­tion au dé­ve­lop­pe­ment de cette ini­tia­tive doit nous conduire à consi­dé­rer les be­soins du pays et les ca­pa­ci­tés de Hong Kong », a-t-il ajou­té.

Il a em­me­né une dé­lé­ga­tion hong­kon­gaise de 29 membres au Fo­rum « la Cein­ture et la Route » pour la co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale à Bei­jing en mai. Lors d’une ses­sion thé­ma­tique sur la connec­ti­vi­té fi­nan­cière, M. Leung a pro­non­cé un dis­cours qui montre bien que le gou­ver­ne­ment cen­tral compte sur Hong Kong pour jouer un rôle im­por­tant dans le fi­nan­ce­ment de cette ini­tia­tive.

En plus de cette ini­tia­tive, la zone de la baie Guang­dong-Hong Kong-Ma­cao, une conur­ba­tion qui en­glo­be­ra neuf villes du Guang­dong plus Hong Kong et Ma­cao, pré­sente une autre oc­ca­sion en or pour les en­tre­prises de Hong Kong et ses en­tre­pre­neurs.

« Si la réforme et l’ou­ver­ture de l’in­té­rieur du pays sont consi­dé­rées comme l’une des ailes du dé­ve­lop­pe­ment de Hong Kong, la zone de la Big Bay se­ra la se­conde », a af­fir­mé M. Leung pour sou­li­gner l’im­por­tance de ce sché­ma pour Hong Kong.

« Dé­ter­mi­ner la meilleure fa­çon pour nous de par­ti­ci­per à la construc­tion de la Big Bay, tel est le point fo­cal de notre tra­vail à ve­nir », a af­fir­mé Jo­na­than Choi Koon Shum, pré­sident de la Chambre de com­merce gé­né­rale de Chine, une as­so­cia­tion sans but lu­cra­tif ba­sée à Hong Kong et qui ras­semble des en­tre­prises et des per­son­na­li­tés du monde des af­faires chi­nois.

« De­puis long­temps, la co­opé­ra­tion entre Hong Kong et le Guang­dong a re­pré­sen­té le gros des liens entre Hong Kong et l’in­té­rieur du pays. Comme les neuf villes du Guang­dong in­cluses dans la Big Bay sont sou­vent sur­nom­mées “l’usine du monde”, la par­ti­ci­pa­tion de Hong Kong est in­dis­pen­sable à leur dé­ve­lop­pe­ment. Pour mo­der­ni­ser l’“usine du monde”, culti­ver un mo­dèle de dé­ve­lop­pe­ment neuf, Hong Kong doit com­mu­ni­quer en­core plus avec l’in­té­rieur du pays. »

De l’avis de M. Choi, les villes de la zone de la Big Bay de­vraient cha­cune choi­sir une orien­ta­tion spé­ci­fique de fa­çon à se com­plé­ter les unes les autres. Un dé­ve­lop­pe­ment co­or­don­né doit être mis en place pour évi­ter la concur­rence sau­vage. D’après lui, le rôle na­tu­rel de Hong Kong de­vrait être ce­lui de la fi­nance et des ser­vices pro­fes­sion­nels.

« Pour les gens de Hong Kong, le Guang­dong est un voi­sin. Les gens des deux cô­tés de la baie par­tagent la même langue et la même culture. Nous for­mons une fa­mille. C’est pour­quoi le dé­ve­lop­pe­ment de la Big Bay est si im­por­tant pour le fu­tur de Hong Kong », a conclu M. Choi.

Des re­marques qui coïn­cident bien avec le thème dé­cla­ré des cé­lé­bra­tions du 20e an­ni­ver­saire de la ré­tro­ces­sion : « En­semble, pro­grès et op­por­tu­ni­tés ».

Lorsque les ha­bi­tants de Hong Kong joignent leurs mains avec ceux de l’in­té­rieur du pays, lors­qu’ils se lancent dans un ef­fort com­mun, le fu­tur aus­si bien de Hong Kong que du pays en­tier se­ra en­core plus ra­dieux.

*ZAN JIFANG est re­por­ter pour Bei­jing Re­view.

Si­tué entre l’île de Hong Kong et la pé­nin­sule de Kow­loon, le port Vic­to­ria, té­moin de la pros­pé­ri­té com­mer­ciale de Hong Kong, est l’un des trois plus grands ports na­tu­rels au monde. La nuit, il offre une vue spec­ta­cu­laire, pri­sée des tou­ristes chi­nois et étran­gers.

Le 11 avril 2017, Lam Cheng Yuet-ngor, nou­velle chef de l’exé­cu­tif élue de la Ré­gion ad­mi­nis­tra­tive spé­ciale de Hong Kong, lors d’une confé­rence de presse or­ga­ni­sée à Bei­jing

Une vue aé­rienne du ter­mi­nal Kai Tak Cruise

Le port Vic­to­ria, sym­bole de Hong Kong, a été clas­sé par Na­tio­nal Geo­gra­phic comme l’une des 50 des­ti­na­tions in­con­tour­nables dans le monde. Ce port, qui a pro­fon­dé­ment in­fluen­cé l’his­toire et la culture hong­kon­gaises, de­meure le pi­lier du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et tou­ris­tique de la ré­gion.

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