Les dé­fis du nou­veau gou­ver­ne­ment Ma­li­ki

RA Le Par­le­ment a ac­cor­dé sa confiance au gou­ver­ne­ment d’uni­té na­tio­nale di­ri­gé par Nou­ri Al-Ma­li­ki et a adop­té son pro­gramme vi­sant à li­bé­ra­li­ser l’éco­no­mie, dé­ve­lop­per la pro­duc­tion pé­tro­lière et les ser­vices tout en com­bat­tant le ter­ro­risme et la cor

Al Ahram Hebdo - - Monde Arabe - Tu­ni­sie Yé­men Lé­gis­la­tives Ga­za Vio­lence

EUF mois après les élec­tions lé­gis­la­tives, le gou­ver­ne­ment ira­qien a en­fin été ap­prou­vé par le Par­le­ment. De longues trac­ta­tions ont eu lieu tout au long du mois der­nier, afin de for­mer ce gou­ver­ne­ment de com­pro­mis. Mais une lourde tâche pèse sur les épaules de ce­lui-ci. Il fau­dra tout d’abord ré­ta­blir la sé­cu­ri­té en Iraq et confir­mer l’ins­tau­ra­tion d’un ré­gime dé­mo­cra­tique. A cet égard, le pre­mier mi­nistre ira­qien Nou­ri AlMa­li­ki a sé­lec­tion­né cinq dos­siers prio­ri­taires : la sé­cu­ri­té, les fi­nances, le pé­trole, l’élec­tri­ci­té et les re­la­tions avec l’étran­ger. « Les dé­fis qui nous at­tendent sont énormes. Nous de­vons avoir une po­li­tique claire dans les do­maines de la sé­cu­ri­té, des fi­nances, du pé­trole et de l’élec­tri­ci­té et amé­lio­rer nos re­la­tions ex­té­rieures », a dé­cla­ré Al-Ma­li­ki, lors du pre­mier Conseil des mi­nistres réuni au len­de­main de l’in­tro­ni­sa­tion du gou­ver­ne­ment. Mais le pre­mier mi­nistre ira­qien n’a tou­jours pas nom­mé de mi­nistres ni pour l’Elec­tri­ci­té ni pour le Pé­trole. Il a ex­pli­qué aux dé­pu­tés qu’il avait dé­ci­dé de re­tar­der ces nominations en rai­son de la ré­cep­tion tar­dive de cer­tains pos­tu­lants. « J’ai dé­ci­dé de re­tar­der ces nominations, car j’es­saie de choi­sir les meilleurs et les plus ex­pé­ri­men­tés, mais mal­heu­reu­se­ment, j’ai re­çu cer­taines ( can­di­da­tures) très tard, et j’ai be­soin de temps pour les exa­mi­ner » , a ex­pli­qué Ma­li­ki.

Avec une seule femme qui est se­cré­taire d’Etat sans por­te­feuille, ce gou­ver­ne­ment de com­pro­mis compte 45 mi­nis­tères et se­cré­ta­riats d’Etat. L’Al­liance na­tio­nale, qui re­groupe les par­tis re­li­gieux chiites et oc­cupe 159 des 325 sièges, s’oc­troie la part du lion avec le poste de pre­mier mi­nistre, de vice-pre­mier mi­nistre et 17 por­te­feuilles, dont ce­lui du Pé­trole.

Juste après, il y a la liste Ira­qiya ( 91 sièges) qui ob­tient un poste de vice-pre­mier mi­nistre et 8 mi­nis­tères, dont

Nles Fi­nances, et les Kurdes ( 57 sièges) qui gardent leur poste de vice-pre­mier mi­nistre et gèrent 3 mi­nis­tères, dont les Af­faires étran­gères. La pe­tite coa­li­tion Was­sat ( 10 sièges) ob­tient 2 mi­nis­tères, et un chré­tien de­vient mi­nistre de l’En­vi­ron­ne­ment. Se­lon un dé­compte de l’AFP, par­mi les mi­nistres nom­més jus­qu’à main­te­nant fi­gurent 20 chiites, 10 sun­nites, 4 Kurdes et un chré­tien.

