Liu Xiao­ming : pro­mou­voir les re­la­tions si­no-bri­tan­niques dans la nou­velle ère

China Today (French) - - SOMMAIRE -

Àla veille de la vi­site de la pre­mière mi­nistre bri­tan­nique The­re­sa May en Chine, Liu Xiao­ming, l’am­bas­sa­deur de Chine au Royaume-Uni, a ac­cor­dé une in­ter­view aux cor­res­pon­dants des mé­dias chi­nois à Londres. Se­lon lui, l’an­née 2018 est une an­née qui met­tra un coup d’ac­cé­lé­ra­teur pour pro­mou­voir l’« âge d’or » des re­la­tions si­no-bri­tan­niques. Sur la base d’une co­opé­ra­tion ga­gnant­ga­gnant dé­jà ef­fec­tive de­puis des an­nées entre les deux pays, les re­la­tions bi­la­té­rales en­tre­ront dans une nou­velle ère.

Des suc­cès

Ques­tion : La vi­site du pré­sident Xi Jin­ping au Royaume-Uni en 2015 a inau­gu­ré l’« âge d’or » des re­la­tions si­no-bri­tan­niques. Au cours de ces der­nières an­nées, quels sont les prin­ci­paux ré­sul­tats ob­te­nus dans les re­la­tions bi­la­té­rales ?

Liu Xiao­ming : En 2015, le pré­sident chi­nois Xi Jin­ping a ef­fec­tué avec suc­cès une vi­site d’État au Royaume-Uni, les deux par­ties se sont mises d’ac­cord pour éta­blir un par­te­na­riat stra­té­gique glo­bal mon­dial pour le XXIe siècle et inau­gu­rer l’« âge d’or » pour des re­la­tions si­no-bri­tan­niques du­rables, ou­vertes et « ga­gnant-ga­gnant ». Les re­la­tions si­no-bri­tan­niques sont ain­si de­ve­nues une bonne illus­tra­tion de la co­opé­ra­tion d’égal à égal et des avan­tages mu­tuels entre la Chine et un grand pays oc­ci­den­tal. De­puis deux ans, cet « âge d’or » des re­la­tions si­no-bri­tan­niques s’est dé­ve­lop­pé en pro­fon­deur. Nous avons dé­sor­mais plus d’in­té­rêts com­muns et ob­te­nu des ré­sul­tats fruc­tueux. Les peuples des deux pays ont un plus grand sen­ti­ment de sa­tis­fac­tion grâce à de nom­breux suc­cès qui se ma­ni­festent dans plu­sieurs do­maines.

Pre­miè­re­ment, le con­sen­sus stra­té­gique de l’« âge d’or ». Le pré­sident chi­nois Xi Jin­ping a eu deux ren­contres avec la pre­mière mi­nistre bri­tan­nique The­re­sa May en marge du som­met du G20 à Hangz­hou en 2016 et à Ham­bourg en 2017. Le pré­sident chi­nois Xi Jin­ping et le pre­mier mi­nistre chi­nois Li Ke­qiang, ont com­mu­ni­qué à plu­sieurs re­prises par té­lé­phone ou par cour­rier avec la pre­mière mi­nistre The­re­sa May, confir­mant ain­si la di­rec­tion gé­né­rale à suivre dans cet « âge d’or » des re­la­tions si­no-bri­tan­niques. L’an­née der­nière, une sé­rie de com­mé­mo­ra­tions ont été or­ga­ni­sées pour cé­lé­brer le 45e an­ni­ver­saire des re­la­tions di­plo­ma­tiques entre la Chine et le Royaume-Uni au ni­veau d’am­bas­sa­deurs. Les deux pays en­tre­tiennent un mé­ca­nisme de dia­logue de haut ni­veau sa­tis­fai­sant dans les do­maines éco­no­mique, fi­nan­cier, cultu­rel, stra­té­gique et de la sé­cu­ri­té. Re­mar­quons éga­le­ment un bon dé­but sur le plan de la consul­ta­tion re­la­tive à la lutte an­ti­ter­ro­riste et au main­tien de la paix. Les deux par­ties pour­suivent sans dis­con­ti­nuer la com­mu­ni­ca­tion stra­té­gique et la confiance mu­tuelle.

