Non à l’in­ter­ven­tion de l’Otan en Li­bye

Al Ahram Hebdo - - Courrier -

Que le peuple li­byen sache que si l’Otan in­ter­vient, les pre­miers à être dé­ca­pi­tés se­ront les op­po­sants au ré­gime Kadha­fi. Bien sûr, on va user de tous les men­songes pos­sibles pour pré­sen­ter « l’in­ci­dent » comme « des er­reurs de frappes col­la­té­rales » , avant de jus­ti­fier le main­tien de leurs troupes dans le pays. Ils in­ven­te­ront les sus­pi­cions des « armes de des­truc­tion mas­sive », comme on l’a fait en Iraq, en pré­sen­tant au monde un cer­ti­fi­cat de lé­gi­ti­ma­tion, en bonne et due forme, éma­nant de la « Ligue arabe » . Ce n’est pas dans leur in­té­rêt de voir réus­sir la ré­vo­lu­tion li­byenne après celles de Tu­ni­sie et d’Egypte ; car le tsu­na­mi risque d’em­por­ter cha­cun d’entre eux, et dont le « vent de sable » li­byen ai­de­ra l’ac­cé­lé­ra­tion pour écour­ter la du­rée de leurs gou­ver­nances.

Don­ner leur ac­cord à l’Otan d’in­ter­ve­nir mi­li­tai­re­ment en Li­bye se­ra pour ces ré­gimes arabes une fa­çon de se la­ver les mains aux yeux de leurs peuples, afin d’évi­ter d’être ac­cu­sés d’avoir été eux-mêmes les pré­cur­seurs di­rects dans l’or­ga­ni­sa­tion d’une quel­conque contre-ré­vo­lu­tion. Que le peuple li­byen re­fuse toute in­ter­ven­tion étran­gère, même s’il doit pas­ser en­core des mois avant de ve­nir à bout du ré­gime san­gui­naire de Kadha­fi et sa­cri­fier des mar­tyrs sup­plé­men­taires pour sa dé­li­vrance. L’Histoire nous a ap­pris que les droits ne se donnent pas mais ils s’ar­rachent, et que la li­ber­té ne vient pas sans sa­cri­fice. L’Histoire que les ré­vo­lu­tion­naires sont en train d’écrire avec leur sang doit res­ter propre, pure, noble, et la vic­toire qu’ils vont réa­li­ser bien­tôt doit être au ser­vice du peuple li­byen, le seul hé­ros et maître de son des­tin. Les Li­byens sont ca­pables de li­bé­rer eux-mêmes leur pays de ce ré­gime san­gui­naire et n’ont nul­le­ment be­soin d’aides mi­li­taires étran­gères pour se li­bé­rer du ré­gime de Kadha­fi. Que les peuples des grandes puis­sances oc­ci­den­tales des­cendent dans les rues pour s’op­po­ser à toute in­ter­ven­tion mi­li­taire de leurs pays res­pec­tifs qui ne se­ra qu’au pro­fit du ré­gime et au dé­tri­ment de la ré­vo­lu­tion du peuple li­byen. A eux de faire leur propre ré­vo­lu­tion chez eux afin de se li­bé­rer de leurs ré­gimes dont les di­ri­geants ne vivent que des mal­heurs des autres.

La vic­toire des peuples arabes contre leurs ré­gimes est aus­si la vic­toire des peuples oc­ci­den­taux dont les gou­ver­ne­ments di­la­pident des mil­liards de dol­lars et d’eu­ros des contri­buables pour en­tre­te­nir des guerres chez les autres ; ils en­voient leurs en­fants aux fronts pour tuer les peuples chez eux et s’ex­po­ser à la mort pour le plai­sir de leurs di­ri­geants dont l’ob­jec­tif est de do­mi­ner les autres et s’ac­ca­pa­rer de leurs ri­chesses. Ché­rif Bou­de­lal,

France.

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