Pour M. Ma­li­ki, il faut choi­sir le plus vite pos­sible les mi­nistres concer­nés par la sé­cu­ri­té, afin de ga­ran­tir la sta­bi­li­té du pays. Jus­qu’à main­te­nant, Ma­li­ki as­sure l’in­té­rim des mi­nis­tères de la Dé­fense, de l’In­té­rieur et de la Sé­cu­ri­té na­tio­nale, les forces ira­qiennes doivent être ca­pables d’as­su­rer la sé­cu­ri­té lorsque les 50 000 der­niers sol­dats amé­ri­cains au­ront quit­té le ter­ri­toire d’ici fin 2011. A plu­sieurs re­prises, le pre­mier mi­nistre a an­non­cé qu’il ne sou­haite pas de pro­lon­ga­tion de la pré­sence amé­ri­caine, tout en se tar­guant d’avoir di­vi­sé par sept le nombre des morts de­puis son ar­ri­vée au pou­voir en 2006, même si cette an­née 3 500 per­sonnes ont été tuées dans des actes de vio­lences. « Nous avons sur­mon­té la vio­lence et frap­pé les hors-la-loi, mais ce­la ne veut pas dire que la vio­lence est fi­nie, qu’il n’y a plus d’op­po­si­tion ar­mée » , a-t-il pré­ci­sé.

Une autre ques­tion dé­range Ma­li­ki : le manque de pré­sence fé­mi­nine au nou­veau ca­bi­net. Ain­si, sous la pres­sion des dé­pu­tés, le Par­le­ment a vo­té sa­me­di une ré­so­lu­tion af­fir­mant que la ques­tion des femmes était « sa prio­ri­té », et qu’un co­mi­té de sui­vi a été créé à cet ef­fet. C’est ce qu’a an­non­cé son pré­sident Ous­sa­ma Al-Nou­jaï­fi. Si la Cons­ti­tu­tion sti­pule qu’un quart des dé­pu­tés soit des femmes, il n’y a, en ef­fet, au­cun quo­ta pour le gou­ver­ne­ment. Et la no­mi­na­tion d’une seule femme au gou­ver­ne­ment a mis le feu aux poudres. Ac­cu­sé, Nou­ri Al-Ma­li­ki a ren­voyé la res­pon­sa­bi­li­té aux groupes po­li­tiques, qui n’ont pas pré­sen­té suf­fi­sam­ment de candidates pour le gou­ver­ne­ment, mal­gré ses ap­pels ré­pé­tés. « J’avais de­man­dé à tous les groupes po­li­tiques de pro­po­ser des femmes, et je ne vous cache pas que je n’ai re­çu qu’une seule can­di­date » . Et pour trou­ver une is­sue à cette ques­tion, il a in­sis­té sur le fait que l’un des 43 points de son pro­gramme de gou­ver­ne­ment fait men­tion de « la né­ces­si­té de pro­mou­voir la condi­tion fé­mi­nine ».

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Les dé­pu­tés ont ap­prou­vé le pro­gramme gou­ver­ne­men­tal en 43 points, qui pré­voit no­tam­ment de « pas­ser d’une éco­no­mie cen­tra­li­sée à une éco­no­mie de mar­ché, de dé­ve­lop­per les sec­teurs in­dus­triel et com­mer­cial ain­si que ce­lui des tran­sports » , se­lon le do­cu­ment pré­sen­té aux par­le­men­taires.