Deuxiè­me­ment, la co­opé­ra­tion prag­ma­tique bi­la­té­rale a don­né des « fruits d’or » dans di­vers do­maines. Le Royaume-Uni est le deuxième par­te­naire com­mer­cial de la Chine dans l’UE et la Chine est le deuxième par­te­naire com­mer­cial du Royaume-Uni en de­hors de l’UE. Les deux pays sont, l’un pour l’autre, des sources d’in­ves­tis­se­ments ma­jeures. En 2017, le chiffre d’af­faires réa­li­sé dans la vente des mar­chan­dises entre la Chine et le Royaume-Uni a at­teint 79 mil­liards de dol­lars, soit une crois­sance en­re­gis­trée à 6,2 % en glis­se­ment an­nuel. Les ex­por­ta­tions du Royaume-Uni vers la Chine ont aug­men­té de 19,4 %. Plus de 500 en­tre­prises chi­noises se sont ins­tal­lées au Royaume-Uni. Les pro­jets d’in­ves­tis­se­ments couvrent les do­maines tra­di­tion­nels tels que le com­merce, la fi­nance, les té­lé­com­mu­ni­ca­tions, mais aus­si les nou­veaux sec­teurs comme les nou­velles éner­gies et l’in­dus­trie ma­nu­fac­tu­rière de haut ni­veau. Les in­ves­tis­se­ments chi­nois au Royaume-Uni ont at­teint 18,9 mil­liards de dol­lars, soit au pre­mier rang dans les pays eu­ro­péens. Les in­ves­tis­se­ments bri­tan­niques en Chine re­pré­sentent 21,8 mil­liards de dol­lars. La des­ti­na­tion des in­ves­tis­se­ments bri­tan­niques s’étend de la ré­gion cô­tière vers le Centre et l’Ouest de la Chine. En dé­cembre der­nier, les deux pays ont pu­blié conjoin­te­ment La stra­té­gie de co­opé­ra­tion de l’in­no­va­tion tech­nique et scien­ti­fique si­no-bri­tan­nique, la pre­mière stra­té­gie de co­opé­ra­tion dans ce do­maine pour la Chine.

Troi­siè­me­ment, l’ou­ver­ture de nou­veaux ho­ri­zons de crois­sance. Dans le cadre de l’ini­tia­tive des nou­velles Routes de la Soie, la co­opé­ra­tion si­no-bri­tan­nique pré­sente de belles pers­pec-

tives de dé­ve­lop­pe­ment. Au Royaume-Uni, les mi­lieux po­li­tique, éco­no­mique et aca­dé­mique montrent tous un plus grand en­thou­siasme pour par­ti­ci­per à la construc­tion des nou­velles Routes de la Soie. En mai der­nier, le mi­nistre des fi­nances bri­tan­nique Phi­lip Ham­mond a par­ti­ci­pé au fo­rum « Cein­ture et Route » pour la co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale en tant qu’en­voyé spé­cial de The­re­sa May. Il a sou­li­gné que le Royaume-Uni est le « par­te­naire na­tu­rel » pour la co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale de « Cein­ture et Route ». Ré­cem­ment, le mi­nis­tère des fi­nances du Royaume-Uni a dé­si­gné un dé­lé­gué spé­cial pour l’in­ves­tis­se­ment et le fi­nan­ce­ment dans le cadre des nou­velles Routes de la Soie et un Con­seil des ex­perts a été éta­bli. Le UK Ex­port Fi­nance (UKEF) a dé­cla­ré que 25 mil­liards de livres ster­ling se­raient dis­po­nibles pour les en­tre­prises an­glaises afin de sou­te­nir leurs pro­jets en Asie dans le cadre des nou­velles Routes de la Soie. Un fonds d’in­ves­tis­se­ment bi­la­té­ral d’un mil­liard de dol­lars a aus­si été créé pour sou­te­nir la construc­tion des nou­velles Routes de la Soie.

