Si­tua­tion chao­tique

Abyei, une ré­gion à « sta­tut ad­mi­nis­tra­tif spé­cial », se pro­non­ce­ra par ré­fé­ren­dum sé­pa­ré sur son ap­par­te­nance au Sud-Sou­dan.

Al Ahram Hebdo - - Monde Arabe - I. E.

Un pro­blème qui n’a ja­mais été ré­so­lu en dé­pit de mul­tiples ten­ta­tives. Coin­cée entre le Nord et le Sud, cette ré­gion a tou­jours été au coeur des ten­sions du plus grand pays d’Afrique. Elle est ha­bi­tée par deux groupes eth­niques : les Ngok Din­ka, ori­gi­naires du Sud, et les Mis­se­riya, des pas­teurs du Nord qui la tra­versent chaque an­née pour per­mettre à leur bé­tail de paître.

Tan­dis que les spé­cia­listes du Sou­dan centrent leur at­ten­tion sur le ré­fé­ren­dum, beau­coup ou­blient qu’il y au­ra un autre ré­fé­ren­dum aus­si le 9 jan­vier 2011, ra­re­ment men­tion­né dans les ana­lyses. Alors que les pré­pa­ra­tions pour le ré­fé­ren­dum du Sud tardent beau­coup, la si­tua­tion pour le ré­fé­ren­dum d’Abyei est pire. Ce­lui-ci a été re­por­té sine die. Les Mis­se­riya, no­mades arabes, qui font en sai­son pâ­tu­rer leurs trou­peaux dans cette ré­gion, n’ont pas le droit de vote, car ils n’ha­bi­taient que tem­po­rai­re­ment à Abyei. En cas de sé­ces­sion, ils ont peur d’y perdre l’ac­cès, or il n’est pas pré­vu qu’ils soient consul­tés au ré­fé­ren­dum. Les textes de lois is­sus des ac­cords de paix sti­pulent en ef­fet que seuls « les membres de la com­mu­nau­té Ngok Din­ka et les autres Sou­da­nais qui ré­sident dans la ré­gion » vo­te­ront. Les Mis­se­riya ne sont pas nom­més ; les « cri­tères de ré­si­dence » des « autres ha­bi­tants » doivent être dé­ter­mi­nés par la­dite Com­mis­sion du ré­fé­ren­dum d’Abyei. Autre pro­blème : reste très peu de temps pour le ré­fé­ren­dum, cette Com­mis­sion n’existe tou­jours pas, ses membres n’étant pas nom­més. Le Nord et le Sud ne s’en­tendent pas sur la dé­si­gna­tion des can­di­dats. Au­cune par­tie ne veut être re­pré­sen­tée par une mi­no­ri­té, ce qui est iné­luc­table car un nombre im­pair de sièges (neuf) est à pour­voir. Ils se sou­cient de l’ab­sence de ce droit qu’ils ima­ginent exis­ter et de leur ac­cès à la ré­gion, ac­cès re­con­nu par l’ac­cord de paix, peu ex­pli­qué. En outre, des mil­liers de per­sonnes ont plié ba­gages et re­ga­gné Abyei, le pe­tit es­pace entre le Nord et le Sud de­ve­nu le ta­lon d’Achille de l’ac­cord de Nai­va­sha. Cer­tains sont ve­nus dans l’es­poir d’un ave­nir meilleur, mais c’est une ex­trême dé­cep­tion qui les at­tend. Abyei n’est riche qu’en pé­trole mais pauvre de tout le reste. Du­rant deux dé­cen­nies, un quart de la pro­duc­tion de pé­trole na­tio­nale vient d’Abyei. Les deux camps pro­fitent de la mau­vaise dé­li­mi­ta­tion des fron­tières pour en ré­cla­mer la sou­ve­rai­ne­té. Les ac­cords de paix de 2005 ne règlent pas la ques­tion. Au contraire, les né­go­cia­tions se pour­suivent jus­qu’à la Cour per­ma­nente d’ar­bi­trage à La Haye, en Hol­lande. Cette der­nière im­pose des fron­tières en juillet 2009, la ré­gion ré­tré­cit. Entre-temps, à Abyei, les ré­serves d’hy­dro­car­bures se se­raient vi­dées. Au fi­nal, l’ap­proche du ré­fé­ren­dum et ses consé­quences at­ten­dues de di­vi­sion du pays en deux moi­tiés mettent cha­cun en alerte maxi­male et sous forte pres­sion Cher abon­né Le ser­vice des abon­ne­ments d’Al-Ah­ram vous pré­sente ses meilleurs voeux. Vu la confiance que vous nous vouez, nous oeu­vrons tou­jours à vous pré­sen­ter un ser­vice meilleur.

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