En plus, le pro­gramme in­siste aus­si sur la lutte contre la cor­rup­tion, le dé­ve­lop­pe­ment des ser­vices, l’en­cou­ra­ge­ment aux in­ves­tis­se­ments, l’ac­crois­se­ment de la pro­duc­tion pé­tro­lière, la lutte contre le ter­ro­risme et le confes­sion­na­lisme, et l’amé­lio­ra­tion des re­la­tions avec les pays voi­sins. L’Iraq compte prin­ci­pa­le­ment sur sa pro­duc­tion pé­tro­lière, pour re­lan­cer son éco­no­mie, no­tam­ment après la conclu­sion cette an­née de contrats d’ex­ploi­ta­tion avec des com­pa­gnies in­ter­na­tio­nales. La pro­duc­tion a at­teint 2,5 mil­lions de b/ j.

Par ailleurs, les ser­vices pu­blics sont tou­jours dans un état dé­plo­rable, no­tam­ment la pro­duc­tion d’élec­tri­ci­té. C’est le nou­veau vice-pre­mier mi­nistre Hus­sein Chah­ris­ta­ni, mi­nistre du Pé­trole et de l’Elec­tri­ci­té par in­té­rim dans le gou­ver­ne­ment sor­tant, qui est char­gé pro­vi­soi­re­ment du dos­sier en at­ten­dant la no­mi­na­tion du ti­tu­laire. La de­mande d’élec­tri­ci­té ne cesse de croître et les coupures de cou­rant ont en­traî­né de vio­lentes ma­ni­fes­ta­tions. Quant aux re­la­tions in­ter­na­tio­nales, c’est au mi­nistre des Af­faires étran­gères, le Kurde Ho­shyar Ze­ba­ri, en poste de­puis 2003, que re­vient la tâche d’amé­lio­rer les re­la­tions avec les voi­sins, no­tam­ment avec la Sy­rie, et sur­tout l’Ara­bie saou­dite, qui n’a ja­mais ac­cep­té de voir les sun­nites évin­cés du pou­voir au pro­fit des chiites.

Par ailleurs, le ca­bi­net n’est pas to­ta­le­ment re­nou­ve­lé, puisque le pre­mier mi­nistre, un vice-pre­mier mi­nistre kurde, le chef de la di­plo­ma­tie, le mi­nistre de la Jeu­nesse et des Sports ain­si que deux se­cré­taires d’Etat gardent leurs postes.

Le chef de la liste laïque Ira­qiya, le ri­val de M. Ma­li­ki, et qui a long­temps es­pé­ré oc­cu­per le poste de ce der­nier, a pro­po­sé de « tour­ner la page ». « Nous es­pé­rons que le gou­ver­ne­ment, né dans la dou­leur, réus­si­ra pour le bien de la po­pu­la­tion, et nous lui ap­por­tons notre plein sou­tien », a dé­cla­ré Iyad Al­laoui. « Ce ca­bi­net ne re­pré­sente pas l’am­bi­tion du pre­mier mi­nistre, mais celle des groupes po­li­tiques. ( M. Ma­li­ki) au­rait pré­fé­ré di­ri­ger un gou­ver­ne­ment ba­sé sur une ma­jo­ri­té ( par­le­men­taire) plu­tôt qu’un ca­bi­net d’al­liances. Mais les ré­sul­tats des élec­tions ont fait qu’un gou­ver­ne­ment de la ma­jo­ri­té au­rait été un gou­ver­ne­ment d’une seule cou­leur confes­sion­nelle, ce qu’il a vou­lu évi­ter », a in­di­qué Ali Mous­sa­wi, un proche conseiller du pre­mier mi­nistre.

Les lé­gis­la­tives de mars ont été mar­quées par le confes­sion­na­lisme. Les chiites ont vo­té pour la liste de l’Etat de droit de M. Ma­li­ki et l’Al­liance na­tio­nale ira­qienne alors que les sun­nites se sont pro­non­cés en masse pour la liste laïque Ira­qiya de l’an­cien pre­mier mi­nistre Iyad Al­laoui. Ce der­nier, un chiite laïque, a d’ores et dé­jà fait sa­voir qu’il re­join­drait le gou­ver­ne­ment en tant que di­ri­geant d’un nou­veau Conseil na­tio­nal de po­li­tique stra­té­gique. Sa dé­ci­sion est de na­ture à apai­ser les craintes de ceux qui re­dou­taient un re­gain de vio­lences in­ter­com­mu­nau­taires.