Qua­triè­me­ment, le rap­pro­che­ment des deux peuples. Les échanges hu­mains et cultu­rels entre les deux pays se sont mul­ti­pliés. La « pas­sion pour la Chine » per­siste par­mi les An­glais. Le nou­vel an chi­nois est de­ve­nu l’une des grandes fêtes du Royaume-Uni. On ob­serve aus­si un nombre crois­sant de tou­ristes chi­nois dans les rues an­glaises. Pour l’ins­tant, les échanges hu­mains entre les deux pays dé­passent chaque an­née 1,5 mil­lions de per­sonnes. 150 vols font la na­vette entre les deux pays toutes les se­maines. Plus de 170 000 étu­diants chi­nois font leurs études au Royaume-Uni et 29 Ins­ti­tuts Con­fu­cius et 148 Classes Con­fu­cius sont pré­sents dans les dif­fé­rentes ré­gions du Royaume-Uni, avec plus de 160 000 ins­crip­tions. Plus de 600 écoles pri­maires an­glaises ouvrent des cours de chi­nois. Trois fo­rums avec des res­pon­sables lo­caux de la Chine et du Royau­meU­ni se sont te­nus avec suc­cès. Et on a au­jourd’hui 64 villes ou pro­vinces ju­me­lées.

Cin­quiè­me­ment, l’ap­pro­fon­dis­se­ment de la co­or­di­na­tion sur les dos­siers in­ter­na­tio­naux. La Chine et le Royaume-Uni ont une bonne co­opé­ra­tion dans le cadre des Na­tions Unies, du G20 et de l’AIIB. Nous avons réa­li­sé un plus grand nombre de con­sen­sus stra­té­giques sur les ques­tions in­ter­na­tio­nales ma­jeures telles que le libre-échange, la gou­ver­nance mon­diale et le chan­ge­ment cli­ma­tique. Les échanges se sont mul­ti­pliés sur les dos­siers in­ter­na­tio­naux et ré­gio­naux tels que la dé­nu­cléa­ri­sa­tion de la Pé­nin­sule co­réenne, le dos­sier nu­cléaire ira­nien et le dos­sier de la Sy­rie. Les re­la­tions bi­la­té­rales si­no-bri­tan­niques sont

ca­rac­té­ri­sées par un poids plus évident de leur si­gni­fi­ca­tion stra­té­gique et glo­bale. Le so­cia­lisme à la chi­noise est en­tré dans une nou­velle ère et le Glo­bal Bri­tain a fran­chi une nou­velle étape. Dans ce contexte, l’ef­fort conjoint de la Chine et du Royau­meU­ni contri­bue­ra à la construc­tion des re­la­tions in­ter­na­tio­nales d’un nou­veau type et à la construc­tion d’une com­mu­nau­té de des­tin pour l’hu­ma­ni­té.

Ac­cé­lé­rer la co­opé­ra­tion

Ques­tion : En 2018, dans quels do­maines l’« âge d’or » des re­la­tions si­no-bri­tan­niques va-t-il don­ner ses « fruits d’or » ?

Liu Xiao­ming : L’an­née 2018 marque le dé­but de la mise en oeuvre des prin­cipes di­rec­teurs du XIXe Congrès du PCC, le 40e an­ni­ver­saire de l’ap­pli­ca­tion de la po­li­tique de ré­forme et d’ou­ver­ture et le 5e an­ni­ver­saire du lan­ce­ment de l’ini­tia­tive des nou­velles Routes de la Soie. L’an­née 2018 va donc agir comme un ca­ta­ly­seur pour l’« âge d’or » des re­la­tions si­no-bri­tan­niques.

Pre­miè­re­ment, éle­ver le ni­veau de notre co­opé­ra­tion prag­ma­tique. Le XIXe Congrès du PCC a pris un en­semble de dis­po­si­tions vi­sant à ap­pro­fon­dir la ré­forme et l’ou­ver­ture. La construc­tion d’un pays ou­vert et in­no­vant est ap­pe­lée à s’ac­cé­lé­rer, de même que l’as­sou­plis­se­ment des condi­tions d’ac­cès au mar­ché et d’élar­gis­se­ment de l’ou­ver­ture du sec­teur ter­tiaire. Il faut éga­le­ment in­no­ver dans les modes d’in­ves­tis­se­ment et pro­mou­voir la co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale dans le do­maine de la ca­pa­ci­té de pro­duc­tion.

