La Chine, étoile mon­tante en ma­tière d’in­no­va­tion

China Today (French) - - SOMMAIRE - XIONG HONGRU*

Voi­là main­te­nant presque quatre dé­cen­nies que la po­li­tique de la ré­forme et de l’ou­ver­ture est en­trée en vi­gueur en Chine, et de­puis, la crois­sance et les ré­formes du sys­tème éco­no­mique avancent à pas de géant. Le pays a vu son mo­dèle de dé­ve­lop­pe­ment et son concept d’al­lo­ca­tion des res­sources se trans­for­mer, tout comme il a été té­moin de pro­grès scien­ti­fiques et tech­no­lo­giques et de la re­struc­tu­ra­tion in­dus­trielle en­clen­chée. Autre consta­ta­tion en­core plus im­por­tante : l’in­no­va­tion est de­ve­nue le mo­teur de la crois­sance éco­no­mique du pays, la Chine ap­pa­rais­sant au­jourd’hui comme une étoile mon­tante en ma­tière d’in­no­va­tion. En ef­fet, l’in­no­va­tion est la prin­ci­pale force ac­tion­nant le nou­veau cycle chi­nois de crois­sance éco­no­mique, d’ajus­te­ment struc­tu­rel ain­si que de trans­for­ma­tion et de mo­der­ni­sa­tion in­dus­trielle. L’ex­pé­rience ac­quise par la Chine ces der­nières dé­cen­nies grâce à ses ef­forts pour en­cou­ra­ger les ca­pa­ci­tés d’in­no­va­tion a per­mis à la na­tion de réa­li­ser un es­sor ver­ti­gi­neux et de bé­né­fi­cier d’une in­fluence consi­dé­rable dans le monde.

L’in­no­va­tion, nou­veau souffle pour la crois­sance éco­no­mique

Le mo­dèle de dé­ve­lop­pe­ment ti­ré par l’in­no­va­tion ins­tau­ré en Chine est en­tré dans une nou­velle phase his­to­rique qui se ca­rac­té­rise par l’en­thou­siasme sans pré­cé­dent du peuple en­vers l’in­no­va­tion.

La Chine a affûté ses com­pé­tences en in­no­va­tion à me­sure qu’elle s’ef­for­çait de rat­tra­per son re­tard éco­no­mique. Elle a com­men­cé par imi­ter des équi­pe­ments étran­gers, puis a in­tro­duit et fi­na­le­ment adop­té des tech­no­lo­gies de pointe. De nos jours, forte de son ex­per­tise em­pi­rique, la Chine est ca­pable de me­ner in­dé­pen­dam­ment des re­cherches et des dé­ve­lop­pe­ments (R&D). Ses pre­miers pas dans l’in­no­va­tion ne sont pas pas­sés in­aper­çus dans les tech­no­lo­gies, la concep­tion de produits et les techniques de fa­bri­ca­tion. Le pays réa­lise au­jourd’hui des pro­grès in­no­vants dans la ges­tion, l’or­ga­ni­sa­tion opé­ra­tion­nelle et les mo­dèles com­mer­ciaux. Ce cu­mul des ex­pé­riences et cette par­ti­ci­pa­tion de longue date dans la R&D consti­tuent une base so­lide sur la­quelle peut comp­ter la Chine pour s’im­po­ser en tant que na­tion avan­cée sur le plan tech­no­lo­gique. En re­vanche, la Chine se concentre dé­sor­mais sur la qua­li­té, et non plus sur la quan­ti­té, pour per­fec­tion­ner ses in­no­va­tions.

