n at­tente es ré­sul­tats

O O S. Dans un double scru­tin, les élec­teurs ont vo­té dans le calme pour élire leur nou­veau pré­sident et dé­si­gner les gou­ver­neurs des trois îles de cet ar­chi­pel de l’océan In­dien.

Al Ahram Hebdo - - Afrique - . S.

omme pré­vu, les élec­teurs ont vo­té di­manche der­nier aux Co­mores pour le se­cond tour de l’élec­tion pré­si­den­tielle dans le calme. Et le can­di­dat du pou­voir est fa­vo­ri à ce tour. Ain­si, un res­sor­tis­sant de l’île de Mo­he­li se­ra à la tête de cet ar­chi­pel pour la pre­mière fois de­puis l’in­dé­pen­dance. Une fois les bu­reaux de vote ont fer­mé leurs portes, l’op­po­si­tion a dé­non­cé une « fraude mas­sive » or­ches­trée par le pou­voir sur cette île, avec bul­le­tins vo­lés, bour­rages d’urnes et as­ses­seurs de l’op­po­si­tion chas­sés des bu­reaux.

« Ces troubles se sont dé­rou­lés dans les lo­ca­li­tés o le can­di­dat du pou­voir était en mau­vaise po­si­tion, pour pou­voir faire en­suite an­nu­ler les ré­sul­tats. Ce sont des ac­tions ci­blées », a af­fir­mé Saïd La­ri­fou, au nom de l’op­po­si­tion.

Par­ta­geant le même avis, le chef de l’op­po­si­tion lo­cale, Mo­ha­med Djan­faa­ri, a dé­non­cé, pour sa part, les fraudes. « Ce n’est pas un vote, mais une mas­ca­rade. En de­hors de la ca­pi­tale de l’ le Mut­sa­mu­du, il n’y a pas de bu­reau de vote qui n’ait re u la vi­site de mi­li­taires ve­nus rem­plir les urnes », at-il af­fir­mé. De sa part, le vice-pré­sident de la Com­mis­sion élec­to­rale aux Co­mores (Ce­ni) et re­pré­sen­tant de l’op­po­si­tion au sein de cette ins­ti­tu­tion, Ab­dal­lah Mo­ham­med, était, quant à lui, plus alar­miste sur An­jouan et s’est in­quié­té de plu­sieurs cas de fraudes dans cer­taines lo­ca­li­tés. « Je pense sin­cè­re­ment qu’il fau­dra peut-être re­faire l’élec­tion à An­jouan », a avan­cé M. Mo­ha­med.

uelque 400 000 élec­teurs co­mo­riens sont appe- lés à choi­sir entre les trois pre­miers can­di­dats du pre­mier tour. Ces pri­maires avaient eu la par­ti­cu­la­ri­té de se dé­rou­ler sur la seule île de Mo­he­li, en ver­tu d’un sys­tème de pré­si­dence tour­nante ins­tau­ré par la Cons­ti­tu­tion de 2001 entre les trois îles de l’Union des Co­mores, rande Co­more, An­jouan et Mo­he­li. uel que soit le ré­sul­tat du se­cond tour de ce di­manche, qui ne se­ra pas an­non­cé avant la se­maine pro­chaine, ce se­ra donc la pre­mière fois de­puis l’in­dé­pen­dance en 1975 des Co­mores (700 000 ha­bi­tants) qu’un res­sor­tis­sant de Mo­hi­li prend la tête du pays. Le vice-pré­sident sor­tant, can­di­dat du pou­voir et dau­phin dé­si­gné du chef de l’Etat sor­tant Ah­med Ab­dal­lah Mo­ha­med Sam­bi, Iki­li­lou Dhoi­nine était ar­ri­vé en tête de ces pri­maires, avec 28,19 % des suf­frages ex­pri­més, de­vant les can­di­dats de l’op­po­si­tion Mo­ha­med Saïd Fa­zul et Ab­dou Dja­bir.

Un des prin­ci­paux en­jeux du scru­tin est de par­ache­ver le pro­ces­sus de ré­con­ci­lia­tion na­tio­nale en­ga­gé de­puis 2001, sous l’égide de l’Union Afri­caine (UA), à la suite de la crise sé­pa­ra­tiste de l’île d’An­jouan en ao t 1997. Le scru­tin doit aus­si mettre un terme à une crise po­li­tique née de la pro­lon­ga­tion contro­ver­sée du man­dat du pré­sident Sam­bi au-de­là du 26 mai der­nier, une me­sure vi­ve­ment contes­tée par l’op­po­si­tion et la po­pu­la­tion de Mo­he­li.

Ne pou­vant se re­pré­sen­ter, M. Sam­bi a choi­si pour lui suc­cé­der son vice-pré­sident, afin « de pour­suivre l’ uvre en­ga­gée » par son ca­bi­net. Après les di­vi­sions au sein de la mou­vance pré­si­den­tielle, ces der­nières se­maines ont été mar­quées par plu­sieurs ral­lie­ments au can­di­dat Iki­li­lou, mais éga­le­ment une re­lance de la cam­pagne de M. Fa­zul, son prin­ci­pal chal­len­ger.

Comme lors du pre­mier tour, la pré­si­den­tielle est cou­plée avec l’élec­tion des gou­ver­neurs des îles, avec à chaque fois un can­di­dat du pou­voir et un can­di­dat de l’op­po­si­tion en lice, à l’ex­cep­tion d’An­jouan, où les deux pré­ten­dants ap­par­tiennent au camp pré­si­den­tiel. La dé­si­gna­tion de ces gou­ver­neurs, élus comme le chef de l’Etat pour cinq ans, est un en­jeu po­li­tique ma­jeur à l’échelle de chaque île. Le vote du 7 no­vembre avait été mar­qué par des dif­fi­cul­tés lo­gis­tiques, et « quelques man­que­ments », se­lon une mis­sion in­ter­na­tio­nale d’ob­ser­va­tion élec­to­rale, alors que des can­di­dats d’op­po­si­tion avaient dé­jà dé­non­cé des « fraudes ».

Pour ce se­cond tour, la Ce­ni avait mis en place un cer­tain nombre de me­sures, afin d’évi­ter des dif­fi­cul­tés d’or­ga­ni­sa­tions ou ac­cu­sa­tions de fraudes ayant mar­qué le pre­mier tour. Au­cune in­di­ca­tion n’a été don­née par la Ce­ni sur la date de pu­bli­ca­tion des pre­miers ré­sul­tats pro­vi­soires. Comme lors du pre­mier tour, une mis­sion in­ter­na­tio­nale d’ob­ser­va­teurs de l’Union Afri­caine (UA), de l’Or­ga­ni­sa­tion In­ter­na­tio­nale de la Fran­co­pho­nie (OIF) et de la Ligue arabe a été dé­ployée pour as­sis­ter au vote

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