À l’oc­ca­sion du 40e an­ni­ver­saire du lan­ce­ment en Chine de la po­li­tique de ré­forme et d’ou­ver­ture, j’es­père que les deux pays pour­ront sai­sir cette op­por­tu­ni­té his­to­rique pré­cieuse, nouer un par­te­na­riat stra­té­gique et po­li­tique, faire va­loir la com­plé­men­ta­ri­té des deux pays. Il nous faut in­sis­ter sur une co­opé­ra­tion mu­tuel­le­ment bé­né­fique et fran­chir un nou­veau pa­lier dans les do­maines du com­merce, de la construc­tion des in­fra­struc­tures, de l’in­dus­trie de l’équi­pe­ment, des tech­no­lo­gies de pointe, des nou­velles éner­gies et des ser­vices fi­nan­ciers.

Deuxiè­me­ment, ap­pro­fon­dir la co­opé­ra­tion dans le cadre de l’ini­tia­tive des nou­velles Routes de la Soie. La co­opé­ra­tion si­no­bri­tan­nique dans le cadre des nou­velles Routes de la Soie illustre les in­té­rêts com­muns des deux pays et re­pré­sente un nou­veau pôle de crois­sance dans les re­la­tions bi­la­té­rales. Le gou­ver­ne­ment an­glais, en ré­ponse ac­tive à l’ini­tia­tive des nou­velles Routes de la Soie a été le pre­mier à adhé­rer à l’AIIB par­mi les grands pays oc­ci­den­taux. Le Royaume-Uni a en­suite in­ves­ti 50 mil­lions de dol­lars dans le fonds spé­cial de l’AIIB, jouant un im­por­tant rôle d’orien­ta­tion à cet égard.

Lors du 5e an­ni­ver­saire de l’ini­tia­tive des nou­velles Routes de la Soie, j’at­tends que les deux pays éla­borent un cadre de co­opé­ra­tion concret en temps op­por­tun et qu’ils guident les en­tre­prises dans leur par­ti­ci­pa­tion afin d’ob­te­nir des ré­sul­tats sub­stan­tiels et si­gni­fi­ca­tifs.

Troi­siè­me­ment, pi­lo­ter la co­opé­ra­tion dans les af­faires in­ter­na­tio­nales. Le XIXe Congrès du PCC a sou­li­gné l’im­por­tance pour la di­plo­ma­tie chi­noise d’étendre le ré­seau de par­te­na­riat glo­bal et de cons­truire un nou­veau type de re­la­tions in­ter­na­tio­nales et une com­mu­nau­té de des­tin pour l’hu­ma­ni­té. Comme l’a af­fir­mé The­re­sa May, « Le Royaume-Uni et la Chine sont d’ac­cord pour re­mo­de­ler en­semble l’échi­quier mon­dial ». J’es­père voir le ren­for­ce­ment de la com­mu­ni­ca­tion et de la co­opé­ra­tion entre les deux pays sur les dos­siers brû­lants tels que le libre-échange, la mon­dia­li­sa­tion éco­no­mique, la gou­ver­nance mon­diale, le chan­ge­ment cli­ma­tique et la dé­nu­cléa­ri­sa­tion de la pé­nin­sule co­réenne afin de cons­truire une com­mu­nau­té de des­tin pour l’hu­ma­ni­té.

Qua­triè­me­ment, pro­mou­voir les échanges cultu­rels et les idées. La Chine et le Royaume-Uni ont cha­cun une longue tra­di­tion cultu­relle. Le gou­ver­ne­ment et les dif­fé­rents mi­lieux bri­tan­niques tiennent en haute es­time les suc­cès du dé­ve­lop­pe­ment de la Chine et es­pèrent en sa­voir plus sur le sys­tème po­li­tique, l’his­toire et la cul­ture de la Chine, et plus spé­ci­fi­que­ment en­core sur les concepts et l’ex­pé­rience de la gou­ver­nance du PCC.

Au mo­ment où le so­cia­lisme à la chi­noise entre dans une

nou­velle ère, j’es­père que les deux par­ties ap­pro­fon­di­ront les échanges hu­mains et l’ins­pi­ra­tion mu­tuelle, ren­for­ce­ront le dia­logue sur l’ex­pé­rience de la gou­ver­nance pour ren­for­cer ain­si la base so­ciale et po­pu­laire pour des re­la­tions bi­la­té­rales.

Ques­tion : Quel est le rôle de la vi­site de la pre­mière mi­nistre The­re­sa May en Chine dans la construc­tion des re­la­tions si­no­bri­tan­niques dans la nou­velle ère ?