À l’échelle internationale, la Chine est à l’avant-garde de l’in­no­va­tion au re­gard de ses ap­ports et per­cées. De­puis 2000, ses in­ves­tis­se­ments en R&D ont crû plus ra­pi­de­ment que son PIB. Les dé­penses de la Chine en R&D comp­tait pour près de 20 % du to­tal des dé­penses mon­diales en la ma­tière, le pays se clas­sant ain­si au rang de deuxième contri­bu­teur. Il faut dire qu’en 2016, la Chine a in­ves­ti l’équi­valent de 2,1 % de son PIB dans la R&D, un taux re­cord par­mi les pays en dé­ve­lop­pe­ment. Du point de vue des ef­fec­tifs, là en­core, la Chine s’as­sure une pre­mière place, son per­son­nel dé­dié à la R&D pe­sant près de 30 % dans le to­tal mon­dial. En outre, l’écart s’est ré­duit entre la quan­ti­té de de­mandes de bre­vets in­ter­na­tio­naux dé­po­sées par la Chine et celle en­re­gis­trée pour les pays dé­ve­lop­pés. La Chine oc­cupe dé­sor­mais le troi­sième rang mon­dial à cet égard. La Chine est éga­le­ment à l’ori­gine d’en­vi­ron 15 % des pu­bli­ca­tions ré­per­to­riées dans l’in­dice in­ter­na­tio­nal Science Ci­ta­tion In­dex (SCI), étant à ce compte-là le deuxième pays source. L’In­dice mon­dial de l’in­no­va­tion 2016, pu­blié par l’Or­ga­ni­sa­tion mon­diale de la pro­prié­té in­tel­lec­tuelle, a po­si­tion­né la Chine à la 25e place au re­gard de ses ca­pa­ci­tés d’in­no­va­tion, soit de­vant cer­taines éco­no­mies à re­ve­nu éle­vé. Dans le même temps, le sec­teur ma­nu­fac­tu­rier chi­nois a pour­sui­vi sa vive évo­lu­tion le long de la chaîne de va­leur, pas­sant du bas de gamme au moyen voire au haut de gamme. Cer­tains des géants in­dus­triels du pays exercent au­jourd’hui une in­fluence co­los­sale sur le mar­ché mon­dial. De plus, la Chine a réa­li­sé des per­cées dans des tech­no­lo­gies clés, de­ve­nant ain­si un pays pion­nier dans les com­mu­ni­ca­tions mo­biles, les vols spa­tiaux ha­bi­tés, les ap­pli­ca­tions sa­tel­lites, les lignes fer­ro­viaires à grande vi­tesse, les ré­seaux à haute ten­sion, les su­per­or­di­na­teurs, la com­mu­ni­ca­tion quan­tique et l’In­ter­net mo­bile.

Les en­tre­prises chi­noises sont de­ve­nues plus proac­tives en ma­tière d’in­no­va­tion, ce qui trans­pa­raît dans l’ac­crois­se­ment de l’in­ves­tis­se­ment na­tio­nal en R&D et dans la ré­duc­tion de la part des tech­no­lo­gies in­tro­duites de l’étran­ger. Les en­tre­prises re­pré­sentent plus de 75 % de la dé­pense na­tio­nale en R&D ; et plus de 70 % des ef­fec­tifs oeu­vrant dans ce do­maine à tra­vers le pays sont em­ployés par des en­tre­prises. Un nou­veau lot de so­cié­tés in­no­vantes, bien dé­ci­dées à s’en­ga­ger dans la concur­rence internationale, a éga­le­ment ger­mé. La pre­mière en­quête sur les ac­ti­vi­tés in­no­vantes des en­tre­prises chi­noises pu­bliée par le Bu­reau na­tio­nal des sta­tis­tiques en 2015 a ré­vé­lé que, sur la pé­riode 2013-2014, en­vi­ron 266 000 en­tre­prises sur les 646 000 in­ter­ro­gées, soit 41,3 % d’entre elles, pour­sui­vaient des ac­ti­vi­tés tour­nées vers l’in­no­va­tion. Si l’on prend l’exemple des groupes in­dus­triels, ce taux est pas­sé de 28,8 % à 46,6 % en dix ans.

L’ob­jec­tif prin­ci­pal vi­sé par les en­tre­prises chi­noises est d’amé­lio­rer l’ef­fi­ca­ci­té de ges­tion et d’in­no­ver tou­jours plus dans les mo­dèles com­mer­ciaux : en­vi­ron 27,9 % ont en­tre­pris une in­no­va­tion d’ordre or­ga­ni­sa­tion­nel, et 25,8 % pour le mar­ke­ting. Et pour cou­ron­ner le tout, les en­tre­pre­neurs chi­nois sont jeunes, hau­te­ment for­més et dé­si­reux d’al­ler vers des idées neuves.