Ma­ha Sa­lem

Une lourde tâche pèse sur les épaules du nou­veau gou­ver

ne­ment ira­qien.

Le mou­ve­ment d’op­po­si­tion lé­gale Et­ta­j­did ( Re­nou­veau) a cri­ti­qué sa­me­di le re­cours des au­to­ri­tés tu­ni­siennes à l’usage des armes contre les ma­ni­fes­tants dans la ré­gion de Si­di Bou­zid ( centre-ouest), en proie à des troubles so­ciaux sur fond de chô­mage.

De vio­lents af­fron­te­ments ont op­po­sé plus de 2 000 ma­ni­fes­tants et la po­lice dans cette ville. Le mou­ve­ment Et­ta­j­did a ap­pe­lé à la ré­vi­sion des choix éco­no­miques et po­li­tiques pour réa­li­ser un dé­ve­lop­pe­ment gé­né­ral et équi­table dans toutes les ré­gions. Le Par­ti dé­mo­cra­tique pro­gres­siste ( op­po­si­tion lé­gale) avait éga­le­ment ap­pe­lé, ven­dre­di, à l’ou­ver­ture d’un dia­logue avec les com­po­santes de la so­cié­té ci­vile et les jeunes chô­meurs pour at­té­nuer les ten­sions.

La si­tua­tion conti­nue de se dé­gra­der à la fron­tière entre Is­raël et la bande de Ga­za, où deux com­bat­tants du Dji­had is­la­mique pa­les­ti­nien ont été tués di­manche par des tirs is­raé­liens. Ce re­gain de vio­lence sur­vient à la veille du deuxième an­ni­ver­saire de la dé­vas­ta­trice of­fen­sive is­raé­lienne « Plomb dur­ci » contre la bande de Ga­za, qui a fait 1 400 morts pa­les­ti­niens, se­lon des sources mé­di­cales pa­les­ti­niennes, et 13 morts cô­té is­raé­lien. L’ar­mée is­raé­lienne a mul­ti­plié ces der­niers jours les raids aé­riens contre les groupes ar­més pa­les­ti­niens de Ga­za, y com­pris contre des bases du mou­ve­ment Ha­mas, au pou­voir à Ga­za, en re­pré­sailles à l’in­ten­si­fi­ca­tion des tirs d’obus et de ro­quettes contre le ter­ri­toire hé­breu.

Le pré­sident yé­mé­nite Ali Ab­dal­lah Sa­leh a af­fir­mé di­manche que des élec­tions lé­gis­la­tives se­raient or­ga­ni­sées le 27 avril 2011 en pré­sence d’ob­ser­va­teurs in­ter­na­tio­naux et ex­hor­té l’op­po­si­tion par­le­men­taire à par­ti­ci­per à ce scru­tin qu’elle conteste. Des dé­pu­tés de l’op­po­si­tion et des élus in­dé­pen­dants ont ob­ser­vé di­manche un sit-in de­vant le Par­le­ment, comme ils le font de­puis plu­sieurs jours, pour pro­tes­ter contre la te­nue en avril pro­chain des lé­gis­la­tives. Contes­tant un amen­de­ment du code élec­to­ral vo­té le 11 dé­cembre par le Par­le­ment do­mi­né par le Congrès Po­pu­laire Gé­né­ral ( CPG, au pou­voir), l’op­po­si­tion par­le­men­taire avait ré­cla­mé un nou­veau re­port du scru­tin et bran­di la me­nace d’un sou­lè­ve­ment po­pu­laire.

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