Liu Xiao­ming : C’est la pre­mière vi­site of­fi­cielle en Chine de The­re­sa May après son en­trée en fonc­tion comme pre­mier mi­nistre. Il s’agit aus­si de la pre­mière vi­site of­fi­cielle d’un pre­mier mi­nistre bri­tan­nique après quatre ans. Cette vi­site est im­por­tante pour ac­cé­lé­rer l’avè­ne­ment de l’« âge d’or » des re­la­tions si­no­bri­tan­niques dans la nou­velle ère et pro­mou­voir un dé­ve­lop­pe­ment stable et équi­li­bré des re­la­tions si­no-eu­ro­péennes.

Pre­miè­re­ment, conso­li­der les con­sen­sus stra­té­giques et jouer un rôle de « ba­lise ». Cette vi­site consti­tue l’échange du plus haut ni­veau entre les deux pays de­puis 2015, date à la­quelle le pré­sident Xi Jin­ping a vi­si­té le Royaume-Uni. Les deux Chefs d’État dé­fi­ni­ront les nou­veaux conte­nus de l’« âge d’or » des re­la­tions si­no-bri­tan­niques dans la nou­velle ère et ébau­che­ront un nou­veau plan d’ac­tion pour l’ave­nir des re­la­tions bi­la­té­rales.

Deuxiè­me­ment, élar­gir la co­opé­ra­tion prag­ma­tique, jouer un rôle de « sou­pape de sta­bi­li­té ». Les deux par­ties va­lo­ri­se­ront da­van­tage les atouts com­plé­men­taires et noue­ront des stra­té­gies de dé­ve­lop­pe­ment afin de mul­ti­plier leur co­opé­ra­tion prag­ma­tique dans les do­maines de la fi­nance, de l’éner­gie, des in­fra­struc­tures, de l’ali­men­ta­tion, des tech­no­lo­gies de pointe, des sciences de la vie ain­si que dans les in­dus­tries créa­tives.

Troi­siè­me­ment, ren­for­cer l’adhé­sion po­pu­laire et jouer un rôle de « bal­last ». Au­jourd’hui en Eu­rope, le Royaume-Uni est le pays qui compte le plus d’étu­diants chi­nois, le plus d’Ins­ti­tuts Con­fu­cius et le plus de Classes Con­fu­cius. Le Royaume-Uni est l’un des pays oc­ci­den­taux qui a l’opi­nion po­pu­laire la plus fa­vo­rable sur la Chine. Pen­dant la vi­site, les deux par­ties lan­ce­ront une sé­rie de pro­jets de co­opé­ra­tion dans l’édu­ca­tion et dé­cou­vri­ront des op­por­tu­ni­tés de co­opé­ra­tion dans les do­maines de la cul­ture, des tech­no­lo­gies, de la science, du tou­risme et de l’in­no­va­tion. Elles an­non­ce­ront le lan­ce­ment de nou­velles me­sures pour fa­ci­li­ter les échanges hu­mains afin de rap­pro­cher les deux peuples.

Qua­triè­me­ment, in­ten­si­fier la co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale et jouer le rôle de pro­pul­seur pour ac­cé­lé­rer nos re­la­tions. Du­rant la vi­site en Chine, les di­ri­geants des deux pays échan­ge­ront leurs opi­nions sur les dos­siers in­ter­na­tio­naux et ré­gio­naux d’in­té­rêt com­mun et amé­lio­re­ront le mé­ca­nisme de dia­logue, ce qui per­met d’en­ri­chir les re­la­tions bi­la­té­rales. La Chine et le Royaume-Uni as­sument leurs res­pon­sa­bi­li­tés de grands pays.

Nou­velles op­por­tu­ni­tés

Ques­tion : Quels sont les op­por­tu­ni­tés et les dé­fis re­pré­sen­tés par le Brexit ? Se­lon vous, quelles sont les pers­pec­tives après le Brexit ?

Liu Xiao­ming : La sor­tie de l’UE est le choix du peuple bri­tan­nique par ré­fé­ren­dum. Nous res­pec­tons la dé­ci­sion du peuple bri­tan­nique. Nous es­pé­rons que les né­go­cia­tions du se­cond tour entre le Royaume-Uni et l’UE se tien­dront dans d’heu­reuses condi­tions et per­met­tront d’abou­tir à un ac­cord ga­gnant-ga­gnant pour les deux par­ties. Comme je l’ai dit au dé­but de la né­go­cia­tion sur le Brexit, pour les re­la­tions si­no-bri­tan­niques, la sor­tie de l’UE ap­porte plus d’op­por­tu­ni­tés que de dé­fis.