L’es­prit d’in­no­va­tion et le cli­mat en­tre­pre­neu­rial se sont ren­for­cés en Chine. Dans le sillage de la po­li­tique de la ré­forme et de l’ou­ver­ture, le gou­ver­ne­ment a for­mu­lé une série de po­li­tiques pour pro­mou­voir le pro­grès scien­ti­fique et tech­no­lo­gique. Celles-ci in­té­graient éga­le­ment la R&D et le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique comme moyens de ré­pondre aux exi­gences des di­verses pé­riodes. L’an­née 1980 a mar­qué le lan­ce­ment de la ré­forme du sys­tème scien­ti­fique et tech­no­lo­gique. Puis, dans les an­nées 1990, le gou­ver­ne­ment cen­tral a avan­cé la stra­té­gie de re­dy­na­mi­sa­tion du pays par le biais de l’en­sei­gne­ment et de la science. En 2006, il a pro­po­sé, dans les prin­cipes di­rec­teurs du Pro­gramme na­tio­nal pour le dé­ve­lop­pe­ment des sciences et techniques à moyen et long terme (2006-2020), de construire un sys­tème d’in­no­va­tion pour le pays. De­puis 2012, il en­cou­rage le dé­ve­lop­pe­ment par l’in­no­va­tion et ap­pro­fon­dit les ré­formes du sys­tème scien­ti­fique et tech­no­lo­gique. En 2016, il a pu­blié une Pré­sen­ta­tion de la stra­té­gie na­tio­nale de dé­ve­lop­pe­ment par l’in­no­va­tion. Toutes ces po­li­tiques et me­sures ont per­mis de tis­ser un cadre ré­gle­men­taire re­la­ti­ve­ment com­plet pro­pice à l’in­no­va­tion. Ces der­nières an­nées, à plu­sieurs re­prises, le gou­ver­ne­ment a ré­ajus­té son point de mire : de l’amé­lio­ra­tion du sys­tème à l’en­cou­ra­ge­ment des ac­ti­vi­tés in­no­vantes, puis à l’ins­tau­ra­tion d’un en­vi­ron­ne­ment fa­vo­rable dans le­quel les ac­teurs du mar­ché vont cher­cher l’in­no­va­tion de leur propre chef, avant de lais­ser le mar­ché jouer son rôle.

Le gou­ver­ne­ment s’ef­force au­jourd’hui d’éla­bo­rer des ré­gle­men­ta­tions qui se­ront bé­né­fiques à tous et pu­blie des po­li­tiques des­ti­nées à ré­pondre à chaque pro­blème au­quel peuvent être confron­tés les ac­teurs du mar­ché.

De l’af­fû­tage des ca­pa­ci­tés en R&D, de l’op­ti­mi­sa­tion de l’al­lo­ca­tion des res­sources, de la hausse du ren­de­ment et de l’amé­lio­ra­tion du cli­mat d’in­no­va­tion a émer­gé une nou­velle force qui sti­mule le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique chi­nois.

La co­or­di­na­tion entre le gou­ver­ne­ment et le mar­ché

La so­lide co­or­di­na­tion entre le gou­ver­ne­ment et le mar­ché fa­vo­rise le dé­ve­lop­pe­ment por­té par l’in­no­va­tion.

La Chine a comme prin­ci­pal atout d’avoir à sa tête un gou­ver­ne­ment ef­fi­cace, ce qui per­met au pays de brû­ler les étapes du dé­ve­lop­pe­ment dans cer­tains do­maines clés. En sai­sis­sant l’oc­ca­sion de rat­tra­per son re­tard et en adop­tant un cer­tain nombre de po­li­tiques, la Chine qui se conten­tait au­tre­fois de suivre les tendances tech­no­lo­giques est de­ve­nue le pays qui est à l’ori­gine de l’in­no­va­tion. Au­jourd’hui, la Chine conti­nue d’ac­croître ses in­ves­tis­se­ments dans les tech­no­lo­gies fon­da­men­tales, stra­té­giques et avan­cées, pour se concen­trer sur le déve-

lop­pe­ment des tech­no­lo­gies clés, réa­li­ser des per­cées et ta­lon­ner ses concur­rents sur le mar­ché mon­dial. Pre­nons l’exemple de l’es­sor qu’a connu l’in­dus­trie aé­ro­spa­tiale. Au tout dé­but, les au­to­ri­tés com­pé­tentes et les ins­ti­tuts de recherche scien­ti­fique étaient char­gés d’or­ga­ni­ser des études sur les tech­no­lo­gies et d’ac­cu­mu­ler une cer­taine ex­per­tise tech­nique ; par la suite, sur la base de pro­jets d’en­ver­gure na­tio­nale, des es­sais et mises en ser­vice ont eu lieu ; de­puis lors, le mo­dèle a en­core évo­lué, met­tant à l’hon­neur la co­opé­ra­tion entre les ins­ti­tu­tions mi­li­taires et ci­viles et pré­sen­tant des ap­pli­ca­tions à large échelle et des opé­ra­tions com­mer­ciales. Sur ces cin­quante der­nières an­nées, la Chine a mis en place une in­dus­trie aé­ro­spa­tiale re­la­ti­ve­ment com­plète, de­ve­nant ain­si un ac­teur in­fluent dans les sciences et tech­no­lo­gies aé­ro­spa­tiales. Le pays est main­te­nant en me­sure de four­nir une large gamme de produits as­so­ciés, comme des fu­sées por­teuses, des sa­tel­lites, des vais­seaux ha­bi­tés et des équi­pe­ments au sol, ain­si que tout un lot de ser­vices, dont le ser­vice de lan­ce­ment et construc­tion d’ins­tal­la­tions au sol. Les pro­grès réa­li­sés dans l’in­dus­trie aé­ro­spa­tiale ont éga­le­ment dy­na­mi­sé la mon­tée en gamme et l’in­no­va­tion in­dus­trielles dans divers do­maines de l’éco­no­mie na­tio­nale. Dans le contexte ac­tuel de vive concur­rence internationale et de nou­velle ré­vo­lu­tion scien­ti­fique et tech­no­lo­gique, qui an­noncent en plus une ré­vo­lu­tion in­dus­trielle im­mi­nente, la Chine af­fer­mi­ra sa contri­bu­tion en R&D dans la recherche fon­da­men­tale et réa­li­se­ra des per­cées dans cer­taines tech­no­lo­gies ma­jeures et stra­té­giques à même de sti­mu­ler le dé­ve­lop­pe­ment à long terme. Le gou­ver­ne­ment chi­nois compte éga­le­ment pro­mou­voir les ré­formes du mo­dèle scien­ti­fique et tech­no­lo­gique, afin que les res­sources dans cette sphère soient uti­li­sées plus ef­fi­ca­ce­ment.

En vue d’avi­ver la créa­ti­vi­té des 1,3 mil­liards de ci­toyens, le gou­ver­ne­ment chi­nois a an­non­cé en 2015 vou­loir en­cou­ra­ger l’in­no­va­tion et l’en­tre­pre­neu­riat. En lais­sant agir la « main in­vi­sible » du mar­ché, la Chine cherche à ex­plo­rer le po­ten­tiel au ni­veau de la base et à culti­ver la nou­velle force mo­trice de son éco­no­mie. Comme le No­bel de l’éco­no­mie Ed­mund Phelps l’a ob­ser­vé dans son livre La pros­pé­ri­té des masses : l’in­no­va­tion n’est pas confi­née au gou­ver­ne­ment, aux ins­ti­tu­tions scien­ti­fiques et tech­no­lo­giques et aux centres de R&D des grandes en­tre­prises. De plus en plus d’in­di­vi­dus, de star­tups, de nou­velles or­ga­ni­sa­tions et pla­te­formes so­ciales ont joué et jouent en­core un rôle en la ma­tière. Un cours ou­vert à tous de l’Ins­ti­tut de tech­no­lo­gie du Mas­sa­chu­setts a for­mu­lé l’équa­tion sui­vante : « in­no­va­tion = in­ven­tion × com­mer­cia­li­sa­tion ». Elle dé­montre que la créa­tion (idées nou­velles et in­ven­tions) et la com­mer­cia­li­sa­tion sont toutes deux in­dis­pen­sables pour par­ve­nir à l’in­no­va­tion. Les réa­li­sa­tions scien­ti­fiques qui ne peuvent être com­mer­cia­li­sées ne sont pas des in­no­va­tions. Or, la com­mer­cia­li­sa­tion dé­pend des mé­ca­nismes du mar­ché. Ain­si, pour ar­ri­ver à in­no­ver, il faut une par­ti­ci­pa­tion de la so­cié­té la plus