Pre­miè­re­ment, les « op­por­tu­ni­tés stra­té­giques » dans le do­maine po­li­tique. Après le ré­fé­ren­dum sur le Brexit, le Royaume-Uni est prêt à cons­truire un « Glo­bal Bri­tain ». En conser­vant son al­liance tra­di­tion­nelle avec l’UE et les États-Unis, les Bri­tan­niques tournent aus­si leur re­gard vers d’autres ré­gions beau­coup plus vastes dans le monde. Le gou­ver­ne­ment de The­re­sa May donne une plus grande im­por­tance à la Chine qui oc­cupe une place de plus en plus im­por­tante et qui exerce une in­fluence de plus en plus grande sur la scène in­ter­na­tio­nale. Le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique a sou­li­gné plu­sieurs fois sa vo­lon­té d’ap­pro­fon­dir le par­te­na­riat glo­bal avec la Chine.

Deuxiè­me­ment, les « op­por­tu­ni­tés de dé­ve­lop­pe­ment » dans le do­maine com­mer­cial. Après sa sor­tie de l’UE, le Royaume-Uni in­sis­te­ra tou­jours sur le libre-échange et l’éco­no­mie ou­verte et il au­ra plus d’au­to­no­mie dans la co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale. Dans le cadre des nou­velles Routes de la Soie, les deux pays au­ront plus d’op­por­tu­ni­tés de co­opé­ra­tion, que ce soit dans la construc­tion des in­fra­struc­tures, l’in­ter­na­tio­na­li­sa­tion du RMB, la fi­nance verte et l’in­no­va­tion tech­nique et scien­ti­fique.

Troi­siè­me­ment, les « op­por­tu­ni­tés de co­opé­ra­tion » dans les af­faires in­ter­na­tio­nales. Après sa sor­tie de l’UE, le Royaume-Uni ac­cor­de­ra une plus grande im­por­tance à son in­fluence dans les or­ga­ni­sa­tions in­ter­na­tio­nales telles que le Con­seil de sé­cu­ri­té des Na­tions Unies et le G20. Je suis convain­cu que la Chine et le Royaume-Uni au­ront de nom­breux ter­rains d’en­tente sur la gou­ver­nance mon­diale, le chan­ge­ment cli­ma­tique, le libre-échange, le dé­ve­lop­pe­ment du­rable, la lutte an­ti­ter­ro­riste et le main­tien de la paix. Dans l’ave­nir, les deux par­ties élar­gi­ront leur vi­sion pla­né­taire et leur co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale afin d’ap­por­ter une nou­velle contri­bu­tion à la paix et au dé­ve­lop­pe­ment mon­dial.

Certes, le Brexit pro­vo­que­ra un « ef­fet de dé­bor­de­ment » et il existe des in­cer­ti­tudes liées aux né­go­cia­tions qui se­ront au­tant de dé­fis pour les re­la­tions si­no-bri­tan­niques. Mais ce qui ne change pas, c’est la base so­lide de nos re­la­tions bi­la­té­rales, leur force en­do­gène et des pers­pec­tives ra­dieuses bien réelles. J’ai donc en­tiè­re­ment confiance dans les re­la­tions si­no-bri­tan­niques.

Ques­tion : Dans la construc­tion des nou­velles Routes de la Soie, comment les deux pays ar­rivent-ils à conju­guer leurs ef­forts et à faire va­loir leur com­plé­men­ta­ri­té ?

Liu Xiao­ming : Dans le rap­port du XIXe Congrès du PCC, il est in­di­qué : « Ayant comme prio­ri­té le pro­jet "la Cein­ture et la Route", nous de­vons com­bi­ner au mieux les deux vo­lets de la stra­té­gie, à sa­voir "in­tro­duire de l'étran­ger" et "sor­tir du pays" ; suivre fi­dè­le­ment le prin­cipe des "consul­ta­tions ré­ci­proques, d’en­ga­ge­ment com­mun et de par­tage des fruits" ; et ren­for­cer l’ou­ver­ture et la co­opé­ra­tion en ma­tière de ca­pa­ci­té d'in­no­va­tion, pour créer une si­tua­tion ca­rac­té­ri­sée par une ou­ver­ture si­mul­ta­née vers l’Est et l’Ouest aux in­ter­ac­tions terre-mer ».