large pos­sible, un mar­ché de libre concur­rence, ain­si qu’un en­vi­ron­ne­ment so­cial où l’in­no­va­tion est en­cou­ra­gée et où l’échec est to­lé­ré. De­puis 2015, an­née de la pu­bli­ca­tion de l’Avis pour sti­mu­ler l’in­no­va­tion et l’en­tre­pre­neu­riat des masses, la Chine a fait du che­min en mul­ti­pliant le nombre d’ac­teurs sur le mar­ché, en ré­pon­dant à la de­mande de main-d’oeuvre des star­tups et en créant da­van­tage de pla­te­formes pour sou­te­nir l’in­no­va­tion et l’en­tre­pre­neu­riat des masses. Elle a aus­si élar­gi le vo­lume com­mer­cial sur le mar­ché des tech­no­lo­gies, in­té­gré des en­tre­prises à son sys­tème NEEQ (Na­tio­nal Equi­ties Ex­change and Quo­ta­tion, sys­tème na­tio­nal pi­lote de trans­fert de titres pour les pe­tites et moyennes en­tre­prises) et fa­vo­ri­sé les in­dus­tries émer­gentes stra­té­giques. La stra­té­gie a d’ailleurs joué un rôle pré­pon­dé­rant dans les ajus­te­ments struc­tu­rels, la cor­rec­tion des failles et l’in­ci­ta­tion à l’em­ploi.

À l’heure où l’éco­no­mie chi­noise est en­trée dans une pé­riode de « nou­velle nor­ma­li­té », le gou­ver­ne­ment chi­nois vise à oeu­vrer en col­la­bo­ra­tion plus étroite avec le mar­ché pour créer un mé­ca­nisme et un sys­tème pro­pices à l’in­no­va­tion. Le gou­ver­ne­ment doit te­nir son rôle lorsque des dé­faillances sur­viennent dans cer­tains do­maines du mar­ché. Plus par­ti­cu­liè­re­ment, il doit as­su­mer sa res­pon­sa­bi­li­té de dé­ve­lop­per des tech­no­lo­gies fon­da­men­tales et stra­té­giques, de pro­té­ger la pro­prié­té in­tel­lec­tuelle, d’en­cou­ra­ger la diffusion des fac­teurs d’in­no­va­tion et d’ins­tau­rer un en­vi­ron­ne­ment de concur­rence loyale. Le gou­ver­ne­ment doit veiller à ne pas prendre des me­sures in­adé­quates, telles qu’at­tri­buer trop de sub­ven­tions ou s’in­gé­rer dans les af­faires des en­tre­prises en dé­fi­nis­sant des feuilles de route tech­no­lo­giques ou en adop­tant d’autres dé­ci­sions ma­jeures. Il doit gar­der en tête que tout dé­pend du mar­ché lors­qu’il ré­par­tit les res­sources dé­diées à l’in­no­va­tion et lors­qu’il ré­veille l’es­prit créa­tif de toute la so­cié­té.

De meilleures ca­pa­ci­tés d’in­no­va­tion dans les en­tre­prises

Pour réa­li­ser un dé­ve­lop­pe­ment par l’in­no­va­tion, plus d’ef­forts doivent être in­ves­tis de fa­çon à ce que les en­tre­prises soient em­por­tées dans un nou­vel élan d’in­no­va­tion et per­fec­tionnent leurs ca­pa­ci­tés en la ma­tière.

Dans les 20 à 30 pro­chaines an­nées, la Chine se his­se­ra à un ni­veau avan­cé à l’échelle mon­diale dans un nombre crois­sant de do­maines scien­ti­fiques et tech­no­lo­giques. De l’in­té­gra­tion et de l’imi­ta­tion des tech­no­lo­gies de pointe, le pays s’orien­te­ra pro­gres­si­ve­ment vers le rat­tra­page de son re­tard jus­qu’à en­dos­ser le rôle de lea­der du dé­ve­lop­pe­ment tech­no­lo­gique. À l’ave­nir, la Chine s’ap­puie­ra da­van­tage sur l’in­no­va­tion na­tio­nale. Dans le même temps, en co­opé­ra­tion avec les autres pays du monde, elle ré­pon­dra aux dé­fis sou­le­vés par la nou­velle ré­vo­lu­tion tech­no­lo­gique et in­dus­trielle. Les pays dont les en­tre­prises ex­cellent dans l’in­no­va­tion pren­dront non seule­ment une lon­gueur d’avance sur leurs concur­rents, mais pi­lo­te­ront aus­si le dé­ve­lop­pe­ment de di­verses in­dus­tries émer­gentes, avec en plus un cer­tain pou­voir dans l’éta­blis­se­ment des règles. Une éco­no­mie forte ne se ré­sume pas à un PIB de taille : il est né­ces­saire d’af­fi­cher éga­le­ment un haut ni­veau d’in­no­va­tion et une struc­ture éco­no­mique op­ti­mi­sée. Par consé­quent, pour ac­cé­lé­rer le dé­ve­lop­pe­ment ti­ré par l’in­no­va­tion au cours du nou­veau cycle de trans­for­ma­tion éco­no­mique, la Chine se re­trouve face à une tâche ur­gente : celle d’af­fû­ter les ca­pa­ci­tés d’in­no­va­tion de ses en­tre­prises et de dé­cu­pler le nombre d’en­tre­prises de haute tech­no­lo­gie.