Le Royaume-Uni est un par­ti­ci­pant im­por­tant des nou­velles Routes de la Soie et il pos­sède des avan­tages dans les do­maines de l’éco­no­mie, de la fi­nance, de la loi, de l’édu­ca­tion, des sciences et tech­niques. En plus, les Bri­tan­niques ont une vue stra­té­gique pion­nière : le Royaume-Uni est le pre­mier grand pays oc­ci­den­tal à de­man­der à adhé­rer à l’AIIB et le deuxième pays après la Chine à in­ves­tir dans le fonds spé­cial de l’AIIB. L’an­née der­nière, lors du fo­rum « Cein­ture et Route » pour la co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale, le Royaume-Uni a été le pre­mier grand pays oc­ci­den­tal à ap­prou­ver et à si­gner les « Prin­cipes di­rec­teurs du fi­nan­ce­ment de la Cein­ture et la Route ». Les deux pays ont dé­jà trou­vé au­jourd’hui un con­sen­sus po­li­tique et une bonne base de co­opé­ra­tion. Pour faire fruc­ti­fier la co­opé­ra­tion à la pro­chaine étape, je pense qu’il faut être conscient des trois points sui­vants :

Pre­miè­re­ment, une co­opé­ra­tion ci­blée. Les deux par­ties doivent pla­ni­fier et in­ves­tir d’une ma­nière ci­blée dans la sy­ner­gie des me­sures po­li­tiques et faire va­loir leurs com­plé­men­ta­ri­tés pour s’as­su­rer que la co­opé­ra­tion bi­la­té­rale avance de ma­nière ac­cé­lé­rée avec l’ac­cent mis sur l’es­sen­tiel.

Deuxiè­me­ment, une co­opé­ra­tion prag­ma­tique. Les deux par­ties doivent trans­for­mer les con­sen­sus po­li­tiques dé­ga­gés par leurs di­ri­geants en me­sures concrètes par l’ap­pro­fon­dis­se­ment de la co­opé­ra­tion sur l’in­ter­con­nexion des in­fra­struc­tures, l’in­dus­trie de l’équi­pe­ment, la fi­nance et l’in­ves­tis­se­ment. Il faut mettre en place plus de pro­jets concrets pour que les deux pays puissent mieux pro­fi­ter de la co­opé­ra­tion dans le cadre des Nou­velles Routes de la Soie.

Troi­siè­me­ment, une co­opé­ra­tion in­no­vante. Les deux par­ties ex­plo­re­ront le po­ten­tiel de co­opé­ra­tion tout en adap­tant la réa­li­té de leur dé­ve­lop­pe­ment et trou­ve­ront des me­sures de co­opé­ra­tions in­no­vantes dans les do­maines des nou­velles éner­gies, de l’ur­ba­ni­sa­tion, de la fi­nance verte et de la tech­no­lo­gie fi­nan­cière. Il est aus­si sou­hai­table de dé­ve­lop­per des nou­veaux pro­jets en mar­chés tiers, et ob­te­nir l’ef­fet de type « un plus un est su­pé­rieur à deux ».

La Chine tien­dra, en no­vembre 2018, la pre­mière édi­tion de la Foire in­ter­na­tio­nale de l’im­por­ta­tion et l’an­née pro­chaine, le 2e Fo­rum « Cein­ture et Route » pour la co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale. La Chine de la nou­velle ère ap­por­te­ra une nou­velle contri­bu­tion au dé­ve­lop­pe­ment co­om­mun du monde, et l’Ini­tia­tive des nou­velles Routes de la Soie don­ne­ra de nom­breuses op­por­tu­ni­tés com­mer­ciales au monde et à la co­opé­ra­tion si­no-bri­tan­nique.

Nou­veau point de dé­part

Ques­tion : Vous avez pro­non­cé plu­sieurs dis­cours pour faire connaître l’es­prit du XIXe Congrès du PCC. Se­lon vous, au Royaume-Uni, quelles sont les opi­nions des mi­lieux po­li­tique, com­mer­cial et aca­dé­mique sur le XIXe Congrès du PCC ?