Des ef­forts doivent être consen­tis pour ai­der les en­tre­prises à gé­né­rer cet élan qui les amé­ne­ra à in­no­ver, à in­ves­tir plus dans l’in­no­va­tion et à amé­lio­rer leurs ca­pa­ci­tés dans ce re­gistre. Elles pour­ront alors en­gran­ger da­van­tage de pro­fits et prendre la pole po­si­tion sur le mar­ché. Le gou­ver­ne­ment de­vrait, d’un cô­té, amé­lio­rer l’ef­fi­ca­ci­té de son sys­tème pour en­cou­ra­ger l’in­no­va­tion ; de l’autre, il lui in­combe d’op­ti­mi­ser sa su­per­vi­sion et de peau­fi­ner les ré­gle­men­ta­tions pour per­mettre aux en­tre­prises de réa­li­ser un dé­ve­lop­pe­ment du­rable via l’in­no­va­tion. Il convient d’ins­tau­rer un cli­mat fa­vo­rable pour fa­ci­li­ter le dé­ve­lop­pe­ment des nou­velles tech­no­lo­gies, des nouveaux produits et des nou­velles in­dus­tries. En bref, le gou­ver­ne­ment chi­nois tra­vaille dur de­puis quelque temps pour amé­lio­rer le fonc­tion­ne­ment des ins­ti­tu­tions, éta­blir un mé­ca­nisme d’in­ci­ta­tion, amé­lio­rer le sys­tème d’in­no­va­tion na­tio­nal et rendre la ré­par­ti­tion des fac­teurs plus ef­fi­cace.

En tant qu’étoile mon­tante en ma­tière d’in­no­va­tion, la Chine a vu son éco­no­mie croître à un rythme consi­dé­ré entre moyen et éle­vé, puis se trans­for­mer en un pays dont la crois­sance est da­van­tage ti­rée par l’ef­fi­ca­ci­té et l’in­no­va­tion plu­tôt que fon­dée sur l’in­ves­tis­se­ment et une offre bon mar­ché. Le pays joue dé­sor­mais un rôle de pre­mier plan dans la pro­mo­tion du re­dres­se­ment éco­no­mique mon­dial, de la mon­dia­li­sa­tion et du per­fec­tion­ne­ment de la gou­ver­nance mon­diale. Dans ces cir­cons­tances, le dé­ve­lop­pe­ment axé sur l’in­no­va­tion que vise la Chine de­vrait pas­ser par une trans­for­ma­tion sys­té­mique, ce qui exer­ce­ra une pro­fonde in­fluence sur les éco­no­mies émer­gentes, voire le monde en­tier. *XIONG HONGRU est cher­cheur as­so­cié au Dé­par­te­ment d’études sur le dé­ve­lop­pe­ment par l’in­no­va­tion du Centre de re­cherches sur le dé­ve­lop­pe­ment du Conseil des af­faires de l’État, et cher­cheur post­doc­to­ral à l’Ins­ti­tut pour la ré­forme et le dé­ve­lop­pe­ment de la Chine dans le Hai­nan.

Le pre­mier mi­nistre Li Ke­qiang ins­pecte la so­cié­té Han’s La­ser Tech­no­lo­gy In­dus­try Group ba­sée à Shenz­hen le 13 octobre 2016, à l’oc­ca­sion de sa vi­site à Shenz­hen et Dong­guan, où il a as­sis­té à la Se­maine na­tio­nale de l’in­no­va­tion et de l’en­tre­pre­neu­riat de masse 2016.

Un vi­si­teur es­saie le si­mu­la­teur de conduite de lo­co­mo­tive élec­trique au 13e Fo­rum et ex­po­si­tion in­ter­na­tio­nal d’op­to­élec­tro­nique de la « val­lée op­tique » de Chine, lan­cé le 3 no­vembre 2016 à Wu­han.

Le 2 no­vembre 2016, des ou­vriers de la so­cié­té Y&C En­gine Co., Ltd à Wu­hu (pro­vince de l’An­hui) as­semblent un mo­teur dé­ve­lop­pé in­dé­pen­dam­ment, qui a pour avan­tage de consom­mer et de pol­luer moins.

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