Liu Xiao­ming : Par­mi les An­glais, l’at­ten­tion et les com­men­taires sur le XIXe Congrès du PCC se concentrent sur trois vo­lelts : d’abord, l’orien­ta­tion du dé­ve­lop­pe­ment chi­nois à l’ave­nir ; deuxiè­me­ment, le rôle que la Chine joue­ra dans le monde et en­fin, les op­por­tu­ni­tés que le dé­ve­lop­pe­ment chi­nois ap­por­te­ra au Royaume-Uni.

Les trois idées sui­vantes m’ont lais­sé une im­pres­sion très pro­fonde :

Pre­miè­re­ment, le XIXe Congrès du PCC a éla­bo­ré la « feuille de route » pour le dé­ve­lop­pe­ment chi­nois dans la nou­velle ère. Il est ad­mis par dif­fé­rents mi­lieux bri­tan­niques que le XIXe Congrès du PCC si­gni­fie l’en­trée de la Chine dans une nou­velle ère. Beau­coup d’amis an­glais m’ont dit que le XIXe Congrès du PCC an­nonce un grand chan­ge­ment de la stra­té­gie du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique chi­nois. On in­siste dé­sor­mais plus sur la qua­li­té du dé­ve­lop­pe­ment que sur la quan­ti­té, et l’homme est pla­cé au centre du dé­ve­lop­pe­ment. L’amé­lio­ra­tion du bien-être du peuple at­tire da­van­tage l’at­ten­tion avec une base du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique plus so­lide et une crois­sance plus du­rable.

Deuxiè­me­ment, le XIXe Congrès du PCC est le point de re­père dans l’émer­gence de la Chine et le dé­clin de l’Oc­ci­dent. Les Bri­tan­niques pensent que l’in­fluence de la Chine est pro­met­teuse et que la Chine a plus de confiance en elle-même grâce à son dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et à la hausse de sa crois­sance. Après le XIXe Congrès du PCC, la Chine of­fri­ra au monde un nou­veau mode de dé­ve­lop­pe­ment et elle par­ti­ci­pe­ra plus ac­ti­ve­ment à la ré­forme du sys­tème de gou­ver­nance mon­diale et l’orien­te­ra. D’après les prin­ci­paux mé­dias, en 2049, la Chine de­vien­dra le leader mon­dial en termes de puis­sance na­tio­nale et d’in­fluence in­ter­na­tio­nale.

Troi­siè­me­ment, le XIXe Congrès du PCC est le nou­veau point de dé­part pour les re­la­tions si­no-bri­tan­niques. Au Royau­meU­ni, il est gé­né­ra­le­ment ad­mis que le XIXe Congrès an­nonce un élar­gis­se­ment de l’ou­ver­ture par la Chine et un ap­pro­fon­dis­se­ment pour­sui­vi de la construc­tion des nou­velles Routes de la Soie. C’est une bonne nou­velle pour le Royaume-Uni. Il y a beau­coup d’op­por­tu­ni­tés com­mer­ciales fa­vo­rables pour élar­gir et ap­pro­fon­dir la co­opé­ra­tion bi­la­té­rale. Cer­tains cher­cheurs clair­voyants sont d’avis que le Royaume-Uni de­vrait voir le grand concept des nou­velles Routes de la Soie sous l’angle de la pro­mo­tion du dé­ve­lop­pe­ment com­mun de toute l’hu­ma­ni­té et sai­sir cette bonne oc­ca­sion pour y par­ti­ci­per.

Cette pu­bli­ca­tion est au­to­ri­sée par l’Am­bas­sade de Chine au Royaume-Uni.

Le 1er fé­vrier, la pre­mière mi­nistre The­re­sa May vi­site un parc de dé­mons­tra­tion de la Chi­nese aca­de­my of agri­cul­tu­ral sciences

Royaume-Uni Chine

Le 31 jan­vier, la pre­mière mi­nistre The­re­sa May vi­site l’ex­po­si­tion « U.K.-Chi­na edu­ca­tio­nal and cultu­ral ex­changes » à l’uni­ver­si­té de Wu­han, dans la pro­vince du Hu­bei.

Liu Xiao­ming

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